Peinture : Fleur bleue

Peinture : Fleur bleue

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Romantisme
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Cela fait plusieurs années déjà que je visite la période Romantique en y découvrant des choses particulièrement troublantes : moi-même.

Ma démarche étant la recherche du moi profond, afin de le dévoiler et de le faire exister dans ce monde, actuellement hostile au romantisme, aux artistes et aux personnes sensibles et introverties, j’aime m’y baigner comme dans une source qui soigne mon âme et mon esprit des blessures de la civilisation moderne matérialiste et de ces injonctions à l’utilitarisme, la productivité de masse pour le profit d’un riche possédant, la vente de soi-même comme produit de divertissement (« se vendre »), convaincre non pas par nos savoir-faire, mais par notre attitude prétentieuse « winner » et sans émotions, si ce n’est bien-pensantes hypocrites. L’aube du Romantisme dans le crépuscule du XVIIIème siècle résonne en moi, mieux que les tendances populaires déversées par les médias appartenant aux castes des milliardaires de la planète.
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Ainsi Novalis et la fleur bleue. L’importance de la nature et de sa rencontre par les promenades et pérégrinations du français Jean Jacques Rousseau, ou encore son journal intime comme introspection rendue publique. Les sentiments personnels de Goethe. Et les artistes poètes, graveurs et peintres comme William Blake et son ami d’origine suisse Johann Heinrich Füssli.

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Le Romantisme protéiforme rassemble aussi bien la puissance, parfois dévastatrice et suicidaire des émotions et des sensations, le lointain et l’ailleurs dans l’espace et le temps : la beauté des ruines du passé (pas celles qu’on détruit, mais celles qu’on respecte qui témoignent d’un temps ancien), l’histoire et l’archéologie, le moyen-âge, ses romans et ses légendes arthuriennes ou de chevaliers (Byron), les grands écrivains du passé (Dante, Shakespeare,…), les anciens mythes et mythologies, l’exotisme des autres civilisations, les voyages et l’orientalisme (Byron, Delacroix), la haine du monde industriel (et du capitalisme) qui détruit les campagnes, le monde rural paysan et la nature, l’intérêt pour les petites gens, les gens du peuple, les marginalisés avec la création du folklore, la recherche des traditions et des contes populaires (frères Grimm), la nature dans ce qu’elle a de plus monumentale et parfois tragique, qu’ils s’agissent des grands glaciers ou des tempêtes maritimes (Turner), la puissance des émotions, de l’intime et des pensées personnelles et individuelles, le sacré, la spiritualité et le sensible, le fantastique et les choses étranges qui apparaissent dans le monde quotidien (apparitions, spectres, fantômes, lutins, petits peuples, fées,…), l’inspiration et les muses, le rêve et « l’inconscient »(théorisé plus tard par Freud, et utilisé par les surréalistes du début du XXème siècle), les choses sombres, bizarres et étranges dont le XIXème siècle se réapproprie et raffole (Baudelaire, Poe,…),…

Toutes ces choses constituent un chemin que les anciens ont construit, que je me dois de prendre et de partager en invitant chacun à s’y rendre, comme une révolte contre le monde moderne. Ce chemin vers le sensible, est le chemin sacré vers nous-même en tant qu’humain et non en tant qu’esclave, bientôt machine du capitalisme, déjà représenté dans Metropolis de Fritz Lang au début du XXème siècle, mais aussi présent chez de nombreux auteurs, comme Clive Barker (Hellraiser) ou les mangas Berserk. N’hésitez pas à consolider cet héritage en partageant en commentaire, les artistes, auteurs, musiciens, cinéastes qui vous semblent oeuvrer dans cette noble voie.

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Ma peinture

J’ai créé cette peinture à l’acrylique lors d’un marché d’artistes l’été 2018. J’aime bien peindre en public, à condition d’avoir préparé au préalable dans le silence et la solitude le sujet de mon tableau. Je suis mieux inspirée isolée, car j’ai trop d’empathie et je ressens trop de choses extérieures m’empêchant de me concentrer. Je ne parle pas non plus de tout le travail technique réalisé avant pour obtenir un résultat satisfaisant. J’ai remarqué que beaucoup de personnes se savaient pas comment une peinture se faisait, certaines m’ont demandé s’il s’agissait de collage, et ils ne réalisent ainsi pas le travail qu’il y a. C’est pour ça que c’est important de montrer au public tout le processus et le temps fourni dans une image. C’est aussi pourquoi je fais des vidéos de mes dessins que vous pouvez retrouver sur ma chaîne You Tube.
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Une fois, le visage peint, je ne voulais pas me contenter de cela. Je n’aime pas l’idée que n’importe qui peut faire la même chose que moi. Pas dans le sens où je me situe à un niveau supérieur à n’importe qui, mais dans le sens où, en tant qu’individualiste (ce qui n’est pas « égoïste » et encore moins « nombriliste »), je considère que chacun, ou n’importe qui est un individu, c’est à dire une personne unique avec son propre goût, sa propre expérience, sa propre sensibilité. Et en tant qu’individualiste, je me dois d’encourager chacun à être soi-même et non une copie de quelqu’un. Et je souhaite encourager la créativité personnelle, les émotions et les sensations pour chacun. Chaque personne est unique. Comme on dit, à force de vouloir rentrer dans le moule on fini par ressembler à une tarte. Rien de plus beau que l’authenticité, et donc le respect des autres dans leurs différences.

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Pour cette peinture, il me fallait ajouter des choses plus intimes, révélant mes recherches et mes sentiments du moment. Comme le dit le peintre romantique Caspar David Friedrich que j’aime citer (à peu près) : « l’artiste doit pouvoir représenter ce qu’il a face à lui, mais aussi ce qu’il a au fond de lui. » Il y a des lignes sinueuses rayés et chevronnées. Celles ci évoquent une sortie du corps particulièrement forte et marquante que j’avais fait. Il me semblait que mon corps traversait des vortex, des couloirs avec ce genre de motifs, pendant que j’entendais comme des sons de radio. Il y a des petits chevaux, déjà présents dans une autre peinture, évoquant le chevauchement vers d’autres mondes, à l’instar d’animaux psychopompes. Il y a la constellation de la licorne, présente à un point particulier au moment de ma naissance, signifiant une certaine capacité au soin apporté aux autres (ce qui en tant que féministe ne me plait pas particulièrement car je n’aime pas être réduite à cela sauf pour ceux que j’aime). Cette constellation est brodée sur la toile. Il y a une citation de Novalis de l’oeuvre Henri d’Ofterdingen associée à la fleur bleue qui se situe dans les cheveux de la femme.
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Fleur Bleue
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L’expression « fleur bleue » signifie aujourd’hui dans notre monde industriel matérialiste ce qui est niais, car sentimental et féminin, « gnangnan » voire geignard et plaintif. Aujourd’hui on dirait « fragile » ou « snowflake ». Mais justement, je choisis de défendre ces idées. La « fragilité », face à la brutalité n’est pas la chose la plus vile et haïssable de ces deux idées selon moi. Ce monde pue car il accepte trop, voire glorifie et encourage la brutalité, le crime et la délinquance et ringardise la bonté, l’honnêteté, le respect. Une société d’enfants-rois capricieux biberonnés à leurs smartphones et aux symboles capitalistes comme McDonalds, Apple, Amazon, qui ne rêvent qu’à la compétition et la destruction de l’autre pour se sentir plus puissants, affichant fièrement leur mépris de la culture, et de la sensibilité.  Je préfère défendre les animaux rares, les guépards (en référence au film de Visconti parlant de la chute de l’aristocratie) plutôt que ceux qui pullulent et « s’adaptent » : les cafards. Le sur-homme darwinien ressemble plus à ces insectes se complaisant dans la fange et la crasse que de celui qui a besoin de terre et de rivière. Mais face à l’agression je n’appelle pas non plus à la non violence, car celle-ci protège le système de la loi du plus fort. Ma philosophie qui n’engage que moi est la loi inspirée d’Hamurabi : Oeil pour Oeil, Dent pour Dent, non à la soumission ! Je continuerai donc de développer ma sensibilité, d’encourager les autres à le faire et de la propager du mieux que je le puisse.
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La fleur bleue : L’extase de la beauté poétique inspirée par les muses de l’Amour et son parcours initiatique pour y accéder. Cette idée a été sali par la bourgeoisie, qui par essence se réapproprie les créations et travaux d’autrui pour les copier (« l’ère de l’ersatz et autres textes contre la civilisation moderne » est le nom donné à un recueil de textes politique de William Morris qui explique l’aliénation du travailleur pour l’objet industriel sans âme), les industrialiser, les vider de leurs substance, pour en faire un produit marchand, de masse, de mauvaise qualité pour un usage obsolescent, exploitant et aliénant au passage l’ouvrier qui l’a produit, polluant la terre et volant les ressources. Ce qui est le contraire des valeurs du romantisme. Le Romantisme, les sentiments et les émotions sont à peu près des ennemis de la pensée bourgeoise capitaliste. C’est pour cela qu’il tente de décrédibiliser tout ça et n’hésite pas à réduire cela à des « affaires de bonnes femmes », là où la majorité des romantiques sont des hommes, le XIXème siècle accordant peu de place aux femmes, si ce n’est Mary Shelley (Frankenstein) parente de ce mouvement romantique à travers son mari Percey et de ses amis Lord Byron et Polidori (le vampire).
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La fleur bleue est une expression utilisée dans Henri d’Ofterdingen de Novalis. Elle symbolise un passage initiatique que l’auteur associe parfois au culte d’Isis, amenant vers une pensée plus spirituelle et moins matérialiste et « quotidienne ». Elle est l’âme du poète qui rencontre l’amour, la quête du jeune garçon devenant un homme,… L’importance du monde sensible et inspirant, de la nature et des rêves. Un rite initiatique développant la sincérité, l’ ouverture d’esprit, la capacité à comprendre les forêts de symboles nous amenant vers la plénitude d’un amour pur (que certains associent au désir sexuel voire sa consommation, pour faire plus trivial donc vendeur).
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Voilà tout ce que j’essaie de transmettre dans toute une série de peinture. Mais sans l’aisance du verbe parlé et de la représentation tournée en acte de divertissement public, l’image peut-elle éveiller à tout ce que je viens d’expliquer ?

