Holy Mane dans La Voûte en décembre

Holy Mane dans La Voûte en décembre

Comme chacun, nous sommes soumis aux autorisations et interdictions gouvernementales, sans nous laisser le temps de nous adapter comme on le souhaiterait et avec à tout moment la possibilité de changements.
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Cela me rappelle fortement les témoignages de souffrance au travail (dont une philosophe du travail rappelle qu’il faudrait plutôt appeler cela « maltraitance au travail » ou « harcèlement au travail « car ce n’est pas la faute du travailleur mais du « manager ») orchestrée par le capitalisme actuel. Ce type de management de plus en plus appliqué au secteur public comme la culture, l’éducation, la santé, se généralise maintenant à toute la population avec les ravages ( les employés d’Orange France Télécom) que nous connaissons pourtant…

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Comme je le dis souvent, je pense que notre société doit plutôt non pas s’adapter et faire résilience pour continuer à aller droit dans le mur, pour la Croissance des plus riches, mais plutôt ralentir et prendre soin de soi et des autres. Nous visons une époque de pandémie et personne ne parle réellement de prendre soin des corps et du vivant (la nature, les animaux, les végétaux,…) si ce n’est nous imposer un scientisme déraciné (la science profane comme religion comme l’explique René Guénon en 1927 dans la crise du monde moderne) à travers une course absurde (dans le sens de la précipitation plus que la qualité) pour un vaccin.

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Les humains sont réduits à des chiffres, des statistiques, des courbes de croissance et non plus à des individus avec des corps sensibles. Comment pouvons nous construire un futur sain avec ce genre de mentalité ? Il y a quelques années quand Staline parlait des morts comme des statistiques tout le monde trouvait ça horrible et maintenant c’est devenu la nouvelle norme.
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Fin octobre, j’avais donc prévu mon exposition et « marché » (vente d’impressions et de mes bijoux d’art textile) à la Voûte, située dans un petit village des Vosges. Cela a été entravé par la règle de l’ouverture des lieux seulement « essentiels ». Mon exposition chez le fleuriste a également été fermé.
Maintenant que les vacances de Noël arrivent, de nouvelles « adaptations » pour les commerces sont mises en place (laissant les restaurateurs et les bars à leur confinement). C’est ainsi que la Voûte peut réouvrir. En effet cette association, comme une maison d’artisans et d’artistes permet de s’acheter des créations artisanales faits mains. C’est aussi un lieu où se retrouver, où se poser, prendre son temps et regarder. Le lien humain est plus important que « l’obligation d’achat ». La Voûte est un beau lieu gardant une structure architecturale d’ancienne ferme, modernisée permettant à chacun de garder les « distanciations physiques » de rigueur. Elle est idéalement placée au centre du village près du clocher de l’église et profitant même d’un restaurant à côté qui permet de livrer des pizzas à défaut d’ouvrir ses portes, et d’un petit terrain adapté aux voitures (qu’on appelle « parking » dans le monde civilisé).

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Me voila donc installée à la Voûte, à une place d’honneur depuis dimanche 29 octobre et pour tous le mois de décembre (selon les changements de plan du manager de l’Etat). La voûte est ouverte du mercredi au dimanche de 13h30 à 18h30.

