Tribute to Martin Gore from Depeche Mode

Tribute to Martin Gore from Depeche Mode
Martin Gore Depeche Mode

Martin Gore Depeche Mode illustration Holy Mane

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1980 et 1990 – Club Dorothée et MTV

Je suis ce genre de personne qui achète « Speak and Spell », le premier album de Depeche Mode sorti en 1981 au sombre automne de 2020. Il m’a beaucoup aidé à surmonter une sorte de morosité hivernale de confinement.

Depeche Mode est un groupe très populaire que j’ai découvert à l’adolescence, notamment avec la sortie de « Barrel of a gun » en 1996. Je trouvais le clip étrange, donc il me plaisait, mais à cette époque j’avais besoin de musique plus « agressive » et américaine. J’écoutais alors « Mellon Collie and The Infinite Sadness » des Smashing Pumpkins avant de plonger vers 1998 dans « Antichrist Superstar » de Marilyn Manson à l’entrée du lycée. (Ces deux groupes ont d’ailleurs fait des reprises de Depeche Mode, « Personnal Jesus» pour Marilyn Manson en 2004 et « Never Let Me Down Again » pour Smashing Pumpkins, présent sur un album tribute a Depeche Mode que j’avais acheté en 1998 à cause de la présence de ce dernier groupe ainsi que Rammstein et Deftones. La reprise des Smashing Pumpkins est assez appréciée par le groupe ainsi que la reprise de Personnal Jesus que Johnny Cash a fait plus tard). Je connaissais le groupe de réputation (j’avais aussi vu le reportage live « 101 » qui était passé sur MCM) sans creuser d’avantage leur discographie. Dans ces années 90, Depeche Mode essayait d’enterrer leur image de groupe lié au style New Wave, en mettant plus de guitares saturées et en usant des claviers de façons plus « subtiles ». C’est un groupe qui préfère aller vers l’avant, vers l’avenir et aime la nouveauté technologique. Ils détestent notamment qu’on les associe au « New Romantics ». Je suis trop jeune pour avoir aimé le groupe à ses débuts, leurs premiers albums correspondent à une époque que je n’ai pas beaucoup vécu si ce n’est « inconsciemment » dans le décor des années d’enfance (à travers des sonorités, des jingles comme celui du Top 50, une esthétique graphique, etc… ) Dans les années 80, je m’intéressais plus aux dessins animés qu’à la musique anglaise et je n’ai pas grandi dans un environnement culturel stimulant. La télévision, comme pour la plupart des enfants de classe populaire était ma seule source de « culture ».

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2000 – dancefloor

J’ai toujours préféré les musiques un peu sombres et tristes (comme les films, la littérature, la peinture et les individus), et c’est tout naturellement que je gravitais autour du mouvement « gothique ». Mon goût s’est alors affiné vers moins de culture de masse américaine, télévisé et à la mode (propulsé par une communication commerciale privilégiée) pour plonger vers la musique anglaise prenant racine dans les années 80, et plus particulièrement après les Sex Pistols de 1975, tout en étant influencée par ce qui existait avant comme le disco ou le glam mais surtout David Bowie. J’ai réécouté avec plaisir les sons de synthétiseurs des années 80, après les avoir fuit dans les années 90 et début 2000. Et ce n’est pas tant la musique pop qui m’a reconnecté à ces sonorités que les premiers morceaux de Death In June comme sur l’album « Nada ! » de 1985 ou « Come Before Christ and Murder Love » sur « The World That Summer » l’année suivante ou d’autres groupes comme Dead Can Dance. Ce qui est pratique quand on cherche des albums rangés par ordre alphabétique dans des magasins est qu’ils sont réunis sous les lettres « De… ».

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2010 – Youtube

J’écoutais de temps en temps Depeche Mode comme une sorte de « easy listening » assez dansant et agréable donc je m’étais familiarisée avec les chansons mais pas avec le visages des musiciens. Ils se sont toujours défendus d’être sombre ou triste et c’est surement pourquoi je ne les écoutais pas souvent. Il y a quelques années, j’avais vu la vidéo de «Shake the Disease», où le groupe Depeche Mode était sur une sorte de péniche. Et j’ai eu une sorte d’attirance pour le blondinet peroxydé en tenue latex et yeux maquillés. C’était comme si je le voyais pour la première fois. Plus exactement je le regardais pour la première fois, car dans les années suivant cette période, son style me laissait plutôt indifférente.

A la fin de l’automne dernier, j’écoutais beaucoup plus cette musique, car je voulais quelque chose sur quoi danser, même si c’était toute seule en pyjama dans ma chambre, il me fallait lutter contre l’enfermement, le manque de soleil, l’addiction aux écrans en restant assise, et le froid humide. J’ai donc regardé plus de vidéos sur Youtube de Depeche Mode et notamment les lives des années 80 et c’est là que je suis devenue accroc.

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Devotion

J’avais parallèlement une sorte de saturation de certaines informations d’actualité (que mon esprit a besoin de connaître comme arme de résistance à ce qu’on nous fait subir) et j’avais besoin d’accrocher mon attention vers quelque chose de moins énervant. J’ai une grande capacité à aimer, à adorer, à aimer aimer, tomber amoureuse, être fan, ressentir l’amour des autres pour les autres, etc,… Je suis quelqu’un de très émotionnelle et d’empathique, et j’aime aussi analyser, raisonner et réfléchir. Je ressens très fortement les choses, mon coeur s’emballe très facilement. Comme il sait le faire pour des choses négatives, j’essaie de louer cette capacité d’émotion en le faisant battre pour des choses positives en m’entourant de belles choses, en écoutant de la musique que j’aime, en regardant des œuvres d’art, etc,… Mon coeur d’adolescente n’est pas enterré et je suis très heureuse de pouvoir continuer de ressentir ces choses, avec le recul de l’expérience (qui sait m’apporter la déception).

Ces morceaux de lives m’apportent beaucoup de joie. Puis j’ai regardé de plus en plus d’entretiens et j’ai déterré les Gigaoctects de Youtube au point d’avoir l’impression d’avoir vu toutes les vidéos sur le sujet, donc j’ai commencé à les regarder plusieurs fois, tous les jours. J’ai ensuite regardé sur Pinterest et Tumblr beaucoup de photos, puis j’ai cherché des gifs animés, puis j’ai créé des gifs animés, puis j’ai dessiné un peu, et puis dessiné sérieusement.

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Analyse d’émotion

Je me suis focalisée sur Martin Gore, le compositeur de Depeche Mode. J’ai étudié son thème astrologique. Si quelqu’un connaît son ascendant (ou son heure de naissance) je serai heureuse. Je me nourrissais de son aura en même temps que j’essayais de décortiquer intellectuellement ce que je ressentais, pourquoi je le ressentais, comment ça pouvait m’influencer, me faire avancer etc,…

Martin Gore ne ressemble pas spécialement au type physique qui m’attire, si ce n’est les yeux et les sourcils. J’apprécie généralement les personnes plus sombres, mais à la fois, j’adore son côté « Lion ». Il est à la fois exhibitionniste bronzé et souriant et à la fois très timide. En interview Andy rit parfois sur des anecdotes où Martin se mettait souvent nu. C’est la personne qui souffre de crise d’angoisse et qui aime se mettre plein de paillettes dorées.
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J’ai donc évidemment fait une sorte d’identification, étant moi même introvertie et aimant les paillettes. J’aurai aimé être une femme forte, guerrière, sombre, froide, dure qui ne montre pas ses émotions, une personne qui sait s’imposer, mais c’est complètement raté. J’apprends à m’aimer, à aimer ce que je suis intimement (grâce à l’astrologie) et c’est pour ça que j’ai aimé voir ces éléments (la timidité) chez quelqu’un, pour m’inspirer de son aura, dans le but de m’aimer à travers lui. C’est d’une certaine manière narcissique. Mais en même temps si j’étais narcissique (ce qui est un but – le côté Lion/paillettes), je n’aurai pas besoin de faire ce travail. Martin Gore m’apprend à être plus narcissique et à vivre mon introversion et ma timidité de façon flamboyante et positive. Tout ce que j’écris est l’analyse de mes sentiments, ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé en amont, c’est le fruit du décorticage de ce que je ressentais. C’est également une hypothèse, et non une vérité absolue.
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Le style physique de Martin Gore

En regardant les interviews de Martin Gore, je me suis mise progressivement à aimer la moindre de ses expressions, chaque muscle de son visage transmet à mon cerveau une information qui stimule des endorphines. Sa voix est devenue un remède contre le stress. Je m’écoute des podcasts où il parle et cela suffit pour accélérer mon rythme cardiaque et tomber dans une sorte d’extase. Je suis totalement amoureuse de son accent anglais, de sa façon de parler. Son sourire généreux qui semble cacher un mélange de timidité et de provocation mêlé à un côté indolent crée une sorte de joie et de désir. Et tout cela a été amené grâce à son goût, à son style vestimentaire, entre provocation (quand il portait des robes ou des accessoires fétichistes), extravagance, et une touche sombre.
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Le mauvais « type d’attention » que cela a engendré, m’a pêché comme un poisson. Les entretiens reviennent sur le fait qu’au début, la presse s’est focalisée sur les vêtements de Martin Gore plutôt que sur la musique et que cela nuisait à l’image qu’ils auraient voulu donner. C’est pourquoi ils ont ensuite travaillé avec des personnes, comme Anton Corbijn pour mieux diriger le style visuel du groupe. Je dois dire que le style d’Anton Corbijn ne marche pas du tout sur moi, c’est un peu la raison pour laquelle je ne m’étais pas vraiment intéressée au groupe visuellement. Alors que j’adore le style « communiste/réalisme socialiste » (très présent chez Laibach) de la pochette de « A broken Frame » et « Construction Time Again ». Il marque vraiment le style des années 90, en noir et blanc, plus sobre, que je n’aime pas. Ce style années 90 est aussi très marqué par les publicités noir et blanc de sous vêtements unisexe Calvin Klein. Pourtant Anton Corbijn a réalisé un de mes clips préférés qui est « Heart Shaped Box » de Nirvana.

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Martin Gore Depeche Mode

Martin Gore, Depeche Mode, illustration Holy Mane

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Energie créative de l’innocence

C’est pourquoi je reste surtout amoureuse de la période des années 80, qui est une période extrêmement riche. Le côté naïf et juvénile que les musiciens reprochent à cette période est aussi ce qui leur donne une extraordinaire créativité et une volonté d’agir sans peur, grâce à l’ignorance. Signer chez Mute sans contrat, sortir un album chaque année et faire des tournées entre chaque, jusqu’à être parfois 24 mois sur les routes,… J’ai aussi besoin de retrouver cet âge d’insouciance comme une énergie créative qui m’inspire et m’aide à dépasser mes blocages de personne trop raisonnable et donc qui se limite. Pour ma peinture, ma création, j’ai besoin de voir que les choses sont possibles, qu’on s’en fout de rater, que l’acte de faire est ce qui compte, que de créer en « do it yourself » est une belle alternative devant le manque de moyens. Je passe trop de temps à analyser les stratégies de communication permettant de ne pas être noyée dans l’arène de compétition du monde moderne et cela me déprime beaucoup. Je passe trop de temps à faire de la promotion dans le vide plutôt qu’à créer de nouvelles choses. Mais c’est aussi parce que j’ai énormément de créations, de matières et que j’aimerai les faire vivre autrement que dans mes cartons. Toutes ces questions m’éloignent de la création pure et j’ai besoin d’être dans cette spontanéité artistique. C’est pourquoi les albums des années 80 de Depeche Mode sont vraiment une nourriture stimulante.

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Contrairement à ce qu’on peut imaginer, la presse n’était pas vraiment tendre avec eux au début, cherchant toujours à les réduire à un groupe à filles (expression d’ailleurs misogyne).
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Songs of Faith and Devotion

J’essaie d’analyser mes sentiments, mais aussi ceux des fans. Je ne me sens pas, à ce stade fan. J’ai été fan de Marilyn Manson, je le suis de Death In June, mais pas encore de Depeche Mode. Ce groupe peut compter sur ses fans, qui sont vraiment dans une adoration quasi religieuse qui elle même, inspire le groupe à son tour. Ceux qui se tatouent ou dorment devant l’ouverture des magasins pour acheter en premiers les billets de concert, qui écoutent en boucle un seul morceau pendant toute une journée en pleurant, qui s’évanouissent tellement leurs corps ne peuvent plus supporter tant d’émotion sont très nombreux. On parle souvent d’une de leur session de signature dans un magasin de musique, qui a créé des accidents, tellement il y avait de monde. Les vitres du magasin ont explosé, des personnes ont été blessé,… Martin Gore aime parler de ce sentiment religieux, de l’inspiration du gospel, d’une sorte de sacré qui peut réunir des humains. Il parle de la religion comme de la sexualité, ce sont deux thèmes puissants dans ses textes. « Condemnation », sur l’album « Songs of Faith and Devotion » sorti en 1993 est une de leur chanson préférée pour l’influence gospel.

J’aimerai moi aussi comprendre comment un groupe peut rendre des personnes fanatiques et surtout procurer un amour et une dévotion comme celle ci. Je pense qu’évidemment beaucoup sont nombreux à vouloir comprendre et utiliser « la recette du succès ».

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Composition du son

Concernant les compositions, ce que j’apprécie de façon intense sont les sortes de petites dissonances qu’il glisse dans ses mélodies. Ca me rend vraiment folle et résonne avec des sons que mon corps d’enfant à enregistré au coeur de sa mémoire. Quelques notes peuvent me bouleverser puissamment, notamment dans les notes de clavier de « A question of Lust » (lorsqu’il chante « It is all of these things and more  ») présente sur Black Celebration » de 1986.

J’aime énormément l’introduction (surtout dans les versions live des années 80) de Blasphemous Rumours » sur « Some Great Rewards » de 1984.

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J’aime l ‘energie de la chanson « Tora, Tora, Tora ! De Speak and Spell (1981) ; Pipeline sur « Construction Time Again » ou « Told You so » avec son petit côté oï ! (très lointain, mais je ne sais comment le dire mieux).

Les notes dans la mélodie chantée sont aussi parfois déroutantes (cela dépend évidemment de chaque oreille, de chaque « culture » musicale), la ligne de chant de la chanson « Home » sur l’album Ultra sorti en 1996 me séduit pour son audace d’aller dans les aiguës où on ne l’attend pas malgré un arrangement très années 90.

Martin Gore, lorsqu’il parle a une voix plutôt grave, et lorsqu’il chante, il peut aller vers le ténor et faire des « choeurs d’arrière chant » aiguës. Dave Gahan a une voix profonde et ronde plutôt impressionnante qui ne faiblit pas avec l’âge, contrairement à celle de Martin qui était surtout au sommet au début des années 2000. Il a d’ailleurs sorti un album solo de reprise en 2003, qui s’intitule « Counterfeit² » après un EP nommé « Counterfeit » en 1989. Il a depuis les années 80, pris des cours de chants et perfectionné sa voix et sa musique (abusant peut être des mini vibrato), c’est une des raisons pour laquelle ils voient leurs premiers morceaux avec des oreilles techniques plus sévères. Dave Gahan aussi a beaucoup progressé depuis leurs débuts quand ils avaient 18 ou 19 ans. Martin Gore est né en 1961 et Dave Gahan en 1962. Le premier a commencé un groupe avec leur camarade de lycée Andy Fletcher et Vince Clarcke dans « Composition of Sound » en 1980. Je trouve d’ailleurs le morceau « Ice Machine » vraiment bon.

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Alan Wilder a rejoint Depeche Mode par la suite en 1982, pour partir en 1995 entre « Songs of Faith and Devotion  » en 1993 et « Ultra » en 1996. Bien que les musiciens s’expliquent très peu ou vaguement sur le sens des paroles ou des titres de leurs chansons, préférant laisser chacun interpréter comme il le souhaite, Alan Wilder commente dans une interview que le terme « masses » est employé de façon un peu ironique. Certaines personnes disent que son départ vient aussi du fait que le son qu’il apportait était moins « commercial » et qu’il trouvait qu’on ne lui donnait pas assez de place au sein du groupe. Son départ coïncide avec la décennie qui m’intéresse moins, même si j’adore quelques morceaux, mais c’est surtout l’esprit des années 80 plutôt que le son qui fait appel à des choses profondes et étranges comme, codées en moi, du fait de grandir dans ces années là.

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Fragiles aspérités sensuelles

Il y a trop de morceaux que j’apprécie pour tous les citer (« one Caress » quand même), et l’émotion change et évolue d’écoute en écoute, ce qui est intéressant, notamment par la présence de petits sons subtils qu’on découvre peu à peu. Je suis à la fois mon sujet et mon analyste d’étude. Même si j’aimerai comprendre aussi ce qui se passe dans la tête, le corps et le coeur des autres fans. Quand je vais sur youtube, j’ai le très mauvais besoin de lire les commentaires des vidéos. C’est généralement la voix de la haine et des stupides, mais sous les vidéos de Depeche Mode, il n’est pas rare de lire des témoignages vraiment touchant où l’amour se ressent dans une sorte de possibilité humaine oubliée.

Dans le live « I want you now», je suis capable de pleurer d’émotion , même si la qualité de la vidéo est très mauvaise.

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La voix chantée de Martin Gore devient un vecteur d’émotion incroyable. C’est dans le grain, les petites aspérités que surviennent les pics d’amour. Tout ce qui est considéré comme des défauts, ce qui entrave au lisse, prend de la grâce et du charme. Comme beaucoup de fan, je préfère Martin Gore avec ses dents d’enfant de la working class. Il les a refaite et vit à Santa Barbara, on ne peut que lui souhaiter le meilleur. Chaque expression de moue du visage, tremblement de sourcils, main dans les cheveux, grain de beauté sont autant de marques de dévotion. Oui, je n’ai pas encore parlé de ses cheveux. Je vais donc censurer ce passage pour ne pas glisser dans le fétichisme.

