Le Retour du Soleil

Le Retour du Soleil

Comme chaque décembre, je réalise une peinture qui compte pour moi techniquement. Je me souviens avoir expérimenté avec l’encre et l’aquarelle et sentir le plaisir de l’eau. Cette année, je vous présente l’introduction de mes retouches numériques grâce à l’acquisition d’une tablette graphique (enfin des prix abordables à moins de 60 € !).

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Je voulais rendre hommage au solstice d’hiver qui marque le retour du Soleil au fond de l’hiver. Je suis particulièrement sensible à la morosité des mois sombres et froids. Je souffre vraiment de ces moments et espère le printemps avec impatience tout en acceptant les cycles qui demandent aux corps de se reposer et d’hiberner. La lumière, la chaleur et le Soleil sont des symboles que j’aime beaucoup.
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Je me suis inspirée de Sol Invictus, dieu romain issu d’un mélange entre Apollon et Mithra. C’est pourquoi le personnage ressemble beaucoup au dieu Apollon, sans avoir tous ses attributs (lyre et arche). J’ai voulu aussi retranscrire l’idée de neige et d’obscurité et créer un contraste.

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J’ai commencé par faire des recherches de poses et de notes sur le solstice et le Soleil. Puis d’après un croquis qui me convenait, j’ai dessiné au crayon sur le format A3, que j’ai ensuite encré à l’encre de Chine et à la plume (de métal). J’ai ensuite peint à l’aquarelle. Je savais que je devais créer un décor plus sombre, mais il était difficile psychologiquement (risque de tout rater) de rajouter de l’encre sombre sur la neige, c’est pourquoi j’ai préféré réveiller les valeurs numériquement. Il y a aussi des ajouts de gouache. Le visage ne me satisfaisait pas entièrement et finalement je l’ai retouché une dernière fois avec le numérique. Cela m’a pris environ 10 à 12 heures en 3 jours.

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Peindre des divinités, c’est pour moi leur rendre hommage afin qu’elles me soutiennent dans mon quotidien, c’est une sorte de prière sans soumission mais grâce à l’amour et l’Art que je leur offre. Dans mes recherches, je suis tombée sur le concept de « mysticisme astral », j’ignorais cette expression qui désigne le fait de croire aux Astres, et pourtant je la pratique d’une certaine manière. Je ne comprends pas comment on ne peut se rendre compte combien le Soleil donne la vie et influence nos vies, nos rythmes biologiques, notre existence. Je pense que l’homme moderne devrait arrêter de se penser au dessus de la nature et devrait être un peu plus humble et respectueux d’elle. Je ne comprends pas non plus comment on peut ignorer le Soleil, penser qu’il n’existe pas,… Cette époque est trop déracinée de la nature, des cycles, de la science sacrée (et non profane, matérialiste, utilitariste, capitaliste, pour le profit) pour respecter ce qui l’entoure. Personnifier les astres ou les dieux ont été des moyens de rendre plus familiers et palpables ces énergies primordiales. Ce sont des symboles, des choses qui nous lient car nous dépendons tous de la nature et de la biologie qu’on le veuille ou non.
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Quels cadeaux pour Noël ? Ma boutique Society6

Quels cadeaux pour Noël ? Ma boutique Society6

Et si vous offriez des produits venant d’artistes et créateurs pour Noël ?
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Si vous cherchez un cadeau unique et original pour valoriser l’amitié d’une personne distinguée, vous êtes au bon endroit.

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Je viens d’ajouter de nouveaux produits avec mes illustrations et motifs sur la boutique en ligne Society6.com/holymane 

En plus de ma boutique sur holymane.redbubble.com (ici ou là en video), retrouvez des articles originaux :

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Mugs roses, verts, pastels, Tshirt, coussin, totebag, carnet, …
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Exposition Holy Mane – fêtes de Saint Nicolas

Exposition Holy Mane – fêtes de Saint Nicolas

J’expose 3 peintures pendant les fêtes de Saint Nicolas d’Epinal !

 

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La ville d’Epinal met en place un mois de décembre festif et artistique pour réchauffer nos mornes quotidiens. Du 3 décembre au 2 janvier 2022, de nombreux événements réuniront les visiteurs et les spinaliens dans de nombreuses rues de la ville.

 

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Sous le chapiteau Cristal, place de l’Atre, derrière la basilique, se tient l’exposition que je partage avec mes camarades artistes et artisans d’Art de Pigment’T. Je tiens à saluer les efforts des associations qui doivent s’adapter aux confinements et autres restrictions ainsi que la volonté de la mairie d’accueillir leurs artistes – mêmes les plus « subversifs », ou « libres d’expression ».

