Tribute to Martin Gore from Depeche Mode

Tribute to Martin Gore from Depeche Mode
Martin Gore Depeche Mode

Martin Gore Depeche Mode illustration Holy Mane

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1980 et 1990 – Club Dorothée et MTV

Je suis ce genre de personne qui achète « Speak and Spell », le premier album de Depeche Mode sorti en 1981 au sombre automne de 2020. Il m’a beaucoup aidé à surmonter une sorte de morosité hivernale de confinement.

Depeche Mode est un groupe très populaire que j’ai découvert à l’adolescence, notamment avec la sortie de « Barrel of a gun » en 1996. Je trouvais le clip étrange, donc il me plaisait, mais à cette époque j’avais besoin de musique plus « agressive » et américaine. J’écoutais alors « Mellon Collie and The Infinite Sadness » des Smashing Pumpkins avant de plonger vers 1998 dans « Antichrist Superstar » de Marilyn Manson à l’entrée du lycée. (Ces deux groupes ont d’ailleurs fait des reprises de Depeche Mode, « Personnal Jesus» pour Marilyn Manson en 2004 et « Never Let Me Down Again » pour Smashing Pumpkins, présent sur un album tribute a Depeche Mode que j’avais acheté en 1998 à cause de la présence de ce dernier groupe ainsi que Rammstein et Deftones. La reprise des Smashing Pumpkins est assez appréciée par le groupe ainsi que la reprise de Personnal Jesus que Johnny Cash a fait plus tard). Je connaissais le groupe de réputation (j’avais aussi vu le reportage live « 101 » qui était passé sur MCM) sans creuser d’avantage leur discographie. Dans ces années 90, Depeche Mode essayait d’enterrer leur image de groupe lié au style New Wave, en mettant plus de guitares saturées et en usant des claviers de façons plus « subtiles ». C’est un groupe qui préfère aller vers l’avant, vers l’avenir et aime la nouveauté technologique. Ils détestent notamment qu’on les associe au « New Romantics ». Je suis trop jeune pour avoir aimé le groupe à ses débuts, leurs premiers albums correspondent à une époque que je n’ai pas beaucoup vécu si ce n’est « inconsciemment » dans le décor des années d’enfance (à travers des sonorités, des jingles comme celui du Top 50, une esthétique graphique, etc… ) Dans les années 80, je m’intéressais plus aux dessins animés qu’à la musique anglaise et je n’ai pas grandi dans un environnement culturel stimulant. La télévision, comme pour la plupart des enfants de classe populaire était ma seule source de « culture ».

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2000 – dancefloor

J’ai toujours préféré les musiques un peu sombres et tristes (comme les films, la littérature, la peinture et les individus), et c’est tout naturellement que je gravitais autour du mouvement « gothique ». Mon goût s’est alors affiné vers moins de culture de masse américaine, télévisé et à la mode (propulsé par une communication commerciale privilégiée) pour plonger vers la musique anglaise prenant racine dans les années 80, et plus particulièrement après les Sex Pistols de 1975, tout en étant influencée par ce qui existait avant comme le disco ou le glam mais surtout David Bowie. J’ai réécouté avec plaisir les sons de synthétiseurs des années 80, après les avoir fuit dans les années 90 et début 2000. Et ce n’est pas tant la musique pop qui m’a reconnecté à ces sonorités que les premiers morceaux de Death In June comme sur l’album « Nada ! » de 1985 ou « Come Before Christ and Murder Love » sur « The World That Summer » l’année suivante ou d’autres groupes comme Dead Can Dance. Ce qui est pratique quand on cherche des albums rangés par ordre alphabétique dans des magasins est qu’ils sont réunis sous les lettres « De… ».

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2010 – Youtube

J’écoutais de temps en temps Depeche Mode comme une sorte de « easy listening » assez dansant et agréable donc je m’étais familiarisée avec les chansons mais pas avec le visages des musiciens. Ils se sont toujours défendus d’être sombre ou triste et c’est surement pourquoi je ne les écoutais pas souvent. Il y a quelques années, j’avais vu la vidéo de «Shake the Disease», où le groupe Depeche Mode était sur une sorte de péniche. Et j’ai eu une sorte d’attirance pour le blondinet peroxydé en tenue latex et yeux maquillés. C’était comme si je le voyais pour la première fois. Plus exactement je le regardais pour la première fois, car dans les années suivant cette période, son style me laissait plutôt indifférente.

A la fin de l’automne dernier, j’écoutais beaucoup plus cette musique, car je voulais quelque chose sur quoi danser, même si c’était toute seule en pyjama dans ma chambre, il me fallait lutter contre l’enfermement, le manque de soleil, l’addiction aux écrans en restant assise, et le froid humide. J’ai donc regardé plus de vidéos sur Youtube de Depeche Mode et notamment les lives des années 80 et c’est là que je suis devenue accroc.

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Devotion

J’avais parallèlement une sorte de saturation de certaines informations d’actualité (que mon esprit a besoin de connaître comme arme de résistance à ce qu’on nous fait subir) et j’avais besoin d’accrocher mon attention vers quelque chose de moins énervant. J’ai une grande capacité à aimer, à adorer, à aimer aimer, tomber amoureuse, être fan, ressentir l’amour des autres pour les autres, etc,… Je suis quelqu’un de très émotionnelle et d’empathique, et j’aime aussi analyser, raisonner et réfléchir. Je ressens très fortement les choses, mon coeur s’emballe très facilement. Comme il sait le faire pour des choses négatives, j’essaie de louer cette capacité d’émotion en le faisant battre pour des choses positives en m’entourant de belles choses, en écoutant de la musique que j’aime, en regardant des œuvres d’art, etc,… Mon coeur d’adolescente n’est pas enterré et je suis très heureuse de pouvoir continuer de ressentir ces choses, avec le recul de l’expérience (qui sait m’apporter la déception).

Ces morceaux de lives m’apportent beaucoup de joie. Puis j’ai regardé de plus en plus d’entretiens et j’ai déterré les Gigaoctects de Youtube au point d’avoir l’impression d’avoir vu toutes les vidéos sur le sujet, donc j’ai commencé à les regarder plusieurs fois, tous les jours. J’ai ensuite regardé sur Pinterest et Tumblr beaucoup de photos, puis j’ai cherché des gifs animés, puis j’ai créé des gifs animés, puis j’ai dessiné un peu, et puis dessiné sérieusement.

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Analyse d’émotion

Je me suis focalisée sur Martin Gore, le compositeur de Depeche Mode. J’ai étudié son thème astrologique. Si quelqu’un connaît son ascendant (ou son heure de naissance) je serai heureuse. Je me nourrissais de son aura en même temps que j’essayais de décortiquer intellectuellement ce que je ressentais, pourquoi je le ressentais, comment ça pouvait m’influencer, me faire avancer etc,…

Martin Gore ne ressemble pas spécialement au type physique qui m’attire, si ce n’est les yeux et les sourcils. J’apprécie généralement les personnes plus sombres, mais à la fois, j’adore son côté « Lion ». Il est à la fois exhibitionniste bronzé et souriant et à la fois très timide. En interview Andy rit parfois sur des anecdotes où Martin se mettait souvent nu. C’est la personne qui souffre de crise d’angoisse et qui aime se mettre plein de paillettes dorées.
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J’ai donc évidemment fait une sorte d’identification, étant moi même introvertie et aimant les paillettes. J’aurai aimé être une femme forte, guerrière, sombre, froide, dure qui ne montre pas ses émotions, une personne qui sait s’imposer, mais c’est complètement raté. J’apprends à m’aimer, à aimer ce que je suis intimement (grâce à l’astrologie) et c’est pour ça que j’ai aimé voir ces éléments (la timidité) chez quelqu’un, pour m’inspirer de son aura, dans le but de m’aimer à travers lui. C’est d’une certaine manière narcissique. Mais en même temps si j’étais narcissique (ce qui est un but – le côté Lion/paillettes), je n’aurai pas besoin de faire ce travail. Martin Gore m’apprend à être plus narcissique et à vivre mon introversion et ma timidité de façon flamboyante et positive. Tout ce que j’écris est l’analyse de mes sentiments, ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé en amont, c’est le fruit du décorticage de ce que je ressentais. C’est également une hypothèse, et non une vérité absolue.
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Le style physique de Martin Gore

