Exposition Holy Mane – fêtes de Saint Nicolas

Exposition Holy Mane – fêtes de Saint Nicolas

J’expose 3 peintures pendant les fêtes de Saint Nicolas d’Epinal !

 

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La ville d’Epinal met en place un mois de décembre festif et artistique pour réchauffer nos mornes quotidiens. Du 3 décembre au 2 janvier 2022, de nombreux événements réuniront les visiteurs et les spinaliens dans de nombreuses rues de la ville.

 

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Sous le chapiteau Cristal, place de l’Atre, derrière la basilique, se tient l’exposition que je partage avec mes camarades artistes et artisans d’Art de Pigment’T. Je tiens à saluer les efforts des associations qui doivent s’adapter aux confinements et autres restrictions ainsi que la volonté de la mairie d’accueillir leurs artistes – mêmes les plus « subversifs », ou « libres d’expression ».

 

 

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J’ai décidé de présenter trois peintures aquarelles et à l’encre sur papier de 2015, qui n’ont pas été exposé cet automne ou cet été. Je trouvais ce triptyque parfait. Je peins le plus souvent des femmes, elles sont sensibles, rêveuses, et dans l’espace liminal de l’Invisible. Elles sont moi, mes Muses, mes inspirations, mes aspirations, les femmes que j’aime et que j’admire. Elles sont la féminité que je veux honorer : la féminité réceptive des ondes des infra-mondes mystérieux, la féminité sacrée discutant avec le divin, la sorcière et la sainte, la mère et la séductrice.

 

illustration Holy Mane

 

J’ai plusieurs fois voulu réduire le symbole que je donne au cube avec des mots. Les symboles sont difficilement traduisibles car ils parlent à autre chose qu’aux esprits limités par la quantité et la matière (référence au règne de la quantité de René Guénon). Pour être au plus proche, mais restant dans le faux, il symbolise l’Invisible matérialisé, c’est à dire des choses de l’au delà et du Ici et Maintenant concentrées sous une forme physique, c’est à dire des éléments des mondes sacrés ramenés de ce côté ci du miroir. C’est aussi le travail de l’artiste : montrer l’invisible, tailler les faces miroitantes et sombres de la Pierre pour en faire un solide platonicien. C’est un morceau du mégalithe de 2001 l’Odysée de l’espace, un Kubrick Cube. C’est une forme extra terrestre qui amène aux humains le savoir, les connaissances, les sciences et la civilisation pour que l’humanité puisse s’élever, mais qu’elle n’utilise que pour se perdre dans l’hubris et l’égoïsme pervers. C’est la pierre noire tombée du Ciel de la Kaaba, qui parle des déesses et dieux païens de la Mecque qui furent grands remplacés par le cycle de la chute des civilisations.

 

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Cette peinture s’appelle Dahlia’s Cube (je suis nulle pour les titres), parce que j’écoutais en audio livre emprunté à la bibliothèque, au temps où celle-ci était ouverte à tous, le Dahlia Noir de James Ellroy. Affaire qui étonnement m’interpellait, aussi pour des raisons « artistiques », comme elle semblait interpeller les artistes surréalistes, du photographe Man Ray au père de l’Art Conceptuel Marcel Duchamp, dans son oeuvre  » Etant Donné  » (?). Cette oeuvre comporte une aura surréaliste voire ésotérique que je ne saurais m’expliquer, à l’instar de Jack L’éventreur.
Le livre parle plus de boxe et de camaraderie en réalité, et le film – très mauvais ne fait que soulever les éléments clés en ayant retiré toute nuance, profondeur et émotions.

 

 

 

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Cette peinture s’appelle Serpentine et met en avant des éléments « décoratifs » que j’interprète comme étant les « signes, symboles et ondes » que je perçois (sans réussir toujours à les traduire). Le Cube est une nouvelle fois présent. Les yeux du fond sont comme les esprits invisibles qui habitent la nature et les autres mondes.

 

Aquarelle "Snake girl"

 

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En montrant cette peinture, une personne m’a dit qu’elle faisait un signe « franc-maçon ». Je n’ai pas su quoi répondre car ce n’était pas du tout mon intention et que je connais assez mal tous les codes francs-maçons mais je sais qu’on dit beaucoup de choses et beaucoup de bêtises alors je préfère prendre ces informations avec précaution. En revanche, j’ai remarqué dans mon travail des thèmes que je trouvais aussi dans certaines imageries franc-maçonnes (le Roi Salomon et la Reine de Saba, Isis, le tarot de Marseille et ses interprétations et explorations égyptiennes par Papus…) et j’ai trouvé cela étonnant. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les symboles et les mythes, le sacré et l’élévation intellectuelle, artistique et spirituelle, cela fait il des liens et des coïncidences ? Je vous laisse me répondre en commentaire vos avis (vu que tant de personnes ont un avis sur tout).

En tout cas, si cela veut dire « quelque chose », je suis curieuse de le savoir. Si ça trouve, je suis possédée par des esprits FM, ce serait cocasse et quelque peu confusionnant.

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Avant je n’aimais pas trop les fêtes, mais depuis que nos traditions et nos cultures sont menacées, je trouve important de reproduire les rituels de nos ancêtres ou des ancêtres des lieux que nous empruntons. Cela fait parti du devoir de transmission du flambeau qui alimente une part de magie contre le matérialisme (trop présent pour Noël). Cette fête s’est faite récupérée par un consumérisme malsain qu’il faut combattre en « consommant mieux ». Tentons de préserver l’esprit de communauté, d’amour, de partage, de magie, des liens sociaux et familiaux (par « famille » j’entends des « personnes qui nous élèvent, pas celles qui nous rabaissent »). Créer un noyau, un clan, protéger ceux qui nous aiment, donner de l’amour est important, plus que de donner des gadgets polluants par injonction aux modes de consommation.

 

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Les festivités de décembre invitent donc la parade de Saint Nicolas, d’autres artistes, des chalets commerçants, un sapin de Noël, des illuminations, etc…

 

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La Cancel Culture à la Villa Médicis

La Cancel Culture à la Villa Médicis

Je partage un article qui fait écho à des articles que j’ai écrit (ici ou ici), à propos de l’idéologie progressiste capitaliste de la cancel culture venue des Etats-Unis. Cette position n’est pas juste la motivation d’une minorité américaine, mais est largement reprise par les institutions européennes. Le changement de mentalité et d’obéissance d’un peuple au service d’un pouvoir (l’Etat) via ses médias, ses institutions (école, musées,…), ses influenceurs, sa morale pour faire adhérer à ses lois contre les intérêts des peuples (à commencer par la perte d’autonomie et de liberté des personnes) et la « fabrique du consentement » (en référence au livre de Edward S. Herman et Noam Chomsky publié en 1988 utilisée pour la première fois par Walter Lippmann en 1922 dans Opinion publique) est ce que certains appellent « l’ingénierie sociale », et que je préfère appeler la propagande (en référence à Edward Bernays et sa promotion des « relations publiques » en 1928 au service des « démocraties libérales progressistes »). (Certains à l’extrême droite appelle cela le « marxisme culturel », mais c’est dommage de tomber dans la stratégie de communicants américains défendant leur capitalisme en nommant de « marxisme » la stratégie qu’ils utilisent eux-mêmes pour garder les individus dans la prison de consommateurs-producteurs aliénés troquant la lutte de classe par la lutte (bourgeoise) de race). La Cancel Culture, que les pratiquants tentent de faire passer pour une théorie ou un complot qui n’existe pas, m’est devenu insupportable et j’avais d’abord écrit des textes dans une émotion sincère, puis l’incendie de Notre Dame a été pour moi, comme une sorte d’électrochoc, non pas de penser ce que je pense, mais de le revendiquer. S’opposer ouvertement à l’idéologie, c’est se fermer toutes les portes, déjà rares (quand on n’est pas né dedans) de projets artistiques, d’opportunités professionnelles, de désir de carrière dans les institutions, voire même de trouver des petits contrats en illustration, d’espérer des liens sociaux ou de fréquenter certains lieux (qui de toute manière sont tous soumis au passe sanitaire). Mais l’Art, la Création, l’Histoire et la Vérité sont parfois plus importants, en tout cas, il m’est difficile de me taire. Et en même temps, ce besoin viscéral d’alerter sur cette destruction de l’Art, m’a permis de publier des articles dans la revue Rébellion  depuis un an (un sur l’Art Contemporain dans le numéro 90, deux sur le sacré et la défense des mythes anciens dans les numéros 91 et 92 et un contre le passe sanitaire et sa société technologique de surveillance généralisée dans le numéro 93 et 94 à paraitre). J’écris d’ailleurs dans le 91 que la Cancel culture est la « culture de l’annulation ou annulation de la culture ». Expression que je retrouve chez l’auteur que je cite ci-dessous.

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Selon moi, l’oeuvre d’un artiste est de se cultiver soi même, de cultiver sa singularité, qui est l’expression honnête de ce qu’il est au fond de lui, un vrai et bon artiste doit donc oeuvrer pour le Vrai et vers ce qu’il pense intimement sans chercher à plaire ou à déplaire (à la morale du moment, la doxa, les dominants ou la masse). Ainsi, les attaques de ringardise (de styles démodés) ou autres (concernant la peinture figurative en France) sont tout simplement hors d’effet, car seul compte le jugement des pairs (des maîtres anciens et contemporains et des amateurs sensibles d’Art) et de ceux qui cultivent notre « Moi » (comme dirait le lorrain Maurice Barrès).
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Tout le texte est pertinent, mais la longueur fait renoncer à certains, le goût de la lecture, j’ai essayé d’en mettre alors quelques extraits, mais lisez le dans son intégralité (avec les notes) sur le site de la tribune de l’Art.

