Exposition à Raon-l’Etape

Exposition à Raon-l’Etape
Hier avait lieu l’inauguration à l’espace Emile Gallée de Raon l’Etape (Vosges) de l’exposition « les jardins décalés ». Une exposition sur le thème de l’Asie et du Japon en particulier.
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J’avais donc travaillé sur le thème du Japon et de l’érotisme pour également présenter mon oeuvre textile « La jeune fille et le spectre » à l’exposition Erotic Art de Plombières-les-Bains. Je suis replongée dans mes vieilles amours à travers les ambiances erotique-grotesque de Suehiro Maruo et de l’angura de Shuji Terayama, j’y ai ajouté une dose de fantômes inquiétants dont raffolent les japonais pour créer cette oeuvre que j’aime beaucoup. Le photographe Laurent Braun exposait quant à lui un travail tout aussi fantomatique ou chamanique s’inspirant des ombres du butô.
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Un texte explique ma démarche, que j’accompagne de cartes de visites et de brochures expliquant mes services d’illustratrice et d’artiste textile. Ces brochures sont bien parties. Sous mon oeuvre, j’ai posé un katana et deux (fausses) chrysanthèmes. J’étais habillée le jour de l’inauguration d’un kimono offert il y a une dizaine d’années par une amie japonaise.
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Lors de l’inauguration j’ai expliqué ma démarche aux élus présents pour l’événement : le maire de Raon-L’Etape et ses adjoints, le maire de Saint Dié et président de cette communauté d’agglomération,… Je ne m’étais pas du tout préparé à cela mais ma tenue m’a donné confiance pour leur parler de cette oeuvre qui repousse mes petites limites de ma triste auto-censure. Erotisme, mort, esprit fantôme, guerre, nationalisme. A notre époque où les préraphaélites choquent, je me dis que je m’expose aux premières lignes, sans vouloir m’octroyer la position d’avant-garde. Plus personne ne s’y ose aujourd’hui et cela trahit le démantèlement du rayonnement artistique français.
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Ces dernières semaines je suis très occupée et les expositions s’enchainent pour mon plus grand plaisir. Les efforts à nouer des liens et des contacts  les années précédentes sont enfin récompensés. Ma stratégie est de promouvoir mon travail au niveau local, pour mes illustrations ou mes créations textiles il est important de pouvoir les voir en vrai. Une exposition ne s’improvise pas, c’est un long travail sur plusieurs mois voire années qui parfois n’aboutit pas. Pour beaucoup, les artistes sont des bohèmes qui attendent que les choses leur tombent dessus, (en tout cas c’est comme ça que certains me décrivent) mais cela est bien loin de la réalité (en tout cas pour la plupart). Ce qui ne se voit pas, n’est pas pour autant une absence de travail ou de la détente. Ainsi le travail de recherche et de réflexion, les longs mois passés sur une oeuvre détail par détail, pratiquer ses gammes c’est à dire son oeil, sa main, son trait, le travail administratif et la lecture des livres sur la gestion de son entreprise, les rendez vous dans les administrations kafkaïennes, trouver des prestataires sérieux (je cherche toujours l’imprimeur de mes rêves), rencontrer les professionnels ou les responsables culturels sont bien plus le quotidien des artistes professionnels. Par professionnel, j’entends le fait de reverser une partie de notre chiffre d’affaire à l’Etat et à un organisme tel la MDA quand on réussit à vendre le fruit de notre travail. C’est bien évidemment une obligation juridique dont on se passerait bien, mais c’est la réglementation.
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J’ai conscience que mon travail ne s’adresse pas à tout le monde, en marketing on parle de cible. Un produit est mieux vendu quand on le construit à travers une réflexion liée à une catégorie d’individus. Le message et donc les moyens de communication seront différents si on vend des couches ou des marteaux. Pour ma part, mon travail s’adresse à un public plutôt cultivé et raffiné, ou qui a déjà fréquenté un musée ou ouvert un livre d’art de son propre choix. Ce qui réduit finalement considérablement la population. Ce n’est pas un jugement de valeur, mais une observation objective et je croise très souvent des personnes fières de ne pas fréquenter ces ennuyants musées. Ensuite, j’aime les détails et cela ravit une portion encore plus réduite, et pour finir j’aime le côté romantique sombre, ce qui est bien plus souvent un frein à beaucoup de monde, effrayé par je ne sais quoi ou superstitieux que de voir du sombre va rendre leur vie (plus) déprimante. J’aime les films, la littérature, la musique romantique et sombre mais ce qui rend ma vie déprimante n’est pas l’art, mais plutôt les obligations du quotidien comme faire mes courses dans un hypermarché (et pourtant si on écoutait ce qui attire le plus grand nombre, ce serait de dessiner des produits de consommation avec des couleurs primaires et secondaires présentés par des filles à la peau lisse et souriante).