Ce qui m’intéresse est sa position dans le monde rural et les échanges possibles avec d’autres créateurs, et c’est encore plus stimulant si certains partagent certaines de mes idées, notamment le besoin de nature et de « spirituel » (que j’appelle « animisme », mais sans vraiment le nommer car il ne s’agit ni de dogme ni d’orthodoxie et encore moins de morale). Dans mes réflexions, en perpétuelles constructions, analyses, nourritures, je réfléchis à la manière de construire une société plus idéale, sans oublier que mon idéal n’est pas l’idéal de mon voisin, mais c’est important d’observer tous les possibles. Dans mon idéal, il faudrait des plus petits groupes d’humains autonomes dont le pouvoir n’est pas centralisé par une capitale comme Paris ou pire, Bruxelles qu’on appelle aussi New York.
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J’ai une amie qui habite une île au Japon est cela dessine bien les contours de mon idéal : quelque chose de traditionnel, sans être ni xénophobe ni sexiste pour autant, qui conserve un culte des anciens, un culte des lieux, des pierres, des rivières, des esprits (un mélange de croyance local et de shintoïsme), vénéré lors de fêtes traditionnelles, où musiques, costumes, contes, danses conservent un lien social intergénérationnel et remémorant le passé et les mythes fondateurs. L’entraide y est très présent, les gens ont tous un potager et partagent leurs légumes avec les voisins, ils viennent chez vous sans non plus s’imposer, ce qui me rappelle ma grand mère picarde qui avait toujours du café pour les visiteurs. Il y avait vraiment une solidarité et même si les réseaux sociaux numériques n’existaient pas, les gens ne souffraient pas comme aujourd’hui de solitude. La nature a une place importante mais pour autant ils vivent dans le présent, avec la technologie associée. Quand les gens font des choses pour toi, c’est moins difficile de faire des choses pour eux (sans être exploités par eux). C’est ce que les petites communautés, au contraire des grandes villes peut enseigner.
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Je pense que la ruralité peut prendre cette voie. Les parisiens aiment représenter les vosgiens comme des arriérés, des chasseurs et des consanguins. Mais ce n’est pourtant pas ce que j’ai rencontré (même s’il y en a sûrement, comme partout en fait). J’étais même plutôt ravie de rencontrer des personnes sensibles et cultivés. Ici, les gens ont plus un goût de la nature, et on peut parler astrologie, magnétisme et fantômes sans passer pour des gens bizarres ou naïfs (ce qui est le cas dans les « villes civilisées »). Le capitalisme et l’idéologie ont récupéré l’astrologie et le tarot pour faire des guidances et du coaching teinté de morale « woke », ce qui dénature terriblement cette science sacrée en partie oubliée (voir encore le chapitre sciences sacrées sciences profanes de René Guénon dans la crise du monde moderne de 1927). Je n’angélise pas le monde rural qui a de nombreux défauts, j’essaie d’observer et de construire dans ma tête un idéal. Ce que j’ai manqué pendant mon adolescence en Seine et Marne était de culture. Aujourd’hui, je souffre de ne pouvoir aisément aller à une exposition sur les Hittites au Louvre ou sur William Blake à Londres. Bien sûr, nous sommes plus mobiles qu’auparavant (quoiqu’avant il existait plus de lignes de train, notamment une ligne sous Napoléon III qui reliait Paris à Plombières les Bains). L’idéal serait d’avoir des lieux artistiques en zone rurale. Pourquoi pas. Alors bien sûr il en existe, comme ici à la Voûte, il y a aussi des squatts (mais la politique tue l’art, même si je suis profondément politique) mais si je poursuis mon idéal, on pourrait voir une exposition comme celle sur Mucha ou sur les préraphaélites par exemple. A Epinal, on a bien le Musée de l’Image et le Musée d’art ancien et contemporain qui accueillent de grands artistes reconnus. A Plombières ils voulaient réouvrir un musée avant le confinement.
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Selon moi, le problème ou le défi comme disent les bien pensants capitalistes, c’est le public. C’est vraiment un problème, et en fait, cela ne touche pas que les campagnes, car j’ai habité longtemps en région parisienne et j’ai pu voir que les gens n’étaient plus sensibles comme avant. Selon ma théorie, les gens ont trop bouffé de culture de masse et n’ont plus de goût pour les belles choses, ils ne se déplacent qu’en troupeau, mais ne prennent plus le temps de flirter individuellement et intimement avec l’art, ils sont dans la représentation de goûts et non plus dans l’émotion et la sensation, à cause de la société du spectacle actuelle qui t’indique quoi consommer, quoi penser, contre quoi t’indigner selon les hashtags à la mode.
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En ce moment, j’écoute Martin Gore et les titres de Depeche Mode des années d’avant la chute du mur de Berlin, une période très riche musicalement (Martin Gore y habitait un peu). Honnêtement j’ai des coups de mou et cette musique m’a vraiment aidé à me concentrer sur la joie de danser plutôt que sur le prix du panier de course, les factures à payer et l’administratif à gérer. Dans mon idéal, j’aimerai des clubs de musique avec des punk romantiques venant danser sur de la synth pop comme à Londres au début des années 80. Mais aujourd’hui, même à Paris, on ne peut pas dire qu’il y ait foule. J’ai déjà écrit mes notes désespérées sur ce que la gestion sanitaire a tué dans la culture artistique, notamment les artistes les plus précarisés, et je sais que malgré les bonnes intentions des gens, ça ne sera plus comme avant, on ne pourra plus danser. Car je ne veux pas d’un vaccin ARN qui modifie mon ADN, car mon corps a besoin de ce corps non génétiquement modifié pour m’approcher de William Blake et de sa capacité créative à avoir des visions. Le bruit des voitures, l’électricité et la technologie altèrent déjà mon corps (insomnie,…), alors comment pourrais je avoir foi en pire ?
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En tout cas il est important de « rêver », d’imaginer, pour ensuite construire des idées et proposer des alternatives, car il y a vraiment trop de choses qui ne vont pas. C’est pourquoi rencontrer des gens « en vrai », est important. Je continue de réfléchir à tout ça, il y a tant de propositions, j’ai vraiment besoin d’une énergie créative pour m’ouvrir de nouvelles portes. Il faut trouver des manières à l’art de s’exprimer et permettre de retrouver du lien social et faire naître des oeuvres de génies telles que les chansons de Martin Gore. A la Voûte on réfléchit à d’autres projets et événements possibles, c’est très stimulant !
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J’expose :