 

 

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J’ai décidé de présenter trois peintures aquarelles et à l’encre sur papier de 2015, qui n’ont pas été exposé cet automne ou cet été. Je trouvais ce triptyque parfait. Je peins le plus souvent des femmes, elles sont sensibles, rêveuses, et dans l’espace liminal de l’Invisible. Elles sont moi, mes Muses, mes inspirations, mes aspirations, les femmes que j’aime et que j’admire. Elles sont la féminité que je veux honorer : la féminité réceptive des ondes des infra-mondes mystérieux, la féminité sacrée discutant avec le divin, la sorcière et la sainte, la mère et la séductrice.

 

illustration Holy Mane

 

J’ai plusieurs fois voulu réduire le symbole que je donne au cube avec des mots. Les symboles sont difficilement traduisibles car ils parlent à autre chose qu’aux esprits limités par la quantité et la matière (référence au règne de la quantité de René Guénon). Pour être au plus proche, mais restant dans le faux, il symbolise l’Invisible matérialisé, c’est à dire des choses de l’au delà et du Ici et Maintenant concentrées sous une forme physique, c’est à dire des éléments des mondes sacrés ramenés de ce côté ci du miroir. C’est aussi le travail de l’artiste : montrer l’invisible, tailler les faces miroitantes et sombres de la Pierre pour en faire un solide platonicien. C’est un morceau du mégalithe de 2001 l’Odysée de l’espace, un Kubrick Cube. C’est une forme extra terrestre qui amène aux humains le savoir, les connaissances, les sciences et la civilisation pour que l’humanité puisse s’élever, mais qu’elle n’utilise que pour se perdre dans l’hubris et l’égoïsme pervers. C’est la pierre noire tombée du Ciel de la Kaaba, qui parle des déesses et dieux païens de la Mecque qui furent grands remplacés par le cycle de la chute des civilisations.

 

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Cette peinture s’appelle Dahlia’s Cube (je suis nulle pour les titres), parce que j’écoutais en audio livre emprunté à la bibliothèque, au temps où celle-ci était ouverte à tous, le Dahlia Noir de James Ellroy. Affaire qui étonnement m’interpellait, aussi pour des raisons « artistiques », comme elle semblait interpeller les artistes surréalistes, du photographe Man Ray au père de l’Art Conceptuel Marcel Duchamp, dans son oeuvre  » Etant Donné  » (?). Cette oeuvre comporte une aura surréaliste voire ésotérique que je ne saurais m’expliquer, à l’instar de Jack L’éventreur.
Le livre parle plus de boxe et de camaraderie en réalité, et le film – très mauvais ne fait que soulever les éléments clés en ayant retiré toute nuance, profondeur et émotions.

 

 

 

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Cette peinture s’appelle Serpentine et met en avant des éléments « décoratifs » que j’interprète comme étant les « signes, symboles et ondes » que je perçois (sans réussir toujours à les traduire). Le Cube est une nouvelle fois présent. Les yeux du fond sont comme les esprits invisibles qui habitent la nature et les autres mondes.

 

Aquarelle "Snake girl"

 

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En montrant cette peinture, une personne m’a dit qu’elle faisait un signe « franc-maçon ». Je n’ai pas su quoi répondre car ce n’était pas du tout mon intention et que je connais assez mal tous les codes francs-maçons mais je sais qu’on dit beaucoup de choses et beaucoup de bêtises alors je préfère prendre ces informations avec précaution. En revanche, j’ai remarqué dans mon travail des thèmes que je trouvais aussi dans certaines imageries franc-maçonnes (le Roi Salomon et la Reine de Saba, Isis, le tarot de Marseille et ses interprétations et explorations égyptiennes par Papus…) et j’ai trouvé cela étonnant. Je suis quelqu’un qui aime beaucoup les symboles et les mythes, le sacré et l’élévation intellectuelle, artistique et spirituelle, cela fait il des liens et des coïncidences ? Je vous laisse me répondre en commentaire vos avis (vu que tant de personnes ont un avis sur tout).

En tout cas, si cela veut dire « quelque chose », je suis curieuse de le savoir. Si ça trouve, je suis possédée par des esprits FM, ce serait cocasse et quelque peu confusionnant.