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L’art du portrait

J’adore plus que tout dessiner des portraits. Ce que j’aimerai faire est capter la beauté. Ou capter l’émotion que je ressens devant le visage de certaines personnes et réussir à transmettre ces sensations sur du papier. C’est à la fois difficile et à la fois, je suis encouragée par la beauté et la grâce qui me transportent. Je ne sais pas si c’est vraiment possible qu’un artiste arrive vraiment à faire partager des émotions à la fois intenses et subtiles (dans la subtilité des détails qui provoquent des effets physiques intenses). J’essaie de le faire et en même temps, je crois que je suis poussée par quelque chose, par cet amour, cette dévotion. Je ne sais pas quels sont les mots qui expriment vraiment ce que je ressens. Je ne suis pas amoureuse, je ne suis pas « excitée sexuellement », il y a de l’identification, un besoin d’admiration, de modèle, de moteur, et dans le cas de Martin un besoin de douceur, de fragilité, de tendresse. Il incarne beaucoup cette vulnérabilité tant diabolisée à notre époque. C’est comme si il me rassurait en me disant que j’avais le droit d’être fragile. « Fragile, like a baby in your arms » sont les premières paroles de « A Question Of Lust », on est très loin du guerrier viril et pourtant on a envie d’être cette personne qui va protéger et donner tout son amour à cette créature sensible et pleine de créativité. On n’est plus dans le slogan actuel « prends mon argent », on n’est pas dans le « prends mon corps », mais on est dans le « prends mon amour ». Même si, comme je l’ai écrit plus haut, la sexualité est un des thèmes assumés. Dave Gahan aime également se dandiner sur scène, et cela doit séduire beaucoup de fans. Je crois que personnellement, je préfère le trouble que fait naître la sexualité, comme sur la chanson « A World Full Of Nothing », que le sexe en lui même.

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Le sexe peut être très bien, mais je crois qu’en ce moment dans notre société il est trop présent, trop vulgaire, réduit au corps voire au porno et cela m’ennuie. Je préfère les choses plus contrariées peut être, sans tomber dans la frustration non plus. Je suis quelqu’un qui aime les fioritures et je peux être qualifiée de midinette par ceux qui ne ressentent pas ce qui me rend la vie plus passionnante.

En dessinant le visage de Martin Gore, j’ai essayé de capter ce que j’aimais chez lui, mais je crois que je n’ai pas réussi à mettre suffisamment les mots, il y a une grande part que je n’arrive pas à déchiffrer et je ne sais pas si j’arrive alors à le reproduire sur papier, à faire comprendre la sensation d’un coeur qui saigne d’amour. Je trouve ça toujours un peu kitsch ou ringard de faire des portraits de stars, des « fan arts ». Cela rappelle des dessins d’adolescents et leurs posters de stars dans leurs chambres. Mais j’aimerai rendre hommage à cet état d’esprit. Le style des années 80 a été largement ringardisé, puis remis à la mode en parti, puis re-ringardisé, donc ce portrait pourra être pris de façons différentes selon notre culture et nos goûts. Je suis contente du résultat.

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Martin Gore Depeche Mode

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Ecouter le son des années 80 en 2020 me fait beaucoup de bien, cela a peut être un côté réconfortant que certains appellent « l’effet doudou », même si l’esprit de l’époque était tourné vers la nouveauté, les synthétiseurs, les ordinateurs. J’ai une âme nostalgique, pour des musiciens qui, donc ne partagent pas mes goûts, vu qu’ils se tournent vers les expérimentations nouvelles, inspirés par d’autres groupes comme Kraftwerk. Mais c’est la même chose pour beaucoup de personnes qui aiment écouter des musiciens d’avant garde comme Beethoven ou Eric Satie.

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Martin Gore a aussi sorti des albums instrumentaux, notamment « MG » en 2015, et récemment « The Third Chimpazee » en février 2021 également chez Mute.

 

Art textile inspiré par la Mésopotamie III

Art textile inspiré par la Mésopotamie III

Voici la troisième et dernière partie sur mon travail artistique inspiré de la Mésopotamie.
Retrouvez la première partie ICI et la deuxième ICI.
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En 2017, je me suis inspirée de la Mésopotamie pour créer une série d’oeuvres d’Art Textile.
Ce projet est né au moment où j’animais des ateliers d’art textile à l’Académie d’Art Plastique d’Epinal, une association locale d’arts plastiques. J’ai eu envie de proposer de travailler autour d’un thème commun qui donnerait sur une exposition, après une première en 2016. Le thème que nous avions choisi était « rêves d’Orient ». J’étais très contente de faire cette exposition, avec l’aide précieuse des participants.
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L’année d’après, j’ai pu faire revivre l’exposition de mon travail grâce à des ateliers d’art textile donnés à des élèves de lycée dans le cadre de cours d’Histoire. Après la présentation de ma démarche, les lycéens étaient invités à s’inspirer d’une oeuvre archéologique antique (par exemple présente sur le site du Louvre) et de créer une interprétation plastique textile, accompagnée d’une démarche écrite.
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Ecriture et « Oeil pour Oeil ». Cette loi est une des lois que j’applique dans la vie, se référant dans mon histoire personnelle à une « renaissance » ou développement de « l’instinct de survie », mentionné par A. Lavey. Les trente premières années de ma vie, j’étais beaucoup plus dans le fait de pardonner à l’autre et de m’adapter pour son confort. Cela ne m’a conduit qu’à passer à côtés d’opportunités et m’a ralenti vers mes projets personnels artistiques et spirituels, tout en dégradant ma confiance et mon estime de soi. Hélas, les personnes toxiques existent et il faut pouvoir se défendre face à elle, malgré le désir d’être aimable, il faut savoir couper les liens avec toutes personnes qui nous rabaissent.
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J’utilise encore ces inscriptions dans mes peintures, comme des sortes de mantra.
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Mes recherches d’écriture sur argile.

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Le tissage à la main « do it yourself », en se construisant un métier (la structure de tissage) pour tisser.

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J’utilise des grosses aiguilles à tricoter pour soulever quelques fils de chaîne, afin de créer un motif, dont le modèle se trouve imprimé sur papier.

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Un des sujets que j’aime est ce qui concerne la parure. Aujourd’hui associée à la superficialité ou au capitalisme, une étude plus historique nous renseignera sur le rôle de la parure comme protection magique, marqueur social (la position dans la société ou le métier exercé), identitaire (la famille, le clan), marqueur de rituels (passage à l’âge adulte,…) (pendant longtemps les jeunes filles portaient des nattes alors que les femmes mariées portaient les cheveux longs relevés sur la tête, etc…), coquetterie naturelle, etc,…

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Le dessin crayonné sur papier.

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L’aquatinte est une technique de gravure. Ici j’ai masqué les zones (foncées) avec un vernis. J’ai ensuite plongé la plaque de zinc dans de l’acide qui a attaqué les surfaces non masquées. Cela crée une « texture en grain », qui lors de l’impression crée une sorte de « grain ». Ces étapes sont très longues à réalisées. Ensuite j’enlève le vernis avec un solvant.

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Les traits du contour du personnages ont été gravé en premier, en eaux forte (acide).
Cette plaque représente la matrice, qui une fois couverte d’encre, permet d’imprimer sur papier une estampe, ou sur tissu comme ici.

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Le résultat est assez peu visible mais le rendu aérien donne une sensation fantomatique intéressante.

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Sur papier :

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Légendes des illustrations utilisées.

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Art textile inspiré par la Mésopotamie II – Ishtar

Art textile inspiré par la Mésopotamie II – Ishtar

Voici la deuxième partie concernant mes créations d’art textile inspirées de la Mésopotamie. Contrairement à ce que j’ai écrit, je présente ce travail en trois parties.
(Retrouvez la première partie ici).
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En 2017, je me suis inspirée de la Mésopotamie pour créer une série d’oeuvres d’Art Textile.
Ce projet est né au moment où j’animais des ateliers d’art textile à l’Académie d’Art Plastique d’Epinal, une association locale d’arts plastiques. J’ai eu envie de proposer de travailler autour d’un thème commun qui donnerait sur une exposition, après une première en 2016. Le thème que nous avions choisi était « rêves d’Orient ». J’étais très contente de faire cette exposition, avec l’aide précieuse des participants.
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L’année d’après, j’ai pu faire revivre l’exposition de mon travail grâce à des ateliers d’art textile donnés à des élèves de lycée dans le cadre de cours d’Histoire. Après la présentation de ma démarche, les lycéens étaient invités à s’inspirer d’une oeuvre archéologique antique (par exemple présente sur le site du Louvre) et de créer une interprétation plastique textile, accompagnée d’une démarche écrite.
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Une exposition des travaux des élèves avait été faite. Il y avait même du jus de fruit en guise de vernissage.
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Je pense qu’on est dans une époque où les adolescents ont besoin de prendre confiance dans l’expression de soi. Le but n’est pas de créer une oeuvre magnifique, mais d’arriver à sortir quelque chose de personnel, inspirée par des faits concrets, et le livrer à d’autres personnes.
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Pour chercher l’approche de ma démarche artistique, j’aime réaliser une carte heuristique.

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Ce travail de recherche me plonge dans une période où j’écoutais les cours de Dominique Charpin et lisait quelques livres sur le sujet, tentant d’apprendre l’écriture et de lire les épopées et mythes. Toutes ces recherches résonnent aujourd’hui encore en moi (même si ma mémoire fait que j’ai oublié beaucoup de choses hélas). Ainsi vous trouverez ici surtout les clés des symboles que je mets dans mes peintures plus récentes : Ishtar, Babylone, Hamurabi, Assurbanipal, etc…

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Légendes des illustrations utilisées.

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Art textile inspiré par la Mésopotamie I

Art textile inspiré par la Mésopotamie I

En 2017, je me suis inspirée de la Mésopotamie pour créer une série d’oeuvres d’Art Textile.
Ce projet est né au moment où j’animais des ateliers d’art textile à l’Académie d’Art Plastique d’Epinal, une association locale d’arts plastiques. J’ai eu envie de proposer de travailler autour d’un thème commun qui donnerait sur une exposition, après une première en 2016. Le thème que nous avions choisi était « rêves d’Orient ». J’étais très contente de faire cette exposition, avec l’aide précieuse des participants.
Pour mon projet personnel, j’ai choisi d’inviter le public à suivre mon cheminement, à lire sur des cartels explicatifs à côté de mes créations.

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L’année d’après, j’ai pu faire revivre l’exposition de mon travail grâce à des ateliers d’art textile donnés à des élèves de lycée dans le cadre de cours d’Histoire. Après la présentation de ma démarche, les lycéens étaient invités à s’inspirer d’une oeuvre archéologique antique et de créer une interprétation plastique textile, accompagnée d’une démarche écrite.
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Dans la première partie, je présenterai deux oeuvres, et dans une seconde note, je présenterai les trois dernières :

Ce thème et ces inspirations sont bien évidemment restés présents dans mon travail.
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Holy Mane dans La Voûte en décembre

Holy Mane dans La Voûte en décembre

Comme chacun, nous sommes soumis aux autorisations et interdictions gouvernementales, sans nous laisser le temps de nous adapter comme on le souhaiterait et avec à tout moment la possibilité de changements.
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Cela me rappelle fortement les témoignages de souffrance au travail (dont une philosophe du travail rappelle qu’il faudrait plutôt appeler cela « maltraitance au travail » ou « harcèlement au travail « car ce n’est pas la faute du travailleur mais du « manager ») orchestrée par le capitalisme actuel. Ce type de management de plus en plus appliqué au secteur public comme la culture, l’éducation, la santé, se généralise maintenant à toute la population avec les ravages ( les employés d’Orange France Télécom) que nous connaissons pourtant…

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Comme je le dis souvent, je pense que notre société doit plutôt non pas s’adapter et faire résilience pour continuer à aller droit dans le mur, pour la Croissance des plus riches, mais plutôt ralentir et prendre soin de soi et des autres. Nous visons une époque de pandémie et personne ne parle réellement de prendre soin des corps et du vivant (la nature, les animaux, les végétaux,…) si ce n’est nous imposer un scientisme déraciné (la science profane comme religion comme l’explique René Guénon en 1927 dans la crise du monde moderne) à travers une course absurde (dans le sens de la précipitation plus que la qualité) pour un vaccin.

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Les humains sont réduits à des chiffres, des statistiques, des courbes de croissance et non plus à des individus avec des corps sensibles. Comment pouvons nous construire un futur sain avec ce genre de mentalité ? Il y a quelques années quand Staline parlait des morts comme des statistiques tout le monde trouvait ça horrible et maintenant c’est devenu la nouvelle norme.
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Fin octobre, j’avais donc prévu mon exposition et « marché » (vente d’impressions et de mes bijoux d’art textile) à la Voûte, située dans un petit village des Vosges. Cela a été entravé par la règle de l’ouverture des lieux seulement « essentiels ». Mon exposition chez le fleuriste a également été fermé.
Maintenant que les vacances de Noël arrivent, de nouvelles « adaptations » pour les commerces sont mises en place (laissant les restaurateurs et les bars à leur confinement). C’est ainsi que la Voûte peut réouvrir. En effet cette association, comme une maison d’artisans et d’artistes permet de s’acheter des créations artisanales faits mains. C’est aussi un lieu où se retrouver, où se poser, prendre son temps et regarder. Le lien humain est plus important que « l’obligation d’achat ». La Voûte est un beau lieu gardant une structure architecturale d’ancienne ferme, modernisée permettant à chacun de garder les « distanciations physiques » de rigueur. Elle est idéalement placée au centre du village près du clocher de l’église et profitant même d’un restaurant à côté qui permet de livrer des pizzas à défaut d’ouvrir ses portes, et d’un petit terrain adapté aux voitures (qu’on appelle « parking » dans le monde civilisé).

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Me voila donc installée à la Voûte, à une place d’honneur depuis dimanche 29 octobre et pour tous le mois de décembre (selon les changements de plan du manager de l’Etat). La voûte est ouverte du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h30.

Ce qui m’intéresse est sa position dans le monde rural et les échanges possibles avec d’autres créateurs, et c’est encore plus stimulant si certains partagent certaines de mes idées, notamment le besoin de nature et de « spirituel » (que j’appelle « animisme », mais sans vraiment le nommer car il ne s’agit ni de dogme ni d’orthodoxie et encore moins de morale). Dans mes réflexions, en perpétuelles constructions, analyses, nourritures, je réfléchis à la manière de construire une société plus idéale, sans oublier que mon idéal n’est pas l’idéal de mon voisin, mais c’est important d’observer tous les possibles. Dans mon idéal, il faudrait des plus petits groupes d’humains autonomes dont le pouvoir n’est pas centralisé par une capitale comme Paris ou pire, Bruxelles qu’on appelle aussi New York.
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J’ai une amie qui habite une île au Japon est cela dessine bien les contours de mon idéal : quelque chose de traditionnel, sans être ni xénophobe ni sexiste pour autant, qui conserve un culte des anciens, un culte des lieux, des pierres, des rivières, des esprits (un mélange de croyance local et de shintoïsme), vénéré lors de fêtes traditionnelles, où musiques, costumes, contes, danses conservent un lien social intergénérationnel et remémorant le passé et les mythes fondateurs. L’entraide y est très présent, les gens ont tous un potager et partagent leurs légumes avec les voisins, ils viennent chez vous sans non plus s’imposer, ce qui me rappelle ma grand mère picarde qui avait toujours du café pour les visiteurs. Il y avait vraiment une solidarité et même si les réseaux sociaux numériques n’existaient pas, les gens ne souffraient pas comme aujourd’hui de solitude. La nature a une place importante mais pour autant ils vivent dans le présent, avec la technologie associée. Quand les gens font des choses pour toi, c’est moins difficile de faire des choses pour eux (sans être exploités par eux). C’est ce que les petites communautés, au contraire des grandes villes peut enseigner.
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Je pense que la ruralité peut prendre cette voie. Les parisiens aiment représenter les vosgiens comme des arriérés, des chasseurs et des consanguins. Mais ce n’est pourtant pas ce que j’ai rencontré (même s’il y en a sûrement, comme partout en fait). J’étais même plutôt ravie de rencontrer des personnes sensibles et cultivés. Ici, les gens ont plus un goût de la nature, et on peut parler astrologie, magnétisme et fantômes sans passer pour des gens bizarres ou naïfs (ce qui est le cas dans les « villes civilisées »). Le capitalisme et l’idéologie ont récupéré l’astrologie et le tarot pour faire des guidances et du coaching teinté de morale « woke », ce qui dénature terriblement cette science sacrée en partie oubliée (voir encore le chapitre sciences sacrées sciences profanes de René Guénon dans la crise du monde moderne de 1927). Je n’angélise pas le monde rural qui a de nombreux défauts, j’essaie d’observer et de construire dans ma tête un idéal. Ce que j’ai manqué pendant mon adolescence en Seine et Marne était de culture. Aujourd’hui, je souffre de ne pouvoir aisément aller à une exposition sur les Hittites au Louvre ou sur William Blake à Londres. Bien sûr, nous sommes plus mobiles qu’auparavant (quoiqu’avant il existait plus de lignes de train, notamment une ligne sous Napoléon III qui reliait Paris à Plombières les Bains). L’idéal serait d’avoir des lieux artistiques en zone rurale. Pourquoi pas. Alors bien sûr il en existe, comme ici à la Voûte, il y a aussi des squatts (mais la politique tue l’art, même si je suis profondément politique) mais si je poursuis mon idéal, on pourrait voir une exposition comme celle sur Mucha ou sur les préraphaélites par exemple. A Epinal, on a bien le Musée de l’Image et le Musée d’art ancien et contemporain qui accueillent de grands artistes reconnus. A Plombières ils voulaient réouvrir un musée avant le confinement.
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Selon moi, le problème ou le défi comme disent les bien pensants capitalistes, c’est le public. C’est vraiment un problème, et en fait, cela ne touche pas que les campagnes, car j’ai habité longtemps en région parisienne et j’ai pu voir que les gens n’étaient plus sensibles comme avant. Selon ma théorie, les gens ont trop bouffé de culture de masse et n’ont plus de goût pour les belles choses, ils ne se déplacent qu’en troupeau, mais ne prennent plus le temps de flirter individuellement et intimement avec l’art, ils sont dans la représentation de goûts et non plus dans l’émotion et la sensation, à cause de la société du spectacle actuelle qui t’indique quoi consommer, quoi penser, contre quoi t’indigner selon les hashtags à la mode.
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En ce moment, j’écoute Martin Gore et les titres de Depeche Mode des années d’avant la chute du mur de Berlin, une période très riche musicalement (Martin Gore y habitait un peu). Honnêtement j’ai des coups de mou et cette musique m’a vraiment aidé à me concentrer sur la joie de danser plutôt que sur le prix du panier de course, les factures à payer et l’administratif à gérer. Dans mon idéal, j’aimerai des clubs de musique avec des punk romantiques venant danser sur de la synth pop comme à Londres au début des années 80. Mais aujourd’hui, même à Paris, on ne peut pas dire qu’il y ait foule. J’ai déjà écrit mes notes désespérées sur ce que la gestion sanitaire a tué dans la culture artistique, notamment les artistes les plus précarisés, et je sais que malgré les bonnes intentions des gens, ça ne sera plus comme avant, on ne pourra plus danser. Car je ne veux pas d’un vaccin ARN qui modifie mon ADN, car mon corps a besoin de ce corps non génétiquement modifié pour m’approcher de William Blake et de sa capacité créative à avoir des visions. Le bruit des voitures, l’électricité et la technologie altèrent déjà mon corps (insomnie,…), alors comment pourrais je avoir foi en pire ?
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En tout cas il est important de « rêver », d’imaginer, pour ensuite construire des idées et proposer des alternatives, car il y a vraiment trop de choses qui ne vont pas. C’est pourquoi rencontrer des gens « en vrai », est important. Je continue de réfléchir à tout ça, il y a tant de propositions, j’ai vraiment besoin d’une énergie créative pour m’ouvrir de nouvelles portes. Il faut trouver des manières à l’art de s’exprimer et permettre de retrouver du lien social et faire naître des oeuvres de génies telles que les chansons de Martin Gore. A la Voûte on réfléchit à d’autres projets et événements possibles, c’est très stimulant !
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J’expose :

Ou ? :

La Voute, 36 Le Village, 88240 Les Voivres, France

Quand ? :

Du 29 novembre au 29 décembre :  Mercredi à Dimanche, de 13h30 à 18h30
(Je ne serai pas présente toujours)

Combien ? :

Entrée libre et entrez libres

 

Motifs répétés en vente sur Society6 et Redbubble

Motifs répétés en vente sur Society6 et Redbubble

Vous pouvez déjà acheter mes créations en ligne dans la partie « boutique » de mon site. En espérant que les marchés et salon d’artistes physiques puissent reprendre un jour.