Ou ? :

La Voute, 36 Le Village, 88240 Les Voivres, France

Quand ? :

Du 29 novembre au 29 décembre :  Mercredi à Dimanche, de 13h30 à 18h30
(Je ne serai pas présente toujours)

Combien ? :

Entrée libre et entrez libres

 

Exposition « Pléiades » au Bailli

Exposition « Pléiades » au Bailli

Je vous invite à une nouvelle exposition qui aura lieu du 22 au 27 février 2019 à la Maison du Bailli à Epinal.

 

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J’expose quatre oeuvres originales avec le collectif Pigment’ T. N’hésitez pas à venir au vernissage qui aura lieu vendredi à partir de 18h30 !

 

Je serai par ailleurs présente à la galerie dimanche après midi !

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Dernièrement, je suis passée par différents états émotionnels et de réflexion qui se sont concrétisés par une petite série d’illustrations. Je les ai partagé sur les réseaux antisociaux et je vais tenter de résumer les idées ici.

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« Je voulais juste à la base des dessins en tant que supports d estampes (imprimer une plaque gravée et encrée) puis finalement elles existent pour elles mêmes, comme des particules de vie, comme des amas d étoiles. Je les ai nommé Pléiades, ces étoiles proche de la constellation du Taureau qui m est cher, plus nombreuses que les sept soeurs grecques. Certaines semblent avoir eu des mains ou des yeux emportés par des grenades des forces de l ordre capitaliste, mais ce n est qu un pur hasard »