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« Depuis quelques années, la critique « décoloniale » prend une ampleur grandissante au sein du discours académique, et la Villa Médicis en subit aujourd’hui les assauts. Les splendides tapisseries des Indes qui ornent le Grand Salon au cœur de la Villa sont en effet critiquées car elles seraient « marquées par l’imaginaire colonial » selon la presse qui s’est fait écho de la protestation de certains pensionnaires hébergés par la prestigieuse institution [1]. Ces derniers exigent en effet le décrochage de la tenture suivant en cela un type de revendication de plus en plus fréquent : réclamer que l’on supprime ce qui offense. […]
Ce qu’on appelle études décoloniales (ou post-colonial studies) ne sont pas des recherches universitaires comme d’autres – qui étudieraient, comme on pourrait croire, le phénomène de la décolonisation. Il s’agit en réalité d’un militantisme politique dont l’objectif unique est une mise en accusation de l’Occident par une insistance obstinée sur son passé colonial et esclavagiste. La dimension morale et psychologique est centrale dans la définition. L’objectif de l’approche « décoloniale » n’est pas d’ordonner des faits dans une perspective historique mais de prononcer des jugements de valeur pour en définitive dire du mal de la civilisation occidentale et uniquement de celle-ci. Ce n’est pas une recherche de vérité mais un travail de sape. Cette idéologie progresse aujourd’hui avec une virulence spectaculaire dans l’organisme déjà bien fragilisé (on dit « déconstruit ») de la pensée occidentale [2].
Or, et c’est l’évidence même, l’esclavagisme, les conquêtes territoriales et la colonisation sont des phénomènes mondiaux et transhistoriques. L’Occident n’y a joué qu’une part ; l’Islam aux VIIe et VIIIe siècles (le fameux Jihad, la guerre sainte) ou les Mongols de Gengis Kahn au XIIIe siècle ont été bien plus actifs et bien plus ambitieux.[…]
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Le Grand Salon de la Villa Médicis avec les tapisseries des Indes Photo : Académie de France à Rome

Le Grand Salon de la Villa Médicis avec les tapisseries des Indes
Photo : Académie de France à Rome

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L’histoire est alors instrumentalisée pour devenir une arme morale : faire le partage entre le bien et le mal, entre les méchants et les gentils. Cette moraline est désormais parfaitement assumée par certains historiens progressistes. […]
En étant moraliste, la lecture historique en devient extraordinairement caricaturale, biaisée et malhonnête.
Et ce caractère malhonnête, biaisé et caricatural ne se voit nulle part aussi bien qu’avec l’absurde polémique autour de la tenture des Indes à la Villa Médicis. […]
Rappelons par ailleurs que la valorisation patrimoniale d’une œuvre d’art n’est pas la valorisation de son sujet.[…]
Cette première attaque ayant échoué, les adeptes de l’idéologie décoloniale entreprirent d’organiser le 30 septembre 2021 une journée entière de conférences pour s’en prendre une nouvelle fois à ces vénérables tapisseries. Il s’agissait alors de « ré-envisager les « objets patrimoniaux » à l’aune de perspectives méthodologiques et épistémiques nouvelles ». (On notera les guillemets soupçonneux autour d’« objets patrimoniaux »). Le texte d’annonce de cette journée est saturé de cette idéologie post-coloniale qui semble n’avoir pour seul objectif que la condamnation de la méchante Europe. Les historiens se font moralistes et c’est une morale de la déconstruction.
La tenture est évidemment une représentation exotique et fantasmée des pays lointains. L’étrangeté de la végétation, des animaux, des individus est mise en valeur par l’artiste, témoignant de la curiosité des Européens pour l’autre et l’ailleurs. Nul racisme, nulle caricature : c’est une description émerveillée de la beauté d’un monde inconnu. Or, aux yeux de nos nouveaux moralistes, rien ne peut être positif dans cette curiosité. Le texte d’annonce de la journée d’étude affirme ainsi que « l’exubérance des éléments déployés n’est pas sans soulever plusieurs questionnements du point de vue des débats actuels autour des questions du racisme, de l’esclavage et du passé colonial des nations. » Tout est bon pour évoquer « l’exploitation coloniale qui se sert du labeur des esclaves africains » quand bien même précisément cette tapisserie montrerait l’inverse : une mission diplomatique africaine au Brésil, magnifique témoignage de la participation du continent noir aux prémices de la globalisation du monde.
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D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680) Manufacture des Gobelins Le Combat d’animaux, 1723-1726 Laine et soie - 399,5 x 327 cm Rome, Villa Médicis Photo : Académie de France à Rome

D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680)
Manufacture des Gobelins
Le Combat d’animaux, 1723-1726
Laine et soie – 399,5 x 327 cm
Rome, Villa Médicis
Photo : Académie de France à Rome

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Une fois de plus, le courant progressiste met en œuvre une politique de la censure fondée sur une lecture moralisatrice, culpabilisatrice et de surcroît ici parfaitement biaisée. Cette critique puritaine qui veut expurger ce qui ne lui convient pas est désignée sous le nom américain de « cancel culture », une culture de l’annulation qui est surtout une annulation de la culture. Dans le mouvement créé par ce courant de la pureté, des films sont censurés, des livres sont condamnés, des dictionnaires sont modifiés, des personnes qualifiées perdent leur emploi. Les excès délirants de cette lame de fond ont conduit à la destruction de statues de grands hommes à travers le monde anglo-saxon. Quand elles ne sont pas détruites, ces œuvres sont dégradées. Les pouvoirs publics, pleutres et soumis, décrètent alors que ces sculptures sont « problématiques » et les retirent. En France, la statue du général Joseph Gallieni est vandalisée, celle du grand Colbert est également souillée. Cette pulsion nihiliste fait immanquablement songer à la révolution culturelle chinoise et à la lutte contre « les quatre vieilleries », entraînant la destruction des œuvres d’art et des témoignages du passé non conformes à l’idéologie autorisée.
Mais le plus frappant reste la soumission des institutions et des intellectuels aux caprices émotionnels d’une petite minorité d’individus endoctrinés travaillant avec acharnement à une grande épuration de l’Histoire sur l’autel de la probité morale. Guidés par une volonté d’interdire ce qui n’est pas conforme à l’idéologie politiquement correct, ces derniers veulent chasser de l’espace public tout ce qui peut « offenser ». Nous sommes tombés au niveau des talibans qui ne supportent pas ce qui est contraire à leur vision du monde.
Pierre Jourde, écrivain, professeur d’université et critique littéraire, publia en 2019 dans L’Obs une tribune éloquente à cet égard : « Notre époque a la passion de la censure, et désormais cette censure n’est plus la vieille censure réactionnaire de droite, elle est presque exclusivement pratiquée par des gens qui se réclament de la gauche et du progrès, et exercent un véritable terrorisme intellectuel. C’est un retournement historique, qu’on étudiera lorsqu’on fera l’histoire des mentalités et des idées au XXIe siècle. Au nom du progrès, de la gauche, du Bien, on persécute et on empêche de parler ou de travailler des écrivains, des artistes, des journalistes, des intellectuels. »
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D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680) Manufacture des Gobelins Le Chasseur indien, 1723-1726 Laine et soie - 400 x 285 cm Rome, Villa Médicis Photo : Académie de France à Rome

D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680)
Manufacture des Gobelins
Le Chasseur indien, 1723-1726
Laine et soie – 400 x 285 cm
Rome, Villa Médicis
Photo : Académie de France à Rome

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Charlie Hebdo a pris acte lui aussi aujourd’hui de ce grand retournement. Il concède désormais que la censure a changé de camp. Dans son éditorial du 7 janvier 2020, « Les nouveaux visages de la censure », le chef de la rédaction expliquait qu’il y a « trente ou quarante ans », le politiquement correct « consistait à combattre le racisme ». Mais tout a changé. « La gauche anglo-saxonne a inventé le politiquement correct pour faire oublier son renoncement à lutter contre les injustices sociales. La lutte des classes, trop marxiste à ses yeux, a été remplacée par la lutte des genres, des races, des minorités, des sous-minorités et des micro-minorités. »
La remise en cause aujourd’hui de la tenture des Indes conservée à la Villa Médicis est symptomatique d’un vaste mouvement. Les auteurs de l’attaque le disent d’ailleurs eux-mêmes. Cette affaire est révélatrice d’un bouleversement intellectuel majeur qui dépasse très largement la seule question patrimoniale. La critique décoloniale promeut une vision culpabilisatrice et mortifère de l’histoire européenne qui se nourrit d’une puissante haine de soi [5]. Et désormais, l’Occident se déteste tant lui-même qu’il cherche avec fureur son propre anéantissement. »
Jérôme Delaplanche
(ancien responsable de l’histoire de l’art à la Villa Médicis)

Halloween à la Voûte !

Halloween à la Voûte !

Vous pouvez trouver un espace d’exposition Holy Mane à la Voûte depuis le 1 octobre !