Vous pouvez aussi acheter l’exploitation de certains de mes motifs répétés, imprimés sur des objets (que je ne fabrique pas moi même). Cet article vous explique tout :

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Une des choses que j’adore faire sont les motifs répétés. Vous pouvez en voir de nombreux sur mon site depuis plusieurs années . On me pose souvent la question de leur utilité. Une des applications possibles est l’impression sur divers types d’objets. Ca tombe bien il existe de nombreux sites s’occupant de ces impressions. On peut trouver mes créations sur trois plateformes :

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- Spoonflower

./edit : en ce moment ce site me demande un document de taxe depuis leurs nouvelles mises à jours et je ne sais pas comment leur envoyer (puisqu’il ne faut pas l’envoyer par mail), du coup toute vente est en suspens//

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Pour les tissus, les papiers cadeaux et papiers peints (en rouleau).

Je propose des illustrations sur Spoonflower depuis 2014. La contrainte de mon côté est que je dois acheter mes propres créations pour pouvoir les mettre en vente au public. Ils ont un large choix de tissu et gèrent très bien le « all over » et la répétition des motifs, permettant de créer des rouleaux de papier cadeaux.

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Le site est traduit en français et bien qu’américain ils se sont développés pour avoir une antenne en Europe pour garantir des livraisons plus économiques et rapides. Les créateurs gagnent 10% du prix d’achat du produit. Si vous voulez me soutenir, le mieux est de m’acheter des peintures originales lors de mes expositions, de m’acheter les droits d’exploitation d’une illustration ou de m’inviter à faire un atelier artistique rémunéré.

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- Society 6

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Pour les papiers cadeaux (par feuilles), coussins, carnets, trousses, masques, …

J’ai commencé à proposer des illustrations sur ce site en 2011. A ce moment là, j’avais déjà testé d’autres plateformes (Spreadshirt, A little Market, Etsy,…). Il faut faire énormément de promotions, passant par des jeux, des concours, des partages, des « vote for me », des promotions suivant les fêtes, et les marges sont assez faibles (l’artiste reçoit en moyenne 10% du prix de l’article acheté, soit beaucoup moins que les frais de port). Du coup je n’ai pas été active sur ce site.

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Mais depuis que je fais beaucoup de « pattern design » (motifs textiles ou motifs répétés), j’avais vraiment envie de les voir sur des objets. J’ai aussi eu des demandes dans ce sens.

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Le site s’est vraiment très bien développé ces dernières années, il y a beaucoup de personnes et il est très dynamique. Les objets proposés sont très variés, il y a même des meubles, et la mise en page est claire, en revanche j’ai eu des retours qu’il y avait quelques bugs (les pages d’articles qui ne s’affichaient pas) et moi aussi j’ai eu des difficultés à charger un motif. Le site semble seulement en anglais (à vérifier). Je trouve que les articles sont un peu chers, mais ils ont l’air et la réputation d’être de bonnes qualités. J’étais surtout intéressée par le papier cadeau en feuille, peut être moins chers que sur Spoonflower. Il faut comparer, ces sites font souvent des promotions.

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- Redbubble

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Pour les foulards, coussins, carnets, trousses, masques, …

Je me suis inscrite récemment sur ce site, en 2020 parce qu’il était en français (anglais et allemand) et les prix sont plus intéressants que sur Society6. Le créateur peut moduler sa marge, ce qui est donc plus intéressant pour lui.

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C’est surtout les foulards que je trouve parfaits pour les récents motifs circulaires que j’ai dessiné. Il y a aussi des masques, ils sont différents de ceux proposés par Society6. En revanche je trouve l’interface moins intuitive que celle de Society6. Je n’arrive pas à faire apparaitre tous mes articles sur ma page « boutique » par exemple, le client doit aller dans « explorer les oeuvres », puis cliquer pour chaque nouveau motif.

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Dans ces deux derniers sites, sont affichés mes motifs dans leurs ensembles et non dans leurs détails, or l’intérêt de ces motifs est qu’ils fonctionnent de loin mais aussi de près, les détails sont intéressants.

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Ces sites gèrent tout (présentation et interface du site, messagerie, impression des produits, vente, envoi,…), ainsi le créateur peut consacrer son temps à son métier : créer (et non vendre). En revanche ce dernier doit quand même faire sa promotion (hélas). Si la poste perd un courrier, si le site ne prend pas en compte la carte bleue, c’est avec eux qu’il faut gérer, le créateur n’est pas responsable. Mais ce sont des sites qui font ça très bien, ils ont une grande clientèle et expérience de la vente en ligne.

Chacun des ces trois sites possèdent leurs caractéristiques propres, et j’ai voulu tester différentes plateformes car rien ne vaut l’expérience pour voir ce qui nous correspond le mieux.

 

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Question : Pourquoi ne pas fabriquer moi-même des produits comme des trousses ou des masques, pour recevoir 100% du prix ?

 

Concernant les prix, si je faisais moi même ces produits, il faudrait que j’achète les matières premières (par exemple le tissu sur Spoonflower donc compter une vingtaine d’euros avec les frais d’envoi), le fil, les élastiques, les fermetures à glissières, ensuite que je réfléchisse au plan de montage du produit et qu’enfin je passe à la réalisation de celui-ci me prenant sûrement un ou deux jours. Et cela c’est à supposer que je dispose du matériel, d’un local, de l’électricité, d’outils informatiques, d’emballage, etc,… Ensuite il me faudra encore mettre en place un site internet (ce que j’ai déjà mais cela ne se fait pas tout seul ou gratuitement), un système de paiement , puis que j’envoie la marchandise emballée en m’assurant de sa réception. Le prix serait beaucoup plus élevé que sur le site parce qu’en tant qu’indépendante qui paye des charges, je ne détiens pas des moyens de productions (machines industrielles, travailleurs et ouvriers à la chaine, bureau ou bâtiment,…). Pour rentrer dans mes frais je devrais vendre un masque à 200 €.
Pour Society6, je trouve néanmoins que les tarifs (en rapport avec leurs moyens de productions) sont un peu élevés. Bien que l’artiste (moi même) soit à l’origine de l’illustration, l’entreprise (Society6), garde 90% du prix des produits.
Je propose mes illustrations sur ce site, pour les personnes qui aimeraient avoir ces illustrations.
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Plutôt que vendeuse ou artisane (produisant des produits en séries), je suis avant tout illustratrice, c’est à dire que vous pouvez me commander des illustrations et je vends les « droits d’exploitation » pour être utilisés sur ce que vous voulez (disque, livre, magazine, T shirt, logo,…). C’est un peu compliqué les statuts en France, mais c’était à la base pour répondre à des besoins spécifiques, hélas le statut d’artiste est de plus en plus rogné (malgré ceux qui disent avoir confiance au gouvernement…).
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Depuis le début de l’automne j’ai entamé deux séries de motifs répétés. Une série en « all over » (répété à l’infini) et une série en répétition circulaire (qu’on appelle parfois aussi en forme de mandala ou de rosace).
Dans la première série, j’ai mis en vente 2 motifs sur Society6.
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J’ai réalisé plusieurs « all over » avec des personnages féminins, des éléments végétaux et j’ai aussi appris à pratiquer « le dessin automatique », c’est à dire à me laisser aller en dessinant (ce que je ne sais pas vraiment faire). Ce motif s’appelle « motif 05″
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Ensuite j’ai trouvé que ce serait amusant de créer un motif avec des corps en positions sexuelles. J’ai fait un premier motif et puis celui ci avec des formes plus linéaires rappelant éventuellement l’art nouveau ou le psychédélisme des années 60. (Il s’appelle « motif 09″)
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Dans la deuxième série, il s’agit de motifs plus inspirés de thème du moyen-âge et de la Renaissance. Cela fait un moment que je voulais travailler ce style que j’adore. J’ai bien évidemment associé des thèmes plus personnels, c’est pourquoi on retrouve souvent des lapins. J’ai créé deux motifs dont le sens (bas haut) va vers l’extérieur du cercle. Puis d’autres dans le sens opposé.
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Le motif « rose pastel » et casque :
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Ce motif bleu vert est le dernier que j’ai dessiné. Il s’inspire de mes précédents motifs. Ici, il y a plutôt une seule ligne rappelant un défilé militaire.

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Motif vert d’eau défilé militaire :

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Voici maintenant les motifs mis sur Redbubble.

J’ai mis d’autres motifs circulaires. Il en existe d’autres, que je partagerai dans une autre note, et de nombreux qui sont encore dans ma tête.

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Motif bleu et renard :

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Motif « chocolat » danse macabre :

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Motif « menthe » et squelette :

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Joyeuses Fêtes de Samhain, Halloween, de la Toussaint et des morts

Joyeuses Fêtes de Samhain, Halloween, de la Toussaint et des morts

J’ai creusé deux potimarrons et un navet pour Samhain/Halloween, pour faire des lanternes et garder l’esprit des fêtes traditionnelles.
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Avant je n’aimais pas Halloween, déjà parce qu’en tant qu’amatrice de la culture « gothique » chaque jour on nous dit « c’est pas Halloween aujourd’hui », parce que je m’étais arrêtée à une fête commerciale (qui l’est devenue mais qui permet de garder un petit quelque chose de la tradition), et parce que je suis une fille du printemps et de Walpurgis.

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Mais maintenant que nos fêtes sont menacées, je trouve qu’il est important de garder une filiation avec notre héritage, c’est pourquoi j’ai creusé un navet, qui parfois est aussi une betterave (tradition de Moselle de la Rommelbootzennaat « La nuit des betteraves grimaçantes »), tradition qui se trouve en France avant l’importation américaine d’Halloween (qui vient des immigrés irlandais, important aux Etats Unis leurs traditions celtes de Samhain). J’ai cuisiné et mangé en soupe les « restes » des légumes pour encore plus imprégner mon intention vers ces fêtes. J’ai fait cette petite vidéo pour vous montrer le résultat et vous encourager à laisser entrer chez vous un peu de merveilleux, d’imaginaire, de tradition et de magie.

 

 

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En cette période sombre, je souhaite que les esprits des morts errants, retrouvent le chemin leur permettant de gagner l’au delà. Les romains les appelaient les « Larve », nom donné par les allemands à ses esprits, qui signifie également « masques », comme ceux que l’on porte lors des rites dont les traces perdurent dans nos fêtes traditionnelles pour s’approprier ou s’allier avec certains morts, esprits ou divinités-démons. Je pense notamment aux récentes victimes de l’islamisme, au professeur d’histoire Samuel Paty, aux fidèles égorgés dans l’église de Nice, à toutes les victimes qu’on refuse de nommer, et aussi aux victimes du virus et de toutes ces maladies du monde moderne. Que les victimes innocentes et les belles âmes puissent trouver la paix. Que les humains mauvais, prétentieux, menteurs, matérialistes et égoïstes, vivants ou morts, soient tourmentés par les entités du monde invisible.
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Frederique Jacobs propose aux Belges de reporter les fêtes de fin d’années pour l’été. C’est une idée, pourquoi ne pas reporter la naissance de Jésus au 15 mars, le solstice d’hiver au 1 novembre et le début de l’année au 3 mai ? Pourquoi ne pas décaler Halloween et la fête des Morts le 12 juin ? On commence déjà à décaler le 21 juin (le solstice d’été pas la Fête de la Musique) les week end ou les mois suivants. Après tout, « il n’y a plus de saison », le climat se dérègle, « chouette » comme dirait Julie Graziani on va pouvoir récupérer des hydrocarbures sous la banquise qui fond, donc pourquoi respecter le calendrier qui garde le rythme de nos fêtes et de nos traditions qu’elles soient chrétiennes, celtes, d’inspiration greco-romaine, mithraïste, agricole ou animiste ?
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Depuis des millénaires l’homme a ritualisé les changements de saisons, les rythmes de la nature, les rites de passages de l’humain par des fêtes, des célébrations en invitant ou sous le patronage d’esprits, dieux, saints ou esprits d’animaux. Les diverses croyances ou religions ont syncrétisé une tradition primordiale permettant à l’homme de se connecter aux forces supérieures lui permettant une intelligence et une intuition « magique ».
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La Saint Nicolas le 6 décembre représente la lumière prenant le dessus sur l’obscurité du Père Fouettard, elle amorce la fête de l’arrivée de l’hiver, c’est à dire le retour du soleil, le moment de l’année où la nuit est la plus longue mais où les jours commencent à devenir ensuite plus longs. Dans les lieux montagneux, on défile costumés en prenant l’apparence des esprits obscures pour les chasser (chasser l’obscurité) et réveiller la nature au son du tintement de cloches. A l’arrivée du printemps, on commence à faire des fêtes de semence au nom de la Fertilité, en été, on espère de bonnes récoltes, que l’on demande lors dès feux de la Saint Jean. Il serait tout à fait idiot de faire des récoltes de moisson le 2 décembre.
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Pendant des millénaires, les fêtes et les célébrations ont permis aux paysans de retrouver un peu de merveilleux dans leur quotidien parfois rude et laborieux. Des contes, des danses, des musiques, des costumes de fêtes et des masques, des plats, des gâteaux ont permis de garder contact avec la Source, le sacré, le divin, le spirituel peu importe comment on l’appelle. Ces croyances ont permis aux humains de ne pas sombrer dans le matérialisme qui n’apporte que tricherie, violence, compétition, perte de respect pour les humains et la nature.
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Autrefois on disait que faire le mal était puni par les esprits. Cela semble naïf aux scientistes mais au moins cela permettait de réguler les crimes et offrait un ordre et une harmonie sociale qu’on n’a plus vu depuis longtemps. Il est urgent, et c’est une de mes missions sur Terre, de réinjecter du merveilleux et du fantastique dans le réel, non comme forme de divertissement (ce qui est la réappropriation marchande capitaliste), mais pour remettre du sacré dans le coeur des humains, pour les reconnecter à la Source, leur réapprendre à voir comme lorsqu’ils étaient des enfants qui se racontaient des histoires, permettre aux petits peuples des forêt de repeupler les arbres et les sources, pour que l’humain respecte de nouveau la Nature, le vivant et le spirituel.
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Confinement, Noël et Capitalisme.
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Durant le premier confinement d’avril, les grosses entreprises et notamment Jeff Bezos le patron d’Amazon ont vu leurs richesses considérablement augmenter, tandis que les travailleurs ont vu leur difficultés financières s’aggraver. Le modèle de société capitaliste nous impose ces écarts indécents de richesse et continue de nous imposer une vie derrière les écrans (télétravail, vie sociale, distraction, achat,…), qui engraisse ceux qui ont déjà trop d’argent (en exploitant leurs travailleurs et la nature).
Nous entrons dans une époque de préparatifs de fêtes. Pour beaucoup cela signifie achat de cadeaux.
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Faites quelque chose pour la société et essayer au minimum de ne pas donner d’argent à ceux qui sont responsables de la catastrophe dans laquelle nous vivons, c’est à dire les commerces en ligne. Essayons de donner notre argent aux librairies indépendantes, offrez des petits livres, même des livres d’images ou de photos; achetez des biscuits ou des condiments locaux, de l’alcool fin; offrez vous si vous aimez des objets faits mains par des artisans locaux, visitez les marchés de Noël (s’ils ne sont pas annulés), baladez vous dans les campagnes , trouvez des petites brocantes, fabriquez, cuisinez, créer,… Et essayez de ne pas faire la tête si on ne vous a pas offert le dernier smartphone ou le dernier skin Fortnite.
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Selon moi, dans ces fêtes traditionnelles, qui trouvent leurs sources dans des rites néolithiques permettant aux humains de s’allier avec les forces bénéfiques ou maléfiques à travers des rites, comme sorte de « pactes avec la nature », on retrouve un peu de ce que Guénon appelle la Tradition Primordiale.
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J’ai lu la crise du monde moderne de René Guénon vers 2005. A part quelques aspects intéressants, j’ai retenu des choses plutôt négatives dans le style  et prétentieux  » (« D’ailleurs, bien que cela nous oblige à parler de nous, ce qui est peu dans nos habitudes, nous devons déclarer formellement ceci : il n’y a, à notre connaissance, personne qui ait exposé en Occident des idées orientales authentiques, sauf nous-même »). Mais passons. Un livre, une lecture ou une pensée n’est pas comprise de la même façon par tout le monde, ni par la même personne selon l’état de son corps (fatigue,…), son esprit, sa sensibilité, sa culture, son expérience. Il peut relire ce livre un mois ou 15 ans plus tard et pourra y voir des choses différentes.
Il y a 15 ans je n’avais pas « autant » lu et étudié la Mésopotamie, le capitalisme, le socialisme et l’écologie et surtout je ne savais pas qu’on pouvait parler aux esprits.
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Pour ma part, je crois aux synchronicités, qui sont les signes des entités supérieures. Je parle rarement de mes croyances sur facebook car les gens y sont généralement au degré ultime du matérialisme et de la superficialité imposés par la technique du site, décourageant les rapports plus profonds.
Bref, le début du Kali Yuga et de l’âge de Fer il y a plus de 6000 ans ou 5000 ans (à plusieurs milliers d’années près selon les endroits certes) peut aussi correspondre à l’utilisation de l’écriture (-3400), mais plus logiquement devrait remonter avant, au début du néolithique et de l’agriculture (-10 000), époque « primitiviste » à laquelle certains écologistes « radicaux » se réfèrent (on est très loin de la lampe à huile des amish). Certains disent que l’écriture sumérienne, qui au départ servait à compter le nombre de bœufs pour des transactions marchandes incarne une sorte de technique très matérialiste, qui s’éloignait donc du spirituel, ou de la Tradition. Si des civilisations comme les Celtes par exemple n’utilisaient pas l’écriture, ce n’était pas parce qu’ils étaient bêtes mais au contraire parce qu’ils étaient moins « matérialistes » et que leur « croyances spirituelles » leur permettaient de se passer de l’écriture, qui selon Platon, faisait perdre la capacité mnémotechnique de ses utilisateurs. Et c’est là que Guénon rappelle tout ce qu’on a potentiellement perdu à cause du progrès technique .
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Récemment en forêt j’ai reçu (grâce aux capacités médiumniques de mon maître en magie) des réponses d’une entité m’expliquant les « ravages du fer », que représente la société industrielle du XVIIIème siècle comme monstre dominant, mais dont les germes ont commencé au début de l’âge de fer. Tolkien le représente dans le Seigneur des Anneaux, a t’il lu Guénon dont « la crise du monde moderne » sorti en 1927 ? Il n’y a pas que Guénon qui critique les ravages du monde moderne, même si aujourd’hui le système dominant capitaliste veut nous faire croire que cette critique est une opinion minoritaire divergente et subversive, alors qu’elle n’est que le socle commun de tous les peuples « premiers » traditionnels multimillénaires que les colons occidentaux ont décimé, mais plus grave encore continuent de décimer via leurs entreprises industrielles (Total etc…) pour fabriquer des smartphones, forger du pétrole, cultiver de la viande de synthèse (en Australie, Brésil, Afrique,…) dans l’indifférence générale, malgré les slogans antiracistes et anticoloniaux des bourgeois qui préfèrent défendre le capitalisme plutôt que l’exploitation et la destruction des peuples autochtones tués sous leurs yeux.
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Tout cela est lié, il y avait des choses, des connaissances « intuitives » nées de l’animisme (mes croyances) et de l’enracinement dans la terre, la consultation des étoiles, le rythme des saisons, le refus des germes du monstre que constitue le progrès technique qui asservi les peuples pour la richesse d’une minorité de sociopathes qui veulent bombarder Mars et forer la Lune sans que ça ne choque personne. Cette période préhistorique, que le système capitaliste détruit et occulte volontairement (toutes les études sur les Celtes et ce qui les précèdent sont bâclées, détournées par les idéologies intersectionnelles ou censurées. On trouve plus de documentations sur notre histoire locale chez les études anglaises ou russes,…) recèle un moment important qu’il faut retrouver.
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J’aurai aimé retrouver les personnes qui sont sur la même voie que nous, les personnes exclues de cette société, car trop sensibles, pas assez rentables, pas assez conforme aux idéologies capitalistes, qui cherchent à retrouver la vraie voie sombre du chamanisme, personnage qui discute avec les morts, les anciens, les esprits. Ceux qui ne « croient » pas aux esprits, mais qui communiquent et interagissent avec eux pour retrouver ce que l’humain a perdu : sa capacité sensible, son intelligence primordiale.
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« En admettant que le développement matériel ait quelques avantages, d’ailleurs à un point de vue très relatif, on peut se demander si ces avantages ne sont pas dépassés de beaucoup par les inconvénients.
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>>Nous ne parlons même pas de tout ce qui a été sacrifié à ce développement exclusif, et qui valait incomparablement plus ; nous ne parlons pas des connaissances supérieures oubliées, de l’intellectualité détruite, de la spiritualité disparue ; nous prenons simplement la civilisation moderne en elle-même, et nous disons que, si l’on mettait en parallèle les avantages et les inconvénients de ce qu’elle a produit, le résultat risquerait fort d’être négatif. <<
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Les inventions qui vont en se multipliant actuellement avec une rapidité toujours croissante sont d’autant plus dangereuses qu’elles mettent en jeu des forces dont la véritable nature est entièrement inconnue de ceux mêmes qui les utilisent; et cette ignorance est la meilleure preuve de la nullité de la science moderne sous le rapport de la valeur explicative, donc en tant que connaissance, même bornée au seul domaine physique ; en même temps, le fait que les applications pratiques ne sont nullement empêchées par là montre que cette science est bien orientée uniquement dans un sens intéressé, que c’est l’industrie qui est le seul but réel de toutes ses recherches. Comme le danger des inventions, même de celles qui ne sont pas expressément destinées à jouer un rôle funeste à l’humanité, et qui n’en causent pas moins tant de catastrophes, sans parler des troubles insoupçonnés qu ‘elles provoquent dans l’ambiance terrestre, comme ce danger, disons-nous, ne fera sans doute qu’augmenter encore dans des proportions difficiles à déterminer, il est permis de penser, sans trop d’invraisemblance, ainsi que nous l’indiquions déjà précédemment, que c’est peut-être par là que le monde moderne en arrivera à se détruire lui-même, s’il est incapable de s’arrêter dans cette voie pendant qu’il en est encore temps. »
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« Quand on voit une science exclusivement matérielle se présenter comme la seule science possible, quand les hommes sont habitués à admettre comme une vérité indiscutable qu’il ne peut y avoir de connaissance valable en dehors de celle-là, quand toute l’éducation qui leur est donnée tend à leur inculquer la superstition de cette science, ce qui est proprement le « scientisme », comment ces hommes pourraient-ils ne pas être pratiquement matérialistes, c’est-à-dire ne pas avoir toutes leurs préoccupations tournées du côté de la matière ? « 