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Cet été, j’étais dans un besoin de couleurs pastels, notamment du fait de son impopularité auprès de certains préjugés anti féminin, autant de la part de certains phallocrates que chez certaines féministes et autres moralistes new ageux (prônant le capitalisme « naturel » et vert et préjugeant les femmes coquettes de superficielles sans jamais leur donner la parole). Le rose pastel est notamment une de mes couleurs préférés, qui m’apporte beaucoup de bonheur quand je la vois, notamment lorsqu’elle prend possession des nuages. Elle porte le stigmate d’une féminité niaise qu’il faudrait dépasser. La seule chose qu’il faille dépasser est ce qu’on nous impose qui ne nous correspond pas, et en l’occurrence on nous impose de la rejeter. Même si ces cinq dernières années elle revient beaucoup dans la mode, certaines personnes y restent allergiques pour ces préjugés. J’ai déjà parlé du rose pastel et de son association au bébé féminin au début du XXème siècle, je comprends combien il peut constituer un symbole genré à combattre, mais je trouve que c’est un cliché ringard. C’est plus souvent de la part des hommes, que je ressens (et non le ressenti n’est pas moins vrai que n’importe quelle injonction médiatique) un besoin de combattre un corps assumant son féminin sensible et maniéré (un corps de femme comme un corps d’homme d’ailleurs), ou ont ils plutôt l’impression d’une légitimation à laisser s’exprimer leurs pulsions de domination.

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Ensuite, l’automne m’a donné envie de me protéger du froid et j’ai eu besoin de rechausser mes rangers et porter mes manteaux noirs. La gravure me manquait, j’avais besoin de retrouver la texture et la matière de l’aquatinte. Le noir revenait dans mes dessins. Cela s’est superposé à une pression sociale qui trouvait un moment de respiration dans la crise des Gilets Jaunes. Je relisais et écoutais des podcasts critiquant le monde moderne et le capitalisme matérialiste, cherchait des alternatives écologiques au désastre de la terre sans cesse souillée, qui est une chose qui me rend très souvent triste. William Morris, Jean-Claude Michéa, Henri GuilleminFrançois Jarriges, Bernard Stiegler, les techno-critiques romantiques, Deep Green Resistance et les éco-féministes m’ont consolé de mes tourments.

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Le jeu de rôle que je repratique depuis près de deux ans me mène vers le théâtre, la performance, le rituel, le shamanisme, la danse, la musique et l’expression physique et orale. Il m’aide à « invoquer » les esprits m’aidant à me déconstruire des normes sociétales et me guider vers ce à quoi j’aspire : une certaine spiritualité, un état de reconnexion avec le monde sensible et les esprits invisibles. Les théâtreux parlent des « ghosts » invoqués par Shakerpeare, lorsqu’ils incarnent un personnage. La musique dark folk Sturmpecht m’inspire beaucoup.

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J’ai eu ensuite une phase photographique, d’abord pour travailler sur ma perception de la lumière, afin de mieux la représenter en peinture, d’où le fait aussi que je peignais des néons roses. Cela m’a apporté une certaine délivrance, je me suis sentie « inspirée » (possédée) lors d’un de mes shooting et c’était très agréable, j’avais l’impression d’accéder à quelque chose de différent, de m’élever de la matière (que je ne rejette pas par ailleurs). Et j’avais aussi le plaisir intellectuel de me rendre compte que j’avais accéder à un de mes objectifs. J’avais envie de me replonger dans Current 93, Coil et surtout John Balance et la Chaos Magick.

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Cet état de lâcher prise m’a amené vers la création de dessins quasi automatiques, à la manière de Austin Osman Spare. Je voulais revenir à la gravure, à la texture sombre et donc créer des supports à imprimer, mais finalement je les laisse ainsi, prêt à être exposés.

