Exposition Young Fiber Contest en Italie

Exposition Young Fiber Contest en Italie

Je viens de terminer une pièce d’art textile qui m’a pris beauuuucoup de temps. Je suis très en retard sur la publication des notes de mon blogue, du coup retour sur une exposition de cet été.

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J’ai participé à une exposition d’art textile dans la ville de Chieri en Italie du nord près de Turin qui avait lieu du 17 juin au 18 juillet 2016. Il s’agissait à la base d’un concours pour les moins de 35 ans : Young Fiber Contest, organisé via une exposition « Trame d’Autore ».

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Lieu d’exposition, une ancienne blanchisserie réhabilitée (il me semble).

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J’ai proposé une pièce composée d’une de mes broches à œil réalisé en fin détails de broderie de fils, de perles, de dentelles, de fausse fourrure et d’un oeil articulé d’ancienne poupée. Cela était la base mais aussi le centre de mon oeuvre, appelé « Roue oculaire ». L’oeil est un élément récurent dans mon travail, c’est celui qui voit, qui ressent mais qui voit aussi au delà du visible, oeil omniscient et conscient, il a un caractère mystique, sauvage, raffiné et parfois effrayant. Il est le témoin et au delà. Pour le mettre en évidence au sein d’un monde en mouvement, je l’ai placé au centre d’une « roue », la roue est un symbole primordial, à la fois élément technique de progrès et symbole du cycle de la vie, elle incarne le monde en mouvement. Ce symbole de roue prend la forme d’un ensemble de jersey crocheté en cercle, ce qui peut rappeler les napperons anciens, je vois dans le crochet et le tricot le symbole de la transmission des savoirs et des techniques, hélas qui se perdent.

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La toile du fond est d’un rouge sombre et brillant, cela accentue le côté organique déjà présent dans l’organe de l’oeil. Cela ajoute un côté vivant, sensoriel, étrange et quelque peu chimérique d’une créature magique « qui voit ».
Cela se présente comme une sorte d’étendard, forme que j’ai pris l’habitude d’utiliser car j’aime les bannières affichant l’identité et les droits de ceux qui la portent.
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Ce fut donc ma troisième exposition à Chieri. Cette fois ci la communication avec les organisateurs n’étaient pas vraiment limpide. Parfois les choses se passent bien, et parfois on ne peut que constater l’absence de respect que certains témoignent pour les artistes.
J’ai eu beaucoup de mal à avoir des réponses à mes mails, même en demandant des requêtes sur leurs murs facebook.
Apparemment je n’étais pas la seule à n’avoir reçu aucune réponse de la part des organisateurs, ils n’ont pas reçu d’autres oeuvres sélectionnées, j’ai trouvé que leur organisation avait un vrai manque de sérieux, même s’il y avait un prix, des journalistes, des élus, la télévision. Si j’étais mauvaise langue je dirais que cela cachait des manoeuvres pas très claires avec le prétexte d’accueillir des artistes, sur leur dos. Encore la politique, pour laquelle les artistes sont les éternels dindons. C’est tout de même inadmissible que des organisateurs ne prennent pas la peine de répondre à des mails, ni n’indiquent clairement à quelle adresse envoyer les oeuvres ni ne nous informent de leurs retours. Heureusement que j’ai pu me débrouiller autrement. Mais préparer une oeuvre n’est jamais quelque chose de simple : remplir des dossiers, rédiger des présentations, faire des photos et réaliser une oeuvre est autant de facette du travail d’un artiste.
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Catalogue d’exposition :

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 Cela me rappelle de faire attention aux personnes ou organismes avec lesquels je travaille, même quand ils sont officiels. Déjà tout ce qui a une connotation « humanitaire », je me méfie maintenant car derrière les beaux discours se cachent souvent les abus les plus indignes (rien qu’à voir tous les diners de charités aux Etats Unis et entendre les discours des riches je ris jaune). Je conseille aux artistes de rédiger une politique très clairs, en français les conditions de vente, CGV etc,… Il faut avoir des garanties sur le transport des oeuvres, leurs assurances, le paiement, le pourcentage perçu, et si notre présence est requise sur les défraiements possibles. Ca parait évident mais souvent les gens veulent se la jouer intime pour éviter toutes « ces questions chiantes ». Maintenant tout ce qui est flou, « à l’arrache », je préfère couper court. On dit souvent que les artistes ont la grosse tête, mais c’est parce qu’on essaie sans arrêt d’abuser de leurs « sensibilités » et « manque de sens des affaires » (ce qui est un cliché). Je dois sans cesse justifier mes tarifs et conditions, mais je préfère passer pour une prétentieuse qu’être la soubrette de ces messieurs.
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On est souvent pris, nous artistes, pour des demeurés, on méprise nos études d’arts, d’histoire, de philosophie, nos recherches plastiques, esthétiques et conceptuelles. On sert la main a des « gens importants » qui nous réduisent à des idiots utiles, quand on essaie de tourner notre travail en propagande, quelle qu’elle soit. . Aucune conversation sur l’art n’est possible, on entend des clichés stupides, des considérations esthétiques triviales, mais on doit sourire en acceptant de jouer le rôle de l’idiot. On peine à croire qu’ils sont habitués des expositions et de la culture tellement cela nous laisse l’impression qu’ils n’ont jamais rien vu de leurs vies. Et puis ça parle argent, si on a bien vendu, de combien est notre CA. Et vous ? vous avez bien dépensé l’argent du contribuable ?
Bref, un petit « coup de gueule » qu’il est malheureusement nécessaire de rappeler. Mais qui ne m’empêche pas de continuer de créer.
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Merci à Andrea pour les photos.