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La Voûte est une association d’artistes et artisans d’art, réunis autour d’un lieu qui fait office de boutique, galerie, ateliers d’artistes, espace de réception pour des stages artistiques et autres. Cet endroit, comme beaucoup d’autres (la gratuiterie, l’épicerie solidaire, etc…) dans ce village rural vosgien permet de faire vivre ce lieu magique et apaisant au milieu des forêts. J’apprécie de faire un peu partie de cette expérience de ruralité loin des clichés parisiens qui nous verraient comme des bouseux et d’approfondir des thèmes précieux comme la Nature, le soin, l’art et l’artisanat, qui me sont chers.
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L’année dernière nous avions déjà voulu organiser une soirée autour d’Halloween ou Samain ou la Toussaint, mais les obligations sanitaires nous avaient fait avorter ce projet. Cette année nous revenons avec plus de combativité pour montrer notre vitalisme à survivre aux contraintes.

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La Voûte organise une soirée le samedi 30 octobre 2021 de 16h à 22h. Je serai présente (costumée si possible) et vous pourrez profiter de ce moment pour participer à divers ateliers familiaux ou passer un moment convivial près de la buvette et des braseros de feu.

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Vous trouverez sur mon stand des impressions sur cartes, des cartes de voeux, des foulards en présentation (qu’on peut acheter sur ma boutique redbubble) et bien sûr des peintures originales.

 

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Ou ? :

La Voute, 36 Le Village, 88240 Les Voivres, France

Quand ? :

Du 1 octobre au 1 décembre :  Mercredi à Dimanche, de 13h30 à 18h30
(Je ne serai pas présente)

Samedi 30 octobre de 16h à 22h30

(présente)

Combien ? :

Entrée libre et entrez libres

 

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Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (3)

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (3)

Voici un mois que mon exposition à la Chapelle de la Suche est terminée. Ce fut jusqu’à ce jour, ma plus belle exposition, dans un écrin de choix.

Elle avait lieu du 6 août au 5 septembre 2021. J’ajoute quelques photos de ce mois incroyable pour mes peintures :

 

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Holy Mane à la Voûte – octobre et novembre 2021

Holy Mane à la Voûte – octobre et novembre 2021

Voilà déjà presqu’un an que j’ai exposé à la Voûte !

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C’était des conditions particulières, nous avions organisé une soirée pour Halloween et le gouvernement nous mettait en confinement et couvre feu ! Cette année je suis de nouveau invitée, avec le plaisir de montrer mes dernières peintures (qui étaient déjà présentes à la Chapelle de la Suche en août dernier).

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Vous pourrez également voir mes motifs répétés imprimés sur des foulards, disposés soit en tenture, soit sur une table. Ce sont des modèles d’exposition, on peut acheter ses propres foulards sur le site Redbubble ! (Je vous explique tout en video).
J’ai également deux tasses (mugs) que l’on peut se procurer sur Society6 . (je vous explique mes boutiques en ligne dans cet article).
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Vous pourrez également acheter des impressions au format poster A3, également disponibles sur le site dans la section boutique. Mais aussi les impressions au format cartes postales, des estampes, ou des cartes de voeux,…2109_Voute9072109_Voute871

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Holy Mane à la Voûte, rue principale de Les Voivres (Vosges).

octobre et novembre 2021

Du mercredi au dimanche, de 14h à 18h00 !
(Je serai présente le samedi 2 octobre et le dimanche 17 octobre.)

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N’hésitez pas à soutenir les artistes vivants, pour permettre à la vie d’être plus esthétique et intéressante. Vous pouvez aussi me commander des illustrations ou des services de graphisme, me permettre d’exposer dans des endroits sérieux et respectueux (qui ne prennent pas les artistes pour des enfants qui dessinent mais comprennent le travail artistique) ou encore recommander mon travail auprès de votre réseau !

Exposition Holy Mane au Bailli 2021

Exposition Holy Mane au Bailli 2021

Vous pouvez retrouver quatre de mes oeuvres à la galerie du Bailli d’Epinal du 27 août au 2 septembre 2021. J’expose avec mes camarades de Pigment’ T.

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Et j’expose toujours jusqu’au 5 septembre à la chapelle de la Suche.

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Ma prochaine exposition sera à la Voûte de Les Voivres au mois d’octobre 2021.

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Vous pouvez trouver deux de mes illustrations sous forme d’impression poster A3 à la vente dans ma boutique.

Renard et Oeuf :

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Orla :

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(Je porte des bouchons d’oreilles car je ne supporte pas le bruit, ni chez moi, ni dans la rue, les magasins, etc… Peut être que cela joue sur le fait que je me sente mieux en forêt, que je n’aime pas les villes -sauf celles avec une architecture ancienne- et que je devienne de plus en plus techno-critique).

 

Aquarelle :

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Aquarelle "Laou Haraou"

Aquarelle « Laou Haraou »

 

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J’avais utilisé cette illustration pour l’affiche de notre association Le Signe Jaune qui gère le pôle Jeu de Rôle aux Imaginales.

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (2)

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (2)

Déjà trois week-ends depuis le début de mon exposition à la Chapelle de la Suche !
Quelques photos pour vous rappeler qu’elle ne reste présente que jusqu’au 5 septembre !
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Le vernissage :

 

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J’avais préparé une petite présentation de mon exposition.
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La Chapelle organise une tombola pour gagner ces deux fanions peints avec des yeux, rappelant mes récents travaux :

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Dépêchez-vous d’aller la voir, car je peux déjà dire que c’est l’une de mes plus belles expositions et que ce n’est pas toujours évident de trouver un cadre aussi beau dans de telles conditions estivales non confinées !

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Devant la Chapelle, j’ai installé une table, idéale pour recevoir des amis ou des visiteurs et profiter du soleil et de la forêt.

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Samedi 21, il y avait un concert de musique avec un répertoire de musique folklorique russe et des balkans, avec du violon, violoncelle, trombone, clavier et chant lyrique. J’étais très heureuse que mes peintures puissent apprécier ce concert dans ces conditions. Même certaines personnes m’ont dit « on dirait que les peintures regardent le concert ».

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Devant la chapelle, les sculptures sur pierre.

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Je suis très contente de pouvoir associer la peinture, avec la sculpture, l’architecture sacrée, les vitraux et la musique. Croiser des arts est un réel plaisir, rencontrer des artistes qui apprécient les émotions et la beauté me remonte le moral. J’aime énormément ce genre de projets et je reste ouverte pour toutes opportunités de ce style.

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La chanteuse nous a tellement émerveillé par son chant et son violon que je lui ai demandé une photo.

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C’est grâce à ce genre d’événements que je suis heureuse d’exposer mes peintures !

Prochain concert le samedi 4 septembre avec de la harpe !

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Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche

Je l’ai annoncé depuis plusieurs mois et nous voilà arrivé à la dernière ligne droite :
Mon exposition à la Chapelle de la Suche commence ce vendredi !

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Vendredi soir, il y a un concert, et le vernissage est samedi matin à 11h !
J’expose du vendredi 6 août au 5 septembre. La Chapelle est ouverte les samedis et dimanches. Si vous passez, n’hésitez pas à m’envoyer un message pour savoir si je suis présente.

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L’exposition a été avancé depuis la première annonce !

J’ai hâte que tout soit installé pour lâcher la pression.

Je suis vraiment très heureuse de pouvoir exposer dans un si beau lieu construit dans les années 50, au milieu de la nature et près de rivières vosgiennes. La forêt est vraiment très belle et je sens toute une atmosphère qui se prête parfaitement bien au titre de cette exposition : « le murmure des Muses ».
En effet, ma démarche artistique est d’être inspirée et connectée à des muses et de transcrire dans la matière leurs enseignements et leurs grâce.

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J’exposerai deux peintures réalisées cette année plus quatre autres plus petites dans un format « fanion ». Vous pourrez en gagner deux lors d’une tombola organisé par l’association qui gère les animations de l’été (expositions et concerts).
Vous pourrez aussi voir des foulards imprimés avec mes motifs répétés disponibles que le site Redbubble.
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Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021 II

Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021 II

J’ai exposé mon stand samedi 10 juillet sur la place des Vosges d’Epinal. Je partage aujourd’hui quelques photos de ce stand.

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Cela faisait deux ans que je n’y étais pas, alors que c’est un rendez-vous que j’honore depuis 2016.

 

 

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Mon prochain marché aura lieu le samedi 31 juillet 2021, toujours sur la place des Vosges d’Epinal de 9h à 18h !
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En plus des habituels impressions au format poster, ou carte postale, que l’on peut retrouver dans ma boutique, mes bijoux d’art textile, mes estampes, cette année, je présente mes produits imprimés de mes illustrations et plus particulièrement les foulards. Je les adore d’autant plus qu’on peut à la fois les porter sur nous ou s’en servir pour habiller une table ou décorer un mur. J’aime le fait qu’on puisse voir tous les détails de mes dessins grâce à une largeur de 140 cm sur 140 cm.

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Je n’ai pas acheté de stocks que je revends, je propose juste ces foulards (et des mugs) comme foulards de démonstration, permettant à chacun de les voir puis de les acheter sur le site redbubble à partir d’un QR Code qui les envoie directement sur la page du foulard. Apparemment le QR Code est à la mode, alors j’utilise le langage à disposition.
Vous pouvez également découvrir d’autres articles sur mon site Redbubble ou même sur Society6. Je vous ai même fait une vidéo de présentation pour vous guider à naviguer sur le site.