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Avant je n’aimais pas trop les fêtes, mais depuis que nos traditions et nos cultures sont menacées, je trouve important de reproduire les rituels de nos ancêtres ou des ancêtres des lieux que nous empruntons. Cela fait parti du devoir de transmission du flambeau qui alimente une part de magie contre le matérialisme (trop présent pour Noël). Cette fête s’est faite récupérée par un consumérisme malsain qu’il faut combattre en « consommant mieux ». Tentons de préserver l’esprit de communauté, d’amour, de partage, de magie, des liens sociaux et familiaux (par « famille » j’entends des « personnes qui nous élèvent, pas celles qui nous rabaissent »). Créer un noyau, un clan, protéger ceux qui nous aiment, donner de l’amour est important, plus que de donner des gadgets polluants par injonction aux modes de consommation.

 

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Les festivités de décembre invitent donc la parade de Saint Nicolas, d’autres artistes, des chalets commerçants, un sapin de Noël, des illuminations, etc…

 

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La Cancel Culture à la Villa Médicis

La Cancel Culture à la Villa Médicis

Je partage un article qui fait écho à des articles que j’ai écrit (ici ou ici), à propos de l’idéologie progressiste capitaliste de la cancel culture venue des Etats-Unis. Cette position n’est pas juste la motivation d’une minorité américaine, mais est largement reprise par les institutions européennes. Le changement de mentalité et d’obéissance d’un peuple au service d’un pouvoir (l’Etat) via ses médias, ses institutions (école, musées,…), ses influenceurs, sa morale pour faire adhérer à ses lois contre les intérêts des peuples (à commencer par la perte d’autonomie et de liberté des personnes) et la « fabrique du consentement » (en référence au livre de Edward S. Herman et Noam Chomsky publié en 1988 utilisée pour la première fois par Walter Lippmann en 1922 dans Opinion publique) est ce que certains appellent « l’ingénierie sociale », et que je préfère appeler la propagande (en référence à Edward Bernays et sa promotion des « relations publiques » en 1928 au service des « démocraties libérales progressistes »). (Certains à l’extrême droite appelle cela le « marxisme culturel », mais c’est dommage de tomber dans la stratégie de communicants américains défendant leur capitalisme en nommant de « marxisme » la stratégie qu’ils utilisent eux-mêmes pour garder les individus dans la prison de consommateurs-producteurs aliénés troquant la lutte de classe par la lutte (bourgeoise) de race). La Cancel Culture, que les pratiquants tentent de faire passer pour une théorie ou un complot qui n’existe pas, m’est devenu insupportable et j’avais d’abord écrit des textes dans une émotion sincère, puis l’incendie de Notre Dame a été pour moi, comme une sorte d’électrochoc, non pas de penser ce que je pense, mais de le revendiquer. S’opposer ouvertement à l’idéologie, c’est se fermer toutes les portes, déjà rares (quand on n’est pas né dedans) de projets artistiques, d’opportunités professionnelles, de désir de carrière dans les institutions, voire même de trouver des petits contrats en illustration, d’espérer des liens sociaux ou de fréquenter certains lieux (qui de toute manière sont tous soumis au passe sanitaire). Mais l’Art, la Création, l’Histoire et la Vérité sont parfois plus importants, en tout cas, il m’est difficile de me taire. Et en même temps, ce besoin viscéral d’alerter sur cette destruction de l’Art, m’a permis de publier des articles dans la revue Rébellion  depuis un an (un sur l’Art Contemporain dans le numéro 90, deux sur le sacré et la défense des mythes anciens dans les numéros 91 et 92 et un contre le passe sanitaire et sa société technologique de surveillance généralisée dans le numéro 93 et 94 à paraitre). J’écris d’ailleurs dans le 91 que la Cancel culture est la « culture de l’annulation ou annulation de la culture ». Expression que je retrouve chez l’auteur que je cite ci-dessous.

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Selon moi, l’oeuvre d’un artiste est de se cultiver soi même, de cultiver sa singularité, qui est l’expression honnête de ce qu’il est au fond de lui, un vrai et bon artiste doit donc oeuvrer pour le Vrai et vers ce qu’il pense intimement sans chercher à plaire ou à déplaire (à la morale du moment, la doxa, les dominants ou la masse). Ainsi, les attaques de ringardise (de styles démodés) ou autres (concernant la peinture figurative en France) sont tout simplement hors d’effet, car seul compte le jugement des pairs (des maîtres anciens et contemporains et des amateurs sensibles d’Art) et de ceux qui cultivent notre « Moi » (comme dirait le lorrain Maurice Barrès).
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Tout le texte est pertinent, mais la longueur fait renoncer à certains, le goût de la lecture, j’ai essayé d’en mettre alors quelques extraits, mais lisez le dans son intégralité (avec les notes) sur le site de la tribune de l’Art.