Exposition de deux peintures de Holy Mane – mars 2019

Exposition de deux peintures de Holy Mane – mars 2019

J’expose deux peintures au Centre Culturel d’Epinal du lundi 18 au samedi 23 mars 2019 en compagnie du collectif Pigment’T.

Retrouvez nous chaque jour ou lors du vernissage qui aura lieu mardi à 18h30 !

 

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Lilies : aquarelle, gouache, feuille d’or sur papier d’Arches. 60 x 80 cm

 

 

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Naïades, broderie et acrylique sur toile. 73 x 100 cm

 

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Centre Culturel d’Epinal

4 rue Claude Gellée

Entrée libre

peinture – Serpette

peinture – Serpette

Je vous présente une peinture à l’huile sur châssis entoilé, réalisée entre mars et novembre 2016.

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.J’aime utiliser la peinture à l’huile pour réaliser de nombreux détails, mais cela prend beaucoup de temps pour finir une toile. C’est pourquoi j’en réalise deux à trois par an à un rythme d’une heure et demi par semaine, en espérant que je termine celle en cours pour entrer dans mon quota de deux par an.

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Je l’avais exposé à la galerie du Bailli en novembre 2016 à l’occasion de l’exposition et du marché de Noël. Elle était au côté de mes autres peintures  « Lune Noire » et « jeune fille et montagne. »

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Voilà quelques images de références pour ma peinture. On me demande souvent si je me peins, mais j’utilise plutôt des images de références venant de visages qui me plaisent, généralement des mannequins de mode. Je ne trouve absolument pas que je leur ressemble, mais si on a l’illusion que c’est le cas, tant mieux pour moi.

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Je vous montre en photos, les étapes de la réalisation de cette peinture. J’aime bien utiliser la spirale d’or pour construire mon dessin.

Je débute assez grossièrement pour placer les traits principaux, voire les masses de couleurs quand c’est nécessaire. A ce stade, on me dit souvent « mais tu as changé de style ! » avec joie (autour de moi les gens préfèrent les styles un peu naïf et expressif voire abstrait à la mode chez les peintres amateurs dans les années 60 à 80, alors que j’aime les détails et le réalisme fantastique pour ne pas dire le pop surréalisme émergent des années 2000). On peut voir un petit croquis annonçant l’intention de la composition, même si celle ci reste « simple ».

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Je ne peins pas avec de la nourriture, mais j’aime bien manger des gâteaux, c’est je pense le secret ultime d’une peinture réussie.

J’avais commencé par l’arrière plan, en voulant créer une zone de profondeur en utilisant du flou de perspective.

C’est assez intéressant de voir comme le visage change d’expression et prend vie selon qu’il évolue.

J’utilise très peu de noir, j’aime ajouter des ombres avec des mélanges de bleu outremer.

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On me demande souvent pourquoi je ne commence pas par les yeux ou si j’oublie de mettre des cils ou des cheveux, mais c’est parce que je place les détails en derniers.

J’avais une idée de fleurs au début, mais entre temps, je crois que j’ai oublié ou j’ai changé d’humeur pour faire des fleurs à pétales plus bombées, comme des roses ou des pivoines. J’aime bien  ce thème de la nature, des prairies printanières et également le thème plus sec de la serpette, de la faucheuse sévère et effrayante.

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J’aime bien cette couleur de cheveux, qui me rappelle certains films des années 60-70. J’aime de manière général l’ocre, mais plutôt par touches qu’en applat.

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Voici un gif de l’évolution de la peinture :

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Peinture : Esturgeon

Peinture : Esturgeon

 

Voici une peinture à la gouache sur carton entoilé réalisée en août 2015.

Je voulais représenter certains poissons comme l’esturgeon et la murène suite à une conversation avec mon conseiller occulte.

 

 

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J’avais envie d’utiliser une pâte de relief pour créer quelques textures sur la toile. Cela reste subtil en photo, mais se dévoile lorsqu’on observe cette peinture devant soi de plus près.

On voit notamment mon logo Holy Mane, tamponné dans la matière créant quelques motifs subtils.

 

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Pour cette peinture, j’ai avant tout voulu partir d’une palette de couleurs bien définie, un exercice intéressant dont voici le moodboard.

 

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Ensuite, sans trop savoir pourquoi j’ai dessiné ce squelette de cerf.

 

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Voici quelques étapes de la peinture :

 

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J’utilise peu la gouache sur toile ces derniers temps, j’utilise plutôt la peinture à l’huile, mais je voulais faire une peinture qui me prenne moins de temps. (Ma peinture « Lune noire » m’avait pris par exemple 40 heures).

 

 

 

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J’ai aimé peindre ces poissons dans une palette choisie, mais ce n’était pas si facile et j’ai du faire preuve de grande patience et de persévérance.

 

 

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J’ai présenté plusieurs fois cette peinture au public, notamment pour l’été des artistes en août 2016.

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Peinture aquarelle – « Marre »

Peinture aquarelle – « Marre »

 

Voici une aquarelle réalisée l’automne dernier.

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Je me suis inspirée d’une personne dans une marre menaçante.

La nature m’inspire beaucoup notamment une petite marre près de chez moi à qui je rends visite quelque fois. Il semble y voler quelques créatures invisibles et cela donne naissance à des herbes hautes, des feuillages et des fleurs harmonieusement mis ensemble.

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Je regarde l’environnement aussi avec des yeux de pattern designer, je chasse le motif, le dissèque et m’en inspire ouvertement. Rien de mieux qu’une balade pour voir toutes les textures, les matières et les couleurs nous donner envie de les imiter.

Voici donc quelques photos de la marre, qui inspire fortement pour des motifs camouflages.

 

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Voici des étapes du dessin.