 

 

 

 

 


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Mon prochain marché aura lieu le samedi 31 juillet 2021, toujours sur la place des Vosges d’Epinal de 9h à 18h !

Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021

Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021

Retrouvez mon stand les samedis 10 juillet et 31 juillet 2021 sur la place des Vosges d’Epinal.
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Depuis 2016, je participe à l’Eté des Artistes, événement organisé par Pigment’T, mais je n’avais pas participé à celui de l’année dernière.
Retrouvez mes participations de 2016 et 2018 ou les videos de 2016 , juillet 2018 et août 2018.
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Sur mon stand, vous trouverez mes peintures originales, mais aussi des impressions format poster (A3) et format cartes postales. Il y aura aussi mon livre de coloriage, des bijoux d’art textile et des estampes de gravures. Vous pouvez déjà retrouver toutes ces oeuvres dans la rubrique boutique.
Il y aura des peintures originales mais aussi des foulards en démonstration, c’est à dire que vous pourrez les voir, mais il faudra les acheter sur le site Redbubble. Je vous montre ces foulards ici et vous explique comment aller sur le site ici.
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Voici des photos de mon stand de l’été des artistes de 2019.
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J’aurai également un stand le lendemain, le dimanche 11 juillet aux Voivres !
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La solidarité travestie en concours de propagande idéologique.

La solidarité travestie en concours de propagande idéologique.

Coup de communication de l’État en faveur de la Culture, celui-ci annonce un « plan de relance » permettant aux artistes de ne pas trop la ramener concernant leur baisse de revenus pendant les mois d’interdiction de pouvoir travailler.

Ainsi l’annonce d’une commande de 30 millions d’euros aux jeunes artistes montre comment la France ne laisse pas tomber ses artistes.
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.Alfons Mucha peignant son épopée slave, juste pour mettre une belle image

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Artistes

Mais qu’est ce qu’un artiste ?

Concrètement (fiscalement dans le cas de la France), il s’agit de tous travailleurs qui vend (donc déclare) des œuvres ou des services artistiques, mais aussi toute la chaîne de travail permettant à ces artistes de proposer leur création. Dans le cas des comédiens et des musiciens, il faut donc compter les techniciens comme les ingénieurs du son, les régisseurs de salles de spectacles, les cameramen de plateaux télévision, etc. Cette catégorie vague peut donc concerner le clown qui propose des animations dans les hôpitaux, comme le présentateur télé, le graphiste qui met en page des menus de restaurant, le correcteur orthographique d’un article sur les verrues plantaires, le dessinateur de bande dessiné ou le peintre du dimanche qui expose à la foire à la saucisse (je parle de moi).
(edit : pendant les régionales, la gauche a présenté un tract journal prenant la défense de la culture en rappelant la nécessité de rouvrir les lieux de culture, notamment « les discothèques ». )

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La commande, intitulée « Mondes nouveaux » précise :

« Le présent appel se donne pour objectif de sélectionner des artistes ou collectifs d’artistes, français ou résidents en France, dans les disciplines suivantes : arts visuels, musique, spectacle vivant, écritures, design et arts appliqués. »

Revenus artistiques

Pour la plupart de ces artistes, pouvoir tirer un revenu régulier permettant de subvenir à leurs besoins matériels était déjà une énorme galère bien avant les confinements.

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Trouver des clients ou prestataires n’est pas toujours facile, certains artistes dépendent parfois d’un seul client, notamment le parc Disneyland Paris engageant sous des conditions abusives des décorateurs de spectacles et autres comédiens réduits à rembourser leurs cours de théâtre en portant des costumes Mickey Mouse lors des parades. Certains animateurs d’émissions de divertissement ou stars de télé-réalité gagnent très bien leurs vies, (pour relativiser son salaire rapporté par Stéphane Guillon (un contrat de 250 millions pour 5 ans, soit plus de 215 000 € par mois), Cyril Hanouna se défend en indiquant que Claire Chazal gagnait 120 000 € par mois) tandis que des sculpteurs sur pierre tentent de faire valoir leurs qualité face à la mode et l’économie des sculptures en impressions numériques. La précarité des artistes réside aussi dans la nécessité de faire comprendre que l’art est un vrai métier qui mérite une vraie rémunération (et non un affichage « ça te fera de la pub »).

Le cas des illustrateurs de bandes dessinées est assez symptomatique. Le secteur marche très bien, de nombreuses BD sortent chaque année avec des chiffres de vente en expansion, mais certains éditeurs font de moins en moins leur travail de promotion et payent de moins en moins les illustrateurs (environ 8% du prix d’une BD soit moins de 2€ pour un album vendu 20€, pour des mois de travail où il faut bien payer son loyer).

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Ce problème est souvent évoqué lors du festival de bande dessiné d’Angoulême sans que des mesures concrètes soient réellement appliquées. La presse aime aussi parler des revendications des « intermittents du spectacle ». Là aussi, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et une représentation théâtrale ou musicale n’est souvent que la phase qui cache les heures et les heures de répétitions, souvent entendu comme du travail invisible mais pourtant réel. Ceux qui viennent de familles privilégiées en capital économique (les moyens) et social (les relations) auront plus facilement le loisir de travailler dans de bonnes conditions matérielles avec les contacts permettant la tenue d’un spectacle et la garantie d’un public, tandis que ceux qui doivent penser à économiser chaque centime pour continuer de payer leur loyer abandonneront peut être une carrière réservée finalement à un entre soi qui met rarement en avant les classes moins privilégiées.

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Compétition

Heureusement, l’État est là pour montrer son soutien « en même temps » qu’il brandit des barrières créatives, administratives et matérielles à la majorité des artistes.

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Le journal Le Monde diffuse cette publicité en présentant :

« Cette « grande commande artistique » avait été promise par le gouvernement lors de la présentation, le 3 septembre 2020, du plan de relance, doté de 100 milliards d’euros, dont 2 milliards pour la culture. »

On découvre ensuite qu’il s’agit d’un concours « les candidats doivent soumettre leur projet à un comité artistique ». Les concours sont une méthode bien appréciée des capitalistes. Appliquer la compétition tout en enrobant l’opération d’épithète « solidaire ». Alors que les institutions sont capables de réclamer à chaque artiste les taxes qu’ils doivent payer, celles-ci semblent moins capables de retrouver ces personnes pour vraiment les aider de façon plus équitables. Ainsi, alors que chaque « cotisant » pourrait se voir aidé, il n’y aura en réalité qu’une aide pour quelques personnes sélectionnées. Cela n’a rien d’un plan de relance, cela n’a rien à voir avec de la solidarité. Le capitalisme impose son paradigme du « que le meilleur gagne tout en fournissant les dés pipés », remplaçant les luttes sociales du « donner à ceux qui en ont besoin » sur l’exemple de la sécurité sociale.

Cette logique se retrouve dans les formes de « philanthrocapitalismes » de mentalité américaine qui déverse de l’argent pour contourner les structures démocratiques en place et imposer des contreparties, des idéologies et des idées dignes des pires régimes totalitaires, en ancrant leur puissance et leur monopole, comme l’explique Vandana Shiva à propos des industries agricoles (et le brevetage des semences) notamment. Je parle de l’influence des Etats Unis et des philanthropes comme les Rockefeller dans l’art moderne et contemporain dans mon article « Faut il aimer l’art contemporain », paru dans le numéro 90 de la revue Rébellion.

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Cette commande publique ressemble à la majorité des commandes publiques (1 %, etc.), ateliers ou résidences d’artistes. Ces initiatives devraient être ouvertes, transparentes et accessibles à tous les artistes mais sont en réalité bien souvent un système d’entre soi institutionnel déguisé permettant de distribuer de l’argent public à ses relations et amis qui répètent à loisir les slogans « démocratie » ou « solidarité » (et maintenant « inclusivité ») pour cacher leur clientélisme arriviste, discriminatoire et profondément bourgeois.

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Jeunes

L’article du Monde poursuit en signalant la favorisation des jeunes :

« Dans les faits, aucun critère d’âge n’a été fixé pour répondre à cet « appel à manifestation d’intérêt » du ministère de la culture, même si « une attention particulière » sera portée aux jeunes créateurs, promet-on Rue de Valois. »

En gros on a le droit de participer mais pas de gagner, un peu comme dans la société démocratique capitaliste « parle toujours » plutôt que « ferme ta gueule » en régime de dictature. L’adjectif « jeune » est assez particulier, surtout lorsqu’on sait qu’un artiste qui travaille depuis plus de 15 ans est souvent encore désigné comme un « jeune artiste » ou un « jeune créateur ». Mais il n’a pourtant plus le droit aux aides réservées aux jeunes, car tout d’un coup il n’est plus jeune. Toujours trop jeune pour recevoir une rémunération juste, mais plus assez jeune pour avoir les « aides pour les jeunes ». C’est magique, c’est un peu comme le « face je gagne, pile tu perds ».

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Mondes nouveaux

Le document PDF de présentation de la commande intitulée « Mondes Nouveaux » précise l’orientation artistique demandée.