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Hier la mort de Karl Lagerfeld, dont j’aime et respecte l’érudition et l’amour des belles choses m’a fait reconsidérer ma démarche. J’aime la discipline et la rigueur et le lâché prise n’est peut être qu’une injonction à laquelle je ne devrais pas me normer. Du coup je pense que c’était plutôt un état émotionnel et de sensibilité (permettant le contact avec le monde sensible) qui m’a conduit à ce résultat plus fluide, plus « poissons ». Car au fond de moi je trouve la discipline plus sexy que la négligence et mon but est de travailler sur mon être intérieur et authentique. Et je ne suis pas la personne détendue qu’on aime, que la société valide et encourage mais tant pis car je garde en mémoire la citation de Jean Cocteau comme une maxime : « Ce que le public te reproche, cultives le, c’est toi. »

Nouvelle Lune et Kali la noire

Nouvelle Lune et Kali la noire

 

Je relisais un livre sur Kali pour me remettre dans son sillage, l’invoquer pour de nouvelles oeuvres à venir. Le travail d’illustration ne se contente pas de devoir maitriser les techniques du dessin, dans la forme, la lumière, la couleur, l’anatomie, la perspective et tant de choses qu’une seule vie ne permet pas de gagner totalement. Il faut à l’illustrateur de se nourrir de culture, terme vaste, mais il lui faut aussi la semence qui fasse germer l’idée que lui apporte cette culture.  Cette graine s’exprime par la poésie, la philosophie, la spiritualité et d’autres choses encore.
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Pour que je puisse aimer le travail d’un artiste, et d’un illustrateur en particulier, il faut que je puisse sentir derrière ses lignes une curiosité intellectuelle et culturelle, une maturité esthétique, une pensée dense et palpable, sinon le travail d’une photocopieuse ou de la machine en général peut très bien faire l’affaire. Pour que l’humain ne disparaisse, il ne doit pas laisser la machine le supplanter, c’est pour ça qu’il doit recultiver son âme avant que la machine se développe jusque là, si ce n’est pas déjà en cours. Une personnalité, une intégrité, des émotions, des sensations, voilà le minimum qu’un vrai artiste doit pouvoir accoucher.
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Ces derniers temps, je me sens bousculée par les projets, j’en ai déjà parlé et je m’en réjouis plutôt, mais cela condamne certaines choses à être mises de côté. Je suis déjà socialement et familialement totalement dévouée à mon art, dans le sens où j’ai renoncé à partager du temps avec ce qui ne le fait pas fructifier. L’Art demande des sacrifices, et cela, peu de gens peuvent le comprendre…
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Aujourd’hui se dresse dans le ciel la lune noire, l’absence de lumière dans la nuit. Cette nouvelle lune s’annonce plutôt négative pour moi. C’est drôle car il y a quelques jours je lisais sur des réseaux sociaux les apports bénéfiques des phases de la lune. Tout était si positif, et donc hypocrite et manichéen comme savent le faire les mythomanes new ageux. Il était dit que pendant la nouvelle lune, il fallait commencer de nouveaux projets. Ma croyance et celle de nombreuses traditions pensent l’inverse. La nouvelle lune symbolise souvent la Mort. Et ici, astrologiquement elle ne m’aide pas à rester dans le bien être.
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(les lunes correspondent ici au standard du pacifique, en France par exemple les pleines lunes de janvier et mars sont le 2). Pour les heures précises, vous pouvez consulter ce site.
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Je parle de la Lune car je parle de cycle quand je parle de Kali. Le cycle de la Vie, et de la Mort. Et c’est très étrange que je lise des lignes sur elle ce jour. (Même si je fais des recherches depuis quelques jours et que je construis mon projet depuis quelques semaines).