 

 

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J’ai filmé un court instant du dessin au pinceau et à l’encre :

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un détail

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Peinture à l’huile – Kupala

Peinture à l’huile – Kupala
Pour cette peinture à l’huile, j’avais envie de peindre un endroit près d’une marre. Peindre le paysage et la nature est un exercice et je voulais m’y atteler dans le but de repousser mes limites. Cela fait plus d’un an que le paysage est devenu un sujet pour moi, même s’il n’apparaît souvent qu’en arrière plan d’un personnage. 
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J’avais envie de douceur dans le sujet et d’une saison plein de lumière. J’ai commencé cette peinture en novembre 2015 pour la terminer en février 2016 et l’hiver n’est pas la période la plus agréable alors il me fallait une saison et des couleurs plus douces.
Je n’ai pas eu un parti pris relativement « réaliste » dans le sens où les couleurs ne correspondent pas à la réalité du sujet. Je les ai posé ainsi, au fur et à mesure selon mon « inspiration ». J’aime avoir des relations et des émotions avec des couleurs de tubes de peinture. Je pense que si on enregistrait l’activité de mon cerveau on y verrai des impulsions électriques, il se passe une réelle communication invisible rien qu’à ce stade.
Dans le traitement des herbes, je n’ai pas été « réaliste » non plus c’est à dire que j’aurai peint quelques aplats avec des ombres et des lumières pour un rendu plus « photographique » et atmosphérique, j’ai plutôt quasiment peint les herbes une à une à l’instar des tapisseries mille fleurs médiévales que j’aime beaucoup, telle la Dame à la Licorne.
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Cluny, Dame à la Licorne, HD
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J’ai glissé quelques cubes sombres pour continuer mes séries de cubes, et y mettre des références alchimiques sur la matière première, même si les cubes sont bien plus que cela.
J’ai composé le personnage en me prenant en photo pour étudier les plis en peinture, dans la video que je partage ici, il s’agit de la peinture du détail des plis de la robe. Le visage n’est pas le mien mais un visage que j’ai trouvé beau, en accentuant le côté juvénile. La faon symbolise ici encore des éléments relatifs à la forêt, l’innocence.
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On peut voir différentes étapes de la peinture. Je commence par peindre grossièrement les formes et ensuite je reviens en couches sur elles. Peindre l’ensemble de la toile permet d’avoir une meilleure idée du rapport des couleurs entre elles. Je commence ensuite par le fond et notamment le ciel (quand il y en a un). Après je continue l’arrière plan en descendant. Je peins ensuite le personnage en commençant parfois par le vêtement, ensuite le visage. je fais les yeux et les détails en dernier et ensuite les cheveux dans lesquelles on peut voir des fleurs bleues.
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J’ai toujours un peu de mal à trouver des titres pour mes peintures, autant je peux m’épancher dans de longues explications, autant résumer avec un minimum de mot est parfois difficile.
Alors que j’avais terminé ma peinture mon copain l’a regardé comme si elle lui parlait. Il a « entendu » dans sa tête le mot « Kupala« , non pas qu’il soit schizophrène, mais dans notre approche artistique respective, nous travaillons à développer notre sensibilité, ce qui est souvent confondu dans notre société par les émotions ou encore la « sensiblerie ». La sensibilité est relative aux sens, la vue, l’odorat, etc… Il y a moins la notion de jugement ou d’ego que pour les émotions.
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On parle parfois de sixième sens qui serait en rapport avec l’intuition. En gros nous cherchons à développer notre intuition par des exercices comme s’il s’agissait de faire des exercices de dessin. Concrètement il peut s’agir pour moi de phases de méditation qui accompagne ma pratique de yoga en me concentrant sur les moindres informations, images, sons qu’on peut avoir. Beaucoup de gens ont des images qui leur apparaissent quand ils ferment les yeux, certaines personnes ont également des sons, moi j’ai aussi des « goûts » étant très portée sur la nourriture. Ce ne sont pas des hallucinations, c’est comme ces images qu’on peut avoir dans la tête. Si vous fermez les yeux et qu’on vous suggère de penser à un tigre, vous aurez surement une image mentale, bref, on peut développer notre esprit à aiguiser nos sens en partant de là. 
Notre société fait totalement l’impasse sur cela alors que le corps et l’esprit humain est capable de tout cela, rien à voir avec des croyances ou de la spiritualité, c’est physique. A partir de ces outils physiques, on en fait ce qu’on veut et c’est là qu’on peut parler de croyances.
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Après des recherches, il s’est avéré que Kupala était une déesse slave de la nature. Il n’en avait jamais entendu parlé et ce n’était pas dans ses centres d’intérêts, ils préfèrent faire des recherche sur les démons mais c’est une autre histoire.
Quand je crée, il se passe des choses invisibles tout à fait fascinantes selon moi. Je me sens connectée à quelque chose et poussée par quelque chose, seulement je n’arrive pas encore à comprendre exactement et précisément ce qu’il se passe. Avant Leonard de Vinci me semble t’il, on parlait d’inspiration venant de dieu.
Une théorie discutable serait que j’entre en connexion avec des égrégores (créés par des gens qui « prient » une entité ou l’entité elle même) qui me commandent telle ou telle peinture, dans le but d’avoir des formes matérielles dans ce monde causal. Ayant constaté que cela se passe souvent, je commence à croire en cela. Ca a notamment été très fort quand je faisais mon oeuvre « Kybele« , comme une certitude et quelque chose qui ne vient pas de moi mais qui passe par moi qui me pousse à faire telle chose d’artistique. Beaucoup d’écrivains ont des propos similaires, en peinture on parle d’artistes visionnaires à l’instar de William Blake, mais le terme me gène encore.
Ensuite je pense que si je travaille sur un thème sincèrement (ce que je fais tout le temps), que je m’entoure de lui, que je m’ouvre et me connecte, il se passe quelque chose. Pour ceux qui travaille en magie, en travaillant avec une entité, par exemple une déesse des eaux et de la nature, que l’on s’entoure de ses attributs, symboles etc, si celle ci accepte de travailler avec toi c’est à dire d’établir un échange, elle peut t’offrir sa protection et ses « pouvoirs ». Par pouvoir j’entends des choses probables comme être plus sensible avec le symbole de la lune, être plus guerrière avec le symbole de mars, être plus sévère avec le symbole de saturne etc, il ne s’agit pas – malheureusement – de pouvoir projeter des boules de feu mais d’agir sur des choses déjà présentes en nous. Du coup si vous détestez la nature, je doute qu’il faille choisir de s’associer avec des entités qui l’habite.
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Evidemment je peux contrôler et refuser cela, je ne suis pas dans le cas de voix que j’entendrai qui me demanderai de tuer des gens, mais j’essaie de m’ouvrir au maximum et laisser mon esprit se faire envahir par des choses proches de ma personnalité, c’est à dire la nature, ou des puissances féminines créatrices. Mais généralement quand on me demande de faire quelque chose que je ne veux pas, je ne le fais pas et les ennemis sont le prix de l’insoumission. Ses ennemis sont alors accueillis par les dieux anciens qui leur chuchotent leurs terreurs dans leurs rêves.

Peinture – Little horses

Peinture – Little horses

Toujours légèrement en retard pour présenter sur mon blogue mes illustrations. J’ai réalisé celle ci l’année dernière et je l’aime beaucoup.

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J’aimerai continuer à aller dans ce sens et mêler la précision des traits du visage et la stylisation plus libre de celle des cheveux tout en ajoutant un fond inspiré de mes recherches en pattern design.

Je l’ai réalisé à la peinture à l’eau, aquarelle principalement et reprend un peu le principe de « Serpentine » dans les lignes claires au pinceau, la palette de couleur restreinte, l’aquarelle et le fond décoratif.

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J’ai inclus un motif de cheval, pour cela je l’ai gravé dans une gomme et imprimé sur le papier.

 

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On retrouve également des motifs récurrents comme le cube, les cristaux et des symboles plus ou moins astrologiques. Le cheval a ici un symbole de protection et rappelle le signe du sagittaire, sensé m’encourager à aller vers mes projets.

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On peut dire que cela a plutôt bien marché car j’ai exposé cette peinture récemment au marché couvert d’Epinal avec d’autres artistes illustres locaux. Cette exposition fait d’ailleurs parti d’une longue liste qui s’est écrite cette année. J’en reparlerai prochainement.

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peinture à l’huile – Lune noire

peinture à l’huile – Lune noire

 

En actualisant mon book (celui que je transporte avec moi), je me suis rendue compte que je n’avais pas montré en détail ma peinture à l’huile « Lune noire ». Je suis très contente de cette peinture, elle représente beaucoup de choses et j’ai passé un temps considérable dessus (une quarantaine d’heure). Je l’avais préparé l’année dernière, et je l’ai fini en mars-avril 2015.

 

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Pour préparer une peinture, je ne commence jamais avec une toile blanche et un pinceau couvert de peinture, je crois bien que c’est un cliché qui existe rarement quand on peint à la manière réaliste comme je le fais. Je fais beaucoup de recherches, je réunis des idées et ensuite je recherche des documents visuels de référence qui m’inspire et correspond à mon idée. Quand je n’ai pas de personnage, je prends la pose et fait une photo de moi.

 

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Le visage vient d’un mannequin de défilé haute couture, on me demande souvent si je ne me suis pas représentée, j’aimerai bien être aussi jolie que les visages qui m’inspire et ceux qui travaillent dans la mode et le monde de la beauté (maquillage, cosmétique,…). Le pendentif avec mon logo existe réellement et la robe aussi, mais en noir. Je suis loin de savoir dessiner ou peindre des loups de mémoire, on s’imagine que c’est facile, mais pas du tout. Je fais ensuite un photomontage assez grossier grâce à photoshop et l’imprime sur papier. Maintenant j’utilise une tablette, ça me convient aussi.