Exposition – Obey – Shepard Fairey

Exposition – Obey – Shepard Fairey

En ce moment, à Epinal dans les Vosges, est présentée une exposition de 250 oeuvres de l’artiste mondialement connu Shepard Fairey dit, Obey.

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Mon premier souvenir de son travail remonte à la ligne 2 aérienne du métro entre Barbès et Stalingrad. De là on avait une vue idéale sur ses collages recouvrant les vieux murs d’immeubles parisiens. Il s’agissait de collage en noir et blanc du visage du catcheur qu’il a photocopié comme une signature.

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A cette époque, je ne détestais pas le street art, je partageais l’idée de réappropriation du mobilier urbain, qui donnait l’impression d’oppression sur l’individu : marcher sur les lignes, dans les clous, ne pas être en marge, etc… Tout ce que la société contemporaine de consommation oblige à faire, être, penser,… J’aimais le détournement des objets et des concepts, l’esprit Dada, voire situationniste ou punk. J’aimais les actions de Zeus, les mosaïques Space Invaders, … Les contraintes sociales nourrissaient ce besoin artistique.
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Puis c’est devenu à mes yeux de plus en plus mou, bourgeois, niais et laid. N’importe qui voulant afficher ses petits dessins insignifiants sur un mur avec beaucoup plus de caractères agissait comme un chien qui pisse pour marquer son territoire, avec parfois un message soit disant poétique d’un vide affligeant. Le concept de réappropriation de l’environnement urbain par ses utilisateurs (public) est devenu une réappropriation bourgeoise (privé et illégal = vol) de biens personnels à posséder dans une culture de la sur consommation toujours de plus en plus assumée.
Je comprends le street art dans les ZAC, mais pas sur le patrimoine, ceux que certains ne savent différencier et qui révèle de leur (non) sensibilité.
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J’ai suivi l’évolution du travail de Shepard Fairey naturellement en considérant son travail graphique, très inspiré du pop art mais surtout des mouvements de propagande du XXème siècle. Graphiquement le futurisme, le constructivisme russe, les régimes communistes et fascistes ont un fort impact visuel. Là encore, on retrouve Dada, des artistes si peu considérés pour leur « monochrome », mais dont l’influence est incontestable comme Malevitch, l’enseignement du Bauhaus, etc…
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Bien que toutes ces théories et ces pratiques de ces maîtres de l’art moderne qui ont formé le monde publicitaire du capitalisme d’aujourd’hui aient profité à l’effeuillage des fioritures typographiques que j’aime tant, jusqu’à la récente amputation d’empattement du logo Google, leurs influences sont incroyables et incontestables.
On peut aimer les fioritures et les détails et reconnaître l’influence et le génie de la modernité.
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Ce que j’aime dans le travail contemporain de Shepard fairey est la composition de ces « affiches », le choix d’une palette graphique réduite mais efficace, le talent d’avoir créé sa signature par le copié-collé. J’ai ensuite écouté les interviews présentés dans cette exposition et j’ai été beaucoup moins séduite par le propos que je trouvais assez basique, adolescent (dans le confort des jupons de sa mère). Son rapport à l’argent est assez peu assumé, voire hypocrite, alors que personne n’est dupe, il doit bien gagner sa vie en tant que « rebelle » utile. Que reste-t-il de « rebelle » de l’action de soutenir ainsi Obama et les meilleurs stratégies publicitaires ?
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J’ai ensuite aimer son utilisation de plus en plus présente de différentes trames, de all-over (qui titille ma création d’impression textile), de travail de textures (à la mode au début des années 2000, puis revenu aujourd’hui avec les « filtres » et autres gadgets technologiques donnant l’impression « d’authenticité » (c’est à la mode également les tuto sur « comment être authentique »… belle époque). J’aime beaucoup les brillances de noirs, surtout lorsqu’il s’agit de paillette et l’utilisation du doré brillant, sur du noir mat, les superpositions de certains travaux qui rappelles ceux des nouveaux réalistes des années 60, qu’on ne peut apprécier véritablement plus en vrai (en exposition par exemple) que reproduite sur papier ou sur un écran.
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Cette exposition vaut vraiment le coup d’oeil, pour les passionnés comme pour les curieux, c’est une chance qu’Epinal reçoive ce grand nom de l’art contemporain et du graphisme.
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Shepard Fairey, dit Obey à Epinal du 5 septembre au 17 octobre 2015 à la Lune en parachute, 46b rue de Saint Michel.