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« Les modernes, en général, ne conçoivent pas d’autre science que celle des choses qui se mesurent, se comptent et se pèsent, c’est à dire encore, en somme, des choses matérielles, car c’est à celles-ci seulement que peut s’appliquer le point de vue quantitatif ; et la prétention de réduire la qualité à la quantité est très caractéristique de la science moderne. On en est arrivé, dans ce sens, à croire qu’il n’y a pas de science proprement dite là où il n’est pas possible d’introduire la mesure, et qu’il n’y a de lois scientifiques que celles qui expriment des relations quantitatives « 
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« L’Occident moderne ne peut tolérer que des hommes préfèrent travailler moins et se contenter de peu pour vivre; comme la quantité seule compte, et comme ce qui ne tombe pas sous les sens est d’ailleurs tenu pour inexistant, il est admis que celui qui ne s’agite pas et qui ne produit pas matériellement ne peut être qu’un « paresseux » ; sans même parler à cet égard des appréciations portées couramment sur les peuples orientaux, il n’y a qu’à voir comment sont jugés les ordres contemplatifs, et cela jusque dans des milieux soi-disant religieux. Dans un tel monde, il n’y a plus aucune place pour l’intelligence ni pour tout ce qui est purement intérieur, car ce sont là des choses qui ne se voient ni ne se touchent, qui ne se comptent ni ne se pèsent; il n’y a de place que pour l’action extérieure sous toutes ses formes, y compris les plus dépourvues de toute signification. « 
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René Guénon, La crise du monde moderne, chapitre : Une civilisation matérielle.
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Exposition chez Fleurs et Création

Exposition chez Fleurs et Création

Avec les mesures sanitaires prises pour lutter contre le virus, beaucoup de travailleurs et d’artistes du monde culturel ont vu leurs expositions annulées.
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La Chambre des Métiers et de l’Artisanat a mis en place un moyen pour permettre aux artisans de récupérer un peu de visibilité en leur permettant d’exposer dans certains petits commerces locaux. Ainsi des commerces recevant du public exposent des artisans.

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Grâce à la médiation de la CMA et de leur opération « J’expose un artisan » j’ai pu rencontrer une fleuriste chez Fleurs et Création tout à fait charmante qui travaille aussi sur la composition florale, demandant une sensibilité et un savoir faire spécifique. Du coup, j’ai senti que le contact passait bien et c’est toujours un plus qui rend nos métiers artistiques agréables.

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J’aime beaucoup la nature et les fleurs sont une source d’inspiration que l’on peut facilement remarquer dans mon travail. C’est un réel plaisir de pouvoir exposer au milieu des fleurs. C’est intéressant d’exposer dans des endroits différents de ceux auxquels je m’étais habituée (mais qui gardent un fil avec mon univers).

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J’expose dix oeuvres : 6 peintures originales (dont les deux carrés roses pastels exposés à Luxeuil les Bains) et 4 impressions A3 que vous pouvez retrouver dans ma boutique en ligne.

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A l’heure où j’écris, il n’y a pas encore de confinement dans mon département, mais je sens que toute décision peut surgir à tout moment et impacter mes projets de fin d’années. Evidemment je souhaite que chacun soit protégé contre le virus et de nombreuses personnes sont dans des situations plus dramatiques, mais ça m’ennuierais, après l’annulation du festival des Imaginales en mai (où je m’occupe avec mon association du jeu de rôle) de devoir encore annuler mes projets (de novembre et décembre). Une de mes revendications artistiques est de redonner une place au réel, aux liens sociaux, même si je suis très présente sur les réseaux sociaux et que j’ai su faire mon site internet toute seule, je pense que trop d’écrans nous fait perdre nos imaginations, nos rapports sociaux et nos savoir-vivre.

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J’expose donc à :

ou ?   Fleurs et Création,8 route de Jeuxey à Epinal

quand ?   Du 22 octobre au 1 décembre 2020

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Pour ma part, j’ai beaucoup démarché dans des commerces (notamment des boutiques de mode) et j’ai eu beaucoup de mal à « me vendre » en tant qu’artiste exposante. J’étais souvent relayée à une étudiante en art qui débute (cela fait plus de 23 ans que je fais de la peinture et 18 ans que j’ai obtenu mon BTS de stylisme de mode,…). Bref, pour certains commerçants, quand on n’exhibe pas certains codes sociaux (brushing court et blond ou lissage Kardashian, maquillage nude avec extensions de cils et bouche pulpeuse, manucure brillante, pendentif en or en forme de coeur, bracelet fin en chaîne strassé de brillants, chaussures à talon avec monogramme de marque, sac à main Longchamp), qu’on n’a pas de contact direct, c’est à peine si ils nous considèrent, nous autres saltimbanques paumés (est définit comme « paumé », toute personne qui n’a pas trouvé le chemin du capitalisme et du consumérisme bourgeois). Et hors de question de me rabaisser à leurs codes inauthentiques et superficiels en censurant ma personnalité, mes goûts et mon style… (J’avoue l’avoir fait il y a des années sur les critiques d’un « coach en professionnalisation » (via Pole Emploi) et bien évidemment ça n’a donné aucun résultat si ce n’est celui de débloquer des subventions publics pour ce genre d’escrocs moralisateurs et autres « formations professionnelles » et de faire perdre mon temps).
Du coup, ce n’est pas faute d’avoir l’idée d’exposer chez des commerçants, mais faute d’une « structure institutionnelle » qui permette parfois de ne pas être refusé. Cela dit, je ne parle que de quelques refus pour beaucoup d’acceptations et de retours positifs (restaurant, bar, salon de théboutique, marché d’alimentation, marché d’artistes, casino, banque, galerie, hôtel, centre culturel, salon, expositions,…), mais je retiens toujours le profil des personnes qui m’ont écartée, pour apprendre des obstacles qu’on me met et trouver d’autres alternatives.

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Expositions d’Octobre – La Voute

Expositions d’Octobre – La Voute

Pour être honnête, je suis assez triste de la plupart des mesures sanitaires imposée liée au virus. Je fais partie des personnes qui le prend très au sérieux et qui pense que le masque est une bonne chose, même si je sais que pour certains travailleurs c’est très difficile à supporter toute la journée. Depuis toujours je suis pour le fait de prendre soin de son corps et de celui des autres. Je pense que pour se sentir bien dans sa tête, il faut pouvoir se sentir bien dans son corps, et tout le monde n’a pas la chance d’avoir une santé parfaite. Et c’est pour ça qu’il ne faut pas ajouter à ça des difficultés que la vie moderne nous impose (pollution, alimentation industrielle, addiction d’écrans, etc…).
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Quand je parle de mesures sanitaires, je ne parle pas des masques, mais je parle des interdictions de rassemblements. Je ne suis pas en mesure de dire que c’est « bien ou mal », je dis simplement que cela à des conséquences sur le lien social, important pour l’individu comme pour le groupe et la société toute entière. Les interdictions portent à la fois sur les moments de détente ou de festivités, comme les bars, les restaurants, mais aussi sur les concerts, le théâtre, les marchés en plein air (au même moment où les supermarchés n’avaient pas les mêmes restrictions,…), les salons, les festivals (comme le festival Les Imaginales auquel je participe avec mon association de Jeux de Rôle « Le Signe Jaune »), mais aussi les expositions,… Cet été je me suis rendue à des salons ou des expositions en visiteur, et malgré tout l’immense travail des organisateurs, le fait de devoir patienter devant les entrées pour pénétrer une salle, ou devoir réserver sur Internet rend le moment moins agréable. Il y a ceux qui s’adaptent, et ceux comme moi qui voient la détérioration de certaines choses de façon amère.
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Les professionnels (restaurateurs, musiciens, …) perdent leur travail, mais la société perd aussi beaucoup, sans s’en rendre compte à se conformer à une vie en partie rivée devant les écrans pour le télétravail et toute autre interaction. Déracinée de culture populaire et classique, déconnectée de la « vraie vie » se référant à des représentations stéréotypées de la culture de masse (télé réalité, influenceurs,…) de ce que devraient être les choses pour être acceptées socialement peut amener à des souffrances pathologiques (isolement, dépression, obésité, anorexie, phobie, troubles obsessionnels, addictions, etc…). Le lien social est quelque chose de très important, non seulement chez les seniors que cette société moderne délaisse (tout en leur prenant un maximum d’argent), mais aussi pour les jeunes et pour tout le monde.
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Malgré mon amertume face à ce constat qu’il ne faut surtout pas ignorer (le choix de fermer les yeux est une défaite), je pense qu’il faut tenter de rester debout. Je n’aime ni la fatalité ni le nihilisme et j’ai besoin d’actions. Mon action a toujours été de tenter d’informer sur les menaces de nos libertés et notamment sur la manière dont le capitalisme gouverne nos vies au travers du marketing, de la publicité, de l’injonction à la productivité, de l’exploitation des humains, de la terre et du vivant, du formatage à la concurrence, de la performance (« à s’imposer »), de la mentalité du management, de la société du spectacle Debordienne, etc,… Mon deuxième axe est celui de la création, qui intègre une partie de « spiritualité » (c’est à dire de rapport aux mondes du sensibles, des symboles, des mythes, etc…) et de recherches, informations ou culture.
Evidemment, j’essaie de penser non pas à m’adapter (et encore moins de faire « résilience »), mais à des pistes alternatives, marginales, excentriques et je pense que finalement, se placer en dehors des institutions (censeurs et diffuseurs de la pensée unique capitaliste) peut être une bonne chose.

C’est donc avec le risque permanent que des interdictions nous menacent que je vous fais part de deux expositions ce mois-ci.

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 I – Centre Culturel d’Epinal

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Je souhaite continuer de m’engager et à participer à la vie locale et je fais partie d’une association intitulée Pigment’T qui présente une exposition collective au Centre Culturel d’Epinal du 19 au 24 octobre 2020. Il n’y aura donc pas de vernissage (ni de repas entre artistes qui demeurent dans mon souvenir de bons moments de convivialité, pas étonnant que le partage de nourriture est le socle commun de bien des civilisations, autre chose que du fast food livré par des auto entrepreneurs exploités (sans protections sociales) par des sociétés « french-tech » comme Uber ou Deliveroo).

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Ou ? : Centre Culturel, 4 rue Claude Gellée, Epinal, France

Quand ? : 19 au 24 octobre 2020
9h-12h et 14h-18h

(selon les heures d’ouverture vosgienne et tout ce que ça signifie)

Combien ? : Entrée libre

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J’exposerai une oeuvre : Santa Muerte.

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L’exposition parle de rêves d’artistes et le Mexique me fait rêver pas seulement pour son climat, (sans ignorer les problèmes de criminalités présents), mais pour sa culture de mélanges syncrétiques qui a su garder une grande part de « magie » et de liens aux mythes, croyances et divinités anciennes.
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Santa Muerte représente la Mort, mais on lui rend hommage pour lui demander protection et guérison (un peu comme si on essayait de soudoyer la Mort pour qu’elle ne nous emporte pas tout de suite). Tout cela dans un esprit festif et coloré, assez éloigné de la culture occidentale moderne qui rejette les représentations de la mort et tout ce qui y fait penser. Santa Muerte a aussi un lien avec les nombreuses personnes marginalisées et populaires (les pauvres, les autochtones) qui ont inspiré et modifié des croyances et des rites déjà présents (cultes indigènes antérieurs à la colonisation espagnoles catholiques). La fête des Morts mexicaine se mélange et se poursuit de la fête anglo-saxonne d’Halloween du 31 octobre jusque la Toussaint chrétienne du 2 novembre, on y construit des autels et on donne des offrandes (nourriture, bougies, fleurs, tabac,…). Aujourd’hui, il n’est pas rare que les personnes se costument ou se déguisent selon ces inspirations. La tête de mort décorée d’éléments floraux est devenue un motif très populaire. C’est ce qui a en partie inspirée ma peinture.

Il s’agit d’un sergé de coton sans châssis peint à la peinture acrylique.
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II-La fête pour Halloween à La Voute

 

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Je suis très contente de participer à une association située aux Vouivres pour leur fête d’Halloween.
Il s’agit d’un collectif d’artistes et d’artisans qui travaillent et exposent dans une ancienne maison rénovée : « la Voûte ». Ce que j’aime particulièrement, si ce n’est le fait de rencontrer d’autres artistes et artisans, et de participer (modestement) à tisser du lien social et associatif local est de sentir chez la plupart d’entre eux une certaine sensibilité proche de la mienne où la nature et son environnement sensible et animiste influencent le lieu. Je trouve que ce petit village vosgien est très inspirant. Ses énergies sont propices à la création et la connexion. La présence de la forêt est une grande richesse. La première fois où je suis venue ici, j’ai reçu le message que j’y reviendrai et que ce serait important. Le message s’est révélé juste.

La soirée d’Halloween sera un événement avec plusieurs activités et pour un public familial. Respect des mesures sanitaires demandé : masques et gel hydroalcoolique, distance physique.

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A cette occasion j’exposerai plusieurs toiles et quelques cartes de voeux pour préparer les fêtes de fin d’année. Vous pourrez les retrouver du 31 octobre au 30 novembre 2020.

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Je pense que pour le mois d’octobre et le thème d’Halloween, et sa symbolique de la fête des morts, pour prendre soin de nos anciens est une bonne occasion pour la présenter.

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Ou ? : La Voute, 36 Le Village, 88240 Les Voivres, France

Quand ? : samedi 31 octobre de 16h à minuit.