 

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J’ai pu présenter cette peinture durant mon exposition à l’hotel Kyriad en mai 2015, j’étais plutôt assez fière.

 

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Cette peinture représente l’arcane majeure XVIII du Tarot : La lune. Ce n’est pas spécialement une carte de bon augure, car elle peut signifier l‘illusion, le mensonge, le rêve, quelque chose de flou. Pour moi la Lune est très importante, elle est une de mes dominante planétaire comme beaucoup d’artistes. Une planète n’est jamais que positive ou négative, elle a des aspects variées et parfois certains prennent le pas sur d’autres.

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On m’a longtemps reproché mon côté « lunaire », mais je n’ai jamais compris ce qu’il signifiait vraiment jusqu’à ce que je comprenne que les autres n’étaient pas comme moi. C’est un peu comme si des aveugles me reprochaient de voir des choses et d’y prêter attention. Je choisi volontairement un sens, car la lune représente la sensibilité, celle ci est assez mal vu dans nos sociétés basés sur le productivisme, le capitalisme, les loisirs rapides, pourtant c’est pour moi une grande chance et un don magnifique que d’être sensible, évidemment, beaucoup de gens aiment jouer avec notre sensibilité, c’est pourquoi il est important d’apprendre à se protéger. La carte de la lune nous indique qu’on peut se protéger grâce à la carapace de l’écrevisse, lié au signe du cancer. Le crabe peut se protéger avec sa carapace mais aussi pincer, à nous d’apprendre à développer cet aspect.

 

 

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Cette carte peut aussi représenter la magie, l’eau reflète comme un miroir un monde parallèle, c’est pour cela qu’on peut parler d’illusions, de choses qui ne sont pas celles qu’elles paraissent. La sensibilité de la lune permet de voir à travers les reflets, et à travers les rêves. Je fais très attention à mes rêves et mes visions et je travaille à développer cette sensibilité encore et encore.

J’ai figuré différentes étapes de ma peinture, on ne le sait pas, mais à chaque fois que je devais me lancer sur l’une d’elle, j’étais terrifiée et me demandais comme j’allai y arriver, c’est un peu la première fois que je peignais des paysages, puis des éléments architecturaux, puis de l’eau, le détail du visage, les cheveux, les plis de la robes, etc,… En revanche même si le ciel a été une étape effrayante, j’ai bien aimé le faire.

 

 

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La lune a un pouvoir attractif, on le voit plus clairement avec les marées, cette attraction est comme un pouvoir absorbant, celui permettant une grande empathie, en prenant les émotions alentours et bien plus (les traces liées à des lieux ou des objets). C’est pour ça que j’ai compris que je devais m’éloigner de la foule, du métro, j’ai tendance à absorber sans m’en rendre compte les émotions et celles ci sont rarement positives, ce qui affecte mon morale et de là je passe d’un état neutre à un état de tristesse d’où l’appellation de lunatique. Or je ne change jamais d’humeur sans raison, mais certaines personnes n’ont pas la capacité de ressentir ou de comprendre ce mécanisme, parfois je me demande si certaines personnes ressentent des choses, est ce agréable, ennuyeux, pratique ?

Parfois quand les gens savent que je fais une exposition, ils me demandent si « ça marche », si j’ai bien vendu etc,… Je suis toujours un peu gênée car j’ai l’impression qu’on me parle de mes enfants. Se séparer d’un travail aussi important est toujours particulier. Je sais que je fais mal ma commerciale sur ce coup, mais je suis un peu sentimental de mes peintures.

 

 

 

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peinture à l’huile « Fille et montagne »

peinture à l’huile « Fille et montagne »

Depuis quelques temps, j’essaie de plus travailler les couleurs. Il y a vraiment des teintes qui me donnent des émotions vibrantes et l’association de couleurs est comme un langage particulier.

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J’observe donc encore plus tout ce qui m’entoure (c’est pourquoi les intérieurs unis blancs ou gris m’ennuie). En ce moment j’adore observer le ciel et les variations du soleil dans les nuages, je réfléchis à la manière d’enregistrer cela. Je regarde ces teintes discrètement pour ne pas alimenter le cliché des « artistes déconnectés de la terre », qui ont « la tête dans les nuages », alors que justement mon cerveau capte un maximum d’informations, mes yeux analysent les couleurs et les formes dans le but de pouvoir retranscrire cela sur papier ou toile tellement cela me parait plus excitant que le dernier buzz à la mode sur facebook.

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Work in progress

Etapes de créations :

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A la fin de l’hiver dernier, je suis passée en Suisse et j’ai observé avec attention les montagnes. Elles me paraissaient également fascinantes et c’est pour cela que j’ai voulu en peindre. Cette peinture à l’huile sur carton entoilé et encadré a été exposé lors des Imaginales à l’hôtel Kyriad d’Epinal en mai 2015, je n’avais pas encore pris le temps de le montrer plus en détail.

 

exposition Holy Mane Hotel Kyriad

Peinture à l’huile – « Cavalière »

Peinture à l’huile – « Cavalière »

Je n’avais pas encore publié ici ma peinture à l’huile nommée « cavalière ».

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cavalière peinture à l'huile

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Elle m’est chère car c’est la première peinture que j’ai réalisé l’année dernière, ma reprise de l’huile après plusieurs années de pause. Pour certains la pratique de la peinture est une évidence, une facilité, mais pour moi chaque chose que je fais est soumis à de grandes réflexions et hésitations. Je me disais qu’il fallait que je produise plutôt des objets d’arts appliqués que des objets d’arts plastiques, car je n’osais pas m’affirmer en tant qu’artiste plasticienne (alors qu’il y a quelque chose de moins prétentieux de se définir en tant que technicien du design).
C’est aussi mon milieu social plutôt populaire et très peu réceptif à l’art qui m’a mis en tête que l’art n’était pas un vrai métier, à peine une occupation qui en vaut la peine. Il a été très difficile pour moi de m’autoriser à écouter qui j’étais, c’est à dire une créatrice. L’étiquette d’artiste est également floue, remplie de préjugés et d’amalgames, et c’est finalement en observant la place que les artistes occupaient dans d’autres pays que je me suis dit qu’il ne fallait pas que je me soucie trop de ces « on dit » typiques à la France et d’autres pays qui délaissent leur histoire et leur civilisation.
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cavalière peinture à l'huile
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La pratique d’un art est autant difficile dans sa technique, son sujet que dans sa réception dans une société matérialiste.
J’ai donc réussi à me libérer de certaines censures en me lançant de nouveau dans la peinture à l’huile, qui demande une quantité d’heures de travail pour un résultat souvent incertain. (Comme la broderie d’ailleurs).
J’ai ici débuté par l’exercice de reproduire un paysage de forêt d’automne. Le paysage est souvent un sujet mineur, mais c’est important de le maitriser un minimum. J’ai réussi à laisser le pinceau improviser le feuillage, je suis passée par le couteau pour tenter des effets plus graphiques, puis je suis revenue au pinceau. J’ai également suivi les conseils d’une artiste peintre de la région.
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Quand cette forêt était terminée je n’ai pas pu m’empêcher de lui ajouter un personnage, que j’ai voulu quelque peu mystérieux. Je travaillais déjà sur une gravure à la pointe sèche de cavalière, exposée en décembre dernier et j’ai voulu la représenter ici dans une toute autre technique. Je lui ai ajouté un halo rouge pour faire ressortir ce côté étrange et fantomatique.
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J’ai terminée cette peinture en hiver et je l’ai présenté à l’exposition de la Maison des Associations d’Epinal à la place de « Dendrobate » car celle ci était encore trop fraiche pour être exposée dans un lieu où je ne pouvais maitriser la qualité et le soin de l’accrochage et du déroulement de l’exposition. (Le professionnalisme et le soin des expositions est un vaste sujet auquel j’ai malheureusement du faire face pour une exposition à Paris).
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cavalière peinture à l'huile forêt automne
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Cavalière, 2014.
Peinture à l’huile
29cm x 39 cm.

Exposition Holy Mane à Bourbonne

Exposition Holy Mane à Bourbonne

Après 6 ans déjà, j’expose de nouveau des peintures à l’office du tourisme de Bourbonne-les-Bains.

C’est une exposition collective qui se déroule du 3 au 30 juin 2022.

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Ce sera l’occasion d’exposer mes dernières peintures réalisées ces derniers mois.