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Dans mon travail, ou dans celui de créer un objet, on apprend très vite que le beau universel n’est pas spécifiquement la meilleure chose à rechercher. Dans ma formation de stylisme, on nous forme à créer des objets pour une gamme, que ce soit grandes distribution ou Haute Couture, et cela en dehors de tout affect personnel. Bien sur il faut faire des choses que l’on aime, mais ce n’est pas du tout un problème qu’une partie du public n’aime pas notre travail. Ainsi quand Karl Lagerfeld fait du Chanel, ou du Fendi ou du Lagerfeld, les vêtements sont assez différents, même s’ils restent à l’intérieur de la gamme luxe. Mais c’est tout à fait normal si chacun préfère ceci ou cela.
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J’explique cela car parfois les visiteurs ont envie de dire qu’ils n’aiment pas ce qu’ils voient. Quand on est professionnel comme moi, dans le sens où l’on a suivit une formation dans ce secteur, c’est tout a fait normal qu’il y ait des personnes qui n’aiment pas et cela ne me touche pas. Après, quand on crée pour un client et que celui ci n’aime pas, c’est qu’il y a eu un problème de brief dans le procédé créatif mais c’est autre chose.
Je vois souvent de vieilles dames vouloir insister pour me dire qu’elles n’aiment pas ce que je fais. C’est quelque chose que je comprends sans la moindre sensiblerie car mon travail n’avait pas choisi de plaire à cette cible. En fait, ça m’amuse de connaître les commentaires de chacun, et c’est hélas parfois très prévisible.
Bien évidemment toutes les vieilles dames n’ont pas toutes les mêmes goûts, celles qui osent avoir le leur, et s’affranchir de ce que la société choisit pour elles sont souvent très intéressantes et j’apprécie discuter avec elles. Mais celles qui ont pourtant connus les années 70 et se choquent de voir un sein nu peint, je me demande ce qu’elles faisaient à cette époque.
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L’exposition a lieu jusqu’au 13 mai 2018.
Espace Emile Gallée de Raon l’Etape.
les samedis 10h-12h 15h-19h
dimanches et mardi 15h-19h
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Si vous passez à Raon l’Etape, prenez le temps d’admirer ces architectures de 1968 par Haüserman, le museumhotel situé sur une petite île (elles ne sont plus visitables mais elles sont à vendre)
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Et si vous aimez les belles choses comme des murs en marbres et de la ferronnerie et des vitraux Art Déco, profitez d’un séjour au château-Robert.
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exposition art textile Raon l'Etape

Marché de Noël de Plombières les Bains

Marché de Noël de Plombières les Bains

J’ai visité Plombières les bains, une ravissante ville perdue dans une vallée des Vosges aux accents de parfums du passé.

 

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On sent une belle activité XIXème siècle entre architecture Second Empire et Arts Nouveaux. Comme son nom l’indique la ville est réputée pour ses thermes d’eaux chaudes.

 

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J’aime bien ces petites animations de « fermes », je suis comme une enfant devant les animaux.

 

Quelques images video :

 

 

On trouve trace également d’exploitation de ces eaux dès la période gallo romaine.

Comme beaucoup de ville thermale, on y trouve un casino, qui a pris place dans l’ancienne gare, construite en 1878 et fermée un siècle plus tard. A l’époque on pouvait rejoindre Paris en 6h.

 

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Malheureusement, malgré une activité présente concernant des galeries d’art et d’antiquité, la population semble baisser et abandonner les belles demeures.

 

 

 

 

 

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