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Sans surprise tout cela devra être progressiste et contre le passé. Cela peut sembler une évidence tant on est baigné dans cette idéologie imposant l’idée que le passé est forcément horrible et le futur forcément radieux, or l’histoire et le présent nous prouvent que les choix capitalistes amènent la planète et les êtres vivants vers la destruction, la dépression, l’accroissement des inégalités entre riches et pauvres, les extinctions de masse des espèces, les catastrophes climatiques, la plastification des océans, la violence, etc…

« Une évidence s’impose à celles et ceux qui s’efforcent d’en dégager la portée historique : tout est à refaire. »

«  pour tâcher de tirer un bilan du passé »

«  Des mondes nouveaux, riches de promesses. Car peut-être a-t-on oublié que les artistes, les créatrices et créateurs étaient les mieux à même de répondre à nos aspirations, les acteurs essentiels de nos transformations, les meilleurs interprètes, aussi, du tremblement du temps. »

« au cœur d’un monde qui a pour mission de se reconstruire. »

Pourtant pour reconstruire, il ne faut pas le faire avec les mêmes logiques capitalistes qui ont mené au chaos actuel.
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Désacraliser la Sainte Chapelle

Les artistes sont invités à proposer des projets « en résonance avec un ou des sites du patrimoine architectural, historique et naturel ».

« Afin que ces créations puissent dialoguer avec des espaces emblématiques, les créateurs qui le souhaiteront pourront proposer des projets en résonance avec un ou des sites du patrimoine architectural, historique et naturel relevant du Centre des monuments nationaux (CMN) ou du Conservatoire du Littoral (CdL). « 

La volonté de cette commande est de mettre les œuvres proposées en relation avec des endroits de nature ou des œuvres du passé (églises, châteaux, littoraux,…). On devine clairement la volonté d’insulter ces merveilles pour les réduire à la vision progressiste de l’idéologie souhaitant « déconstruire le passé » (et la nature).

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Jury

Pour être sélectionné, il faudra envoyer un dossier comprenant la formation et le parcours artistique. Comme la plupart des CV, cela permettra de voir par quels entre-sois institutionnels (écoles des Beaux Arts, Fondations privées, musées publiques,…) et idéologiques le candidat a été formaté. Il faudra aussi qu’il rédige une note d’intention de l’œuvre qu’il souhaite réaliser. Le dépôt des dossiers sera disponible le 28 juin (soit la semaine prochaine).

Les candidats sélectionnés pourront recevoir jusque 10 000 € pour créer leur œuvre.

La sélection sera décidé par un comité artistique qui pourra également proposer un accompagnement.

« Celui-ci est composé de neuf professionnels de l’art, parmi lesquels le chorégraphe Noé Soulier, le musicien Bruno Messina, le plasticien Julien Creuzet, le philosophe Ronan de Calan, la directrice de la Villa Gillet, Lucie Campos, la responsable de Lille Design, Caroline Naphegyi, Rebecca Lamarche-Vadel, la directrice de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, ou encore Chloé Siganos, la directrice des spectacles vivants au Centre Pompidou.«

J’aurai aimé étudier en détail le profil de chaque personne de ce jury (et si vous voulez contribuer à cette analyse n’hésitez pas), mais je vais me pencher sur mon domaine « de compétence », celui des arts plastiques en regardant un peu le parcours de Julien Creuzet.

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Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet
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Un article de mixtemagazine titre :

« « Exposées à la FIAC et la Frieze de Londres, ses œuvres, chargées d’histoire coloniale, proposent une vision riche et composite du monde qui n’est pas sans confronter l’art et la pensée occidentale à leur ethnocentrisme. »«

On a donc affaire à des œuvres et des démarches dénonçant « l’ethnocentrisme de la pensée occidentale ». Cela ressemble à un dogme à répéter, que je retrouve souvent de la part des artistes, professeurs et intervenants des écoles des Beaux Arts et autre médias dominants.

« il pratique un art hétérogène et réflexif dont les pièces ne sont certes pas systématiquement grandes, mais presque toujours immersives (parfois littéralement : il pratique la VR) »

La technologie est bien évidemment valorisée, les casques de réalité virtuelles s’inscrivant parfaitement dans le monde-machine de smart-cities et économies virtuelles encouragées par le patron de DAVOS favorable au transhumaniste.

«  » Je pense que mon émotion est caribéenne. En même temps, elle est profondément urbaine, dans le sens où j’ai beaucoup d’affection pour le bouillonnement des grandes villes, l’agitation, la diversité, la poussière, les détritus. »

Encore une fois, il ne s’agit pas de promouvoir des cultures autochtones traditionnelles, mais de faire la promotion de l’urbanité, de la ville moderne.

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.Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet

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« M. Est-ce que la reconsidération des œuvres du passé fait partie des missions de la décolonisation de l’art et des esprits ? Que penses-tu, par exemple, des débats sur le corps indigène chez Gauguin ?

J. C. C’est un exemple intéressant. Aujourd’hui, les États-Uniens se posent la question : doit-on montrer les œuvres de Gauguin ? Est-ce que ce n’était pas un pédophile raciste, d’un white male ayant décidé d’abuser de jeunes filles et d’exotisme ? Dans les monuments parisiens, les choses à requestionner sont nombreuses également : la place de la Concorde, les lions comme symboles royaux, ou ne serait-ce que la place de l’or, qui est partout dans l’art hexagonal sans jamais avoir été produit dans des sols purement français. On ne manque pas de choses à requestionner – y compris la restitution des œuvres à l’Afrique. On nous dit qu’il faut des infrastructures, des musées. Mais ces œuvres n’étaient pas non plus faites pour être pérennisées : elles avaient des fonctions, des usages sociaux, que l’on ne pratique voire ne connaît plus. La pérennité des œuvres d’art est purement occidentale. »

On reconnaît ici encore les slogans idéologiques formatés des institutions artistiques qu’on retrouve chez l’intervenant aux Beaux Arts de Cergy, Geoffroy de Lagasnerie, que je critiquais déjà dans un article écrit l’an dernier, puis plus en détails dans l’article publié dans le numéro 90 de la revue Rébellion :

- vision occidentale (donc mauvaise) de la pérennité des œuvres (dogme idéologique que j’ai retrouvé dans le magazine Sciences & Vie consacré au patrimoine),

- diabolisation du passé, de l’histoire, du patrimoine,

- déconstruction des musées,

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.Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet

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« M. Ces questionnements multiples, leur trouves-tu des réponses ? Sur la restitution des œuvres, par exemple ?

J. C. Si on veut y répondre, je crois qu’il faut d’abord qu’on se demande ce qu’est une œuvre d’art aujourd’hui. Quand on considère l’état économique, climatique, humanitaire du monde, faut-il construire des musées qui coûtent de l’argent, prennent beaucoup de place en stockage, sans parler de la spéculation du marché de l’art ? Est-ce qu’il n’y a pas là une forme d’indécence ? Je crois qu’il y a un nouveau format muséal à inventer, que les collections d’art qui ont marqué l’Histoire et sont nourries du pillage, du vol ou de la duperie, doivent être remises en question. Il faudrait trouver de nouvelles modalités muséales. C’est peut-être une pensée utopique, mais un musée du monde, pourquoi pas itinérant, avec une collection à l’échelle internationale et qui voyagerait sans cesse, ce serait intéressant. »

Tout cela s’inscrit dans le projet déjà évoqué dans d’autres articles de la destruction des œuvres du passé, de l’histoire, de l’héritage, de toute chose permettant de comprendre l’humanité, sa filiation… Cette stratégie permet bien évidemment de rendre amnésique les peuples pour les soumettre aux nouvelles dictatures technologiques capitalistes que les entreprises, les banques, le marché spéculatif des crypto-monnaies et des NFT, les élites, « young leaders », chefs d’État et patrons de multinationales du forum économique mondial de Davos dirigé par Klaus Schwab, nous imposent.

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« La directrice du FMI s’est interrogée : qu’est-ce que « l’histoire retiendra de cette crise ? » Un grand retour en arrière ou cette « grande réinitialisation » ? »

Pour ces « élites » au pouvoir, il faut absolument rejeter son identité, son patrimoine culturel et génétique pour pouvoir mieux consommer les produits biotechnologiques qu’on nous proposera contre rémunération régulière.

Dans un article, Anselm Jappe écrit à propos des techniques de reproduction médicalement assistées :

 « Tout comme Monsanto avait fait sa fortune en stérilisant les semences pour pouvoir les revendre tous les ans, les tentatives de banaliser l’hétéronomie reproductive ressemblent bien à une tentative de nous forcer à devoir acheter nos propres enfants »  à commenté une personne bien avertie. »

C’est pourquoi parler d’art contemporain pourrait sembler un sujet qui n’intéresse que peu de gens, pourtant la propagande qu’il permet s’inscrit dans une logique globale de remplacement de tout ce qui permet aux humains de vivre dans leurs diversités, leurs identités, leurs autonomies et leurs dignités.

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Toutes ces choses me poussent à vouloir lutter pour la sauvegarde de notre héritage humain, de l’histoire des hommes et des femmes. Cela me force à vouloir protéger les œuvres d’art, les créations et les joyaux architecturaux, témoins d’un savoir faire aujourd’hui oublié, ringardisé, diabolisé. Le Beau n’est pas seulement interdit, il doit être effacé par cette idéologie du progrès, qui n’est que le progrès, à l’instar de la croissance, de la fortune des humains les plus psychopathes sans limite pour l’hubris, se cachant derrière un « philanthropisme » mesquin et destructeur. Aujourd’hui en France, la destruction de l’Histoire, passe notamment par l’égorgement de professeurs d’histoire, avec une soumission ou une complaisance des pouvoirs publiques pour la montée de ces menaces (alors que le pouvoir sait prendre des mesures fortes et inacceptables pour les gilets jaunes réclamant plus de justices sociales).