Donc pour que l’artiste puisse mettre de la consistance et de la vie dans son oeuvre, il doit faire aussi des recherches. Et cela, peu le comprennent… « ah, elle s’amuse, elle fait passer le temps,… elle n’est pas sérieuse,… ». Et pourtant il en faut du sérieux pour se remettre à bâcher sur les livres, les conférences, les émissions, prendre des notes, faire des synthèses et laisser l’esprit s’adonner à son intuition pour sélectionner les morceaux les plus germinateurs ».
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Kali est liée à la Vie, la Création et aussi la Mort. Ainsi il est nécessaire d’avoir des jours d’inertie. Je déteste l’inertie, c’est quelque chose qui m’effraie et que j’évite au plus haut point. Je ne sais pourquoi ça me rend malade. C’est pour ça que j’ai du mal à rester avec des gens, à part si les conversations se font riches et productives, ce qui est rare, mais en même temps je ne cherche pas assez, je n’ai pas le temps, je dois travailler le dessin et penser à l’Art.
Aujourd’hui ne devrait donc pas être un jour pesant mais un jour de « temps mort ». Kali surpasse la notion de temps.
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« Kâlî détruit Mahâkâla au moment de la grande dissolution; c’est à dire que Kâli, puissance du temps, absorbe Kâla (le temps), le destructeur universel. »
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L’hindouisme nous apprend a relativiser le temps. Pourquoi ai je si peur du temps qui passe ? Pourquoi me lamente-je de n’avoir que 24h dans une journée ?
Je disais plus bas, qu’un jour je mourrai et n’aurai pu profiter de toutes les oeuvres d’Art incroyables que peut contenir mon coeur. C’est quelque chose de douloureux. Je n’ai pas le temps car j’ai peur du temps qui passe et de l’inertie, comme la Mort, que je crois être mes ennemis. Mais le cycle qu’incarnent les grandes déésses mères fécondantes que sont Kali ou Ishtar ou tant d’autres qui ne sont que plus ou moins la même entité sous des langues et des terroirs différents, s’étant incarnée différemment pour mieux se faire comprendre des différents peuples du monde, ce cycle est vital, il est la Vie.
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Pourquoi se soumettre à rendre des comptes à ceux qui nous oppressent ?
Pourquoi courir contre la montre alors qu’on pourrait parfois s’octroyer le temps de souffler, de dormir, de mourir, pour mieux renaître. Cette nouvelle lune, entre deux pleines lunes de janvier m’apprend l’humilité de la mort. J’ai la sensation d’avoir vécu des morts initiatiques, en rêve, sur le Pont du Diable. Je crois en avoir déjà parlé. Ce jour j’ai réalisé combien n’importe qui pouvait (et voulait) me tuer. (Depuis je sens cette sensation chez certaines personnes à mon égard, cela fut nécessaire pour développer mon instinct, à travers mon instinct de survie : devenir l’animal qui sent le prédateur et apprend à développer ses poisons).
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Il me faut absolument penser à redevenir un être sensible qui ne court pas après la productivité, les expositions, les projets, les contrats, car je n’ai rien à prouver à personne, je n’ai aucun compte à rendre; pour devenir un être complet, il me faut prendre le temps de réaliser mes projets un à un en leur donnant le temps nécessaire. Je dois prendre du temps pour aller au delà de mes problèmes techniques de vidéo, continuer mes peintures à l’huile qui me prennent plusieurs mois, filer et tisser trame par trame pour sentir la matière, crocheter les mètres de fils en motifs. Personne ne m’arrête mais aussi personne ne doit accélérer le rythme nécessaire des cycles de création. Plus de philosophie, d’esthétique, de spiritualité, de pratique magique, d’émotions, d’amour et de temps morts.
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PS : Rien à voir, mais j’ai testé l’application/le site Canva. Je n’en voyais pas l’utilité car j’utilise Photoshop, mais pour ceux qui ne disposent pas de ce logiciel, cela permet de notamment créer facilement des « panneaux de tendance » ou graphisme élémentaire.