Du 4 au 29 novembre :  Mercredi à Dimanche, de 13h30 à 18h30

Combien ? : Entrée libre

 

 

 

Art Textile – Kali

Art Textile – Kali

Le froid soudain de l’automne tardif me donne besoin de m’emmitoufler. Mon corps perçoit l’humidité avant mon esprit. Les sens, négligés par les sociétés dites modernes me signalent que je dois adapter mon quotidien.
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Pourtant le mois de septembre est souvent un mois où s’agitent les projets. Je suis en recherche permanente de projets, mais aussi de temps pour les faire. C’est donc frustrant de ne pouvoir faire tout ce qu’on aimerait. J’étais très productive sur la peinture dernièrement, puis je dois écrire un article qui me pousse à faire des recherches, tout ça alors que j’étais dans une phase d’ouverture sensorielle, c’est à dire où je me mettais dans une phase réceptive, vers la nature, la méditation, l’imagination du jeu de rôle et loin des écrans,… Il faut que j’accepte les choses comme elles viennent si elles suivent les cycles supérieurs (de la nature avec les saisons, de la lune, de Kali,…).
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Le British Museum ouvre une exposition sur le Tantra. Une exposition que j’adorerais visiter.

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Cela me pousse à reparler de mon travail textile que j’avais fait pour l’exposition Erotic Art de Plombières-les-Bains pour février 2018.
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Lors de la création de cette toile peinte et brodée, je m’étais replongée dans l’inspiration de Kali, déesse indienne qui m’est apparue il y a plus de vingt ans avec une certaine puissance et qui ne cesse d’être présente pour m’aider à puiser de la force de vie, de transformation et de mort (symbolique). J’avais partagé cette note en janvier 2018 sur Kali la noire.
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A sa relecture, je m’aperçois que je suis de nouveau dans ce « stress » de septembre qui veut m’amener sur de nombreux projets, alors que je dois prendre le temps de maturer chaque chose une fois à la suite (à peu près). La nature, c’est aussi les saisons et l’expérience douloureuse de l’inconfort et du froid. Il y a des leçons à en tirer, et généralement elles sont de prendre le temps d’écouter son corps, pour pouvoir écouter son esprit et sa sensibilité, mais tout cela est à l’inverse du calendrier du monde moderne productiviste.
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Pour créer cette toile représentant Kali dans un acte sexuel sur Shiva, posé sur une peau de tigre, je m’étais imprégnée de ses énergies. Kali a plusieurs facettes, c’est pourquoi elle est d’une certaine façon lunaire. Elle représente le cycle de la vie, de la mort, de la renaissance que peuvent représenter les différentes phases de la Lune. Kali a quatre bras, dans certaine versions, l’un d’eux porte une épée courbe, un réceptacle, une tête de démon tranchée et une faucille.
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La faucille, dans le symbolisme européen d’origine greco-romaine rappelle Chronos, le temps et la destinée, assimilée à Cronos qui porte la faucille avec laquelle il tranche le sexe de son père, et dévore ses enfants (qui est une phase de l’Alchimie) puis assimilée à Saturne (qui donne ces aspects astrologiques aux personnes nées sous cette étoile). Dans le symbolisme occidental, la faucille est l’attribut de Saturne, et représente la Mort qui fauche les humains. La mort est souvent représentée comme un squelette dans un vêtement noir à grande capuche, tenant une faux et parfois un sablier symbolisant le temps qui passe. On retrouve cette figure (sans le sablier) dans l’arcane XIII du tarot de Marseille : l’arcane sans nom.

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Cette Mort n’est pas toujours la mort physique de personne mais représente la fin d’un cycle, la fin de quelque chose, et cela peut aboutir par une renaissance. En Astrologie, c’est à dire dans le symbolisme européen d’influence greco-romaine, egyptienne et mésopotamienne, (mélangé d’autres influences perses, arabes, chinoises et indiennes,…), Saturne représente la rigueur, la sévérité, le discernement : il est là pour trancher les idées, être radical. C’est pourquoi son influence peut être importante lorsque nous avons besoin de « passer à autre chose », « faire le deuil de quelque chose », « éliminer les scories qui nous empoisonnent », il peut aussi nous aider à dire adieu à nos contacts toxiques.
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On peut invoquer son influence quand on a besoin de discipline, de précision, de méticulosité. Saturne est souvent mal aimée car elle est associée à la Mort et dans nos sociétés modernes capitalistes on a tendance à vouloir cacher cela tout en en profitant pour en faire un business lucratif, alors que dans les sociétés traditionnelles, la mort doit être intégrée comme faisant partie de la vie. Même si cela s’apparente à de la tristesse quant à la perte d’une personne aimée, il faut la célébrer. Le Mexique est un pays qui célèbre magnifiquement ce sujet sans tabou. Le tabou est toujours quelque chose qui crée des névroses, des peurs et des fascinations, c’est pour ça qu’il est nécessaire de regarder la réalité comme elle est.
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J’avais créé un sigil personnel de Kali pour qu’elle m’accompagne dans mon quotidien. Je crée des sigils, talismans, objets de rituels et objets magiques avec ses énergies. Je peux éventuellement en créer sur commande personnalisée si cela vous intéresse.
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carte postale disponible dans ma boutique en ligne.

Kali est également une déesse guerrière comme Ishtar déesse assyro-babylonienne de l’Amour et de la Guerre. D’une façon moderne, on pourrait dire qu’elle ne se laisse pas dominer. Beaucoup de personnes ont d’ailleurs commenté le fait qu’elle s’accouple en étant au dessus de son parèdre, comme dans une position de domination. Pour ma part, ces commentaires ne sont pas ce qui m’intéresse le plus dans sa figure, mais c’est sûr que ça attire un certain public confondant spiritualité et sexualité. Car en effet, d’un point de vie occidentale, les sculptures indiennes érotiques peuvent paraître exotiques mais c’est surtout parce que chez nous la sexualité a longtemps été un tabou. Aujourd’hui elle est toujours plus ou moins mal comprise, mais selon moi c’est à cause d’un capitalisme qui rend les individus nombrilistes consommateurs de chair et de sexe rapide, souvent virtuel, c’est une vision très matérialiste qui prône la quantité à la qualité et oublie l’individu, l’esprit et le corps.
Vous trouverez plus d’informations sur ce sujet dans cet article :

« Tantra introduced a different idea. Rather than seeking pleasure as an end in itself, Tantra taught practitioners to harness the body and sensuality in order to unite with divinity and attain transformational power. Tantric sexual rites were also distinguished by their transgressive nature, engaging with the taboo rather than repressing it. »

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« Once attacked by colonial officials as perverse, since the 1960s Tantra as a tradition has been celebrated as the ‘art of sexual ecstasy’ in the West. Although Tantric visual culture features a proliferation of erotic images and many Tantric texts include descriptions of sexual rites, these make up only a small proportion of the content. While kama (‘desire’) was a principal goal of life according to mainstream Hinduism, one of the central aims of Tantric sex was to unite with divinity, rather than to seek pleasure for its own sake. Tantra validates the body and the sensual as a means of achieving liberation and generating power. »

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J’ai exposé cette toile pour une exposition sur le thème de l’érotisme, même si elle signifie bien plus que ça. On peut aussi dire que l’érotisme est bien plus importante que sa réduction à une simple stimulation sexuelle, très employée par le système de la publicité pour nous donner envie de consommer un produit miracle qui nous éloigne de nous mêmes. J’aimerai opérer sur un registre supérieur, plus sensible, artistique et spirituel.

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Merci au maire et au préfet des Vosges (avec le micro) pour leur présence à cette exposition.
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Merci à l’équipe d’Erotic Art de m’avoir invité trois années à exposer mes oeuvres.
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Merci aux musiciens présents pour nous faire redécouvrir un des instrument traditionnel de la région : l’épinette des Vosges.
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Illustration dystopique 2 La machine à bébés

Illustration dystopique 2 La machine à bébés

Retrouvez la première partie ici.
Deuxième partie

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Voici ce que j’écrivis sur les réseaux sociaux pour expliquer mon illustration :

Je peins cette illustration en décembre 2018.

La terre mérite des personnes qui la protège, pas des exploiteurs, la seule méritocratie que je respecte est celle de la terre. J essaie de dessiner ce qui me dérange a cause d un texte sur Deep Green Resistance disant qu un artiste se devait de se soumettre au combat politique… Je déteste les propositions d art engagé, trop faciles, impersonnelles, hypocrites et récupérées par les institutions donc consensuelles. Je préfère dessiner la beauté, mais j ai cette rage en moi que je dois matérialiser d une façon et je ne sais pas le faire par la violence. Au lieu de représenter la laideur du capitalisme j essaie de représenter des héroïnes qui se battent contre ce soit disant « progrès », sabotent le système répressif dans lequel un humain sensible et honnête ne peut avoir une vie décente s il n a pas les capitaux ou l esprit sociopathe de dominateur.

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Le besoin de s en prendre a la biotechnologie tant que le capitalisme ne nous y a pas encore rendu dépendant. Car ce n est pas la technologie ou l industrie que je critique mais son application par le capitalisme (la marchandisation) voire le militaire.

Ce matin j entends sur France inter que la Chine aurait mis au monde les premiers bébés génétiquement modifiés, en même temps que je faisais cette illustration, pour moi ce n est pas une simple synchronicité, car je travaille depuis plusieurs année au développement de ma sensibilité et de mes émotions dans le but d être encore plus sensible, c’est à dire de sentir l invisible et de travailler comme William Blake a un art de visions. Ces visions sont pour le moment émotionnelles et peu intelligibles par ma raison, mais je sais que ces émotions sont capables de sentir des choses (notamment l intention de certaines personnes).

On m a reproché qu on ne savait pas trop ce que voulait faire mon personnage, que c était problématique, qu il faudrait rajouter des slogans par exemple. Mais c est justement le fait de ne pas savoir, de douter, de se poser des questions qui est important, intéressant. Le fait de questionner la société est important. Il faut s opposer au prêt a penser et aux idéologies toutes faites. Si on se questionne sur « veut elle tuer des bébés ? » ou « veut elle saboter l usine a fabrication biotechnologique d humains ? Pourquoi ? » c est apporter une vision aux individus et leur proposer après leur réflexion une analyse de la situation et des propositions pour en sortir. Le monde est plus complexe que des slogans publicitaires. Questionner, douter, rechercher, trouver des réponses alternatives est plus important qu affirmer sans étudier sans « se poser de questions ».

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Critique de la bio-technologie

Je suis parti d’un article et de ce texte de Théodore Kaczynski pour orienter mon sujet vers la critique de la bio-technologie et plus particulièrement l’idée transhumaniste de créer des vagins artificiels (soit disant pour libérer la femme, alors qu’on lui prive de ce qui la distingue de l’homme : son potentiel à être une mère. L’une des rare chose que les plus sexistes des sociétés ne pouvaient lui retirer. Le transhumanisme infusé dans la publicité médiatique en faveur du transgenrisme tente d’enlever dans l’opinion publique cette particularité féminine (la maternité). Heureusement que certaines personnes transgenres voient cette récupération et ne veulent pas y être associées).

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Voici un extrait du texte :

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« 6/ Les radicaux doivent attaquer le système aux points névralgiques.

Pour travailler efficacement à l’élimination du système techno-industriel, les révolutionnaires doivent attaquer le système sur les points où il ne peut s’autoriser à céder de terrain. Ils doivent attaquer ses organes vitaux. Bien entendu lorsque je parle d’attaque je ne songe nullement à une attaque matérielle, mais exclusivement à des formes légales de contestation et de résistance.

Les organes vitaux du système sont, entre autres :

  1. L’industrie électrique. Le système est totalement dépendant de son réseau d’approvisionnement en électricité.

  2. L’industrie des communications. Le système est incapable de survivre sans moyens de communication rapide tels que le téléphone, la radio, la télévision, le courrier électronique et ce qui s’en suit.

  3. L’industrie informatique. Nous savons tous que le système s’effondrerait rapidement sans ses ordinateurs.

  4. L’industrie de la propagande. Elle comprend l’industrie des loisirs, le système éducatif, le journalisme, la publicité, les relations publiques et l’essentiel de la politique et l’industrie de la santé mentale. Le système ne peut fonctionner sans que les gens se montrent suffisamment dociles et se conforment aux comportements dont il a besoin. C’est la fonction de l’industrie de la propagande que d’enseigner aux populations ce type de pensées et de comportements.

  5. L’industrie des biotechnologies. Pour autant que je sache, le système n’est pas encore matériellement dépendant de la biotechnologie. C’est toutefois un sujet sur lequel il ne peut se permettre de céder car il revêt pour lui une importance critique, comme je vais essayer de le prouver à l’instant.

 

 

 

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« 7/ La biotechnologie pourrait être la meilleure cible pour une attaque politique.

L’industrie biotechnologique est probablement la cible la plus prometteuse sur ce terrain. Bien que les révolutions soient généralement portées par des minorités, il est fort utile d’avoir un certain degré de soutien, de sympathie ou au moins d’acquiescement de l’ensemble de la population. S’assurer de ce genre de soutient ou d’acquiescement est un des enjeux de l’action politique.

Si on menait une attaque politique sur l’industrie électrique par exemple, il serait extrêmement difficile de s’assurer quelque soutien que ce soit, en dehors d’une minorité de radicaux, parce que la plupart des gens résistent à tout changement de leur mode de vie, et particulièrement aux changements qui pourraient les gêner personnellement. C’est pourquoi peu nombreux sont ceux qui souhaiteraient renoncer à l’électricité.

Mais les gens ne se sentent pas encore aussi dépendants des biotechnologies qu’ils le sont de l’électricité. Éliminer les biotechnologies ne modifiera pas radicalement leur existence. Au contraire, il pourrait être possible de leur montrer que le développement continu des biotechnologies transformera leur mode de vie et anéantira les plus anciennes valeurs humaines. Aussi, sur ce terrain, les radicaux pourraient-ils être à même de mobiliser en leur faveur la résistance humaine naturelle au changement.

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La maternité comme humanisme et non transhumanisme

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Ici l’idée de maternité, de la capacité de la femme a pouvoir donner la vie est questionnée. Sa réappropriation par la machine (la bio-technologie) est représentée de façon froide et agressive (les pinces pour s’occuper des bébés fabriqués). La femme se réapproprie son pouvoir d’enfantement par le sabotage de la machine (représenté par le couteau). La capuche renvoie à la fois à une tenue de saboteur et à la Vierge Marie qui a donné naissance à Jésus Christ et qui est un des thèmes majeures de l’art occidental et fait ainsi parti de notre culture voire de notre inconscient collectif. Elle incarne l’image de la mère sacrée. Cette image de la déesse mère, déesse de la fertilité est bien évidemment présente dans toutes les autres cultures, sous d’autres formes et d’autres noms comme un fondement sacré de l’humanité. Sans ce pouvoir, certaines sociétés machistes pourraient reprendre le pouvoir de la femme, la rendre remplaçable par la machine, mais la femme et la mère ne sont pas que des corps reproductifs, ils sont aussi des individus nourrissant, élevant et guidant l’enfant. Ce que la machine ne peut remplacer.

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J’ai exposé ces deux illustrations lors de ma grande exposition au Centre Culturel d’Epinal en mai 2019 dans le cadre du festival de littérature de l’Imaginaire Les Imaginales.

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Illustration dystopique 1 La panthère-robot

Illustration dystopique 1 La panthère-robot

Première partie

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William Morris

Je suis très sensible à l’écologie et à la critique du capitalisme qui exploite et aliène les travailleurs, encourage les consommateurs à l’égoïsme matérialiste, extrait les ressources, pollue la terre,… En effet William Morris, artiste, auteur, socialiste (à l’origine le socialisme s’intéresse à améliorer la condition sociale des travailleurs et des ouvriers en particulier, il combat la pensée et les abus de la bourgeoisie. Par bourgeois j’entends ici ceux qui ont la mentalité de ou font la réappropriation du travail d’autrui pour son profit personnel, l’appropriation des (biens) communs comme la terre et ses extractions, l’eau, le bois, aujourd’hui la Lune ou Mars par les millionnaires Elon Musk, ceux qui pensent aux autres qu’à travers la manière de mieux les exploiter, leurs productions ou notre environnement, ceux qui gaspillent les ressources pour créer une marchandisation ou une spéculation etc. Une personne de la classe bourgeoise ne pense ou n’agit pas spécialement comme un bourgeois de même qu’une personne de milieu modeste peut avoir une mentalité de bourgeois. Le socialisme combat l’exploitation capitaliste. Depuis, le socialisme a été récupéré par le capitalisme pour l’assimiler en neutralisant son combat, il se passe la même chose avec le féminisme et aujourd’hui l’écologie), artisan de l’Angleterre de la fin du XIXème siècle, proche de la pensée de Ruskin, de l’héritage du Romantisme et des peintres préraphaélites de la première vague qui dénonçait déjà l’industrialisme bourgeois. William Morris constitue la pierre majeure à l’édifice que représente mes tendances politiques et sociales.

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Portrait de William Morris que j’ai illustré en haut à gauche et quelques livres sur ses motifs (pattern design), discours politiques et romans.
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Il étudia les mythes anciens, la sociologie contemporaine, écrivit et édita des essais et des romans et donna des conférences pour avertir des méfaits de l’industrialisation du travail qui aliène l’humain et crée des objets laids à la chaîne. Pour lui, l’humain doit s’épanouir au milieu de beaux objets non obsolescents, que chacun transmettra fièrement à ses enfants, créés par les mains d’amoureux de leur travail. L’artisanat, inspiré des guildes du Moyen-Age était très important et il fut le plus actif représentant du mouvement Art & Craft, qui influença par la suite le style Art Nouveau. Il écrivit des romans inspirées de textes antiques et médiévaux (L’Énéide de Virgile, L’Odyssée d’Homère, le poème épique anglo-saxon Beowulf, Old French romances ) et des saga islandaises qu’il traduisit («  Völsunga Saga » pour renouer avec l’épopée mythique déjà en vogue avec le pré-Romantisme un siècle avant inspiré par Ossian. (Les modes ne sont pas linéaires, mais plutôt cycliques et contemporaines d’autres modes plus ou moins opposées). Ces romans replaçaient le sens du sacré et de la nature au premier plan et ont inspiré des auteurs comme J.R. Tolkien et ensuite le style littéraire de la Fantasy (qui fut ensuite réapproprié par le capitalisme qu’il dénonçait). Dans le seigneur des anneaux, J.R. Tolkien décrit la Comté, village des hobbits fait de prairies verdoyantes, de potagers et de petits paysans comme fut l’Angleterre avant son industrialisation par les routes et les usines polluantes. A l’opposée, il dresse le portrait de Saroumane, esprit du rouage et du métal levant des armées d’orcs aliénés travaillant avec des machines et créant des armes en avalant les arbres et la forêt pour les remplacer par une terre stérile d’où émane des fumées noires toxiques. C’est la métaphore du monde techno-industriel et du mal (Saroumane devient aliéné par la rancoeur, la conquête et le matérialisme dans le Silmarillion) cherchant à envahir la terre. Le marketing, c’est à dire le capitalisme, a transformé une œuvre dénonçant de façon évidente l’industrialisme, en marchandise devenue culte pour des consommateurs perpétuant ce que Tolkien détestait. On encourage même les fans à récupérer eux-mêmes les œuvres en bannissant leurs auteurs (Lovecraft, J.K. Rowlings,…). William Morris s’inspirait du passé et tentait de construire le futur dans des conférences (« comment nous pourrions vivre ») ou des romans d’anticipation (« Nouvelles de Nulle Part »).