« . Es-tu satisfait des conditions dans lesquelles il t’est permis de travailler en tant qu’artiste en France aujourd’hui ?

J. C. De nos jours, en France, il est possible en venant de diverses classes sociales, d’économies différentes, d’intégrer une école des Beaux-Arts pour y recevoir un enseignement de niveau master 2, pour très peu d’argent me semble-t-il. »

L’artiste remercie le système qui l’a porté et ses institutions, sauf que ce qu’il avance n’est pas tout à fait vrai. Cette réponse est un peu dans le style du « tout le monde peut participer, mais on ne sélectionnera que les jeunes ». De nombreuses personnes issues des classes défavorisées ne savent pas qu’on peut intégrer les Beaux Arts et ce n’est pas sûr d’être pris sans avoir la culture bourgeoise nécessaire pour la sélection.

Même moi, qui ne me trouve pas totalement inculte et incapable de créer et formuler une pensée critique, je n’ai pas cette culture qui m’a permis d’intégrer ces écoles. L’art est inenvisageable pour les classes « populaires ». Et c’est d’ailleurs pourquoi ma famille m’a renié. Ce rejet du noyau familial est très contraignant et fait que peu de jeunes osent choisir cette voie artistique.

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Je tiens à préciser que je n’ai rien contre l’artiste, la personne ou ses œuvres. Chacun a le droit de créer ce qu’il veut mais je critique et dénonce l’idéologie qu’il porte (consciemment ou non). Lui même, dans une de ses réponses semble vouloir s’extraire des cases ou hashtags (« migration », « décoloniaux ») dans lesquelles les médias et les institutions veulent l’assigner.

« M. Ces questions d’histoire et de migrations, de personnes ou de matériaux, sont-elles au centre de ton œuvre ?

J. C. Précisément, le mot que je n’ai pas employé, c’est “migration”. C’est toi qui le dis et qui projettes une vision de ma pratique, ce qui me semble important à soulever. On a parlé d’une certaine idée de la culture, de géographies différentes, mais pas de la migration.

On peut bien sûr en débattre ! Je ne refuse pas le mot, loin de là, mais on m’en parle beaucoup, et je pense que c’est lié au fait que je suis racisé. C’est comme si je parlais de la migration malgré moi.

M. Un autre terme t’a été plusieurs fois associé, c’est “décolonial”. Peux-tu nous en dire plus ? Qu’est-ce que l’art décolonial ?

J. C. Encore une catégorie ! Cela vient des gens qui pensent par le prisme académique et qui créent une nouvelle case. On entend aussi souvent “post-colonial”, comme s’il y avait un après possible à l’histoire coloniale… Décoloniser, ça veut dire décharger, disséquer, décortiquer tout ce qui, dans notre culture, notre langage, a été colonisé. C’est comprendre ce qu’est un individu racisé, et que quelque chose a été transmis – par le sang, par la culture, par d’autres moyens encore. »

Ainsi, cet artiste est lui aussi d’une certaine façon victime de cette dictature idéologique, car on l’enferme dans le cliché tendance du moment (le « décolonialisme ») plutôt que de prendre en compte sa personnalité et sa singularité. Il est peut être conscient qu’il est un kleenex interchangeable par un même « racisé » au discours semblable sortant de l’usine idéologique des institutions artistiques. Pendant des années, j’ai moi même voulu m’exprimer sincèrement sur les combats qui m’animent.

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.Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet

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J’ai toujours essayé de « bien faire », de « faire plaisir », de suivre ce qu’il fallait. J’ai essayé de dessiner des personnages comme il fallait, d’avoir un style plus « commercial », plus souriant, plus coloré, plus familial, plus bourgeois, mais finalement j’ai toujours été exclue de cette « culture », la seule légitime, la seule qui permette d’avoir des clients, d’exposer dans des lieux « prestigieux », qui permet d’avoir des contrats… Je ne suis pas la seule, et finalement nous sommes très nombreux à ne pas être conformes, qu’il s’agisse d’artistes graveurs comme Aude de Kerros, ou d’artistes à la rue, nous sommes la majorité à être exclus des opportunités.

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Il est alors urgent et nécessaire de construire des cultures alternatives, autonomes qui défendent des valeurs, questionnent le Beau sans le détruire, (contrairement à ceux qui dénoncent le Beau pour cacher leur manque de maîtrise et de goût), il est temps de reconstruire des cultures alternatives où toutes les classes, mêmes les plus populaires peuvent s’exprimer en dehors du rôle dans lesquels les élites financières veulent les réduire. Il est temps de retrouver de la sincérité, de la liberté d’expression, de la diversité d’opinion, de l’authenticité, de l’amour du Beau, de la technique apprise de l’histoire, de la vérité…

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Ma boutique Redbubble

Ma boutique Redbubble

Il y a des nouveautés dans ma boutique Redbubble !

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Je vous expliquais déjà dernièrement où trouver mes créations. Vous pouvez le faire :

– directement lors d’expositions et de marchés d’art

– dans la rubrique « Boutique » de mon site

– sur différentes boutiques en ligne : Society6 et Redbubble

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J’ai décidé de mettre plus de nouveaux motifs sur Redbubble, et cela tombe bien, cette semaine il y a des promotions, rendez-vous à la fin de l’article pour plus d’informations !

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Les nouveautés :

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« Squeleton fight »

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motif répétés lapins et personnages féminins

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Rosace héraldique avec lapin, personnage féminin et cerf

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Croix doré

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Serpent Vert Stay Strange
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Je le disais déjà, ce que j’apprécie chez Redbubble, ce sont leurs foulards :

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Et toujours, bien évidemment les autres motifs répétés, déjà partagés sur ce site.

 

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En ce moment il y a des promotions de -20% à -60% avec le code promo chacunsontruc

 

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Tribute to Martin Gore from Depeche Mode

Tribute to Martin Gore from Depeche Mode
Martin Gore Depeche Mode

Martin Gore Depeche Mode illustration Holy Mane

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1980 et 1990 – Club Dorothée et MTV

Je suis ce genre de personne qui achète « Speak and Spell », le premier album de Depeche Mode sorti en 1981 au sombre automne de 2020. Il m’a beaucoup aidé à surmonter une sorte de morosité hivernale de confinement.

Depeche Mode est un groupe très populaire que j’ai découvert à l’adolescence, notamment avec la sortie de « Barrel of a gun » en 1996. Je trouvais le clip étrange, donc il me plaisait, mais à cette époque j’avais besoin de musique plus « agressive » et américaine. J’écoutais alors « Mellon Collie and The Infinite Sadness » des Smashing Pumpkins avant de plonger vers 1998 dans « Antichrist Superstar » de Marilyn Manson à l’entrée du lycée. (Ces deux groupes ont d’ailleurs fait des reprises de Depeche Mode, « Personnal Jesus» pour Marilyn Manson en 2004 et « Never Let Me Down Again » pour Smashing Pumpkins, présent sur un album tribute a Depeche Mode que j’avais acheté en 1998 à cause de la présence de ce dernier groupe ainsi que Rammstein et Deftones. La reprise des Smashing Pumpkins est assez appréciée par le groupe ainsi que la reprise de Personnal Jesus que Johnny Cash a fait plus tard). Je connaissais le groupe de réputation (j’avais aussi vu le reportage live « 101 » qui était passé sur MCM) sans creuser d’avantage leur discographie. Dans ces années 90, Depeche Mode essayait d’enterrer leur image de groupe lié au style New Wave, en mettant plus de guitares saturées et en usant des claviers de façons plus « subtiles ». C’est un groupe qui préfère aller vers l’avant, vers l’avenir et aime la nouveauté technologique. Ils détestent notamment qu’on les associe au « New Romantics ». Je suis trop jeune pour avoir aimé le groupe à ses débuts, leurs premiers albums correspondent à une époque que je n’ai pas beaucoup vécu si ce n’est « inconsciemment » dans le décor des années d’enfance (à travers des sonorités, des jingles comme celui du Top 50, une esthétique graphique, etc… ) Dans les années 80, je m’intéressais plus aux dessins animés qu’à la musique anglaise et je n’ai pas grandi dans un environnement culturel stimulant. La télévision, comme pour la plupart des enfants de classe populaire était ma seule source de « culture ».

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2000 – dancefloor

J’ai toujours préféré les musiques un peu sombres et tristes (comme les films, la littérature, la peinture et les individus), et c’est tout naturellement que je gravitais autour du mouvement « gothique ». Mon goût s’est alors affiné vers moins de culture de masse américaine, télévisé et à la mode (propulsé par une communication commerciale privilégiée) pour plonger vers la musique anglaise prenant racine dans les années 80, et plus particulièrement après les Sex Pistols de 1975, tout en étant influencée par ce qui existait avant comme le disco ou le glam mais surtout David Bowie. J’ai réécouté avec plaisir les sons de synthétiseurs des années 80, après les avoir fuit dans les années 90 et début 2000. Et ce n’est pas tant la musique pop qui m’a reconnecté à ces sonorités que les premiers morceaux de Death In June comme sur l’album « Nada ! » de 1985 ou « Come Before Christ and Murder Love » sur « The World That Summer » l’année suivante ou d’autres groupes comme Dead Can Dance. Ce qui est pratique quand on cherche des albums rangés par ordre alphabétique dans des magasins est qu’ils sont réunis sous les lettres « De… ».