En regardant les interviews de Martin Gore, je me suis mise progressivement à aimer la moindre de ses expressions, chaque muscle de son visage transmet à mon cerveau une information qui stimule des endorphines. Sa voix est devenue un remède contre le stress. Je m’écoute des podcasts où il parle et cela suffit pour accélérer mon rythme cardiaque et tomber dans une sorte d’extase. Je suis totalement amoureuse de son accent anglais, de sa façon de parler. Son sourire généreux qui semble cacher un mélange de timidité et de provocation mêlé à un côté indolent crée une sorte de joie et de désir. Et tout cela a été amené grâce à son goût, à son style vestimentaire, entre provocation (quand il portait des robes ou des accessoires fétichistes), extravagance, et une touche sombre.
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Le mauvais « type d’attention » que cela a engendré, m’a pêché comme un poisson. Les entretiens reviennent sur le fait qu’au début, la presse s’est focalisée sur les vêtements de Martin Gore plutôt que sur la musique et que cela nuisait à l’image qu’ils auraient voulu donner. C’est pourquoi ils ont ensuite travaillé avec des personnes, comme Anton Corbijn pour mieux diriger le style visuel du groupe. Je dois dire que le style d’Anton Corbijn ne marche pas du tout sur moi, c’est un peu la raison pour laquelle je ne m’étais pas vraiment intéressée au groupe visuellement. Alors que j’adore le style « communiste/réalisme socialiste » (très présent chez Laibach) de la pochette de « A broken Frame » et « Construction Time Again ». Il marque vraiment le style des années 90, en noir et blanc, plus sobre, que je n’aime pas. Ce style années 90 est aussi très marqué par les publicités noir et blanc de sous vêtements unisexe Calvin Klein. Pourtant Anton Corbijn a réalisé un de mes clips préférés qui est « Heart Shaped Box » de Nirvana.

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Martin Gore Depeche Mode

Martin Gore, Depeche Mode, illustration Holy Mane

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Energie créative de l’innocence

C’est pourquoi je reste surtout amoureuse de la période des années 80, qui est une période extrêmement riche. Le côté naïf et juvénile que les musiciens reprochent à cette période est aussi ce qui leur donne une extraordinaire créativité et une volonté d’agir sans peur, grâce à l’ignorance. Signer chez Mute sans contrat, sortir un album chaque année et faire des tournées entre chaque, jusqu’à être parfois 24 mois sur les routes,… J’ai aussi besoin de retrouver cet âge d’insouciance comme une énergie créative qui m’inspire et m’aide à dépasser mes blocages de personne trop raisonnable et donc qui se limite. Pour ma peinture, ma création, j’ai besoin de voir que les choses sont possibles, qu’on s’en fout de rater, que l’acte de faire est ce qui compte, que de créer en « do it yourself » est une belle alternative devant le manque de moyens. Je passe trop de temps à analyser les stratégies de communication permettant de ne pas être noyée dans l’arène de compétition du monde moderne et cela me déprime beaucoup. Je passe trop de temps à faire de la promotion dans le vide plutôt qu’à créer de nouvelles choses. Mais c’est aussi parce que j’ai énormément de créations, de matières et que j’aimerai les faire vivre autrement que dans mes cartons. Toutes ces questions m’éloignent de la création pure et j’ai besoin d’être dans cette spontanéité artistique. C’est pourquoi les albums des années 80 de Depeche Mode sont vraiment une nourriture stimulante.

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Contrairement à ce qu’on peut imaginer, la presse n’était pas vraiment tendre avec eux au début, cherchant toujours à les réduire à un groupe à filles (expression d’ailleurs misogyne).
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Songs of Faith and Devotion

J’essaie d’analyser mes sentiments, mais aussi ceux des fans. Je ne me sens pas, à ce stade fan. J’ai été fan de Marilyn Manson, je le suis de Death In June, mais pas encore de Depeche Mode. Ce groupe peut compter sur ses fans, qui sont vraiment dans une adoration quasi religieuse qui elle même, inspire le groupe à son tour. Ceux qui se tatouent ou dorment devant l’ouverture des magasins pour acheter en premiers les billets de concert, qui écoutent en boucle un seul morceau pendant toute une journée en pleurant, qui s’évanouissent tellement leurs corps ne peuvent plus supporter tant d’émotion sont très nombreux. On parle souvent d’une de leur session de signature dans un magasin de musique, qui a créé des accidents, tellement il y avait de monde. Les vitres du magasin ont explosé, des personnes ont été blessé,… Martin Gore aime parler de ce sentiment religieux, de l’inspiration du gospel, d’une sorte de sacré qui peut réunir des humains. Il parle de la religion comme de la sexualité, ce sont deux thèmes puissants dans ses textes. « Condemnation », sur l’album « Songs of Faith and Devotion » sorti en 1993 est une de leur chanson préférée pour l’influence gospel.

J’aimerai moi aussi comprendre comment un groupe peut rendre des personnes fanatiques et surtout procurer un amour et une dévotion comme celle ci. Je pense qu’évidemment beaucoup sont nombreux à vouloir comprendre et utiliser « la recette du succès ».

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Composition du son

Concernant les compositions, ce que j’apprécie de façon intense sont les sortes de petites dissonances qu’il glisse dans ses mélodies. Ca me rend vraiment folle et résonne avec des sons que mon corps d’enfant à enregistré au coeur de sa mémoire. Quelques notes peuvent me bouleverser puissamment, notamment dans les notes de clavier de « A question of Lust » (lorsqu’il chante « It is all of these things and more  ») présente sur Black Celebration » de 1986.

J’aime énormément l’introduction (surtout dans les versions live des années 80) de Blasphemous Rumours » sur « Some Great Rewards » de 1984.

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J’aime l ‘energie de la chanson « Tora, Tora, Tora ! De Speak and Spell (1981) ; Pipeline sur « Construction Time Again » ou « Told You so » avec son petit côté oï ! (très lointain, mais je ne sais comment le dire mieux).

Les notes dans la mélodie chantée sont aussi parfois déroutantes (cela dépend évidemment de chaque oreille, de chaque « culture » musicale), la ligne de chant de la chanson « Home » sur l’album Ultra sorti en 1996 me séduit pour son audace d’aller dans les aiguës où on ne l’attend pas malgré un arrangement très années 90.

Martin Gore, lorsqu’il parle a une voix plutôt grave, et lorsqu’il chante, il peut aller vers le ténor et faire des « choeurs d’arrière chant » aiguës. Dave Gahan a une voix profonde et ronde plutôt impressionnante qui ne faiblit pas avec l’âge, contrairement à celle de Martin qui était surtout au sommet au début des années 2000. Il a d’ailleurs sorti un album solo de reprise en 2003, qui s’intitule « Counterfeit² » après un EP nommé « Counterfeit » en 1989. Il a depuis les années 80, pris des cours de chants et perfectionné sa voix et sa musique (abusant peut être des mini vibrato), c’est une des raisons pour laquelle ils voient leurs premiers morceaux avec des oreilles techniques plus sévères. Dave Gahan aussi a beaucoup progressé depuis leurs débuts quand ils avaient 18 ou 19 ans. Martin Gore est né en 1961 et Dave Gahan en 1962. Le premier a commencé un groupe avec leur camarade de lycée Andy Fletcher et Vince Clarcke dans « Composition of Sound » en 1980. Je trouve d’ailleurs le morceau « Ice Machine » vraiment bon.

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Alan Wilder a rejoint Depeche Mode par la suite en 1982, pour partir en 1995 entre « Songs of Faith and Devotion  » en 1993 et « Ultra » en 1996. Bien que les musiciens s’expliquent très peu ou vaguement sur le sens des paroles ou des titres de leurs chansons, préférant laisser chacun interpréter comme il le souhaite, Alan Wilder commente dans une interview que le terme « masses » est employé de façon un peu ironique. Certaines personnes disent que son départ vient aussi du fait que le son qu’il apportait était moins « commercial » et qu’il trouvait qu’on ne lui donnait pas assez de place au sein du groupe. Son départ coïncide avec la décennie qui m’intéresse moins, même si j’adore quelques morceaux, mais c’est surtout l’esprit des années 80 plutôt que le son qui fait appel à des choses profondes et étranges comme, codées en moi, du fait de grandir dans ces années là.

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Fragiles aspérités sensuelles

Il y a trop de morceaux que j’apprécie pour tous les citer (« one Caress » quand même), et l’émotion change et évolue d’écoute en écoute, ce qui est intéressant, notamment par la présence de petits sons subtils qu’on découvre peu à peu. Je suis à la fois mon sujet et mon analyste d’étude. Même si j’aimerai comprendre aussi ce qui se passe dans la tête, le corps et le coeur des autres fans. Quand je vais sur youtube, j’ai le très mauvais besoin de lire les commentaires des vidéos. C’est généralement la voix de la haine et des stupides, mais sous les vidéos de Depeche Mode, il n’est pas rare de lire des témoignages vraiment touchant où l’amour se ressent dans une sorte de possibilité humaine oubliée.