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  • Oeuf et serpent, 21 x 29,7 cm
  • Minotaure surréaliste et centaure pasolinien, 21 x 29 cm
  • Etoile du Matin, 50 x 61 cm
  • Fleur bleue Novalis, 50 x 61 cm

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Ces derniers temps, je me suis concentrée sur l’inspiration. Suite à une méditation guidée, j’ai voulu développer le symbole du serpent qui se mange la queue (Ourobouros). Son message était l’idée de retrouver son cerveau reptilien, c’est à dire les réflexes, les pulsions, l’instinct animal, en plongeant dans une mémoire atavique très très ancienne, qui remonte avant la naissance de l’homme.

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Parallèlement à cela, je me suis replongée dans les artistes surréalistes, en écoutant des interviews des intéressés plutôt que des rapports de journalistes et critiques d’art. Il faut remonter à la source. Le surréalisme est multiple car il englobe de nombreux artistes et poètes, pas toujours d’accord entre eux, et qui ont tous évolué durant leurs vies et l’actualité de la société (notamment les guerres mondiales).

 

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A la base, je recherchais des techniques d’inspiration, comme le dessin libre, les cadavres exquis, l’analyse des rêves etc,… J’ai été agréablement surprise d’entendre quelqu’un mettre des mots à des choses que je faisais également, notamment quand Duchamp (?) parle du moment avant le sommeil où l’esprit capte des mots et entend ou restitue des choses. Je me suis toujours demandée si c’était un phénomène partagé, si j’entendais des voix, etc… Le genre de message que j’entends est parfois très étrange et souvent comique, par exemple « il faut aller dans la prairie pour sortir des saucisses ». Autre exercice important que je pratique en me demandant si je suis la seule à le faire est ce qu’on peut appeler des « méditations guidées ». Avec mon ami, on appelle cela des « régressions », car les techniques se rapprochent de celles des personnes cherchant à « remonter dans leurs vies antérieures ». Je ne crois ni ne crois pas aux vies antérieures, je laisse chacun croire ce qu’il veut, mais ces exercices sont intéressants tant ils sont riches en symboles. Les surréalistes les faisaient également, et les appelaient des « rêves éveillés guidés« , donc j’aime utiliser leurs mots.

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A la base, c’est un constat sur ma voix. J’aimerai la travailler pour créer des podcasts ou entretiens, mais j’ai beaucoup d’exercices de diction, de respiration à faire. Parfois découragée et sévère, je me disais que ma voix n’arrivait pas à être dynamique, mais qu’elle avait un côté soporifique. De ce fait, j’ai pris le taureau par les cornes en me disant, quitte à avoir une voix faible, autant en faire quelque chose, et j’ai voulu développer quelque chose que j’aimerai un jour mieux développer : le soin et le bien être pour les autres. J’ai donc cherché à faire de la méditation guidée pour les autres et de « l’art thérapie », afin de développer son intuition. Finalement, j’ai utilisé ces recherches pour mon propre travail d’inspiration et je suis arrivée à des résultats intéressants. Il s’agit d’une sorte de dialogue intérieur, ou de dialogue avec son inconscient. On pourrait aussi penser à des dialogues avec des entités. Chacun ses croyances, pour moi, l’idée est de recréer ce lien entre moi et l’Invisible. C’est la quête principal de mon activité artistique, qui est aussi ma pratique spirituelle ou religieuse.

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Les surréalistes puisent dans leurs rêves et dans l’inconscient et contrairement avec ce qui a l’air de se faire en « art thérapie » actuel (domaine que j’aimerai creuser pour proposer des ateliers), les surréalistes ne mettaient pas de morale et n’hésitaient pas à explorer les aspects sombres, inquiétants, sexuels ou tabous. Pour ma part, je souhaite surtout travailler de cette façon, sans morale, et ne pas essayer de faire coller le praticien d’art thérapie à des cases de « positivités ». Evidemment, chaque personne choisit son chemin, il n’existe pas de méthode universelle applicable à tous. Pour ma part, j’ai toujours aimé le côté obscur.

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C’est ainsi que les surréalistes ont également exploré des mythes anciens, greco-romains, mais aussi tout ce qu’on appelait au début du XXème siècle « Art nègre » (nom qui a donné une revue), qu’on a appelé par la suite, arts primitifs, et qui ne se limitaient pas à l’Afrique, mais allait chercher du côté des traditions et peuples de tous les continents. Ces objets d’arts primitifs sont un témoignage important de la manière dont les peuples vivaient de façon traditionnelle, c’est à dire, en lien avec le sacré dans leurs quotidiens. Les modes de vies traditionnels sont des sources d’inspirations pour moi, tant le monde moderne me semble violent, mensonger, corrompu, malsain, capitaliste, etc… Le mythe du minotaure vibrait en moi depuis que je suis enfant. Je me souviens vers mes 10 ans lire le « livre dont vous êtes le héros » avec le minotaure. C’est une figure qu’on retrouve aussi chez Picasso, il me parle pour son côté lié au symbole de la Terre. Il y avait aussi un côté sexuel et puissant qui intéressaient les surréalistes. J’aime également tout ce qui concerne les dédales crétois (j’y ai pris le symbole du double labrys, que j’ai brodé sur de nombreux travaux).


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Le centaure est également un personnage mythologique que j’aime. Une analyse du film Médée de Pier Paolo Pasolini m’avait notamment intéressée sur le personnage du centaure (Chiron ?) incarné par Laurent Terzief. Cette analyse disait en quelque sorte qu’il représentait un lien entre le monde moderne (humain) et le monde primitif (animal). Il y a aussi ce rapport entre monde profane (moderne) et monde sacré. Pasolini y ajoute une note politique et social, critique du capitalisme et de la société bourgeoise qui entre parfaitement avec mes idéaux. J’avais déjà dessiné une sorte de centaure dans des linogravures repris dans certaines de mes cartes de voeux.

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J’ai donc nommé cette petite ( 21 x 29 cm) peinture acrylique Minotaure surréaliste et centaure pasolinien.

 

Dans la continuité de mes autres peintures, j’ai ajouté de la texture, celle-ci apporte un côté primitif et brut qu’inspirent les deux créatures mythologiques. Il y a également un motif de labyrinthe, celui-ci, en plus de se référer une nouvelle fois aux dédales minoens dont le Taureau est une figure importante et dont le mot labrys reprend la racine, symbolise dans cette peinture, la quête vers son Soi profond, (la quête initiatique, quête du Graal, de la pierre philosophale changée en or,…), ou vers son inconscient. L’idée est de revenir une fois encore à son être primitif, primordial, sacré, anti-moderne, d’une tradition primordiale guénonienne. Le labyrinthe est celui du dallage de la cathédrale de Chartres qui a un côté ésotérique et appelle l’homme à faire le chemin, le pèlerinage, la pérégrination, (thème romantique que Lord Byron a remis au goût du jour au début du XIXème siècle) vers le sacré, vers le monde Invisible.

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Par la suite, j’ai créé une gouache sur papier (21 x 29,7 cm) que j’ai appelé Oeuf et serpent.

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On y trouve encore une créature mi humaine-mi animale, mais un peu plus féminine. Elle évoque les anges de part ses ailes, mais aussi des créatures plus ambiguës comme des Liliths hébraïques ou des Mélusine médiévales. L’oeuf et le serpent sont des thèmes qui me reviennent souvent, mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Ce que j’interprète après avoir peint cette image est la phase de gestation dans laquelle j’étais.

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Je souhaitais me replonger en moi-même, être fécondée d’esprit invisible et renaître sous une forme symbolique nouvelle, être enfin cette personne de nouveau capable d’entendre les esprits et de voir l’Invisible tant la société des humains faits de mensonges, de faussetés et de laideur me donne envie de la quitter. Pour cette gouache, j’ai joué les superpositions de textures dans des expérimentations de peintures « libres », à la manière surréalistes.

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Le fond est chargé de moments de lâcher-prise, état dans lequel j’ai beaucoup de mal à me mettre. Je suis d’ailleurs rarement détendue, et c’est cet état, ce chemin que j’ai du faire pour accoucher de ces peintures qui me sont précieuses.
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J’expose également deux autres peintures acrylique sur toile déjà exposées, elles parlent également de romantisme, d’inspiration et d’anciens mythes qui sont les thèmes de ma vie.

 

  • Etoile du Matin, 50 x 61 cm

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Holy Mane expose au Bailli

Holy Mane expose au Bailli

Vous pourrez une nouvelle fois voir trois de mes peintures lors de l’exposition collective Pigment’T qui se tient à la galerie du Bailli du 25 février au 2 mars 2022.