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L’anticipation

Vivre mieux, pour la majorité des humains et du vivant autour d’eux (ce qui les environne, c’est à dire), est une question qui m’obsède. Pourquoi est ce que je souffre ? D’où viens-je, ou vais-je ? Se poser ces questions et chercher telles les pérégrinations des héros mythiques sont ce qui nous permet de devenir des adultes, le commencement de l’humain accompli. C’est l’archétype du roman de chevalerie, la quête personnelle de chaque individu vers un être plus adulte, plus responsable, plus accompli. Il est sain d’écouter ses pensées intérieures, aussi noires peuvent elles nous sembler (ou sembler à la société qui rejette toute obscurité et lui préfère la médication, le rejet ou la destruction des émotions) et de construire une voie pour que nos actes puissent se réaliser dans une certaine harmonie avec notre environnement. Hélas le chemin est difficile tant les obstacles sont nombreux, mais ce qui importe est de tracer son propre sillon, celui qui nous mènera au coeur du labyrinthe initiatique, c’est à dire au coeur de nous-même. Etre un individu est important pour rester intègre (l’individualisme philosophique n’est ni l’égoïsme ni le nombrilisme mais la capacité à rester maître de soi-même au sein d’une communauté ou non, j’écrirai une note prochaine sur le sujet).

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Comme dirait Michel Onfray, on peut vivre dans cette société en tentant de cultiver son propre potager dans son coin, mais est ce que cela ralentira le monde horrible que les capitalistes dominants nous imposent ? Non. Alors c’est difficile, mais il faut aussi, pouvoir rester debout, fort, courageux et enraciné face à cette réalité pénible qui extermine le vivant à coups de spams publicitaires chargés de personnages colorés et souriants. Aussi mignons et bienveillants peuvent ils se prétendre, ils ne sont pas nos amis.

Imaginer le futur est important. De nombreux auteurs de sciences-fiction ou de cyberpunk nous ont averti des dangers qui guettaient la société. 1984 d’Orwell ne nous montre pas qu’il avait tout anticipé, mais montre que nous n’écoutions pas ses avertissements. Nul besoin d’être devin pour comprendre les intentions de ceux qui en ont les moyens (Elon Musk, Jeff Bezos, les GAFA…). La manière dont ils exploitent leurs travailleurs et se servent de leurs consommateurs révèlent qu’ils n’ont rien d’humanistes, alors pourquoi croire qu’ils vont nous apporter la technologie pour sauver le monde ?

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Deep Green Resistance

Ces dernières années (été 2018), j’ai trouvé du réconfort intellectuel et des réponses dans le mouvement écologistes Deep Green Resistance. J’apprécie beaucoup leurs positions qui m’ont permis d’interroger ma vision du monde. Je suis nourrie de leur combat, mais pour autant existent aussi de fortes contradictions entre nos visions (ça ne sert à rien de les expliquer ici). Il y a beaucoup plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous divisent. Et je trouve cela important d’écouter des opinions, même quand on ne les partage pas toutes entièrement.

Je suis d’ailleurs très inspirée par des textes de Théodore Kaczynski, et encore une fois je ne partage pas tout ce qu’il dit (je travaille sur le féminin sacrée, l’émotion, la sensibilité,… (chez la femme comme chez l’homme) contrairement aux choses qu’il défendait).

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Un article de DGR expliquait que c’était impardonnable si on était artiste et qu’on ne mettait pas notre art au service du combat écologique (de destruction de la société industrielle).

Mais en des temps comme ceux-là, pour un artiste, ne pas consacrer ses talents et ses énergies à la création d’armes de résistance culturelle est une trahison de la plus haute magnitude, un signe de mépris envers la vie elle-même. C’est impardonnable ».

. Pourtant, au fond de moi, je suis une personne pacifiste et j’aime dessiner ce qui est beau à mon goût, c’est à dire sombre, doux, mélancolique, romantique. Mon art n’a pas le style de l’art engagé conventionnel. Ce que je dessine est plus proche du Romantisme et du contemporain « pop-surréalisme ». Pourtant le Romantisme constitue en son essence une critique de la société industrielle, seulement c’est peut être trop « conceptuel ». L’idée de ce que je me fais du style engagé, (alors que je me sens moi même engagé) est un style niais, naïf et bourgeois. Je n’aime pas les « chansons engagés », le « street art engagé », je trouve ça souvent pauvre artistiquement et complaisant et ça ne subvertit rien. Cela décore les salons des riches bobos quand une médaille du bien-pensant ne leur suffit plus.

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Je préfère dessiner le beau comme des motifs de William Morris (qui est en soi un combat à mener contre un monde laid) plutôt que le laid qui dénonce (malheureusement une grande partie de la gauche politique associe le « beau » (c’est à dire l’ensemble du travail subjectif et technique que des artistes ont consacré pendant toutes leurs vies à construire, réfléchir, étudier, peindre et transmettre pour atteindre un sens esthétique supérieur et harmonieux, incluant divers débats et querelles millénaires pour les transcender et y ajouter la philosophie de l’incarnation de l’auteur, souvent maudit par ses contemporains matérialistes et peu sensibles) comme quelque chose d’offensant car « maîtrisant » ce qu’ils ont étudié et pratiqué mieux que ceux qui ne l’ont ni étudié ni pratiqué, le maître étant une figure « réactionnaire et fasciste » impliquant une hiérarchie (à combattre à gauche) ou une manifestation de la civilisation (à combattre chez les écologistes radicaux – qui m’inspirent néanmoins, refusant les communautarismes partisans). Lire ma note sur ce sujet. Mais je me suis mise au défi (c’est horrible d’écrire avec le vocabulaire du capitalisme) de réfléchir à créer des illustrations plus éloquentes quant à mes critiques du monde industriel et bio-technologique que les capitalistes nous imposent (à coups de marketing et produits « doudou » rassurants notre nombrilisme d’enfant client roi).

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Résistante contre le monde à venir

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Je voulais donc ensuite peindre une autre (voir partie 2) héroïne du futur, en l’imaginant conduire une panthère blanche robotique (vu que la société industrielle aura tué tous les animaux et le vivant), coiffée du bonnet frigien des esclaves antiques affranchis repris par des révolutionnaires du XVIIIème siècle. Leur combat étant malheureusement récupéré par la classe bourgeoise et n’ayant en rien arrangé le sort du peuple, si ce n’est le rendre encore plus dépendant du travail industriel, continuellement réprimé par la République.
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Cette héroïne combat sous un étendard de résistance face à la dictature technologique écocide. J’ai utilisé un symbole que j’ai construit à partir de symbole Vénusien et Neptunien pour charger l’idée de l’Art comme combat en étendard.

J’ai exposé ces deux illustrations lors de ma grande exposition au Centre Culturel d’Epinal en mai 2019 dans le cadre du festival de littérature de l’Imaginaire Les Imaginales.

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Peinture : Fleur bleue

Peinture : Fleur bleue

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Romantisme
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Cela fait plusieurs années déjà que je visite la période Romantique en y découvrant des choses particulièrement troublantes : moi-même.

Ma démarche étant la recherche du moi profond, afin de le dévoiler et de le faire exister dans ce monde, actuellement hostile au romantisme, aux artistes et aux personnes sensibles et introverties, j’aime m’y baigner comme dans une source qui soigne mon âme et mon esprit des blessures de la civilisation moderne matérialiste et de ces injonctions à l’utilitarisme, la productivité de masse pour le profit d’un riche possédant, la vente de soi-même comme produit de divertissement (« se vendre »), convaincre non pas par nos savoir-faire, mais par notre attitude prétentieuse « winner » et sans émotions, si ce n’est bien-pensantes hypocrites. L’aube du Romantisme dans le crépuscule du XVIIIème siècle résonne en moi, mieux que les tendances populaires déversées par les médias appartenant aux castes des milliardaires de la planète.
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Ainsi Novalis et la fleur bleue. L’importance de la nature et de sa rencontre par les promenades et pérégrinations du français Jean Jacques Rousseau, ou encore son journal intime comme introspection rendue publique. Les sentiments personnels de Goethe. Et les artistes poètes, graveurs et peintres comme William Blake et son ami d’origine suisse Johann Heinrich Füssli.

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Le Romantisme protéiforme rassemble aussi bien la puissance, parfois dévastatrice et suicidaire des émotions et des sensations, le lointain et l’ailleurs dans l’espace et le temps : la beauté des ruines du passé (pas celles qu’on détruit, mais celles qu’on respecte qui témoignent d’un temps ancien), l’histoire et l’archéologie, le moyen-âge, ses romans et ses légendes arthuriennes ou de chevaliers (Byron), les grands écrivains du passé (Dante, Shakespeare,…), les anciens mythes et mythologies, l’exotisme des autres civilisations, les voyages et l’orientalisme (Byron, Delacroix), la haine du monde industriel (et du capitalisme) qui détruit les campagnes, le monde rural paysan et la nature, l’intérêt pour les petites gens, les gens du peuple, les marginalisés avec la création du folklore, la recherche des traditions et des contes populaires (frères Grimm), la nature dans ce qu’elle a de plus monumentale et parfois tragique, qu’ils s’agissent des grands glaciers ou des tempêtes maritimes (Turner), la puissance des émotions, de l’intime et des pensées personnelles et individuelles, le sacré, la spiritualité et le sensible, le fantastique et les choses étranges qui apparaissent dans le monde quotidien (apparitions, spectres, fantômes, lutins, petits peuples, fées,…), l’inspiration et les muses, le rêve et « l’inconscient »(théorisé plus tard par Freud, et utilisé par les surréalistes du début du XXème siècle), les choses sombres, bizarres et étranges dont le XIXème siècle se réapproprie et raffole (Baudelaire, Poe,…),…

Toutes ces choses constituent un chemin que les anciens ont construit, que je me dois de prendre et de partager en invitant chacun à s’y rendre, comme une révolte contre le monde moderne. Ce chemin vers le sensible, est le chemin sacré vers nous-même en tant qu’humain et non en tant qu’esclave, bientôt machine du capitalisme, déjà représenté dans Metropolis de Fritz Lang au début du XXème siècle, mais aussi présent chez de nombreux auteurs, comme Clive Barker (Hellraiser) ou les mangas Berserk. N’hésitez pas à consolider cet héritage en partageant en commentaire, les artistes, auteurs, musiciens, cinéastes qui vous semblent oeuvrer dans cette noble voie.

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Ma peinture

J’ai créé cette peinture à l’acrylique lors d’un marché d’artistes l’été 2018. J’aime bien peindre en public, à condition d’avoir préparé au préalable dans le silence et la solitude le sujet de mon tableau. Je suis mieux inspirée isolée, car j’ai trop d’empathie et je ressens trop de choses extérieures m’empêchant de me concentrer. Je ne parle pas non plus de tout le travail technique réalisé avant pour obtenir un résultat satisfaisant. J’ai remarqué que beaucoup de personnes se savaient pas comment une peinture se faisait, certaines m’ont demandé s’il s’agissait de collage, et ils ne réalisent ainsi pas le travail qu’il y a. C’est pour ça que c’est important de montrer au public tout le processus et le temps fourni dans une image. C’est aussi pourquoi je fais des vidéos de mes dessins que vous pouvez retrouver sur ma chaîne You Tube.
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Une fois, le visage peint, je ne voulais pas me contenter de cela. Je n’aime pas l’idée que n’importe qui peut faire la même chose que moi. Pas dans le sens où je me situe à un niveau supérieur à n’importe qui, mais dans le sens où, en tant qu’individualiste (ce qui n’est pas « égoïste » et encore moins « nombriliste »), je considère que chacun, ou n’importe qui est un individu, c’est à dire une personne unique avec son propre goût, sa propre expérience, sa propre sensibilité. Et en tant qu’individualiste, je me dois d’encourager chacun à être soi-même et non une copie de quelqu’un. Et je souhaite encourager la créativité personnelle, les émotions et les sensations pour chacun. Chaque personne est unique. Comme on dit, à force de vouloir rentrer dans le moule on fini par ressembler à une tarte. Rien de plus beau que l’authenticité, et donc le respect des autres dans leurs différences.

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Pour cette peinture, il me fallait ajouter des choses plus intimes, révélant mes recherches et mes sentiments du moment. Comme le dit le peintre romantique Caspar David Friedrich que j’aime citer (à peu près) : « l’artiste doit pouvoir représenter ce qu’il a face à lui, mais aussi ce qu’il a au fond de lui. » Il y a des lignes sinueuses rayés et chevronnées. Celles ci évoquent une sortie du corps particulièrement forte et marquante que j’avais fait. Il me semblait que mon corps traversait des vortex, des couloirs avec ce genre de motifs, pendant que j’entendais comme des sons de radio. Il y a des petits chevaux, déjà présents dans une autre peinture, évoquant le chevauchement vers d’autres mondes, à l’instar d’animaux psychopompes. Il y a la constellation de la licorne, présente à un point particulier au moment de ma naissance, signifiant une certaine capacité au soin apporté aux autres (ce qui en tant que féministe ne me plait pas particulièrement car je n’aime pas être réduite à cela sauf pour ceux que j’aime). Cette constellation est brodée sur la toile. Il y a une citation de Novalis de l’oeuvre Henri d’Ofterdingen associée à la fleur bleue qui se situe dans les cheveux de la femme.
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Fleur Bleue
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L’expression « fleur bleue » signifie aujourd’hui dans notre monde industriel matérialiste ce qui est niais, car sentimental et féminin, « gnangnan » voire geignard et plaintif. Aujourd’hui on dirait « fragile » ou « snowflake ». Mais justement, je choisis de défendre ces idées. La « fragilité », face à la brutalité n’est pas la chose la plus vile et haïssable de ces deux idées selon moi. Ce monde pue car il accepte trop, voire glorifie et encourage la brutalité, le crime et la délinquance et ringardise la bonté, l’honnêteté, le respect. Une société d’enfants-rois capricieux biberonnés à leurs smartphones et aux symboles capitalistes comme McDonalds, Apple, Amazon, qui ne rêvent qu’à la compétition et la destruction de l’autre pour se sentir plus puissants, affichant fièrement leur mépris de la culture, et de la sensibilité.  Je préfère défendre les animaux rares, les guépards (en référence au film de Visconti parlant de la chute de l’aristocratie) plutôt que ceux qui pullulent et « s’adaptent » : les cafards. Le sur-homme darwinien ressemble plus à ces insectes se complaisant dans la fange et la crasse que de celui qui a besoin de terre et de rivière. Mais face à l’agression je n’appelle pas non plus à la non violence, car celle-ci protège le système de la loi du plus fort. Ma philosophie qui n’engage que moi est la loi inspirée d’Hamurabi : Oeil pour Oeil, Dent pour Dent, non à la soumission ! Je continuerai donc de développer ma sensibilité, d’encourager les autres à le faire et de la propager du mieux que je le puisse.
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La fleur bleue : L’extase de la beauté poétique inspirée par les muses de l’Amour et son parcours initiatique pour y accéder. Cette idée a été sali par la bourgeoisie, qui par essence se réapproprie les créations et travaux d’autrui pour les copier (« l’ère de l’ersatz et autres textes contre la civilisation moderne » est le nom donné à un recueil de textes politique de William Morris qui explique l’aliénation du travailleur pour l’objet industriel sans âme), les industrialiser, les vider de leurs substance, pour en faire un produit marchand, de masse, de mauvaise qualité pour un usage obsolescent, exploitant et aliénant au passage l’ouvrier qui l’a produit, polluant la terre et volant les ressources. Ce qui est le contraire des valeurs du romantisme. Le Romantisme, les sentiments et les émotions sont à peu près des ennemis de la pensée bourgeoise capitaliste. C’est pour cela qu’il tente de décrédibiliser tout ça et n’hésite pas à réduire cela à des « affaires de bonnes femmes », là où la majorité des romantiques sont des hommes, le XIXème siècle accordant peu de place aux femmes, si ce n’est Mary Shelley (Frankenstein) parente de ce mouvement romantique à travers son mari Percey et de ses amis Lord Byron et Polidori (le vampire).
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La fleur bleue est une expression utilisée dans Henri d’Ofterdingen de Novalis. Elle symbolise un passage initiatique que l’auteur associe parfois au culte d’Isis, amenant vers une pensée plus spirituelle et moins matérialiste et « quotidienne ». Elle est l’âme du poète qui rencontre l’amour, la quête du jeune garçon devenant un homme,… L’importance du monde sensible et inspirant, de la nature et des rêves. Un rite initiatique développant la sincérité, l’ ouverture d’esprit, la capacité à comprendre les forêts de symboles nous amenant vers la plénitude d’un amour pur (que certains associent au désir sexuel voire sa consommation, pour faire plus trivial donc vendeur).
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Voilà tout ce que j’essaie de transmettre dans toute une série de peinture. Mais sans l’aisance du verbe parlé et de la représentation tournée en acte de divertissement public, l’image peut-elle éveiller à tout ce que je viens d’expliquer ?

Idéologie Contre l’ ancien monde

Idéologie Contre l’ ancien monde

A propos de la peinture et de l’art (de nos) contemporain(s)

Idéologie Contre l’ ancien monde

Depuis plusieurs années, je lis des propositions d’une idéologie qui s’installe à gauche. Elle ressemble à celle de DAESH avec un voile de bienveillance, mais proposant tout de même des moyens d’actions comme le sabotage de projets de personnes qu’elle considère et dénonce être ses ennemis : les artistes, auteurs, plasticiens. Surtout ceux qui ont l’outrecuidance de représenter des femmes (avec des morceaux de peau dessus) en image, (ce qui est mon cas. Le fait d’être moi-même une femme « racisée » pauvre, issue de milieu précaire et populaire de parent immigré, vivant en milieu rural ne change rien, ce qui prouve l’hypocrisie de cette mascarade).