Dans le live « I want you now», je suis capable de pleurer d’émotion , même si la qualité de la vidéo est très mauvaise.

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La voix chantée de Martin Gore devient un vecteur d’émotion incroyable. C’est dans le grain, les petites aspérités que surviennent les pics d’amour. Tout ce qui est considéré comme des défauts, ce qui entrave au lisse, prend de la grâce et du charme. Comme beaucoup de fan, je préfère Martin Gore avec ses dents d’enfant de la working class. Il les a refaite et vit à Santa Barbara, on ne peut que lui souhaiter le meilleur. Chaque expression de moue du visage, tremblement de sourcils, main dans les cheveux, grain de beauté sont autant de marques de dévotion. Oui, je n’ai pas encore parlé de ses cheveux. Je vais donc censurer ce passage pour ne pas glisser dans le fétichisme.

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L’art du portrait

J’adore plus que tout dessiner des portraits. Ce que j’aimerai faire est capter la beauté. Ou capter l’émotion que je ressens devant le visage de certaines personnes et réussir à transmettre ces sensations sur du papier. C’est à la fois difficile et à la fois, je suis encouragée par la beauté et la grâce qui me transportent. Je ne sais pas si c’est vraiment possible qu’un artiste arrive vraiment à faire partager des émotions à la fois intenses et subtiles (dans la subtilité des détails qui provoquent des effets physiques intenses). J’essaie de le faire et en même temps, je crois que je suis poussée par quelque chose, par cet amour, cette dévotion. Je ne sais pas quels sont les mots qui expriment vraiment ce que je ressens. Je ne suis pas amoureuse, je ne suis pas « excitée sexuellement », il y a de l’identification, un besoin d’admiration, de modèle, de moteur, et dans le cas de Martin un besoin de douceur, de fragilité, de tendresse. Il incarne beaucoup cette vulnérabilité tant diabolisée à notre époque. C’est comme si il me rassurait en me disant que j’avais le droit d’être fragile. « Fragile, like a baby in your arms » sont les premières paroles de « A Question Of Lust », on est très loin du guerrier viril et pourtant on a envie d’être cette personne qui va protéger et donner tout son amour à cette créature sensible et pleine de créativité. On n’est plus dans le slogan actuel « prends mon argent », on n’est pas dans le « prends mon corps », mais on est dans le « prends mon amour ». Même si, comme je l’ai écrit plus haut, la sexualité est un des thèmes assumés. Dave Gahan aime également se dandiner sur scène, et cela doit séduire beaucoup de fans. Je crois que personnellement, je préfère le trouble que fait naître la sexualité, comme sur la chanson « A World Full Of Nothing », que le sexe en lui même.

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Le sexe peut être très bien, mais je crois qu’en ce moment dans notre société il est trop présent, trop vulgaire, réduit au corps voire au porno et cela m’ennuie. Je préfère les choses plus contrariées peut être, sans tomber dans la frustration non plus. Je suis quelqu’un qui aime les fioritures et je peux être qualifiée de midinette par ceux qui ne ressentent pas ce qui me rend la vie plus passionnante.

En dessinant le visage de Martin Gore, j’ai essayé de capter ce que j’aimais chez lui, mais je crois que je n’ai pas réussi à mettre suffisamment les mots, il y a une grande part que je n’arrive pas à déchiffrer et je ne sais pas si j’arrive alors à le reproduire sur papier, à faire comprendre la sensation d’un coeur qui saigne d’amour. Je trouve ça toujours un peu kitsch ou ringard de faire des portraits de stars, des « fan arts ». Cela rappelle des dessins d’adolescents et leurs posters de stars dans leurs chambres. Mais j’aimerai rendre hommage à cet état d’esprit. Le style des années 80 a été largement ringardisé, puis remis à la mode en parti, puis re-ringardisé, donc ce portrait pourra être pris de façons différentes selon notre culture et nos goûts. Je suis contente du résultat.

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Martin Gore Depeche Mode

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Ecouter le son des années 80 en 2020 me fait beaucoup de bien, cela a peut être un côté réconfortant que certains appellent « l’effet doudou », même si l’esprit de l’époque était tourné vers la nouveauté, les synthétiseurs, les ordinateurs. J’ai une âme nostalgique, pour des musiciens qui, donc ne partagent pas mes goûts, vu qu’ils se tournent vers les expérimentations nouvelles, inspirés par d’autres groupes comme Kraftwerk. Mais c’est la même chose pour beaucoup de personnes qui aiment écouter des musiciens d’avant garde comme Beethoven ou Eric Satie.

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Martin Gore a aussi sorti des albums instrumentaux, notamment « MG » en 2015, et récemment « The Third Chimpazee » en février 2021 également chez Mute.

 

Art textile inspiré par la Mésopotamie III

Art textile inspiré par la Mésopotamie III

Voici la troisième et dernière partie sur mon travail artistique inspiré de la Mésopotamie.
Retrouvez la première partie ICI et la deuxième ICI.
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En 2017, je me suis inspirée de la Mésopotamie pour créer une série d’oeuvres d’Art Textile.
Ce projet est né au moment où j’animais des ateliers d’art textile à l’Académie d’Art Plastique d’Epinal, une association locale d’arts plastiques. J’ai eu envie de proposer de travailler autour d’un thème commun qui donnerait sur une exposition, après une première en 2016. Le thème que nous avions choisi était « rêves d’Orient ». J’étais très contente de faire cette exposition, avec l’aide précieuse des participants.
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L’année d’après, j’ai pu faire revivre l’exposition de mon travail grâce à des ateliers d’art textile donnés à des élèves de lycée dans le cadre de cours d’Histoire. Après la présentation de ma démarche, les lycéens étaient invités à s’inspirer d’une oeuvre archéologique antique (par exemple présente sur le site du Louvre) et de créer une interprétation plastique textile, accompagnée d’une démarche écrite.
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Ecriture et « Oeil pour Oeil ». Cette loi est une des lois que j’applique dans la vie, se référant dans mon histoire personnelle à une « renaissance » ou développement de « l’instinct de survie », mentionné par A. Lavey. Les trente premières années de ma vie, j’étais beaucoup plus dans le fait de pardonner à l’autre et de m’adapter pour son confort. Cela ne m’a conduit qu’à passer à côtés d’opportunités et m’a ralenti vers mes projets personnels artistiques et spirituels, tout en dégradant ma confiance et mon estime de soi. Hélas, les personnes toxiques existent et il faut pouvoir se défendre face à elle, malgré le désir d’être aimable, il faut savoir couper les liens avec toutes personnes qui nous rabaissent.
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J’utilise encore ces inscriptions dans mes peintures, comme des sortes de mantra.
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Mes recherches d’écriture sur argile.

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Le tissage à la main « do it yourself », en se construisant un métier (la structure de tissage) pour tisser.

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J’utilise des grosses aiguilles à tricoter pour soulever quelques fils de chaîne, afin de créer un motif, dont le modèle se trouve imprimé sur papier.

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Un des sujets que j’aime est ce qui concerne la parure. Aujourd’hui associée à la superficialité ou au capitalisme, une étude plus historique nous renseignera sur le rôle de la parure comme protection magique, marqueur social (la position dans la société ou le métier exercé), identitaire (la famille, le clan), marqueur de rituels (passage à l’âge adulte,…) (pendant longtemps les jeunes filles portaient des nattes alors que les femmes mariées portaient les cheveux longs relevés sur la tête, etc…), coquetterie naturelle, etc,…

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Le dessin crayonné sur papier.

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L’aquatinte est une technique de gravure. Ici j’ai masqué les zones (foncées) avec un vernis. J’ai ensuite plongé la plaque de zinc dans de l’acide qui a attaqué les surfaces non masquées. Cela crée une « texture en grain », qui lors de l’impression crée une sorte de « grain ». Ces étapes sont très longues à réalisées. Ensuite j’enlève le vernis avec un solvant.

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Les traits du contour du personnages ont été gravé en premier, en eaux forte (acide).
Cette plaque représente la matrice, qui une fois couverte d’encre, permet d’imprimer sur papier une estampe, ou sur tissu comme ici.

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Le résultat est assez peu visible mais le rendu aérien donne une sensation fantomatique intéressante.

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Sur papier :

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Légendes des illustrations utilisées.