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2010 – Youtube

J’écoutais de temps en temps Depeche Mode comme une sorte de « easy listening » assez dansant et agréable donc je m’étais familiarisée avec les chansons mais pas avec le visages des musiciens. Ils se sont toujours défendus d’être sombre ou triste et c’est surement pourquoi je ne les écoutais pas souvent. Il y a quelques années, j’avais vu la vidéo de «Shake the Disease», où le groupe Depeche Mode était sur une sorte de péniche. Et j’ai eu une sorte d’attirance pour le blondinet peroxydé en tenue latex et yeux maquillés. C’était comme si je le voyais pour la première fois. Plus exactement je le regardais pour la première fois, car dans les années suivant cette période, son style me laissait plutôt indifférente.

A la fin de l’automne dernier, j’écoutais beaucoup plus cette musique, car je voulais quelque chose sur quoi danser, même si c’était toute seule en pyjama dans ma chambre, il me fallait lutter contre l’enfermement, le manque de soleil, l’addiction aux écrans en restant assise, et le froid humide. J’ai donc regardé plus de vidéos sur Youtube de Depeche Mode et notamment les lives des années 80 et c’est là que je suis devenue accroc.

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Devotion

J’avais parallèlement une sorte de saturation de certaines informations d’actualité (que mon esprit a besoin de connaître comme arme de résistance à ce qu’on nous fait subir) et j’avais besoin d’accrocher mon attention vers quelque chose de moins énervant. J’ai une grande capacité à aimer, à adorer, à aimer aimer, tomber amoureuse, être fan, ressentir l’amour des autres pour les autres, etc,… Je suis quelqu’un de très émotionnelle et d’empathique, et j’aime aussi analyser, raisonner et réfléchir. Je ressens très fortement les choses, mon coeur s’emballe très facilement. Comme il sait le faire pour des choses négatives, j’essaie de louer cette capacité d’émotion en le faisant battre pour des choses positives en m’entourant de belles choses, en écoutant de la musique que j’aime, en regardant des œuvres d’art, etc,… Mon coeur d’adolescente n’est pas enterré et je suis très heureuse de pouvoir continuer de ressentir ces choses, avec le recul de l’expérience (qui sait m’apporter la déception).

Ces morceaux de lives m’apportent beaucoup de joie. Puis j’ai regardé de plus en plus d’entretiens et j’ai déterré les Gigaoctects de Youtube au point d’avoir l’impression d’avoir vu toutes les vidéos sur le sujet, donc j’ai commencé à les regarder plusieurs fois, tous les jours. J’ai ensuite regardé sur Pinterest et Tumblr beaucoup de photos, puis j’ai cherché des gifs animés, puis j’ai créé des gifs animés, puis j’ai dessiné un peu, et puis dessiné sérieusement.

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Analyse d’émotion

Je me suis focalisée sur Martin Gore, le compositeur de Depeche Mode. J’ai étudié son thème astrologique. Si quelqu’un connaît son ascendant (ou son heure de naissance) je serai heureuse. Je me nourrissais de son aura en même temps que j’essayais de décortiquer intellectuellement ce que je ressentais, pourquoi je le ressentais, comment ça pouvait m’influencer, me faire avancer etc,…

Martin Gore ne ressemble pas spécialement au type physique qui m’attire, si ce n’est les yeux et les sourcils. J’apprécie généralement les personnes plus sombres, mais à la fois, j’adore son côté « Lion ». Il est à la fois exhibitionniste bronzé et souriant et à la fois très timide. En interview Andy rit parfois sur des anecdotes où Martin se mettait souvent nu. C’est la personne qui souffre de crise d’angoisse et qui aime se mettre plein de paillettes dorées.
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J’ai donc évidemment fait une sorte d’identification, étant moi même introvertie et aimant les paillettes. J’aurai aimé être une femme forte, guerrière, sombre, froide, dure qui ne montre pas ses émotions, une personne qui sait s’imposer, mais c’est complètement raté. J’apprends à m’aimer, à aimer ce que je suis intimement (grâce à l’astrologie) et c’est pour ça que j’ai aimé voir ces éléments (la timidité) chez quelqu’un, pour m’inspirer de son aura, dans le but de m’aimer à travers lui. C’est d’une certaine manière narcissique. Mais en même temps si j’étais narcissique (ce qui est un but – le côté Lion/paillettes), je n’aurai pas besoin de faire ce travail. Martin Gore m’apprend à être plus narcissique et à vivre mon introversion et ma timidité de façon flamboyante et positive. Tout ce que j’écris est l’analyse de mes sentiments, ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé en amont, c’est le fruit du décorticage de ce que je ressentais. C’est également une hypothèse, et non une vérité absolue.
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Le style physique de Martin Gore

En regardant les interviews de Martin Gore, je me suis mise progressivement à aimer la moindre de ses expressions, chaque muscle de son visage transmet à mon cerveau une information qui stimule des endorphines. Sa voix est devenue un remède contre le stress. Je m’écoute des podcasts où il parle et cela suffit pour accélérer mon rythme cardiaque et tomber dans une sorte d’extase. Je suis totalement amoureuse de son accent anglais, de sa façon de parler. Son sourire généreux qui semble cacher un mélange de timidité et de provocation mêlé à un côté indolent crée une sorte de joie et de désir. Et tout cela a été amené grâce à son goût, à son style vestimentaire, entre provocation (quand il portait des robes ou des accessoires fétichistes), extravagance, et une touche sombre.
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Le mauvais « type d’attention » que cela a engendré, m’a pêché comme un poisson. Les entretiens reviennent sur le fait qu’au début, la presse s’est focalisée sur les vêtements de Martin Gore plutôt que sur la musique et que cela nuisait à l’image qu’ils auraient voulu donner. C’est pourquoi ils ont ensuite travaillé avec des personnes, comme Anton Corbijn pour mieux diriger le style visuel du groupe. Je dois dire que le style d’Anton Corbijn ne marche pas du tout sur moi, c’est un peu la raison pour laquelle je ne m’étais pas vraiment intéressée au groupe visuellement. Alors que j’adore le style « communiste/réalisme socialiste » (très présent chez Laibach) de la pochette de « A broken Frame » et « Construction Time Again ». Il marque vraiment le style des années 90, en noir et blanc, plus sobre, que je n’aime pas. Ce style années 90 est aussi très marqué par les publicités noir et blanc de sous vêtements unisexe Calvin Klein. Pourtant Anton Corbijn a réalisé un de mes clips préférés qui est « Heart Shaped Box » de Nirvana.

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Martin Gore Depeche Mode

Martin Gore, Depeche Mode, illustration Holy Mane

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Energie créative de l’innocence

C’est pourquoi je reste surtout amoureuse de la période des années 80, qui est une période extrêmement riche. Le côté naïf et juvénile que les musiciens reprochent à cette période est aussi ce qui leur donne une extraordinaire créativité et une volonté d’agir sans peur, grâce à l’ignorance. Signer chez Mute sans contrat, sortir un album chaque année et faire des tournées entre chaque, jusqu’à être parfois 24 mois sur les routes,… J’ai aussi besoin de retrouver cet âge d’insouciance comme une énergie créative qui m’inspire et m’aide à dépasser mes blocages de personne trop raisonnable et donc qui se limite. Pour ma peinture, ma création, j’ai besoin de voir que les choses sont possibles, qu’on s’en fout de rater, que l’acte de faire est ce qui compte, que de créer en « do it yourself » est une belle alternative devant le manque de moyens. Je passe trop de temps à analyser les stratégies de communication permettant de ne pas être noyée dans l’arène de compétition du monde moderne et cela me déprime beaucoup. Je passe trop de temps à faire de la promotion dans le vide plutôt qu’à créer de nouvelles choses. Mais c’est aussi parce que j’ai énormément de créations, de matières et que j’aimerai les faire vivre autrement que dans mes cartons. Toutes ces questions m’éloignent de la création pure et j’ai besoin d’être dans cette spontanéité artistique. C’est pourquoi les albums des années 80 de Depeche Mode sont vraiment une nourriture stimulante.

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Contrairement à ce qu’on peut imaginer, la presse n’était pas vraiment tendre avec eux au début, cherchant toujours à les réduire à un groupe à filles (expression d’ailleurs misogyne).
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Songs of Faith and Devotion

J’essaie d’analyser mes sentiments, mais aussi ceux des fans. Je ne me sens pas, à ce stade fan. J’ai été fan de Marilyn Manson, je le suis de Death In June, mais pas encore de Depeche Mode. Ce groupe peut compter sur ses fans, qui sont vraiment dans une adoration quasi religieuse qui elle même, inspire le groupe à son tour. Ceux qui se tatouent ou dorment devant l’ouverture des magasins pour acheter en premiers les billets de concert, qui écoutent en boucle un seul morceau pendant toute une journée en pleurant, qui s’évanouissent tellement leurs corps ne peuvent plus supporter tant d’émotion sont très nombreux. On parle souvent d’une de leur session de signature dans un magasin de musique, qui a créé des accidents, tellement il y avait de monde. Les vitres du magasin ont explosé, des personnes ont été blessé,… Martin Gore aime parler de ce sentiment religieux, de l’inspiration du gospel, d’une sorte de sacré qui peut réunir des humains. Il parle de la religion comme de la sexualité, ce sont deux thèmes puissants dans ses textes. « Condemnation », sur l’album « Songs of Faith and Devotion » sorti en 1993 est une de leur chanson préférée pour l’influence gospel.