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Les yeux de Saba, 2019

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Profondo Azzuro, 2020

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Erzuli

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Triptique
J’apprécie réunir ces trois peintures, non pas seulement car elles sont dans les mêmes teintes de bleus, ou de même format 55 x 46 cm, mais aussi parce qu’elles racontent quelque chose ensembles. J’ai toujours été attaché au chiffre trois et je trouve que dans ce chiffre sacré s’opère un rapport dynamique vibrant. On redécouvre une peinture sous un angle différent lorsqu’elle est à côté d’une autre.

Texture
On remarque d’abord les points communs, ou l’évolution : il y a une recherche plastique dans les effets picturales des fonds : coulures, traces de pinceaux, effets. Dans Erzuli, il y a de la broderie d’un dessin de deux mains. Elle se remarque surtout en se déplaçant autour de la peinture en fonction de l’éclairage. J’ai plusieurs fois brodé d’autres toiles après cette peinture car j’aime y ajouter de la fibre (un symbole important pour moi). On observe ensuite dans Les yeux de Saba que la texture se fait plus franche, plus « sale » ou plus brute avec un peu de matière.

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Dessins automatiques
Ce qu’il y a aussi dans les fonds chez Erzuli sont des sortes de symboles, qui  évoquent les vèvès vaudous. D’où le nom du loas (esprit) de l’amour (émotion proche de ma personnalité et également en astrologie (Venus)). Il s’agit en réalité de « dessins automatiques décoratifs ». J’ai essayé de me laisser aller pour permettre d’avantage ce genre de dessins, comme le faisaient les surréalistes. Cela devait me permettre d’être plus réceptive au hasard, être moins dans le contrôle (très difficile chez moi), ouvrir mon esprit à l’imagination des traits, développer une sorte de connexion avec mon inconscient, tenter des approches nouvelles du dessin, etc,… J’ai fait cet exercice dans des carnets de dessins pour m’habituer à une certaine fluidité. On retrouve donc de nouveaux des symboles dans Profondo Azzuro (titre en référence à un de mes films préféré Profondo Rosso de Dario Argento). Certains sont conscients (les zig zag réfèrent à une sortie astrale hors du corps voyageant dans un vortex spiralé et les sphères en haut à gauche réfèrent à l’énergie (onde) électro-magnétique, l’atome, les planètes, les vibrations,…) et d’autres encore à découvrir. Cela figure les informations invisibles qui flottent autour de l’âme sensible de l’artiste (qui choisit cette voix de la sensibilité), cela représente l’inspiration de symboles à capter, matérialiser sur la toile et interpréter.

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Méditation
Je continue de faire de la méditation après mon yoga pour travailler ma sensibilité (la capacité à sentir l’invisible). Je me concentre pour mettre mon corps en état « d’ouverture de conscience ». Je me concentre sur ma respiration, j’aimerai développer le pranayama, je contracte mes muscles du périnée sur l’inspiration, je visualise une sphère qui monte du périnée (shakra racine) vers le haut du crane. Quand je me concentre sur ma tête, je pense au milieu des yeux et souvent j’ai une sensation « d’évanouissement », ou lorsque je commence à m’endormir, sauf que je suis assise en position lotus. J’imagine que je fais monter une énergie à chaque inspiration. J’essaie aussi de « manger du prana » par le plexus solaire (à la manière vampirique (je ne suis pas faite pour me nourrir pas sur les gens)). Sur l’expire, je me détends ou j’imagine faire sortir de mon corps des énergies négatives (toxines etc,…). Le plus important n’est pas de faire cet exercice longtemps mais de le faire régulièrement. Je pense que chacun a sa propre « cuisine », c’est ma méthode personnelle qui reste perfectible. Cela m’aide à « être en contact » avec des choses « supérieures », non matérielles. Selon les interprétations, il peut aussi s’agir d’être en contact avec son inconscient ou soi même. Je laisse chacun choisir la forme que cela prend, ce n’est pas ça qui est très important. Mes exercices de méditation font parti de ma peinture, ils l’alimentent, ils sont aussi important que de laver ses pinceaux après usage, ou étudier l’anatomie, la théorie des couleurs, la perspective ou la place des lumières,…

 

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Exposition à la Chapelle de la Suche en août 2021

 

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Exposition La Voûte en novembre 2020

 

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Ou :

Galerie du Bailli

place des Vosges

Epinal

Quand :

du 25 février au 2 mars 2022

de 10h à 19h

Le Retour du Soleil

Le Retour du Soleil

Comme chaque décembre, je réalise une peinture qui compte pour moi techniquement. Je me souviens avoir expérimenté avec l’encre et l’aquarelle et sentir le plaisir de l’eau. Cette année, je vous présente l’introduction de mes retouches numériques grâce à l’acquisition d’une tablette graphique (enfin des prix abordables à moins de 60 € !).

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Je voulais rendre hommage au solstice d’hiver qui marque le retour du Soleil au fond de l’hiver. Je suis particulièrement sensible à la morosité des mois sombres et froids. Je souffre vraiment de ces moments et espère le printemps avec impatience tout en acceptant les cycles qui demandent aux corps de se reposer et d’hiberner. La lumière, la chaleur et le Soleil sont des symboles que j’aime beaucoup.
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Je me suis inspirée de Sol Invictus, dieu romain issu d’un mélange entre Apollon et Mithra. C’est pourquoi le personnage ressemble beaucoup au dieu Apollon, sans avoir tous ses attributs (lyre et arche). J’ai voulu aussi retranscrire l’idée de neige et d’obscurité et créer un contraste.

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J’ai commencé par faire des recherches de poses et de notes sur le solstice et le Soleil. Puis d’après un croquis qui me convenait, j’ai dessiné au crayon sur le format A3, que j’ai ensuite encré à l’encre de Chine et à la plume (de métal). J’ai ensuite peint à l’aquarelle. Je savais que je devais créer un décor plus sombre, mais il était difficile psychologiquement (risque de tout rater) de rajouter de l’encre sombre sur la neige, c’est pourquoi j’ai préféré réveiller les valeurs numériquement. Il y a aussi des ajouts de gouache. Le visage ne me satisfaisait pas entièrement et finalement je l’ai retouché une dernière fois avec le numérique. Cela m’a pris environ 10 à 12 heures en 3 jours.

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Peindre des divinités, c’est pour moi leur rendre hommage afin qu’elles me soutiennent dans mon quotidien, c’est une sorte de prière sans soumission mais grâce à l’amour et l’Art que je leur offre. Dans mes recherches, je suis tombée sur le concept de « mysticisme astral », j’ignorais cette expression qui désigne le fait de croire aux Astres, et pourtant je la pratique d’une certaine manière. Je ne comprends pas comment on ne peut se rendre compte combien le Soleil donne la vie et influence nos vies, nos rythmes biologiques, notre existence. Je pense que l’homme moderne devrait arrêter de se penser au dessus de la nature et devrait être un peu plus humble et respectueux d’elle. Je ne comprends pas non plus comment on peut ignorer le Soleil, penser qu’il n’existe pas,… Cette époque est trop déracinée de la nature, des cycles, de la science sacrée (et non profane, matérialiste, utilitariste, capitaliste, pour le profit) pour respecter ce qui l’entoure. Personnifier les astres ou les dieux ont été des moyens de rendre plus familiers et palpables ces énergies primordiales. Ce sont des symboles, des choses qui nous lient car nous dépendons tous de la nature et de la biologie qu’on le veuille ou non.
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Exposition Holy Mane – fêtes de Saint Nicolas

Exposition Holy Mane – fêtes de Saint Nicolas

J’expose 3 peintures pendant les fêtes de Saint Nicolas d’Epinal !

 

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La ville d’Epinal met en place un mois de décembre festif et artistique pour réchauffer nos mornes quotidiens. Du 3 décembre au 2 janvier 2022, de nombreux événements réuniront les visiteurs et les spinaliens dans de nombreuses rues de la ville.

 

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Sous le chapiteau Cristal, place de l’Atre, derrière la basilique, se tient l’exposition que je partage avec mes camarades artistes et artisans d’Art de Pigment’T. Je tiens à saluer les efforts des associations qui doivent s’adapter aux confinements et autres restrictions ainsi que la volonté de la mairie d’accueillir leurs artistes – mêmes les plus « subversifs », ou « libres d’expression ».

 

 

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J’ai décidé de présenter trois peintures aquarelles et à l’encre sur papier de 2015, qui n’ont pas été exposé cet automne ou cet été. Je trouvais ce triptyque parfait. Je peins le plus souvent des femmes, elles sont sensibles, rêveuses, et dans l’espace liminal de l’Invisible. Elles sont moi, mes Muses, mes inspirations, mes aspirations, les femmes que j’aime et que j’admire. Elles sont la féminité que je veux honorer : la féminité réceptive des ondes des infra-mondes mystérieux, la féminité sacrée discutant avec le divin, la sorcière et la sainte, la mère et la séductrice.