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https://www.lepoint.fr/monde/un-prof-renvoye-pour-avoir-montre-des-tableaux-d-ingres-et-de-modigliani-08-01-2018-2184897_24.php


J’ai de plus en plus souvent des liens suggérés sur les réseaux sociaux de révisionnisme historique. Le XIXème siècle est particulièrement bien ciblé. Tous
ses grands auteurs, ses grands peintres sont dressés comme les plus grands oppresseurs du monde. Je ne dis pas qu’ils étaient tous des saints, mais que leurs œuvres constituent un héritage que nous devons connaître à défaut d’aimer. Qui de Victor Hugo est un misogyne imposant à sa maîtresse qu’elle ne voit d’autres hommes que lui, qui de Delacroix peignant des femmes marocaines ou algériennes, en les objectivant fatalement de son male gaze, tout cela expliqué par des stars populaires du football offrant la visite aux jeunes défavorisés des quartiers au musée Delacroix. Les exemples sont nombreux et j’essaie de les oublier pour ma santé mentale. Lors de l’incendie de Notre Dame, quel enthousiasme devant la chute du clocher d’Eugène Viollet le Duc, probablement un violeur car c’est écrit dans son nom. Généralement les arguments sont de ce type, voire plus loufoque. Comment exploiter l’oeuvre (mentalité des plus bourgeoise) de Lovecraft alors qu’ »il était raciste ». (Je mets des guillemets pour dire que je ne veux pas rentrer dans ce débat là, mais dans celui de sa réappropriation alambiquée en même temps que sa condamnation). Un article très consulté nous donne l’argument suivant pour démontrer le racisme de Lovecraft. « Il avait peur de la mer, or c’est de la mer que vient les migrants ». « Il a écrit une nouvelle intitulée « la couleur tombée du ciel », la couleur, tout est dit ». Plus les arguments sont faibles et simplistes, à l’instar des sites conspirationnistes (nous apprenant que le monde est dominé en cachette par une race d’homme-reptiles) plus ils reçoivent d’enthousiasme auprès d’un public identitaire (se cherchant une identité sociale) réduit à approuver et répéter les codes imposés pour avoir l’espoir de faire parti d’un groupe, d’une culture, d’une identité.

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Femmes d’Alger, Delacroix

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Féminisme, écologie, critique du capitalisme et récupération politique

Me sentant moi même féministe, car  je refuse qu’on réduise, prive de droits une personne en fonction de son genre, que je suis pour l’épanouissement physique, intellectuel, professionnel, social d’un individu, pour sa libération envers ses devoirs (et sa place physique) domestiques, conjugaux, familiaux,… que je défends son droit de porter des jupes, d’avoir des relations sexuelles entre adultes consentants, que je suis contre les abus, les harcèlements, les agressions, je lis des critiques féministes. Je ne suis pas d’accord avec toutes, car il existe plusieurs tendances au sein des milieux, créant parfois désaccords, parfois haine ou violence. Ce milieu est de plus en plus phagocyté par une mouvance anti-blanche (contre les femmes blanches), notamment via des médias originaires du Qatar comme Al Jazeera et son habillage cool sur les réseaux sociaux AJ+ expliquant en quoi les suffragettes demandant le droit de vote au début du XXème siècle ne sont que des racistes qu’il faut dénoncer. Cette vidéo a beaucoup circulé, vous l’avez peut être vu. La stratégie est souvent la même : défendre le droit des opprimés, pour rallier ceux (comme moi) qui pensent cette lutte légitime, puis accuser sa cible. La cible étant la civilisation occidentale, la femme blanche, l’homme blanc, les hétérosexuels. Bien évidemment, prendre la défense des homo n’est qu’une manœuvre politique, car on sait bien combien de nombreuses personnes des pays arabes condamnant de prison ou de mort les homosexuels, aiment les balancer le haut des immeubles. Quant à la liberté des femmes ou le sort des travailleurs étrangers, je vous laisse vous renseigner.

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Courbet (mort pendant la Commune lorsque les bourgeois républicains ont tiré sur le peuple)

Je suis aussi très concernée en matière d’écologie (pas l’écologie capitaliste greenwashing) et j’ai pu voir là aussi, un discours contre l’homme blanc occidental, sa civilisation et sa culture. L’argument paraît simpliste : ce sont des hommes blancs qui polluent le plus, donc tous les hommes blancs polluent par nature. Faire des généralités négatives sur une race est interdite et punit par la loi, mais là on peut en faire, car magie, le racisme anti blanc n’existe pas. Pourtant la haine des blancs existe, sauf qu’on nous apprend qu’elle est légitime, nécessaire. Mais là, ce n’est pas non plus un appel à la haine.
J’ai grandi en France et j’ai pu recevoir une éducation grâce au système public des écoles, j’ai pu découvrir des livres en allant gratuitement dans des bibliothèques, j’ai pu être soigné parce qu’il existe un système de santé protégeant ses citoyens. Mes parents ont perçu des allocations sociales en faisant des enfants et aujourd’hui ils ont droit à une retraite, après avoir pu percevoir de l’argent quand ils étaient au chômage ou reçu un salaire juste avec des
congés payés, des droits sociaux et même des tickets restau. J’ai pu aller gratuitement dans des musées, aller à des concerts ou des cinéma plein air grâce à toutes ces choses que je trouve essentielles. Et contrairement à ce que les capitalistes tentent de nous faire croire, ceci n’est pas le progrès technologique. Tout ceci sont issus de luttes sociales, anti-capitalistes. Ce sont des choses précieuses et menacées par les capitalistes, c’est à dire les patrons (MEDEF, lobby, think tank…), le gouvernement et les médias à qui ils appartiennent. C’est notre héritage le plus précieux et nos droits sociaux les plus menacés. Et ils sont aussi menacés par ces personnes qui parasitent les milieux de gauche, souhaitant la destruction de notre système social, mais pas de notre système capitaliste. Les gens privilégiés de gauche soutiennent largement les destructions des biens publics dans les « quartiers », incendie de bibliothèque, théâtre, gymnase, école,… Après je suis consciente que la gestion de ces lieux est souvent confiée à des « amis » privilégiés des élus, que ceux-ci seront directeurs de telle institutions puis d’une autre etc, prenant l’argent et distribuant les offres de projets à leurs amis, famille, portefeuille de privilégiés, et que cela est problématique. Mais ces personnes seront peu impactées par la destruction de ces lieux, au contraire des travailleurs, du public et du contribuable. Ce ne sont pas ces personnes, cette gestion, ce management qui est remis en cause (alors qu’il le faudrait), les casseurs veulent juste s’attaquer symboliquement à ces lieux publics partageant la culture, la connaissance et le savoir.

Parce que, on nous explique que la culture, la connaissance et le savoir sont offensants, racistes, homophobes, validistes, patriarcaux, néo-colonialistes, etc,…

Alors que toute cohabitation avec des dealers, agression physique ne sont pas offensants, on l’a cherché en portant une jupe trop courte, en marchant sur un trottoir trop étroit, à sortir trop tard, etc,…

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émeutes à Rennes en 2018

Professionnels de l’art politiquement correct

Je voudrais présenter l’analyse d’un article lu récemment, reprenant cette idéologie. On pourrait penser que ce sont des extrémistes isolés qui n ‘ont aucun poids, mais c’est tout à fait faux. Cet article a été partagé dans des groupes d’entraide aux artistes, réunissant professeurs, professionnels, représentants politiques, etc,… Ce genre d’idéologie révisionniste, visant à nier la culture, réécrire l’histoire pour expliquer en quoi elle est offensante et dominante et donc à condamner au bûcher et donc détruire la culture occidentale est présente et responsable de par exemple la loi Haine, (proposée par une femme tenant des propos racistes envers les asiatiques, parlant de « amendement des pédés » ou traitant de « putes » ses homologues féminines,…) visant à censurer tout contenu d’idées alternatives à celles imposées par le gouvernement et ses médias. Par exemple, les seules personnes qui résistent réellement contre la domination et l’oppression et qui condamnent la monté des prix et des taxes, la diminution des droits sociaux, l’exploitation du travail par la casse des droits des travailleurs, réunis sous la bannière des gilets jaunes, seront censurés, sans parler des lanceurs d’alerte, des écolos condamnant les pratiques écocides des entreprises, etc.
Ces personnes (gilets jaune,…) sont largement boudés par « les artistes », c’est à dire les personnes qui adhèrent à cette idéologie de destruction de la culture et de l’art, et qui se sont installés dans les lieux « dominants » de la culture et de l’art (prof, élus, responsable de musées, artistes,…) pour les détruire de l’intérieur. Lorsque de vrais artistes sincères et aimant l’art défendent ces causes sociales, les médias font de leur mieux pour les nier, car on ne donne la parole qu’aux « artistes » privilégiés, riches, politiquement correct, bourgeois. Les autres, c’est à dire la majorité des personnes devant déclarer et être taxé sur la vente de leurs œuvres (« artistes-auteurs plasticiens » administrativement et fiscalement) ne sont jamais entendus et sont toujours marginalisés. [Je parle de cette catégorie car c’est celle que je connais, mais bien évidemment il existe d’autres catégories dans le même cas].

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Geneviève Legay manifestante Gilets Jaunes

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violences policières juste après la photo précédente

Pour les artistes de gauche, elle fait partie des boomers et du monde d’avant. Peu de défense de la part des bourgeois et des artistes privilégiés.

Exemple concret avec un article :

https://www.contretemps.eu/rhetorique-art-contemporain-acceleration-conservatrice/

Donc cet article s’intitule « « Sauver l’art ». Les rhétoriques de l’art contemporain au service de l’accélération conservatrice »

> « En cette période trouble, j’aimerais m’interroger sur la formulation de ces nombreux appels ici et là à « sauver l’art » et/ou lui conférant une vertu salvatrice. En effet, au prisme d’une approche historique et matérialiste des conditions de production de l’art occidental, ces sollicitations m’apparaissent aussi choquantes que les appels au sauvetage des banques au lendemain de la crise des subprimes de 2008. »

Déja, il prétend combattre toute forme de domination, par exemple celle d’un artiste intervenant en milieu scolaire proposant la création d’une œuvre collaborative. L’auteur s’indigne que l’artiste (de sa propre expérience) soit payé et non les élèves, système affirmant ainsi la domination de l’artiste sur les élèves en milieu carcéral (le collège). Je rappelle que ce texte était partagé sur un groupe de soutien aux artistes, c’est à dire souvent sur la manière de se faire reconnaître en temps que travailleur méritant rémunération. Cette domination démontrée, cela ne l’empêche par de l’exprimer dans un style, qui chez moi s’appelle de la branlette intellectuelle, mêlée d’expression idéologique bien reconnaissable (on sent les études à papa de droits et les aspirations politiques). Aucune sensibilité, juste le rabâchage du package sans la moindre logique. Réduire un atelier créatif à « des rapports sociaux de classe, de race, de genre, de sexe » est tout bonnement ridicule. J’ai moi même proposé des ateliers à des élèves, je n’ai pas été raciste, misogyne, classiste (discrimination envers les classes populaires) mais apparemment, grâce à l’art et mon statut d’artiste, je l’étais.

> «il m’est arrivé récemment d’intervenir auprès d’élèves d’une classe ULIS1 dans le cadre d’ateliers organisés par une association. Cet organisme invite chaque année des artistes à produire des « œuvres collectives » avec les élèves. Dans le cadre de ce projet, seul·e·s les artistes sont rémunéré·e·s pour le travail effectué en vue de la production de ces œuvres dite « collectives », déniant aux élèves leur droit à revendiquer la valeur de leur travail. De ce rapport inégalitaire donnant lieu à du travail gratuit découle un rapport d’autorité au profit de l’artiste, une stature renforcée par les récits mystificateurs des institutions détentrices des moyens de production du projet (l’association et les financeurs publics et privés) à propos de l’art : une activité prétendument créatrice de lien social. «

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> « Très vite je faisais l’expérience d’un projet qui ne pouvait qu’aboutir à un processus civilisationniste d’occultation de l’hétérogénéité des sentiments et des sensibilités des élèves. Malgré des bons moments passés avec les élèves et mes tentatives de faire infuser des outils d’autogestion autour du budget alloué au projet, la puissance du cadre institutionnel nous condamnait tou·te·s à partager un temps contraint par le travail pour moi (nécessité de gagner ma vie) et par le régime disciplinaire du collège pour les élèves (les élèves n’avaient pas le choix de participer ou non à cet atelier) entretenant des rapports sociaux de classe, de race, de genre, de sexe déjà lourdement à l’œuvre dans la classe. »

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Delacroix, la liberté guidant le peuple

> « Le récit fictif sur les vertus émancipatrices de l’art formulé par l’association en réponse aux attentes de ses financeurs (État, entreprises privées), l’univers carcéral du collège, les attentes des élèves eux·elles-mêmes à propos de l’art inculquées par les artistes des ateliers précédents, ma propre appréhension du contexte ont finalement conduit à ce que chacun·e soit assigné·e à son rôle social dans la reproduction des rapports de domination : subventionneur publics et sponsors privés sur l’association, association employeuse sur l’artiste employé, le collège sur l’artiste employé, l’artiste sur les élèves, tout cela sur fond de validisme, sexisme, homophobie et racisme structurel. »

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> « Il me semble que la totalité des contextes institutionnels dans lesquels je suis intervenu dans le monde de l’art, souvent pour des raisons alimentaires, est gouvernée par de tels récits mystificateurs. Ces systèmes de croyances prédéterminent les agent·e·s de l’art à agir dans le déni des enchevêtrements qui se tissent entre les conditions de production de leur art, la classe, la race, le sexe et le genre, un déni omniprésent dans le cadre de pratiques artistiques formalistes valorisant la forme pour la forme. »

(à répéter en boucle)

Stratégie d’endoctrinement :

Même exercice de manipulation, au début on répète de larges lignes, pour créer l’adhésion. Le conservatisme est ainsi définit comme étant le capitalisme (alors que le capitalisme est plutôt le monde moderne techno-industriel progressiste), l’état pénal et policier, les démantèlements des droits sociaux (pratiqué par le capitalisme et non le conservatisme),…


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« Il me semble donc utile de se livrer à un exercice de démantèlement sémantique de ces discours en se posant la question de savoir ce qu’on désigne précisément lorsqu’on prononce le mot « art » en relation avec l’art contemporain à l’aune de l’accélération conservatrice en cours (sauvetage de l’économie capitaliste, intensification de l’état pénal et policier, démantèlement du droit du travail, etc.) «

Une fois qu’on est d’accord avec ces valeurs, on nous explique que l’art c’est le conservatisme : donc si on aime l’art, on aime la police etc,… (tout ce qui vient d’être dénoncé plus haut). Rappelez vous que si vous trouvez l’oeuvre de Delacroix « la liberté guidant le peuple » inspirante, vous participez à « l’économie capitaliste, intensification de l’état pénal et policier, démantèlement du droit du travail, etc. »

Ainsi vous pouvez zapper le début pour entrer dans le vif du sujet.

> « S’il est évidemment urgent de plaider pour une réponse de gauche à la crise dans le milieu de l’art en soutien aux travailleur·euse·s les plus précaires, mais surtout les plus exploité·e·s par les institutions (vacataires, gardien·ne·s de salle, agent·e·s de nettoyage, stagiaires, volontaires en service civique, travailleur·euse·s non ou peu rémunéré·e·s…), il me semble aussi primordial de ne pas le faire au nom de l’art. »

On adhère à telle lute, on nous propose une solution qui n’a rien à voir et qui défend notre idéologie. Ainsi on pourrait dire : « il est important de sauver les éco-systèmes de notre terre, subissant de toute part l’agression polluante, il semble ainsi primordial de relancer l’économie et d’ainsi injecter 4 milliards de vos impôts à l’industrie automobile ». Bon en fait, c’est un peu ce que nous disent les ministres, mais il faut comprendre la manipulation.

> « Derrière l’art se cachent toujours des systèmes d’oppression.«

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> « En un sens, la sociologie de l’art développée par Pierre Bourdieu opère à la manière d’un hommage à l’art occidental et à ses métamorphoses endogènes. En s’appuyant sur le cas d’Édouard Manet, le concept de révolution symbolique se limite à décrypter les bouleversements des ordres esthétiques internes au champ de l’art sans forcément proposer une réflexion critique à propos de l’art en tant que fait civilisationnel. Son approbation subjective de ce qu’il perçoit comme une peinture hérétique et subversive chez Édouard Manet, tend à consolider des croyances en la peinture, au format de l’exposition, ou en la figure de l’artiste propres aux sociétés européennes sans s’aventurer dans une mise en question plus globale à propos de la valeur de l’art dans la société coloniale, patriarcale, hétéronormée et capitaliste de l’époque. «

Traduction : Un mec (blanc hétéro) qui, depuis fait référence en art, a osé parlé d’une peinture sans critiquer la société colonialiste, patriarcale, hétéronormée et capitaliste de l’époque.

J’ai souvent lu également, en quoi les artistes étaient d’horribles personnes ( colonialistes, patriarcales, hétéronormées, sexistes, homophobes, validistes et capitalistes) dès lors qu’ils dessinaient, autre chose que des images dénonçant très très explicitement sans nuances ni ambiguïté le colonialisme, patriarcat, hétéronormisation, sexisme, grossophobie, homophobie, validisme et capitalisme). En gros, si tu ne te rends pas utile à la propagande, tu es un ennemi et on doit brûler ta création et toi même. Un peu comme ce que faisait Adolf Hitler avec l’art dégénéré et les artistes non conformes et musiciens dans les camps. C’est vrai quoi, un violoniste tzigane n’est pas meilleur, même s’il pratique et étudie le violon depuis 30 ans qu’un enfant de 10 ans venant pour la première fois de faire une « note » avec un violon, qui d’ailleurs est un instrument de musique oppressif de dominant. Le seul instrument autorisé étant le djembé (mais pas joué par des blancs car c’est de l’appropriation culturelle).

Ensuite l’article dénonce une personne (Heinich) en accord avec le type (Bourdieu) qui parle du mec qui a peint (Manet) une meuf à poil (Olympia) sans dénoncer la société colonialiste, patriarcale, hétéronormée et capitaliste de l’époque. Cette personne a écrit un article en 2016 contre le prosélytisme extrémiste et sexiste en pleine affaire du burkini. Ca prouve donc que l’art c’est tous des fachos !

Mais gardons un style plus branlette pas du tout dominant parce que luttant contre les idées colonialistes, patriarcales, hétéronormées et capitalistes.