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Art textile inspiré par la Mésopotamie II – Ishtar

Art textile inspiré par la Mésopotamie II – Ishtar

Voici la deuxième partie concernant mes créations d’art textile inspirées de la Mésopotamie. Contrairement à ce que j’ai écrit, je présente ce travail en trois parties.
(Retrouvez la première partie ici).
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En 2017, je me suis inspirée de la Mésopotamie pour créer une série d’oeuvres d’Art Textile.
Ce projet est né au moment où j’animais des ateliers d’art textile à l’Académie d’Art Plastique d’Epinal, une association locale d’arts plastiques. J’ai eu envie de proposer de travailler autour d’un thème commun qui donnerait sur une exposition, après une première en 2016. Le thème que nous avions choisi était « rêves d’Orient ». J’étais très contente de faire cette exposition, avec l’aide précieuse des participants.
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L’année d’après, j’ai pu faire revivre l’exposition de mon travail grâce à des ateliers d’art textile donnés à des élèves de lycée dans le cadre de cours d’Histoire. Après la présentation de ma démarche, les lycéens étaient invités à s’inspirer d’une oeuvre archéologique antique (par exemple présente sur le site du Louvre) et de créer une interprétation plastique textile, accompagnée d’une démarche écrite.
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Une exposition des travaux des élèves avait été faite. Il y avait même du jus de fruit en guise de vernissage.
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Je pense qu’on est dans une époque où les adolescents ont besoin de prendre confiance dans l’expression de soi. Le but n’est pas de créer une oeuvre magnifique, mais d’arriver à sortir quelque chose de personnel, inspirée par des faits concrets, et le livrer à d’autres personnes.
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Pour chercher l’approche de ma démarche artistique, j’aime réaliser une carte heuristique.

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Ce travail de recherche me plonge dans une période où j’écoutais les cours de Dominique Charpin et lisait quelques livres sur le sujet, tentant d’apprendre l’écriture et de lire les épopées et mythes. Toutes ces recherches résonnent aujourd’hui encore en moi (même si ma mémoire fait que j’ai oublié beaucoup de choses hélas). Ainsi vous trouverez ici surtout les clés des symboles que je mets dans mes peintures plus récentes : Ishtar, Babylone, Hamurabi, Assurbanipal, etc…

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Légendes des illustrations utilisées.

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Peinture : Fleur bleue

Peinture : Fleur bleue

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Romantisme
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Cela fait plusieurs années déjà que je visite la période Romantique en y découvrant des choses particulièrement troublantes : moi-même.

Ma démarche étant la recherche du moi profond, afin de le dévoiler et de le faire exister dans ce monde, actuellement hostile au romantisme, aux artistes et aux personnes sensibles et introverties, j’aime m’y baigner comme dans une source qui soigne mon âme et mon esprit des blessures de la civilisation moderne matérialiste et de ces injonctions à l’utilitarisme, la productivité de masse pour le profit d’un riche possédant, la vente de soi-même comme produit de divertissement (« se vendre »), convaincre non pas par nos savoir-faire, mais par notre attitude prétentieuse « winner » et sans émotions, si ce n’est bien-pensantes hypocrites. L’aube du Romantisme dans le crépuscule du XVIIIème siècle résonne en moi, mieux que les tendances populaires déversées par les médias appartenant aux castes des milliardaires de la planète.
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Ainsi Novalis et la fleur bleue. L’importance de la nature et de sa rencontre par les promenades et pérégrinations du français Jean Jacques Rousseau, ou encore son journal intime comme introspection rendue publique. Les sentiments personnels de Goethe. Et les artistes poètes, graveurs et peintres comme William Blake et son ami d’origine suisse Johann Heinrich Füssli.

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Le Romantisme protéiforme rassemble aussi bien la puissance, parfois dévastatrice et suicidaire des émotions et des sensations, le lointain et l’ailleurs dans l’espace et le temps : la beauté des ruines du passé (pas celles qu’on détruit, mais celles qu’on respecte qui témoignent d’un temps ancien), l’histoire et l’archéologie, le moyen-âge, ses romans et ses légendes arthuriennes ou de chevaliers (Byron), les grands écrivains du passé (Dante, Shakespeare,…), les anciens mythes et mythologies, l’exotisme des autres civilisations, les voyages et l’orientalisme (Byron, Delacroix), la haine du monde industriel (et du capitalisme) qui détruit les campagnes, le monde rural paysan et la nature, l’intérêt pour les petites gens, les gens du peuple, les marginalisés avec la création du folklore, la recherche des traditions et des contes populaires (frères Grimm), la nature dans ce qu’elle a de plus monumentale et parfois tragique, qu’ils s’agissent des grands glaciers ou des tempêtes maritimes (Turner), la puissance des émotions, de l’intime et des pensées personnelles et individuelles, le sacré, la spiritualité et le sensible, le fantastique et les choses étranges qui apparaissent dans le monde quotidien (apparitions, spectres, fantômes, lutins, petits peuples, fées,…), l’inspiration et les muses, le rêve et « l’inconscient »(théorisé plus tard par Freud, et utilisé par les surréalistes du début du XXème siècle), les choses sombres, bizarres et étranges dont le XIXème siècle se réapproprie et raffole (Baudelaire, Poe,…),…

Toutes ces choses constituent un chemin que les anciens ont construit, que je me dois de prendre et de partager en invitant chacun à s’y rendre, comme une révolte contre le monde moderne. Ce chemin vers le sensible, est le chemin sacré vers nous-même en tant qu’humain et non en tant qu’esclave, bientôt machine du capitalisme, déjà représenté dans Metropolis de Fritz Lang au début du XXème siècle, mais aussi présent chez de nombreux auteurs, comme Clive Barker (Hellraiser) ou les mangas Berserk. N’hésitez pas à consolider cet héritage en partageant en commentaire, les artistes, auteurs, musiciens, cinéastes qui vous semblent oeuvrer dans cette noble voie.

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Ma peinture

J’ai créé cette peinture à l’acrylique lors d’un marché d’artistes l’été 2018. J’aime bien peindre en public, à condition d’avoir préparé au préalable dans le silence et la solitude le sujet de mon tableau. Je suis mieux inspirée isolée, car j’ai trop d’empathie et je ressens trop de choses extérieures m’empêchant de me concentrer. Je ne parle pas non plus de tout le travail technique réalisé avant pour obtenir un résultat satisfaisant. J’ai remarqué que beaucoup de personnes se savaient pas comment une peinture se faisait, certaines m’ont demandé s’il s’agissait de collage, et ils ne réalisent ainsi pas le travail qu’il y a. C’est pour ça que c’est important de montrer au public tout le processus et le temps fourni dans une image. C’est aussi pourquoi je fais des vidéos de mes dessins que vous pouvez retrouver sur ma chaîne You Tube.
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Une fois, le visage peint, je ne voulais pas me contenter de cela. Je n’aime pas l’idée que n’importe qui peut faire la même chose que moi. Pas dans le sens où je me situe à un niveau supérieur à n’importe qui, mais dans le sens où, en tant qu’individualiste (ce qui n’est pas « égoïste » et encore moins « nombriliste »), je considère que chacun, ou n’importe qui est un individu, c’est à dire une personne unique avec son propre goût, sa propre expérience, sa propre sensibilité. Et en tant qu’individualiste, je me dois d’encourager chacun à être soi-même et non une copie de quelqu’un. Et je souhaite encourager la créativité personnelle, les émotions et les sensations pour chacun. Chaque personne est unique. Comme on dit, à force de vouloir rentrer dans le moule on fini par ressembler à une tarte. Rien de plus beau que l’authenticité, et donc le respect des autres dans leurs différences.