 

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J’ai plusieurs fois voulu réduire le symbole que je donne au cube avec des mots. Les symboles sont difficilement traduisibles car ils parlent à autre chose qu’aux esprits limités par la quantité et la matière (référence au règne de la quantité de René Guénon). Pour être au plus proche, mais restant dans le faux, il symbolise l’Invisible matérialisé, c’est à dire des choses de l’au delà et du Ici et Maintenant concentrées sous une forme physique, c’est à dire des éléments des mondes sacrés ramenés de ce côté ci du miroir. C’est aussi le travail de l’artiste : montrer l’invisible, tailler les faces miroitantes et sombres de la Pierre pour en faire un solide platonicien. C’est un morceau du mégalithe de 2001 l’Odysée de l’espace, un Kubrick Cube. C’est une forme extra terrestre qui amène aux humains le savoir, les connaissances, les sciences et la civilisation pour que l’humanité puisse s’élever, mais qu’elle n’utilise que pour se perdre dans l’hubris et l’égoïsme pervers. C’est la pierre noire tombée du Ciel de la Kaaba, qui parle des déesses et dieux païens de la Mecque qui furent grands remplacés par le cycle de la chute des civilisations.

 

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Cette peinture s’appelle Dahlia’s Cube (je suis nulle pour les titres), parce que j’écoutais en audio livre emprunté à la bibliothèque, au temps où celle-ci était ouverte à tous, le Dahlia Noir de James Ellroy. Affaire qui étonnement m’interpellait, aussi pour des raisons « artistiques », comme elle semblait interpeller les artistes surréalistes, du photographe Man Ray au père de l’Art Conceptuel Marcel Duchamp, dans son oeuvre  » Etant Donné  » (?). Cette oeuvre comporte une aura surréaliste voire ésotérique que je ne saurais m’expliquer, à l’instar de Jack L’éventreur.
Le livre parle plus de boxe et de camaraderie en réalité, et le film – très mauvais ne fait que soulever les éléments clés en ayant retiré toute nuance, profondeur et émotions.

 

 

 

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Cette peinture s’appelle Serpentine et met en avant des éléments « décoratifs » que j’interprète comme étant les « signes, symboles et ondes » que je perçois (sans réussir toujours à les traduire). Le Cube est une nouvelle fois présent. Les yeux du fond sont comme les esprits invisibles qui habitent la nature et les autres mondes.

 

Aquarelle "Snake girl"

 

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En montrant cette peinture, une personne m’a dit qu’elle faisait un signe « franc-maçon ». Je n’ai pas su quoi répondre car ce n’était pas du tout mon intention et que je connais assez mal tous les codes francs-maçons mais je sais qu’on dit beaucoup de choses et beaucoup de bêtises alors je préfère prendre ces informations avec précaution. En revanche, j’ai remarqué dans mon travail des thèmes que je trouvais aussi dans certaines imageries franc-maçonnes (le Roi Salomon et la Reine de Saba, Isis, le tarot de Marseille et ses interprétations et explorations égyptiennes par Papus…) et j’ai trouvé cela étonnant. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les symboles et les mythes, le sacré et l’élévation intellectuelle, artistique et spirituelle, cela fait il des liens et des coïncidences ? Je vous laisse me répondre en commentaire vos avis (vu que tant de personnes ont un avis sur tout).

En tout cas, si cela veut dire « quelque chose », je suis curieuse de le savoir. Si ça trouve, je suis possédée par des esprits FM, ce serait cocasse et quelque peu confusionnant.

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Avant je n’aimais pas trop les fêtes, mais depuis que nos traditions et nos cultures sont menacées, je trouve important de reproduire les rituels de nos ancêtres ou des ancêtres des lieux que nous empruntons. Cela fait parti du devoir de transmission du flambeau qui alimente une part de magie contre le matérialisme (trop présent pour Noël). Cette fête s’est faite récupérée par un consumérisme malsain qu’il faut combattre en « consommant mieux ». Tentons de préserver l’esprit de communauté, d’amour, de partage, de magie, des liens sociaux et familiaux (par « famille » j’entends des « personnes qui nous élèvent, pas celles qui nous rabaissent »). Créer un noyau, un clan, protéger ceux qui nous aiment, donner de l’amour est important, plus que de donner des gadgets polluants par injonction aux modes de consommation.

 

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Les festivités de décembre invitent donc la parade de Saint Nicolas, d’autres artistes, des chalets commerçants, un sapin de Noël, des illuminations, etc…

 

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La Cancel Culture à la Villa Médicis

La Cancel Culture à la Villa Médicis

Je partage un article qui fait écho à des articles que j’ai écrit (ici ou ici), à propos de l’idéologie progressiste capitaliste de la cancel culture venue des Etats-Unis. Cette position n’est pas juste la motivation d’une minorité américaine, mais est largement reprise par les institutions européennes. Le changement de mentalité et d’obéissance d’un peuple au service d’un pouvoir (l’Etat) via ses médias, ses institutions (école, musées,…), ses influenceurs, sa morale pour faire adhérer à ses lois contre les intérêts des peuples (à commencer par la perte d’autonomie et de liberté des personnes) et la « fabrique du consentement » (en référence au livre de Edward S. Herman et Noam Chomsky publié en 1988 utilisée pour la première fois par Walter Lippmann en 1922 dans Opinion publique) est ce que certains appellent « l’ingénierie sociale », et que je préfère appeler la propagande (en référence à Edward Bernays et sa promotion des « relations publiques » en 1928 au service des « démocraties libérales progressistes »). (Certains à l’extrême droite appelle cela le « marxisme culturel », mais c’est dommage de tomber dans la stratégie de communicants américains défendant leur capitalisme en nommant de « marxisme » la stratégie qu’ils utilisent eux-mêmes pour garder les individus dans la prison de consommateurs-producteurs aliénés troquant la lutte de classe par la lutte (bourgeoise) de race). La Cancel Culture, que les pratiquants tentent de faire passer pour une théorie ou un complot qui n’existe pas, m’est devenu insupportable et j’avais d’abord écrit des textes dans une émotion sincère, puis l’incendie de Notre Dame a été pour moi, comme une sorte d’électrochoc, non pas de penser ce que je pense, mais de le revendiquer. S’opposer ouvertement à l’idéologie, c’est se fermer toutes les portes, déjà rares (quand on n’est pas né dedans) de projets artistiques, d’opportunités professionnelles, de désir de carrière dans les institutions, voire même de trouver des petits contrats en illustration, d’espérer des liens sociaux ou de fréquenter certains lieux (qui de toute manière sont tous soumis au passe sanitaire). Mais l’Art, la Création, l’Histoire et la Vérité sont parfois plus importants, en tout cas, il m’est difficile de me taire. Et en même temps, ce besoin viscéral d’alerter sur cette destruction de l’Art, m’a permis de publier des articles dans la revue Rébellion  depuis un an (un sur l’Art Contemporain dans le numéro 90, deux sur le sacré et la défense des mythes anciens dans les numéros 91 et 92 et un contre le passe sanitaire et sa société technologique de surveillance généralisée dans le numéro 93 et 94 à paraitre). J’écris d’ailleurs dans le 91 que la Cancel culture est la « culture de l’annulation ou annulation de la culture ». Expression que je retrouve chez l’auteur que je cite ci-dessous.

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Selon moi, l’oeuvre d’un artiste est de se cultiver soi même, de cultiver sa singularité, qui est l’expression honnête de ce qu’il est au fond de lui, un vrai et bon artiste doit donc oeuvrer pour le Vrai et vers ce qu’il pense intimement sans chercher à plaire ou à déplaire (à la morale du moment, la doxa, les dominants ou la masse). Ainsi, les attaques de ringardise (de styles démodés) ou autres (concernant la peinture figurative en France) sont tout simplement hors d’effet, car seul compte le jugement des pairs (des maîtres anciens et contemporains et des amateurs sensibles d’Art) et de ceux qui cultivent notre « Moi » (comme dirait le lorrain Maurice Barrès).
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Tout le texte est pertinent, mais la longueur fait renoncer à certains, le goût de la lecture, j’ai essayé d’en mettre alors quelques extraits, mais lisez le dans son intégralité (avec les notes) sur le site de la tribune de l’Art.