J’aimerai moi aussi comprendre comment un groupe peut rendre des personnes fanatiques et surtout procurer un amour et une dévotion comme celle ci. Je pense qu’évidemment beaucoup sont nombreux à vouloir comprendre et utiliser « la recette du succès ».

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Composition du son

Concernant les compositions, ce que j’apprécie de façon intense sont les sortes de petites dissonances qu’il glisse dans ses mélodies. Ca me rend vraiment folle et résonne avec des sons que mon corps d’enfant à enregistré au coeur de sa mémoire. Quelques notes peuvent me bouleverser puissamment, notamment dans les notes de clavier de « A question of Lust » (lorsqu’il chante « It is all of these things and more  ») présente sur Black Celebration » de 1986.

J’aime énormément l’introduction (surtout dans les versions live des années 80) de Blasphemous Rumours » sur « Some Great Rewards » de 1984.

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J’aime l ‘energie de la chanson « Tora, Tora, Tora ! De Speak and Spell (1981) ; Pipeline sur « Construction Time Again » ou « Told You so » avec son petit côté oï ! (très lointain, mais je ne sais comment le dire mieux).

Les notes dans la mélodie chantée sont aussi parfois déroutantes (cela dépend évidemment de chaque oreille, de chaque « culture » musicale), la ligne de chant de la chanson « Home » sur l’album Ultra sorti en 1996 me séduit pour son audace d’aller dans les aiguës où on ne l’attend pas malgré un arrangement très années 90.

Martin Gore, lorsqu’il parle a une voix plutôt grave, et lorsqu’il chante, il peut aller vers le ténor et faire des « choeurs d’arrière chant » aiguës. Dave Gahan a une voix profonde et ronde plutôt impressionnante qui ne faiblit pas avec l’âge, contrairement à celle de Martin qui était surtout au sommet au début des années 2000. Il a d’ailleurs sorti un album solo de reprise en 2003, qui s’intitule « Counterfeit² » après un EP nommé « Counterfeit » en 1989. Il a depuis les années 80, pris des cours de chants et perfectionné sa voix et sa musique (abusant peut être des mini vibrato), c’est une des raisons pour laquelle ils voient leurs premiers morceaux avec des oreilles techniques plus sévères. Dave Gahan aussi a beaucoup progressé depuis leurs débuts quand ils avaient 18 ou 19 ans. Martin Gore est né en 1961 et Dave Gahan en 1962. Le premier a commencé un groupe avec leur camarade de lycée Andy Fletcher et Vince Clarcke dans « Composition of Sound » en 1980. Je trouve d’ailleurs le morceau « Ice Machine » vraiment bon.

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Alan Wilder a rejoint Depeche Mode par la suite en 1982, pour partir en 1995 entre « Songs of Faith and Devotion  » en 1993 et « Ultra » en 1996. Bien que les musiciens s’expliquent très peu ou vaguement sur le sens des paroles ou des titres de leurs chansons, préférant laisser chacun interpréter comme il le souhaite, Alan Wilder commente dans une interview que le terme « masses » est employé de façon un peu ironique. Certaines personnes disent que son départ vient aussi du fait que le son qu’il apportait était moins « commercial » et qu’il trouvait qu’on ne lui donnait pas assez de place au sein du groupe. Son départ coïncide avec la décennie qui m’intéresse moins, même si j’adore quelques morceaux, mais c’est surtout l’esprit des années 80 plutôt que le son qui fait appel à des choses profondes et étranges comme, codées en moi, du fait de grandir dans ces années là.

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Fragiles aspérités sensuelles

Il y a trop de morceaux que j’apprécie pour tous les citer (« one Caress » quand même), et l’émotion change et évolue d’écoute en écoute, ce qui est intéressant, notamment par la présence de petits sons subtils qu’on découvre peu à peu. Je suis à la fois mon sujet et mon analyste d’étude. Même si j’aimerai comprendre aussi ce qui se passe dans la tête, le corps et le coeur des autres fans. Quand je vais sur youtube, j’ai le très mauvais besoin de lire les commentaires des vidéos. C’est généralement la voix de la haine et des stupides, mais sous les vidéos de Depeche Mode, il n’est pas rare de lire des témoignages vraiment touchant où l’amour se ressent dans une sorte de possibilité humaine oubliée.

Dans le live « I want you now», je suis capable de pleurer d’émotion , même si la qualité de la vidéo est très mauvaise.

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La voix chantée de Martin Gore devient un vecteur d’émotion incroyable. C’est dans le grain, les petites aspérités que surviennent les pics d’amour. Tout ce qui est considéré comme des défauts, ce qui entrave au lisse, prend de la grâce et du charme. Comme beaucoup de fan, je préfère Martin Gore avec ses dents d’enfant de la working class. Il les a refaite et vit à Santa Barbara, on ne peut que lui souhaiter le meilleur. Chaque expression de moue du visage, tremblement de sourcils, main dans les cheveux, grain de beauté sont autant de marques de dévotion. Oui, je n’ai pas encore parlé de ses cheveux. Je vais donc censurer ce passage pour ne pas glisser dans le fétichisme.

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L’art du portrait

J’adore plus que tout dessiner des portraits. Ce que j’aimerai faire est capter la beauté. Ou capter l’émotion que je ressens devant le visage de certaines personnes et réussir à transmettre ces sensations sur du papier. C’est à la fois difficile et à la fois, je suis encouragée par la beauté et la grâce qui me transportent. Je ne sais pas si c’est vraiment possible qu’un artiste arrive vraiment à faire partager des émotions à la fois intenses et subtiles (dans la subtilité des détails qui provoquent des effets physiques intenses). J’essaie de le faire et en même temps, je crois que je suis poussée par quelque chose, par cet amour, cette dévotion. Je ne sais pas quels sont les mots qui expriment vraiment ce que je ressens. Je ne suis pas amoureuse, je ne suis pas « excitée sexuellement », il y a de l’identification, un besoin d’admiration, de modèle, de moteur, et dans le cas de Martin un besoin de douceur, de fragilité, de tendresse. Il incarne beaucoup cette vulnérabilité tant diabolisée à notre époque. C’est comme si il me rassurait en me disant que j’avais le droit d’être fragile. « Fragile, like a baby in your arms » sont les premières paroles de « A Question Of Lust », on est très loin du guerrier viril et pourtant on a envie d’être cette personne qui va protéger et donner tout son amour à cette créature sensible et pleine de créativité. On n’est plus dans le slogan actuel « prends mon argent », on n’est pas dans le « prends mon corps », mais on est dans le « prends mon amour ». Même si, comme je l’ai écrit plus haut, la sexualité est un des thèmes assumés. Dave Gahan aime également se dandiner sur scène, et cela doit séduire beaucoup de fans. Je crois que personnellement, je préfère le trouble que fait naître la sexualité, comme sur la chanson « A World Full Of Nothing », que le sexe en lui même.

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Le sexe peut être très bien, mais je crois qu’en ce moment dans notre société il est trop présent, trop vulgaire, réduit au corps voire au porno et cela m’ennuie. Je préfère les choses plus contrariées peut être, sans tomber dans la frustration non plus. Je suis quelqu’un qui aime les fioritures et je peux être qualifiée de midinette par ceux qui ne ressentent pas ce qui me rend la vie plus passionnante.

En dessinant le visage de Martin Gore, j’ai essayé de capter ce que j’aimais chez lui, mais je crois que je n’ai pas réussi à mettre suffisamment les mots, il y a une grande part que je n’arrive pas à déchiffrer et je ne sais pas si j’arrive alors à le reproduire sur papier, à faire comprendre la sensation d’un coeur qui saigne d’amour. Je trouve ça toujours un peu kitsch ou ringard de faire des portraits de stars, des « fan arts ». Cela rappelle des dessins d’adolescents et leurs posters de stars dans leurs chambres. Mais j’aimerai rendre hommage à cet état d’esprit. Le style des années 80 a été largement ringardisé, puis remis à la mode en parti, puis re-ringardisé, donc ce portrait pourra être pris de façons différentes selon notre culture et nos goûts. Je suis contente du résultat.

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Martin Gore Depeche Mode

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Ecouter le son des années 80 en 2020 me fait beaucoup de bien, cela a peut être un côté réconfortant que certains appellent « l’effet doudou », même si l’esprit de l’époque était tourné vers la nouveauté, les synthétiseurs, les ordinateurs. J’ai une âme nostalgique, pour des musiciens qui, donc ne partagent pas mes goûts, vu qu’ils se tournent vers les expérimentations nouvelles, inspirés par d’autres groupes comme Kraftwerk. Mais c’est la même chose pour beaucoup de personnes qui aiment écouter des musiciens d’avant garde comme Beethoven ou Eric Satie.

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Martin Gore a aussi sorti des albums instrumentaux, notamment « MG » en 2015, et récemment « The Third Chimpazee » en février 2021 également chez Mute.