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Pour cette peinture, il me fallait ajouter des choses plus intimes, révélant mes recherches et mes sentiments du moment. Comme le dit le peintre romantique Caspar David Friedrich que j’aime citer (à peu près) : « l’artiste doit pouvoir représenter ce qu’il a face à lui, mais aussi ce qu’il a au fond de lui. » Il y a des lignes sinueuses rayés et chevronnées. Celles ci évoquent une sortie du corps particulièrement forte et marquante que j’avais fait. Il me semblait que mon corps traversait des vortex, des couloirs avec ce genre de motifs, pendant que j’entendais comme des sons de radio. Il y a des petits chevaux, déjà présents dans une autre peinture, évoquant le chevauchement vers d’autres mondes, à l’instar d’animaux psychopompes. Il y a la constellation de la licorne, présente à un point particulier au moment de ma naissance, signifiant une certaine capacité au soin apporté aux autres (ce qui en tant que féministe ne me plait pas particulièrement car je n’aime pas être réduite à cela sauf pour ceux que j’aime). Cette constellation est brodée sur la toile. Il y a une citation de Novalis de l’oeuvre Henri d’Ofterdingen associée à la fleur bleue qui se situe dans les cheveux de la femme.
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Fleur Bleue
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L’expression « fleur bleue » signifie aujourd’hui dans notre monde industriel matérialiste ce qui est niais, car sentimental et féminin, « gnangnan » voire geignard et plaintif. Aujourd’hui on dirait « fragile » ou « snowflake ». Mais justement, je choisis de défendre ces idées. La « fragilité », face à la brutalité n’est pas la chose la plus vile et haïssable de ces deux idées selon moi. Ce monde pue car il accepte trop, voire glorifie et encourage la brutalité, le crime et la délinquance et ringardise la bonté, l’honnêteté, le respect. Une société d’enfants-rois capricieux biberonnés à leurs smartphones et aux symboles capitalistes comme McDonalds, Apple, Amazon, qui ne rêvent qu’à la compétition et la destruction de l’autre pour se sentir plus puissants, affichant fièrement leur mépris de la culture, et de la sensibilité.  Je préfère défendre les animaux rares, les guépards (en référence au film de Visconti parlant de la chute de l’aristocratie) plutôt que ceux qui pullulent et « s’adaptent » : les cafards. Le sur-homme darwinien ressemble plus à ces insectes se complaisant dans la fange et la crasse que de celui qui a besoin de terre et de rivière. Mais face à l’agression je n’appelle pas non plus à la non violence, car celle-ci protège le système de la loi du plus fort. Ma philosophie qui n’engage que moi est la loi inspirée d’Hamurabi : Oeil pour Oeil, Dent pour Dent, non à la soumission ! Je continuerai donc de développer ma sensibilité, d’encourager les autres à le faire et de la propager du mieux que je le puisse.
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La fleur bleue : L’extase de la beauté poétique inspirée par les muses de l’Amour et son parcours initiatique pour y accéder. Cette idée a été sali par la bourgeoisie, qui par essence se réapproprie les créations et travaux d’autrui pour les copier (« l’ère de l’ersatz et autres textes contre la civilisation moderne » est le nom donné à un recueil de textes politique de William Morris qui explique l’aliénation du travailleur pour l’objet industriel sans âme), les industrialiser, les vider de leurs substance, pour en faire un produit marchand, de masse, de mauvaise qualité pour un usage obsolescent, exploitant et aliénant au passage l’ouvrier qui l’a produit, polluant la terre et volant les ressources. Ce qui est le contraire des valeurs du romantisme. Le Romantisme, les sentiments et les émotions sont à peu près des ennemis de la pensée bourgeoise capitaliste. C’est pour cela qu’il tente de décrédibiliser tout ça et n’hésite pas à réduire cela à des « affaires de bonnes femmes », là où la majorité des romantiques sont des hommes, le XIXème siècle accordant peu de place aux femmes, si ce n’est Mary Shelley (Frankenstein) parente de ce mouvement romantique à travers son mari Percey et de ses amis Lord Byron et Polidori (le vampire).
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La fleur bleue est une expression utilisée dans Henri d’Ofterdingen de Novalis. Elle symbolise un passage initiatique que l’auteur associe parfois au culte d’Isis, amenant vers une pensée plus spirituelle et moins matérialiste et « quotidienne ». Elle est l’âme du poète qui rencontre l’amour, la quête du jeune garçon devenant un homme,… L’importance du monde sensible et inspirant, de la nature et des rêves. Un rite initiatique développant la sincérité, l’ ouverture d’esprit, la capacité à comprendre les forêts de symboles nous amenant vers la plénitude d’un amour pur (que certains associent au désir sexuel voire sa consommation, pour faire plus trivial donc vendeur).
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Voilà tout ce que j’essaie de transmettre dans toute une série de peinture. Mais sans l’aisance du verbe parlé et de la représentation tournée en acte de divertissement public, l’image peut-elle éveiller à tout ce que je viens d’expliquer ?

Illustration « Mars » – extraits

Illustration « Mars » – extraits

Voici enfin ma dernière vidéo terminée. Elle montre et explique l’évolution de cette illustration intitulée « Mars », reprenant les symboles de ce dieu mythologique Romain.

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Comme je sais qu’aujourd’hui les gens ont à peu près 3 minutes d’attention (merci le marketing publicitaire), j’ai extrait trois parties que je vous montre ci dessous :

 

 

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Illustration encadrée, prête à être exposée :
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Selfie bisous
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Dans ce deuxième extrait, vous pourrez voir en détails les symboles mis en abîme.

 

Top 10 favorites movies

Top 10 favorites movies

Je suis tombée sur facebook sur une liste à donner de mes dix films préférés. J’ai préféré la repartager ici pour qu’elle ne tombe pas dans l’oubli des archives perdues de l’infraweb of the abyss.

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1 – Belle de Jour – Luis Bunuel – FR (1966)