Peinture à l’huile – Kupala

Peinture à l’huile – Kupala
Pour cette peinture à l’huile, j’avais envie de peindre un endroit près d’une marre. Peindre le paysage et la nature est un exercice et je voulais m’y atteler dans le but de repousser mes limites. Cela fait plus d’un an que le paysage est devenu un sujet pour moi, même s’il n’apparaît souvent qu’en arrière plan d’un personnage. 
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J’avais envie de douceur dans le sujet et d’une saison plein de lumière. J’ai commencé cette peinture en novembre 2015 pour la terminer en février 2016 et l’hiver n’est pas la période la plus agréable alors il me fallait une saison et des couleurs plus douces.
Je n’ai pas eu un parti pris relativement « réaliste » dans le sens où les couleurs ne correspondent pas à la réalité du sujet. Je les ai posé ainsi, au fur et à mesure selon mon « inspiration ». J’aime avoir des relations et des émotions avec des couleurs de tubes de peinture. Je pense que si on enregistrait l’activité de mon cerveau on y verrai des impulsions électriques, il se passe une réelle communication invisible rien qu’à ce stade.
Dans le traitement des herbes, je n’ai pas été « réaliste » non plus c’est à dire que j’aurai peint quelques aplats avec des ombres et des lumières pour un rendu plus « photographique » et atmosphérique, j’ai plutôt quasiment peint les herbes une à une à l’instar des tapisseries mille fleurs médiévales que j’aime beaucoup, telle la Dame à la Licorne.
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Cluny, Dame à la Licorne, HD
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J’ai glissé quelques cubes sombres pour continuer mes séries de cubes, et y mettre des références alchimiques sur la matière première, même si les cubes sont bien plus que cela.
J’ai composé le personnage en me prenant en photo pour étudier les plis en peinture, dans la video que je partage ici, il s’agit de la peinture du détail des plis de la robe. Le visage n’est pas le mien mais un visage que j’ai trouvé beau, en accentuant le côté juvénile. La faon symbolise ici encore des éléments relatifs à la forêt, l’innocence.
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On peut voir différentes étapes de la peinture. Je commence par peindre grossièrement les formes et ensuite je reviens en couches sur elles. Peindre l’ensemble de la toile permet d’avoir une meilleure idée du rapport des couleurs entre elles. Je commence ensuite par le fond et notamment le ciel (quand il y en a un). Après je continue l’arrière plan en descendant. Je peins ensuite le personnage en commençant parfois par le vêtement, ensuite le visage. je fais les yeux et les détails en dernier et ensuite les cheveux dans lesquelles on peut voir des fleurs bleues.
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J’ai toujours un peu de mal à trouver des titres pour mes peintures, autant je peux m’épancher dans de longues explications, autant résumer avec un minimum de mot est parfois difficile.
Alors que j’avais terminé ma peinture mon copain l’a regardé comme si elle lui parlait. Il a « entendu » dans sa tête le mot « Kupala« , non pas qu’il soit schizophrène, mais dans notre approche artistique respective, nous travaillons à développer notre sensibilité, ce qui est souvent confondu dans notre société par les émotions ou encore la « sensiblerie ». La sensibilité est relative aux sens, la vue, l’odorat, etc… Il y a moins la notion de jugement ou d’ego que pour les émotions.
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On parle parfois de sixième sens qui serait en rapport avec l’intuition. En gros nous cherchons à développer notre intuition par des exercices comme s’il s’agissait de faire des exercices de dessin. Concrètement il peut s’agir pour moi de phases de méditation qui accompagne ma pratique de yoga en me concentrant sur les moindres informations, images, sons qu’on peut avoir. Beaucoup de gens ont des images qui leur apparaissent quand ils ferment les yeux, certaines personnes ont également des sons, moi j’ai aussi des « goûts » étant très portée sur la nourriture. Ce ne sont pas des hallucinations, c’est comme ces images qu’on peut avoir dans la tête. Si vous fermez les yeux et qu’on vous suggère de penser à un tigre, vous aurez surement une image mentale, bref, on peut développer notre esprit à aiguiser nos sens en partant de là. 