> «En outre l’une des légataires de ce courant de pensée les plus établi·e·s et les plus académiques, Nathalie Heinich, s’est illustrée par des prises de position réactionnaires révélant les nombreux présupposés et les impensés auxquels peut parfois mener cette méthode sociologique. Face à ces constats d’autres approches relevant plutôt du matérialisme historique peuvent quant à elles s’avérer fortes utiles dans la perspective d’un démantèlement progressif des institutions culturelles. »

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> « Ces luttes [ les mouvements des droits civiques aux États-Unis, les luttes décoloniales d’inspiration tiers-mondistes, les mouvements féministes et lgbtqia+ d’inspiration marxiste ] et les nouveaux outils qu’elles ont engendrés ont notamment conduit à dévoiler l’aspiration universaliste et essentialiste de l’hégémonie occidentale et sa vocation à contraindre l’ensemble des corps [physiques] aux formats du capitalisme blanc hétéro patriarcal érigé en système-monde. «

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Dana Shutz (voir le lien plus bas)

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Même l’art engagé à gauche est de l’art, donc fasciste :

Ainsi titrée, la position est claire et extrême mais pourtant partagée par des professionnels de l’art, l’auteur étant lui même artiste exposant dans des institutions culturelles (cela rappelle les blancs qui accusent tous les blancs de racisme, les hommes féministes qui accusent tous les hommes dont eux-mêmes, etc,…) et c’est ce partage par le milieu lui même qui est inquiétant.

Destruction de la culture occidentale

> « La figure de l’artiste engagé et la critique institutionnelle : des positions conservatrices contre des stratégies effectives de lutte « 

> « L’histoire des luttes a prouvé à maintes reprises en quoi ces stratégies – la critique institutionnelle et l’art engagé – sont vouées à l’échec et intensifient des mécanismes de reproduction et de reconfiguration des rapports de domination. De fait, les régimes de représentation du champ de l’art s’adressent principalement aux personnes privilégiées et à leurs régimes d’affects, limitant le spectre des publics pouvant accéder à leur message. «

Plutôt que de cultiver les personnes non privilégiées, autant brûler l’art et la création contemporaine, pour la remplacer par la culture de masse capitaliste du divertissement. C’est pareil avec l’école en fait : si tu ne comprends pas, ne cherche pas à comprendre, brûle l’école, car tu as la science infuse : la terre est plate et dominée par des reptiliens pédophiles. (ces derniers mots m’assurant un meilleur référencement sur google, merci la connaissance « intuitive » libérée de la domination systémique des anciens. ) De même que de corriger l’orthographe des gens est maintenant oppressif et très mal vu, heureusement que les émoticônes remplacent la langue française, cette domination oppressive sur laquelle il faut faire pression pour la réformer.

Ce paragraphe rappelle combien l’appropriation culturelle des artistes est colonialiste, patriarcale, hétéronormée, sexiste, homophobe, validiste, classiste et capitaliste. Vivement que les tenants de cette idéologie instaurent des acronymes comme LGBTqia+^ parce que la longueur de mon article dissuadera le lecteur fou et conservateur qui s’y risque, si la loi anti Haine et les bloqueurs le permettent. (peut on dire « Inch anti haine »?)
Cela rappelle qu’un artiste blanc ne peut pas peindre une personne noire. Mais si elle peint une personne blanche, elle participe à la domination des blancs. Donc en fait, elle ne peut pas peindre tout court. Etre artiste, être peintre est déjà un délit en soi si tu n’est pas noir (car les asiatiques on s’en fout sauf quand ça sert les intérêts). En revanche tu peux à la limite faire de l’abstrait, car délivré des normes oppressives, à l’instar des gens qui n’ont jamais peint, car c’est là que le talent est à son paroxysme : quand il n’est pas développé, quand il est nivelé par le bas. Autant t’amputer les mains, et ton art sera moins validiste (discrimination des personnes non valides, anciennement appelées des handicapés, mais c’est un peu offensant).

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Dana Shutz (elle est blanche donc ne peut « se réapproprier » le combat contre les violences envers les noirs en peignant une victime noire)

Pour le coup, je suis d’accord avec le constat ci dessous. Mais ma lutte des inégalités ne passe pas par la censure de l’art et la stigmatisation de l’artiste. Les cibles ne sont pas les mêmes. Pour moi c’est la capitalisme, pas l’art.

> « Il est important de rappeler que ces processus de dévoiement du langage de l’émancipation brandi à la façon d’étendards n’ont jamais produit de réels changements structurels et ne se basent sur aucune feuille de route en vue d’agir concrètement contre l’oppression. Cette appropriation des formes de la contestation tend au contraire à invisibiliser et freiner les groupes investis dans des luttes plus radicales en leur déniant le droit de protester au prétexte que le changement serait déjà en cours et pris en charge par les institutions elles-mêmes. «

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> «  il me semble évident que l’art contemporain, ses institutions et ses acteurs·rice·s jouent contre l’émancipation.«

Donc, ensuite viennent les propositions d’action contre l’art qui est par essence colonialiste, patriarcale, hétéronormée, sexiste, homophobe, validiste, classiste et capitaliste.

> »Ce texte énumère les luttes qui ont opté pour des stratégies confrontationnelles en rupture nette avec le système en procédant à des sabotages de vernissages, des occupations, des grèves, des actions, des boycotts, des campagnes de shaming et de callout à l’instar du collectif Decolonize This Place. Les deux auteur·e·s font remarquer que ces tactiques engageant des rapports de force réels avec les institutions sont particulièrement fertiles parce qu’elles se construisent en convergence avec des luttes exogènes au milieu de l’art (anti-racisme, anti-sexisme, anti-classisme). «

Et ensuite, l’article espère que les musées disparaissent et propose comment le faire.

> »À bien y regarder, les institutions d’art contemporain sont relativement récentes, et face aux défis auxquels elles sont confrontées, leur survie semble précaire. »

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>« Malgré quelques années d’écart et aux vues des nombreuses crises en cours dans le champ de l’art contemporain, une telle destinée institutionnelle apparaît fort probable, ou du moins souhaitable. Ce phénomène est d’ailleurs déjà plus ou moins en puissance s’agissant des grands événements internationaux de l’art contemporain à l’instar des biennales. »

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>« Les grèves, les boycotts et les occupations sont autant de phénomènes qu’il place sous le signe de l’exode et de la suspension des formes politiquement et intrinsèquement corrompues de l’art.«

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> »Pratique des assemblées, appels au boycott, cortèges de manif, sabotages de vernissage, auto-enquêtes, groupes de travail et d’autodéfense, tous les ingrédients sont aujourd’hui rassemblés au sein de ce mouvement pour envisager une mutation vers un retrait productif et la constitution d’institutions hybrides. Et si la mutation n’opère pas cette fois-ci, il est désormais évident que la contestation et le retrait des institutions culturelles s’organisent, se densifie en France et c’est une excellente nouvelle !«

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Hylas et les nymphes  John William Waterhouse (retiré un moment de son musée pour avertir sur le sexisme).
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En résumé

>« De ce point de vue et au-delà des cas individuels, l’art est aujourd’hui un problème majeur au sens où il contribue activement à stabiliser l’ordre établi du monde. Toute position visant à relativiser cet état de fait agit sous la forme d’un discours éminemment réactionnaire contre la vérité de la généalogie politique de l’art, notamment lorsqu’elle émane d’un·e directeur·rice d’institution, d’un·e mécène ou encore d’un·e artiste ou d’un·e commissaire d’exposition qui tirent des privilèges de ce système. Plutôt que d’alimenter des conversations propres à leurs récits au sujet des conditions de la survie de leurs institutions, il me semble plus stimulant de commencer à discuter des modalités de leurs démantèlements progressifs. «

Je n’ai honnêtement pas compris comment des personnes se revendiquant professionnels de l’art peuvent partager un tel point de vue. Et j’ai bien évidemment commenté cet article avec ma voix dissonante des autres commentaires tels que « texte parfait », mais néanmoins cordial et sans style (m’étant déjà fait reproché mon cynisme sur ce groupe). Mais je n’ai eu aucune réponse et je pense que le débat ne ferait qu’empirer ma profonde tristesse face à ce gâchis.

Je comprends maintenant pourquoi il y a si peu d’émotion lorsque DAESH bombarde et détruit des constructions (pourtant non blanches occidentales) et des sculptures de son patrimoine, que ce soit la cité antique de Palmyre, les Bouddha d’Afghanistan (par des talibans), ou dans le musée d’Irak. Je comprends pourquoi les gens sont heureux de voir Notre Dame brûler comme ils jubileraient devant des autodafés nazis (c’est pour le référencement). Je comprends pourquoi on n’encourage plus la culture, ou plutôt qu’on la remplace par des produits de consommations de divertissement. La haine de la culture, le mépris des artistes, le dégoût du beau, du savoir, de la connaissance, remplacés par la promotion de la bêtise, de la vulgarité, du bruit sont des choses face auxquelles je me sens démunie et isolée. Je ne vois même pas la possibilité de lutte ou de préservation. Je suis assez défaitiste sur ces sujets.

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Des alliés à droite ?

Certains se diraient que j’ai un discours de droite ou d’extrême droite, vu que « si on n’est pas avec eux, on est forcément des fascistes ». Que les opinions, même si elles sont les mêmes, ont des étiquettes différentes avec les modes. Par exemple, « être Charlie » et défendre la liberté d’expression était vu comme quelque chose « de gauche » et c’était largement populaire quand des islamistes ont assassiné les dessinateurs du journal. Aujourd’hui, c’est devenu suspect, Zineb El Rhazoui, ancienne porte parole du mouvement féministe de quartier « ni putes ni soumises » travaillant chez Charlie Hebdo, reçoit régulièrement des menaces de mort et est perçue de droite. Sur twitter, on voit bien que plus beaucoup de personne  sont « Charlie ». Avant, dénoncer l’extrêmisme religieux et le sexisme des religions étaient vu de gauche, maintenant c’est le contraire. Avant, défendre la liberté sexuelle des femmes, le fait de se mettre en mini jupe ou faire du monokini sur la plage, c’était vu comme de gauche, maintenant c’est le contraire. Bientôt, alors que défendre le droit à l’avortement est perçu de gauche, ça finira par devenir de droite et ce sera interdit par la « nouvelle gauche ». La gauche de la censure, du puritanisme et de la culture populaire capitaliste, aujourd’hui incarnée par des bourgeois et des privilégiés crachant sur des ruraux gilets jaunes.
Personnellement, je pense qu’un individu peut défendre le droit des humains et l’art, la beauté et la culture. Je ne me sens pas partisane d’un bord ou d’un autre, mais j’essaie d’écouter toutes les voies et de ne rejeter personne pour faire mon opinion. (Et c’est pourquoi malheureusement je lis ce genre d’article qui souhaite détruire tout ce que je suis et que j’aime, pour tenter de comprendre).

Concernant la droite, je lis souvent dans ses lignes des choses auxquelles je ne peux adhérer, elle est majoritairement capitaliste et rejette les droits sociaux, souvent climatosceptique et antiféministe, on retrouve chez eux également un package aussi ridicule qu’à gauche. Je ne peux apprécier que les individus avec des pensées, des sensibilités et des réflexions et non les idéologies.
Quant à la religion c’est pareil. J’admire la spiritualité, la Foi, l’art, l’histoire, les mythes et la culture, mais la moralité et le comportement identitaire (suivant un package idéologique fermé) me pose problème.

Ce qui est malhonnête est de vouloir faire croire qu’en dénonçant les ravages d’une idéologie, je fasse partie des défenseurs (ce n’est pas le cas je dois le préciser) des hommes dominateurs qui abusent de leurs privilèges et de leurs autorités, des harceleurs de rue ou des adolescents misogynes accrocs aux jeux vidéos et aux stages de « séduction ».

Me mettre (moi même ou par d’autres) dans le même sac que des personnes qui ont besoin d’un code couleur capillaire pour comprendre l’orientation politique ou sexuelle d’une personne ou plus bêtement et réalistement « dans quel camp idéologique » une personne se situe, c’est assez offensant. Pour parler d’art contemporain, je lis la presse, les sites et les groupes spécialisés, c’est rarement à droite que je rencontrerai quelqu’un d’enthousiaste pour aller m’accompagner à une biennale d’art contemporain ou au planning familial pour une IVG. Mais maintenant ils sauront qu’ils ont des alliés chez les artistes contemporains conceptuels eux-mêmes. L’extrême droite a des alliés à l’extrême gauche. Peut être est ce le début d’une entente harmonieuse.

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Une marionnette devant l’origine du monde de Gustave Courbet

Stratégie du politiquement correct

En fait, on peut se questionner sur la sincérité de ces gens tant les propositions «bien-pensantes » sont grotesques. Pourtant il en existe des combats à mener, mais inventer des oppressions parce qu’une peinture figurative représente une femme, c’est un peu déplacé par rapport aux femmes qui galèrent en demandant un travail justement rémunéré pour nourrir leurs enfants .

C’est tellement gros de cracher dans la soupe ainsi que tu ne peux que voir la supercherie. (Mais vu la popularité du truc, tu constates que non, comme la théorie des homme-reptiles). Qu’un homme blanc cisgenre bourgeois t’explique à ce point que «  l’art est aujourd’hui un problème majeur au sens où il contribue activement à stabiliser l’ordre établi du monde. Toute position visant à relativiser cet état de fait agit sous la forme d’un discours éminemment réactionnaire contre la vérité de la généalogie politique de l’art », tu comprends que sa grande souffrance c’est d’avoir grandi dans un milieu bourgeois où ses parents l’obligeaient à faire des études de droit (ce qui en soi peut être difficile à vivre, mais est ce comparable à ceux qui se font systématiquement insulter et dépouiller violemment en sortant de chez eux parce qu’ils ne vivent pas dans des quartiers bourgeois, et qui n’auront jamais d’autre avenir que celui d’enchaîner les missions interim sous payées si leurs corps le leur permet). On peux ainsi comprendre qu’on n’affiche pas nos idées sincères, mais une propagande d’État, permettant, elle seule, à intégrer le système discriminatoire mais avec des bougies et des nounours (ou des babyfoots et des consoles de jeux, comme je le vois dans certaines propositions d’emploi cool cachant un management connard) permettant d’exister.

La sincérité n’est plus une valeur depuis longtemps, bien qu’elle fusse un noble sujet au XIXème siècle (Flaubert, Courbet,…) soit disant offensant. Il faut afficher cette idéologie, tel le code d’entrée permettant l’accès à ce qui devrait être modestement « des droits égaux pour tous les citoyens vivant sous la bannière des droits de l’homme » : Un accès à un emploi honnête, justement rémunéré, la possibilité de travailler dans des secteurs réservés à la caste des bourgeois (la culture), la liberté d’expression, etc,…

Je suis d’accord avec Yves Michaud, l’art (et tout contenu « culturel ») se doit aujourd’hui d’être bankable, il doit remplir ces trois critères :

- être rentable

- être populaire

- être bien pensant

https://www.youtube.com/watch?v=gL1vImUnBO0&feature=youtu.be

Conclusion

Bref les artistes ne sont soutenus ni à droite ni à gauche. Pourtant l’art et la culture rendent les gens moins cons. Mais je comprends qu’il est préférable pour les idéologies d’avoir des masses stupides à contrôler et dominer.

Edit : J’ai écrit ce texte le 23 mai 2020, depuis l’actualité a engendré plus de tensions sociales et raciales. Les bien pensants tentent de diviser les gens : noirs contre blancs, blancs contre noirs, là où il faudrait logiquement plus d’harmonie. Cette stratégie vise à substituer les luttes sociales par des luttes raciales, pour ne plus attaquer les patrons créant les inégalités mais attaquer « le racisme » (ce qui est vague et moins nominatif). Les injonctions reçues des bourgeois blancs bien pensants, les appels aux dons pour des associations, l’appel aux lynchage de ceux qui ne sont pas des « alliés », rendent les choses plus virulentes.
Cliver les gens, faire de la ségrégation, appeler à la haine des blancs ou de la culture « blanche », censurer (ou condamner si on ne cède pas à l’auto censure) ne fait finalement que participer à la montée du vote Rassemblement Nationnal. Si je ne vois pas d’alliés à droite, eux en ont à gauche.
J’ai hésité à publier ce texte, sachant qu’il me condamnerait au bûcher et me fermerait plus de portes professionnelles, mais cette idéologie m’en a t’elle déjà ouverte ? Non elle n’en ouvre qu’aux bourgeois blancs, elles s’en fout du libre arbitre des femmes racisés pauvres. Elle ne fait que créer des histoires (success stories) et des récits (storytelling) d’entraides envers ceux qu’on exploite ou rejette, pour cacher le système inégalitaire que cette idéologie (partagée par les médias dominants, ça devrait nous avertir) protège. Puis avec le contexte, la délation et la suppression d’un de mes contenus se moquant gentiment de la bien-pensance, je ne peux avoir envie que de m’exprimer plus.

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Annotation 2020-06-05 185755

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video « draw with me » The House

video « draw with me » The House

Je vous partage aujourd’hui les vidéos de la progression (work in progress) d’une de mes récentes illustrations.

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Je dois avouer que je publie peu sur mon site, habituée par l’interaction des réseaux sociaux. Pourtant la temporalité des sites internet me parait plus apaisante que celles des fils d’actualité très rapide, rendant le contenu obsolète très rapidement, et influençant le cerveau à avoir de moins en moins de temps de concentration ou d’attention, ce qui est alarmant (Bernard Stiegler l’explique très bien) sur la façon dont la population traite les informations qu’elle perçoit.

 

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En ce début d’année, je me suis remise à travailler sur la perspective et à y inclure des personnages. J’ai étudié avec plus d’attention les façades des bâtiments, j’ai même ressorti quelques unes de mes photos de voyage. J’aime de plus en plus les arts décoratifs, ce qui me gênait quand j’étudiais un peu plus l’art contemporain vers mes 20 ans car on associe à tord le décoratif à du superflu ou du superficiel alors que la beauté dans les détails nous permet de mieux vivre lorsque nous la croisons. Dans un monde à l’environnement de plus en plus gris, fait de bretelles d’autoroute pollué et d’entrepôts en tôle ondulé, la coquetterie d’une forme gracieuse ou les couleurs de fleurs sauvages est une inspiration d’air pur salvatrice.

J’aime beaucoup les vidéos comme vous avez pu le voir sur ma chaine Youtube. Mais cela demande un temps incroyable à faire. Si vous aimez ce travail, n’hésitez pas à laisser un pouce bleu pour m’encourager à faire d’autres vidéos. Ou alors je continuerai d’en sortir deux par an. Mais je me demande si vous préférez voir le seul résultat final, ou si la phase de création vous intéresse ?

 

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Le support est sur papier A3 et la couleur est principalement faite à l’aquarelle. Les contours sont faits à la plume et à l’encre de Chine noire. Le fond est à l’encre violette colorex, ce qui n’est pas indélibile.
Je voulais donner un style inspiré des années 60 aux vêtements. J’ai intitulé cette illustration « the house » car je travaille un peu plus le décor et le fond de mes illustrations.
La vidéo est en deux parties :