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Luis Bunuel fait parti de mes 4 cinéastes préféré. J’ai vu presque tous ses films (il est le réalisateur dont j’ai vu le plus de films, au moins une bonne vingtaine sur plus de trente), écouté des conférences, des interviews, lu des livres sur lui et de Claude Carrière avec intérêt.
Vu au cinéma du Centre G. Pompidou. Belle de Jour est le film qui m’a le plus marqué émotionnellement mais à l’époque j’étais plus sensible au sujet. J’en suis tombée amoureuse de Pierre Clementi, lu son livre sur la prison en Italie (« Quelques messages personnels ») etc,…
Mais dans mes films marquant, il y a beaucoup « Un chien andalou » de 1929. Je ne l’ai pas mis ici car j’avais déjà trop de films et que c’est un court métrage. Je l’ai vu la première fois au Tate Modern à Londres il me semble.
Ce film me plait pour son esthétique contemporaine d’une époque graphique, pour son surréalisme, qui est très important pour moi car l’art doit réveiller du réel.
C’est ce que fait ce film comme d’autres que j’ai beaucoup aimé notamment La Voie Lactée, qui s’en prend beaucoup à l’église (comme « l’Age d’or »), mais qui à l’époque était vraiment audacieux.
Et « le Fantôme de la liberté » qui a un humour particulier (ou que j’aime particulièrement), j’aime sa façon de remettre en cause les valeurs de la société de l’époque, sa manière de se moquer des bourgeois et de casser les codes.
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2 – La Grande Illusion – Jean Renoir – Fr (1937)
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Vu à la cinémathèque Française de Paris, ainsi que pas mal d’autres de ses films, car Renoir fait aussi parti de mon « top 4″. Je ne sais pas si j’aime les films qui se passent pendant la guerre, ou si j’aime simplement les uniformes (enfin si je sais). La présence de Erich Von Stroheim fait beaucoup pour ce film, car il est un personnage qui malgré son physique peu avantageux sait incarner l’élégance, la froideur et le côté sombre qui me plait (dans son goût pour le style « gothique »…). L’esthétique du film est parfaite et émouvante, mais le côté bon enfant, bon vivant est également très présent (et ne me gêne pas alors qu’il me gêne dans le cinéma d’aujourd’hui). On y parle de la guerre sans manichéisme, mais avec un espoir qu’on ne connait plus, que je qualifierais de poétique. Cet espoir qui selon moi est cette grande illusion, est de penser que c’est la « der des der », à l’aube de la seconde guerre mondiale.
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3 – Les damnés – La caduta degli dei – Luchino Visconti – It (1969)
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Mon troisième de mes quatres cinéastes préférés, sans ordre particulier, sachant que j’ignore qui est le quatrième est l’italien Luchino Visconti. J’aime aussi également Ludwig et le Guépard, un peu moins Senso ou Mort à Venise (qui reste magnifique). Je pense souvent que les films que je préfère le sont pour les costumes et les décors et précisément les papiers peints. Certains trouveront cela superficiel mais le costume et le design de motifs sont de réelles et profondes passions et professions chez moi. La lumière est magnifique, certains trouveront cela trop théatrale ou académique mais avec la mode des années fin 60/ début 70 j’adore vraiment ces images.
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Encore ici la présence du beau Helmut Berger rend ce film encore plus agréable, et son personnage à la fois fou, qui aime se travestir, qui aime les enfants et sa mère est très intéressant. La référence à la nuit des longs couteaux, la tuerie des S.A. me plait énormément car rappelle comment le régime hithlérien utilise et massacre ses alliés, pour retourner sa veste et se faire bien voir auprès des dirigeants. Le côté ou peut être la vision légèrement homoérotique de Visconti me plait aussi, parfois j’ai l’impression d’être, dans mes goûts esthétiques un homme homosexuel dans le corps d’une femme. Mon côté Douglas Pearce.
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Charlotte Rampling n’a pas de chance avec les nazis. Je voulais mettre dans mon top 10 Le portier de nuit de Liliana Cavalli (1974), car il fait aussi parti de mes films préférés, mais je triche déjà en mettant plusieurs films préférés par réalisateur.
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4 – Inferno – Dario Argento – It (1980)
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Pour rester dans le cinema italien, j’ai découvert Dario Argento plus récemment (il y a six ou sept ans), avec Inferno à la cinémathèque française. C’est parce que je l’ai vu en premier, et qu’on m’avait dit beaucoup de mal d’Argento (pour son kitsch etc) et que je m’attendais à ne pas aimer, que j’ai beaucoup aimé et que je n’ai pas choisi Profondo Rosso ou Suspiria vu plus tard. Peut être que je préfère Profondo Rosso, car il y a une maison (près de Turin) avec une très belle architecture, mais ce que je préfère dans Inferno est le côté fantastique. En voyant ce film, j’ai vraiment retrouvé des sensations que j’avais dans mes rêves. Je me suis vraiment demandé si j’avais rêvé de ce film et je pense que Dario Argento sais se connecter à une vibration sensible un peu inconsciente et totalement onirique (qui peut aller dans l’horrifique). Mais avouons que les papiers peints de Suspiria sont les plus beaux, même si l’hôtel de Inferno est carrément génial. J’adore aussi les vitraux, donc je me devais d’adorer Argento. Et je finirais par saluer les musiques de ses films qui sont superbes.
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5 – 2001 l’Odyssée de l’espace – Stannley Kubrick US (1968)
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J’ai vu ce film seule chez mes parents quand je devais avoir 16 ou 17 ans. J’étais à l’époque grande fan de Marilyn Manson qui recommandait Kubrick. C’était vraiment une découverte intéressante, et même si je ne comprenais pas tout ce que je voyais, les images et je dirais même les symboles qu’ont réussit à créer les images sont restées gravées en moi jusqu’à aujourd’hui. Les mégalithes noirs, bien que discrets semblent avoir une puissance extra terrestre divine. J’ai lu juste après le livre de Arthur C. Clarcke pour tenter de percevoir un peu plus certaines choses. Le design et le style de l’époque, me plait énormément. Shinning, Orange Mécanique et Barry Lindon sont aussi des films qui m’ont plu, mais j’ai détesté Eyes wide shut et ses 3 accords de piano. J’aime l’humour du Professeur Folamour, et imaginons qu’il ait pu réaliser un film sur Napoléon (l’exposition à la cinémathèque nous montrait ses recherches), cela aurait pu être magistrale.
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6 – idi i smotri (Requiem pour un massacre) – Elem Klimov – Ru (1985)
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Découvert au cinéma espace Saint Michel de Paris, sur un conseil, je ne savais pas à quoi m’attendre. La surprise vient d’un format d’image à la fois sale et carré qui rend à la fois les scènes proches de nous, et aussi un côté différent de ce que j’ai l’habitude de voir (plus la langue qui n’est pas celle que j’entends le plus souvent). D’une certaine manière on sent une certaine immersion dans des moments terribles. J’ai ressenti un malaise avec ce film et cela m’a plu car il avait réussi à remuer mes petites tripes sensibles. Encore un film dans le contexte de la guerre.
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7 – labyrinthe d’herbes – Shuji Terayama – Jp (1979)
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Ici encore, ce film réussit à composer plusieurs éléments que j’aime : l’onirisme étrange, le bizarre, le côté avant-gardiste et artiste du style Angura, le côté légèrement subversif ou anticonformiste, les fantasmes mêlant sexe, mort, étrange, les souvenirs comme des fantômes du passé, le côté théâtral, la poésie,…
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Il réussit a créer des personnages qui deviennent des sortes de symboles ou d’archétypes comme ce personnage de jeune garçon  au visage blanc ou portant un masque, avec un uniforme et une casquette symbolisant l’enfance du réalisateur, et que l’on retrouve dans « pastoral to die in the country ».
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8 – cold fish – Sono Sion – JP (2010)
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Film vu au Forum des Images, en présence d’une des actrice. Il y a encore ici beaucoup de films, ou d’éléments de films que j’aime chez Sono Sion. J’ai bien apprécié Suicide Club (2001), Noriko’s Dinner Table (2006) (cela rappelle cet article :
), Strange Circus, Love Exposure (2008) (vu a cinéma de Saint Denis en présence du réalisateur, pendant ses quatre heures, ou Cold Fish (2010). (moins aimé « comme dans un rêve » ou « guilty of romance »). Et The Land of Hope (inspiré de Fukushima) m’a fait beaucoup pleuré.
Apparemment il aime beaucoup l’auteur Edogawa Rampo aussi.
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J’aime beaucoup un certain cinéma japonais, j’aime le décalage qu’on pourrait trouver avec notre réalité française, et qui pour moi me permet de faire ce pas de côté, cette critique et cette ouverture vers un ailleurs possible. J’aurai pu mettre d’autres films qui m’ont marqué : Visitor Q, Ichi the killer (Takashi Miike),… J’aime beaucoup le thème de l’échec familial avec lequel je me sens proche, je ne sais pas s’il y a un lien avec mes origines asiatiques mais le malaise créé entre modernité et tradition est quelque chose que je ressens. J’aime aussi cet humour tragi-comique, parfois noir, qui n’appellent pas au ricanement actuel de rigueur. J’aime quand les images sont à la fois subtiles, transgressives et extrêmes, du coup le « gore » ou le sanglant en font parti. (J’aurai pu mettre dans ma liste de films Brain Dead vu quand j’avais 13 ans qui était un film assez drôle).
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9 – Innocence –  Lucile Hadzihalilovic – Fr (2005)
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J’aime beaucoup l’atmosphère de ce film. J’aime cette innocence. Ce film réussit à créer un environnement proche du conte, qui est un élément important pour moi. Ce n’est ni joyeux ni triste, c’est complexe et nuancé. J’apprécie cette ambiguïté, plus proche de la réalité. La jalousie, l’espoir, la peur, la tristesse,… Il ne faudrait pas enlever cela aux enfants, même si on a tendance à vouloir les représenter sous leurs meilleurs jours. Quand il y a des enfants à l’écran, j’ai tendance à m’identifier. Faire une régression dans mon enfance, ou le concept de l' »enfant en moi », vulnérable, naïf. Je vois cette douce sensation de nostalgie. Beaucoup de personnes ont plutôt pris le parti de se voir en tant que prédateur sexuel, et ont dénoncé ce film. Pourtant ce n’est pas explicite, ce qui serait à dénoncer est de n’y voir que ça chez les censeurs. « L’ambiguité sexuelle » est quelque chose qu’il ne faut pas dissocier absolument de l’enfance. Quand on est enfant, on sent aussi ces choses, ces regards, ces gestes, ces attentes, en tout cas moi je le sentais. Beaucoup d’enfants cherchent à faire plaisir aux adultes, à être parfait à leurs yeux. C’est là que réside la complexité.
J’ai récemment regardé « Evolution » que j’ai aussi aimé. C’est le genre d’atmosphère qui me plait, le conte, le mythe, le symbole.
Et aussi la beauté et l’esthétisme.
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10 – Marie Antoinette – Sofia Coppola – USA (2006)
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Vu au cinéma, j ‘ai beaucoup apprécié ce film comme beaucoup de personnes à l’époque. Il a influencé toute une tendance. J’ai déjà parlé que j’aimais les costumes et les décors en général, qui sont ici très beaux, malgré les débats futiles sur l’historicité (ce film n’avait pas pour but d’être un documentaire). Sofia Coppola réussit très bien à créer une ambiance féminine, onirique et dramatique, qui est à la fois romantique et contemporaine (avec un brin de « jeunesse »). On arrive a se mettre à la place d’un personnage à la lourde responsabilité qui cherche à s’évader dans son propre monde. Je pense que ce film serait mal passé 12 ans plus tard, où on s’attarde trop au caractère « royal », vu comme la pire des choses (alors que c’est plus complexe que cela), ou à la « blanchitude » des personnages, comme a été très lourdement accusé son dernier film « les proies », film que j’ai beaucoup aimé pour l’ambiance également, les costumes et ce regard également sur la féminité (à la fois mignonne, jalouse, mesquine et fatale). J’avais aussi apprécié Virgin Suicide mais moins Lost in Translation. J’aime assez Kirsten Dunst qui est née le même jour que moi, du coup je pense que c’est une personne intéressante. ^^
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Mais aussi en pagaille :
Seul contre tous – Gaspar Noé
crash
the naked lunch – Cronenberg
eraserhead – David Lynch
Neon Demon Judgement – Nicolas Refn Widding
The wicker man,…