Notre société fait totalement l’impasse sur cela alors que le corps et l’esprit humain est capable de tout cela, rien à voir avec des croyances ou de la spiritualité, c’est physique. A partir de ces outils physiques, on en fait ce qu’on veut et c’est là qu’on peut parler de croyances.
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Après des recherches, il s’est avéré que Kupala était une déesse slave de la nature. Il n’en avait jamais entendu parlé et ce n’était pas dans ses centres d’intérêts, ils préfèrent faire des recherche sur les démons mais c’est une autre histoire.
Quand je crée, il se passe des choses invisibles tout à fait fascinantes selon moi. Je me sens connectée à quelque chose et poussée par quelque chose, seulement je n’arrive pas encore à comprendre exactement et précisément ce qu’il se passe. Avant Leonard de Vinci me semble t’il, on parlait d’inspiration venant de dieu.
Une théorie discutable serait que j’entre en connexion avec des égrégores (créés par des gens qui « prient » une entité ou l’entité elle même) qui me commandent telle ou telle peinture, dans le but d’avoir des formes matérielles dans ce monde causal. Ayant constaté que cela se passe souvent, je commence à croire en cela. Ca a notamment été très fort quand je faisais mon oeuvre « Kybele« , comme une certitude et quelque chose qui ne vient pas de moi mais qui passe par moi qui me pousse à faire telle chose d’artistique. Beaucoup d’écrivains ont des propos similaires, en peinture on parle d’artistes visionnaires à l’instar de William Blake, mais le terme me gène encore.
Ensuite je pense que si je travaille sur un thème sincèrement (ce que je fais tout le temps), que je m’entoure de lui, que je m’ouvre et me connecte, il se passe quelque chose. Pour ceux qui travaille en magie, en travaillant avec une entité, par exemple une déesse des eaux et de la nature, que l’on s’entoure de ses attributs, symboles etc, si celle ci accepte de travailler avec toi c’est à dire d’établir un échange, elle peut t’offrir sa protection et ses « pouvoirs ». Par pouvoir j’entends des choses probables comme être plus sensible avec le symbole de la lune, être plus guerrière avec le symbole de mars, être plus sévère avec le symbole de saturne etc, il ne s’agit pas – malheureusement – de pouvoir projeter des boules de feu mais d’agir sur des choses déjà présentes en nous. Du coup si vous détestez la nature, je doute qu’il faille choisir de s’associer avec des entités qui l’habite.
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Evidemment je peux contrôler et refuser cela, je ne suis pas dans le cas de voix que j’entendrai qui me demanderai de tuer des gens, mais j’essaie de m’ouvrir au maximum et laisser mon esprit se faire envahir par des choses proches de ma personnalité, c’est à dire la nature, ou des puissances féminines créatrices. Mais généralement quand on me demande de faire quelque chose que je ne veux pas, je ne le fais pas et les ennemis sont le prix de l’insoumission. Ses ennemis sont alors accueillis par les dieux anciens qui leur chuchotent leurs terreurs dans leurs rêves.

summertime happiness

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J’aime beaucoup l’été, surtout après ce premier hiver dans les Vosges où je ne pouvais quitter mes sept épaisseurs de vêtements. Il fait froid en hiver mais également très chaud en été, la canicule n’épargne pas l’est de la France.

Le rebord de ma fenêtre :

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Mon basilic pourpre (qui ne l’est plus vraiment).

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Profiter des bois est un bonheur incroyable, ça me délasse de l’écran de l’ordinateur et des impératifs du quotidien. (En ce moment je prépare une journée d’exposition de mes récents dessins dans un parc et les préparatifs sont un peu épuisants). Cela m’aide à mieux dormir, à mieux respirer, à être mieux et enfin je me répète, la nature est une source d’inspiration incroyable, et elle se renouvelle à chaque instant. Récemment, sur une plage de rochers près de chez moi, j’essaie d’observer la Moselle et de voir venir les esprits des eaux. Je travaille ma sensibilité, j’ai encore du chemin à faire pour cerner l’invisible. Il faut que je leur dédie des peintures.

 

Sur les bords de la Moselle

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Une plage de caillou

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