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« Depuis quelques années, la critique « décoloniale » prend une ampleur grandissante au sein du discours académique, et la Villa Médicis en subit aujourd’hui les assauts. Les splendides tapisseries des Indes qui ornent le Grand Salon au cœur de la Villa sont en effet critiquées car elles seraient « marquées par l’imaginaire colonial » selon la presse qui s’est fait écho de la protestation de certains pensionnaires hébergés par la prestigieuse institution [1]. Ces derniers exigent en effet le décrochage de la tenture suivant en cela un type de revendication de plus en plus fréquent : réclamer que l’on supprime ce qui offense. […]
Ce qu’on appelle études décoloniales (ou post-colonial studies) ne sont pas des recherches universitaires comme d’autres – qui étudieraient, comme on pourrait croire, le phénomène de la décolonisation. Il s’agit en réalité d’un militantisme politique dont l’objectif unique est une mise en accusation de l’Occident par une insistance obstinée sur son passé colonial et esclavagiste. La dimension morale et psychologique est centrale dans la définition. L’objectif de l’approche « décoloniale » n’est pas d’ordonner des faits dans une perspective historique mais de prononcer des jugements de valeur pour en définitive dire du mal de la civilisation occidentale et uniquement de celle-ci. Ce n’est pas une recherche de vérité mais un travail de sape. Cette idéologie progresse aujourd’hui avec une virulence spectaculaire dans l’organisme déjà bien fragilisé (on dit « déconstruit ») de la pensée occidentale [2].
Or, et c’est l’évidence même, l’esclavagisme, les conquêtes territoriales et la colonisation sont des phénomènes mondiaux et transhistoriques. L’Occident n’y a joué qu’une part ; l’Islam aux VIIe et VIIIe siècles (le fameux Jihad, la guerre sainte) ou les Mongols de Gengis Kahn au XIIIe siècle ont été bien plus actifs et bien plus ambitieux.[…]
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Le Grand Salon de la Villa Médicis avec les tapisseries des Indes Photo : Académie de France à Rome

Le Grand Salon de la Villa Médicis avec les tapisseries des Indes
Photo : Académie de France à Rome

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L’histoire est alors instrumentalisée pour devenir une arme morale : faire le partage entre le bien et le mal, entre les méchants et les gentils. Cette moraline est désormais parfaitement assumée par certains historiens progressistes. […]
En étant moraliste, la lecture historique en devient extraordinairement caricaturale, biaisée et malhonnête.
Et ce caractère malhonnête, biaisé et caricatural ne se voit nulle part aussi bien qu’avec l’absurde polémique autour de la tenture des Indes à la Villa Médicis. […]
Rappelons par ailleurs que la valorisation patrimoniale d’une œuvre d’art n’est pas la valorisation de son sujet.[…]
Cette première attaque ayant échoué, les adeptes de l’idéologie décoloniale entreprirent d’organiser le 30 septembre 2021 une journée entière de conférences pour s’en prendre une nouvelle fois à ces vénérables tapisseries. Il s’agissait alors de « ré-envisager les « objets patrimoniaux » à l’aune de perspectives méthodologiques et épistémiques nouvelles ». (On notera les guillemets soupçonneux autour d’« objets patrimoniaux »). Le texte d’annonce de cette journée est saturé de cette idéologie post-coloniale qui semble n’avoir pour seul objectif que la condamnation de la méchante Europe. Les historiens se font moralistes et c’est une morale de la déconstruction.
La tenture est évidemment une représentation exotique et fantasmée des pays lointains. L’étrangeté de la végétation, des animaux, des individus est mise en valeur par l’artiste, témoignant de la curiosité des Européens pour l’autre et l’ailleurs. Nul racisme, nulle caricature : c’est une description émerveillée de la beauté d’un monde inconnu. Or, aux yeux de nos nouveaux moralistes, rien ne peut être positif dans cette curiosité. Le texte d’annonce de la journée d’étude affirme ainsi que « l’exubérance des éléments déployés n’est pas sans soulever plusieurs questionnements du point de vue des débats actuels autour des questions du racisme, de l’esclavage et du passé colonial des nations. » Tout est bon pour évoquer « l’exploitation coloniale qui se sert du labeur des esclaves africains » quand bien même précisément cette tapisserie montrerait l’inverse : une mission diplomatique africaine au Brésil, magnifique témoignage de la participation du continent noir aux prémices de la globalisation du monde.
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D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680) Manufacture des Gobelins Le Combat d’animaux, 1723-1726 Laine et soie - 399,5 x 327 cm Rome, Villa Médicis Photo : Académie de France à Rome

D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680)
Manufacture des Gobelins
Le Combat d’animaux, 1723-1726
Laine et soie – 399,5 x 327 cm
Rome, Villa Médicis
Photo : Académie de France à Rome

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Une fois de plus, le courant progressiste met en œuvre une politique de la censure fondée sur une lecture moralisatrice, culpabilisatrice et de surcroît ici parfaitement biaisée. Cette critique puritaine qui veut expurger ce qui ne lui convient pas est désignée sous le nom américain de « cancel culture », une culture de l’annulation qui est surtout une annulation de la culture. Dans le mouvement créé par ce courant de la pureté, des films sont censurés, des livres sont condamnés, des dictionnaires sont modifiés, des personnes qualifiées perdent leur emploi. Les excès délirants de cette lame de fond ont conduit à la destruction de statues de grands hommes à travers le monde anglo-saxon. Quand elles ne sont pas détruites, ces œuvres sont dégradées. Les pouvoirs publics, pleutres et soumis, décrètent alors que ces sculptures sont « problématiques » et les retirent. En France, la statue du général Joseph Gallieni est vandalisée, celle du grand Colbert est également souillée. Cette pulsion nihiliste fait immanquablement songer à la révolution culturelle chinoise et à la lutte contre « les quatre vieilleries », entraînant la destruction des œuvres d’art et des témoignages du passé non conformes à l’idéologie autorisée.
Mais le plus frappant reste la soumission des institutions et des intellectuels aux caprices émotionnels d’une petite minorité d’individus endoctrinés travaillant avec acharnement à une grande épuration de l’Histoire sur l’autel de la probité morale. Guidés par une volonté d’interdire ce qui n’est pas conforme à l’idéologie politiquement correct, ces derniers veulent chasser de l’espace public tout ce qui peut « offenser ». Nous sommes tombés au niveau des talibans qui ne supportent pas ce qui est contraire à leur vision du monde.
Pierre Jourde, écrivain, professeur d’université et critique littéraire, publia en 2019 dans L’Obs une tribune éloquente à cet égard : « Notre époque a la passion de la censure, et désormais cette censure n’est plus la vieille censure réactionnaire de droite, elle est presque exclusivement pratiquée par des gens qui se réclament de la gauche et du progrès, et exercent un véritable terrorisme intellectuel. C’est un retournement historique, qu’on étudiera lorsqu’on fera l’histoire des mentalités et des idées au XXIe siècle. Au nom du progrès, de la gauche, du Bien, on persécute et on empêche de parler ou de travailler des écrivains, des artistes, des journalistes, des intellectuels. »
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D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680) Manufacture des Gobelins Le Chasseur indien, 1723-1726 Laine et soie - 400 x 285 cm Rome, Villa Médicis Photo : Académie de France à Rome

D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680)
Manufacture des Gobelins
Le Chasseur indien, 1723-1726
Laine et soie – 400 x 285 cm
Rome, Villa Médicis
Photo : Académie de France à Rome

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Charlie Hebdo a pris acte lui aussi aujourd’hui de ce grand retournement. Il concède désormais que la censure a changé de camp. Dans son éditorial du 7 janvier 2020, « Les nouveaux visages de la censure », le chef de la rédaction expliquait qu’il y a « trente ou quarante ans », le politiquement correct « consistait à combattre le racisme ». Mais tout a changé. « La gauche anglo-saxonne a inventé le politiquement correct pour faire oublier son renoncement à lutter contre les injustices sociales. La lutte des classes, trop marxiste à ses yeux, a été remplacée par la lutte des genres, des races, des minorités, des sous-minorités et des micro-minorités. »
La remise en cause aujourd’hui de la tenture des Indes conservée à la Villa Médicis est symptomatique d’un vaste mouvement. Les auteurs de l’attaque le disent d’ailleurs eux-mêmes. Cette affaire est révélatrice d’un bouleversement intellectuel majeur qui dépasse très largement la seule question patrimoniale. La critique décoloniale promeut une vision culpabilisatrice et mortifère de l’histoire européenne qui se nourrit d’une puissante haine de soi [5]. Et désormais, l’Occident se déteste tant lui-même qu’il cherche avec fureur son propre anéantissement. »
Jérôme Delaplanche
(ancien responsable de l’histoire de l’art à la Villa Médicis)