Aquarelle – Vindex

Aquarelle – Vindex
Cette illustration dans une style plus « fantastique » est un peu particulière pour moi car elle m’est très personnelle, en tout cas elle le fut à l’époque où je l’avais réalisé en juillet 2016.
Avec le temps, il m’est plus facile de révéler sa signification.
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C’est une aquarelle sur un format A3 représentant un personnage féminin vu dans un miroir ovale.
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Je vous explique plus en détails cette illustration en vidéo.
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Nouvelle Lune et Kali la noire

Nouvelle Lune et Kali la noire

 

Je relisais un livre sur Kali pour me remettre dans son sillage, l’invoquer pour de nouvelles oeuvres à venir. Le travail d’illustration ne se contente pas de devoir maitriser les techniques du dessin, dans la forme, la lumière, la couleur, l’anatomie, la perspective et tant de choses qu’une seule vie ne permet pas de gagner totalement. Il faut à l’illustrateur de se nourrir de culture, terme vaste, mais il lui faut aussi la semence qui fasse germer l’idée que lui apporte cette culture.  Cette graine s’exprime par la poésie, la philosophie, la spiritualité et d’autres choses encore.
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Pour que je puisse aimer le travail d’un artiste, et d’un illustrateur en particulier, il faut que je puisse sentir derrière ses lignes une curiosité intellectuelle et culturelle, une maturité esthétique, une pensée dense et palpable, sinon le travail d’une photocopieuse ou de la machine en général peut très bien faire l’affaire. Pour que l’humain ne disparaisse, il ne doit pas laisser la machine le supplanter, c’est pour ça qu’il doit recultiver son âme avant que la machine se développe jusque là, si ce n’est pas déjà en cours. Une personnalité, une intégrité, des émotions, des sensations, voilà le minimum qu’un vrai artiste doit pouvoir accoucher.
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lune noire
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Ces derniers temps, je me sens bousculée par les projets, j’en ai déjà parlé et je m’en réjouis plutôt, mais cela condamne certaines choses à être mises de côté. Je suis déjà socialement et familialement totalement dévouée à mon art, dans le sens où j’ai renoncé à partager du temps avec ce qui ne le fait pas fructifier. L’Art demande des sacrifices, et cela, peu de gens peuvent le comprendre…
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Aujourd’hui se dresse dans le ciel la lune noire, l’absence de lumière dans la nuit. Cette nouvelle lune s’annonce plutôt négative pour moi. C’est drôle car il y a quelques jours je lisais sur des réseaux sociaux les apports bénéfiques des phases de la lune. Tout était si positif, et donc hypocrite et manichéen comme savent le faire les mythomanes new ageux. Il était dit que pendant la nouvelle lune, il fallait commencer de nouveaux projets. Ma croyance et celle de nombreuses traditions pensent l’inverse. La nouvelle lune symbolise souvent la Mort. Et ici, astrologiquement elle ne m’aide pas à rester dans le bien être.
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calendrier lunaire
(les lunes correspondent ici au standard du pacifique, en France par exemple les pleines lunes de janvier et mars sont le 2). Pour les heures précises, vous pouvez consulter ce site.
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Je parle de la Lune car je parle de cycle quand je parle de Kali. Le cycle de la Vie, et de la Mort. Et c’est très étrange que je lise des lignes sur elle ce jour. (Même si je fais des recherches depuis quelques jours et que je construis mon projet depuis quelques semaines).
Donc pour que l’artiste puisse mettre de la consistance et de la vie dans son oeuvre, il doit faire aussi des recherches. Et cela, peu le comprennent… « ah, elle s’amuse, elle fait passer le temps,… elle n’est pas sérieuse,… ». Et pourtant il en faut du sérieux pour se remettre à bâcher sur les livres, les conférences, les émissions, prendre des notes, faire des synthèses et laisser l’esprit s’adonner à son intuition pour sélectionner les morceaux les plus germinateurs ».
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Kali est liée à la Vie, la Création et aussi la Mort. Ainsi il est nécessaire d’avoir des jours d’inertie. Je déteste l’inertie, c’est quelque chose qui m’effraie et que j’évite au plus haut point. Je ne sais pourquoi ça me rend malade. C’est pour ça que j’ai du mal à rester avec des gens, à part si les conversations se font riches et productives, ce qui est rare, mais en même temps je ne cherche pas assez, je n’ai pas le temps, je dois travailler le dessin et penser à l’Art.
Aujourd’hui ne devrait donc pas être un jour pesant mais un jour de « temps mort ». Kali surpasse la notion de temps.
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« Kâlî détruit Mahâkâla au moment de la grande dissolution; c’est à dire que Kâli, puissance du temps, absorbe Kâla (le temps), le destructeur universel. »
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L’hindouisme nous apprend a relativiser le temps. Pourquoi ai je si peur du temps qui passe ? Pourquoi me lamente-je de n’avoir que 24h dans une journée ?
Je disais plus bas, qu’un jour je mourrai et n’aurai pu profiter de toutes les oeuvres d’Art incroyables que peut contenir mon coeur. C’est quelque chose de douloureux. Je n’ai pas le temps car j’ai peur du temps qui passe et de l’inertie, comme la Mort, que je crois être mes ennemis. Mais le cycle qu’incarnent les grandes déésses mères fécondantes que sont Kali ou Ishtar ou tant d’autres qui ne sont que plus ou moins la même entité sous des langues et des terroirs différents, s’étant incarnée différemment pour mieux se faire comprendre des différents peuples du monde, ce cycle est vital, il est la Vie.
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Kali
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Pourquoi se soumettre à rendre des comptes à ceux qui nous oppressent ?
Pourquoi courir contre la montre alors qu’on pourrait parfois s’octroyer le temps de souffler, de dormir, de mourir, pour mieux renaître. Cette nouvelle lune, entre deux pleines lunes de janvier m’apprend l’humilité de la mort. J’ai la sensation d’avoir vécu des morts initiatiques, en rêve, sur le Pont du Diable. Je crois en avoir déjà parlé. Ce jour j’ai réalisé combien n’importe qui pouvait (et voulait) me tuer. (Depuis je sens cette sensation chez certaines personnes à mon égard, cela fut nécessaire pour développer mon instinct, à travers mon instinct de survie : devenir l’animal qui sent le prédateur et apprend à développer ses poisons).
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Il me faut absolument penser à redevenir un être sensible qui ne court pas après la productivité, les expositions, les projets, les contrats, car je n’ai rien à prouver à personne, je n’ai aucun compte à rendre; pour devenir un être complet, il me faut prendre le temps de réaliser mes projets un à un en leur donnant le temps nécessaire. Je dois prendre du temps pour aller au delà de mes problèmes techniques de vidéo, continuer mes peintures à l’huile qui me prennent plusieurs mois, filer et tisser trame par trame pour sentir la matière, crocheter les mètres de fils en motifs. Personne ne m’arrête mais aussi personne ne doit accélérer le rythme nécessaire des cycles de création. Plus de philosophie, d’esthétique, de spiritualité, de pratique magique, d’émotions, d’amour et de temps morts.
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PS : Rien à voir, mais j’ai testé l’application/le site Canva. Je n’en voyais pas l’utilité car j’utilise Photoshop, mais pour ceux qui ne disposent pas de ce logiciel, cela permet de notamment créer facilement des « panneaux de tendance » ou graphisme élémentaire.

Marché de Noël de Plombières les Bains

Marché de Noël de Plombières les Bains

J’ai visité Plombières les bains, une ravissante ville perdue dans une vallée des Vosges aux accents de parfums du passé.

 

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On sent une belle activité XIXème siècle entre architecture Second Empire et Arts Nouveaux. Comme son nom l’indique la ville est réputée pour ses thermes d’eaux chaudes.

 

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J’aime bien ces petites animations de « fermes », je suis comme une enfant devant les animaux.

 

Quelques images video :

 

 

On trouve trace également d’exploitation de ces eaux dès la période gallo romaine.

Comme beaucoup de ville thermale, on y trouve un casino, qui a pris place dans l’ancienne gare, construite en 1878 et fermée un siècle plus tard. A l’époque on pouvait rejoindre Paris en 6h.

 

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Malheureusement, malgré une activité présente concernant des galeries d’art et d’antiquité, la population semble baisser et abandonner les belles demeures.

 

 

 

 

 

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Exposition – Obey – Shepard Fairey

Exposition – Obey – Shepard Fairey

En ce moment, à Epinal dans les Vosges, est présentée une exposition de 250 oeuvres de l’artiste mondialement connu Shepard Fairey dit, Obey.

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Mon premier souvenir de son travail remonte à la ligne 2 aérienne du métro entre Barbès et Stalingrad. De là on avait une vue idéale sur ses collages recouvrant les vieux murs d’immeubles parisiens. Il s’agissait de collage en noir et blanc du visage du catcheur qu’il a photocopié comme une signature.

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A cette époque, je ne détestais pas le street art, je partageais l’idée de réappropriation du mobilier urbain, qui donnait l’impression d’oppression sur l’individu : marcher sur les lignes, dans les clous, ne pas être en marge, etc… Tout ce que la société contemporaine de consommation oblige à faire, être, penser,… J’aimais le détournement des objets et des concepts, l’esprit Dada, voire situationniste ou punk. J’aimais les actions de Zeus, les mosaïques Space Invaders, … Les contraintes sociales nourrissaient ce besoin artistique.
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Puis c’est devenu à mes yeux de plus en plus mou, bourgeois, niais et laid. N’importe qui voulant afficher ses petits dessins insignifiants sur un mur avec beaucoup plus de caractères agissait comme un chien qui pisse pour marquer son territoire, avec parfois un message soit disant poétique d’un vide affligeant. Le concept de réappropriation de l’environnement urbain par ses utilisateurs (public) est devenu une réappropriation bourgeoise (privé et illégal = vol) de biens personnels à posséder dans une culture de la sur consommation toujours de plus en plus assumée.
Je comprends le street art dans les ZAC, mais pas sur le patrimoine, ceux que certains ne savent différencier et qui révèle de leur (non) sensibilité.
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J’ai suivi l’évolution du travail de Shepard Fairey naturellement en considérant son travail graphique, très inspiré du pop art mais surtout des mouvements de propagande du XXème siècle. Graphiquement le futurisme, le constructivisme russe, les régimes communistes et fascistes ont un fort impact visuel. Là encore, on retrouve Dada, des artistes si peu considérés pour leur « monochrome », mais dont l’influence est incontestable comme Malevitch, l’enseignement du Bauhaus, etc…
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Bien que toutes ces théories et ces pratiques de ces maîtres de l’art moderne qui ont formé le monde publicitaire du capitalisme d’aujourd’hui aient profité à l’effeuillage des fioritures typographiques que j’aime tant, jusqu’à la récente amputation d’empattement du logo Google, leurs influences sont incroyables et incontestables.
On peut aimer les fioritures et les détails et reconnaître l’influence et le génie de la modernité.
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Ce que j’aime dans le travail contemporain de Shepard fairey est la composition de ces « affiches », le choix d’une palette graphique réduite mais efficace, le talent d’avoir créé sa signature par le copié-collé. J’ai ensuite écouté les interviews présentés dans cette exposition et j’ai été beaucoup moins séduite par le propos que je trouvais assez basique, adolescent (dans le confort des jupons de sa mère). Son rapport à l’argent est assez peu assumé, voire hypocrite, alors que personne n’est dupe, il doit bien gagner sa vie en tant que « rebelle » utile. Que reste-t-il de « rebelle » de l’action de soutenir ainsi Obama et les meilleurs stratégies publicitaires ?
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J’ai ensuite aimer son utilisation de plus en plus présente de différentes trames, de all-over (qui titille ma création d’impression textile), de travail de textures (à la mode au début des années 2000, puis revenu aujourd’hui avec les « filtres » et autres gadgets technologiques donnant l’impression « d’authenticité » (c’est à la mode également les tuto sur « comment être authentique »… belle époque). J’aime beaucoup les brillances de noirs, surtout lorsqu’il s’agit de paillette et l’utilisation du doré brillant, sur du noir mat, les superpositions de certains travaux qui rappelles ceux des nouveaux réalistes des années 60, qu’on ne peut apprécier véritablement plus en vrai (en exposition par exemple) que reproduite sur papier ou sur un écran.
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Cette exposition vaut vraiment le coup d’oeil, pour les passionnés comme pour les curieux, c’est une chance qu’Epinal reçoive ce grand nom de l’art contemporain et du graphisme.
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Shepard Fairey, dit Obey à Epinal du 5 septembre au 17 octobre 2015 à la Lune en parachute, 46b rue de Saint Michel.

 

 

 

 

Happy Beltane !

Happy Beltane !

Bonjour, comme vous le savez peut être la fin du mois d’avril est un moment très important pour moi. Depuis que j’ai décidé de célébrer les choses pour m’apporter plus de Joie et la faire fructifier, et d’honorer la Vie en tant que source de Création, je fête mon jour de naissance avec grand enthousiasme. Peut être que comme moi, vous avez souvent entendu dire que le jour d’anniversaire n’était qu’une fête d’enfant, et qu’il fallait grandir en renonçant à ce genre de futilité égoïste. Evidemment, en choisissant de me tourner vers la Joie, je ne peux que m’opposer face à ceux qui veulent nous priver de nous aimer, aussi futilement cela puisse leur paraître. D’autres y voient un compteur d’années qui nous rapproche vers la vieillesse, mais je pense que le contraire de la vieillesse est non pas l’âge mais la maladie et les mauvais soins apportés au corps, sans parler de la résignation à vivre etc.

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La nuit de Walpurgis est l’invention catholique visant à diaboliser les fêtes païennes célébrant la vie. Elle décrit des Sabbats de sorcières et autres créatures adorateurs du Démon. L’adoration du démon n’est autre que l’adoration de la nature et de son renouveau. La nature représentant une force sacrée et magique non compatible avec ceux qui veulent asservir les humains. Il est dit qu’à cette époque de l’année, le 30 avril, mais également le 31 octobre dans la nuit d’Halloween, les mondes s’entrecroisent, celui des morts, des vivants et autres créatures mystérieuses.

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Beltane est une fête traditionnelle fêtée dans certains pays européens visant à célébrer la nature et sa fertilité pour ainsi avoir des moissons riches en été et éviter les pénuries.

J’aime beaucoup le film The wicker man de 1973 qui aborde ces thèmes.

J’écoute très régulièrement sa bande originale qui me replonge dans une époque avec un esthétisme que j’adore.

Le mat de mai est aussi un symbole très beau, j’aimerai tellement voir des spectacles et des défilés festifs de ces anciennes croyances folkloriques.

Malheureusement tout cela tend à disparaître, quand il n’est pas récupéré par des ringards new ageux (ce que je reproche à ces gens là sont leurs morales réductrices et leurs hypocrisies exagérées).

J’avais récemment écrit ces mots sous l’agacement de voir constamment la création et la sensibilité bafouée :

L’homme moderne s’est éloigné de sa sensibilité et de sa création, ainsi il a perdu sa part magique, sa capacité à penser et pratiquer ce qui sort de la « raison ». Le capitalisme actuel rejette et discrimine le monde de la sensation, de la réflexion, de la philosophie, de l’art, il ne cesse (et c’est la définition du bourgeois) de transformer tout ce qu’il peut en produit et dénature ainsi l’essence créative et la nature, qui ne devrait pour lui qu’être soumises au diktat démocratique (à l’opposé de la publicité, qui elle séduit le peuple pour mieux le pervertir).
Avant le capitalisme, les religions ont voulu priver l’homme de sa pratique magique, de sa vision du monde sensible et de son action fertile (en accord avec la nature) sur celui ci, dans le seul but de dominer les humains et les rendre esclaves. C’est pourquoi elles ont rendu illicite la création.
Le problème est qu’actuellement certaines religions ne se contentent pas d’exercer leur culte de manière privée et personnelle, elles imposent à tous leurs idéologies et détruisent et exterminent sans résistance. Tout ce qui déplaît à ces gens, la musique, la sensualité, la différence etc est appelé « Satan » (Satan qui, chez les non religieux n’existe pas et ne devient que le symbole de tout ce que les religieux détestent), ainsi les complotistes, antisémites, frustrés, fanatiques, recommencent leur chasse aux sorcières au XXIème siècle pour un monde sous contrôle, capitaliste, et absolument pas traditionaliste, comme ils essaient de le faire croire.

 

Je me rapproche de plus en plus de la nature, et je sens également un besoin de renouer avec une ancienne connaissance des plantes. Ma génération n’a pas du tout été sensibilisé à apprendre les noms et les vertus de ce qu’offre la nature. C’est assez regrettable mais il n’est tard pour personne d’apprendre et réapprendre le monde qui nous entoure. Nous vivons dans une époque charnière où les grandes entreprises capitalistes font tout pour nous déraciner, il reste encore quelques ressources libres qu’il faut pouvoir garder libre.

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J’aime créer des couronnes de fleurs, celle ci n’était peut être pas la plus belle que j’ai faite, mais c’était important que je puisse porter une couronne pour mon anniversaire. J’ai fait une vidéo, mais la qualité est basse, j’espère que ça vous donnera tout de même envie de vous rapprocher de la nature.

couronne de fleur from Holy Mane on Vimeo.