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« Depuis quelques années, la critique « décoloniale » prend une ampleur grandissante au sein du discours académique, et la Villa Médicis en subit aujourd’hui les assauts. Les splendides tapisseries des Indes qui ornent le Grand Salon au cœur de la Villa sont en effet critiquées car elles seraient « marquées par l’imaginaire colonial » selon la presse qui s’est fait écho de la protestation de certains pensionnaires hébergés par la prestigieuse institution [1]. Ces derniers exigent en effet le décrochage de la tenture suivant en cela un type de revendication de plus en plus fréquent : réclamer que l’on supprime ce qui offense. […]
Ce qu’on appelle études décoloniales (ou post-colonial studies) ne sont pas des recherches universitaires comme d’autres – qui étudieraient, comme on pourrait croire, le phénomène de la décolonisation. Il s’agit en réalité d’un militantisme politique dont l’objectif unique est une mise en accusation de l’Occident par une insistance obstinée sur son passé colonial et esclavagiste. La dimension morale et psychologique est centrale dans la définition. L’objectif de l’approche « décoloniale » n’est pas d’ordonner des faits dans une perspective historique mais de prononcer des jugements de valeur pour en définitive dire du mal de la civilisation occidentale et uniquement de celle-ci. Ce n’est pas une recherche de vérité mais un travail de sape. Cette idéologie progresse aujourd’hui avec une virulence spectaculaire dans l’organisme déjà bien fragilisé (on dit « déconstruit ») de la pensée occidentale [2].
Or, et c’est l’évidence même, l’esclavagisme, les conquêtes territoriales et la colonisation sont des phénomènes mondiaux et transhistoriques. L’Occident n’y a joué qu’une part ; l’Islam aux VIIe et VIIIe siècles (le fameux Jihad, la guerre sainte) ou les Mongols de Gengis Kahn au XIIIe siècle ont été bien plus actifs et bien plus ambitieux.[…]
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Le Grand Salon de la Villa Médicis avec les tapisseries des Indes Photo : Académie de France à Rome

Le Grand Salon de la Villa Médicis avec les tapisseries des Indes
Photo : Académie de France à Rome

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L’histoire est alors instrumentalisée pour devenir une arme morale : faire le partage entre le bien et le mal, entre les méchants et les gentils. Cette moraline est désormais parfaitement assumée par certains historiens progressistes. […]
En étant moraliste, la lecture historique en devient extraordinairement caricaturale, biaisée et malhonnête.
Et ce caractère malhonnête, biaisé et caricatural ne se voit nulle part aussi bien qu’avec l’absurde polémique autour de la tenture des Indes à la Villa Médicis. […]
Rappelons par ailleurs que la valorisation patrimoniale d’une œuvre d’art n’est pas la valorisation de son sujet.[…]
Cette première attaque ayant échoué, les adeptes de l’idéologie décoloniale entreprirent d’organiser le 30 septembre 2021 une journée entière de conférences pour s’en prendre une nouvelle fois à ces vénérables tapisseries. Il s’agissait alors de « ré-envisager les « objets patrimoniaux » à l’aune de perspectives méthodologiques et épistémiques nouvelles ». (On notera les guillemets soupçonneux autour d’« objets patrimoniaux »). Le texte d’annonce de cette journée est saturé de cette idéologie post-coloniale qui semble n’avoir pour seul objectif que la condamnation de la méchante Europe. Les historiens se font moralistes et c’est une morale de la déconstruction.
La tenture est évidemment une représentation exotique et fantasmée des pays lointains. L’étrangeté de la végétation, des animaux, des individus est mise en valeur par l’artiste, témoignant de la curiosité des Européens pour l’autre et l’ailleurs. Nul racisme, nulle caricature : c’est une description émerveillée de la beauté d’un monde inconnu. Or, aux yeux de nos nouveaux moralistes, rien ne peut être positif dans cette curiosité. Le texte d’annonce de la journée d’étude affirme ainsi que « l’exubérance des éléments déployés n’est pas sans soulever plusieurs questionnements du point de vue des débats actuels autour des questions du racisme, de l’esclavage et du passé colonial des nations. » Tout est bon pour évoquer « l’exploitation coloniale qui se sert du labeur des esclaves africains » quand bien même précisément cette tapisserie montrerait l’inverse : une mission diplomatique africaine au Brésil, magnifique témoignage de la participation du continent noir aux prémices de la globalisation du monde.
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D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680) Manufacture des Gobelins Le Combat d’animaux, 1723-1726 Laine et soie - 399,5 x 327 cm Rome, Villa Médicis Photo : Académie de France à Rome

D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680)
Manufacture des Gobelins
Le Combat d’animaux, 1723-1726
Laine et soie – 399,5 x 327 cm
Rome, Villa Médicis
Photo : Académie de France à Rome

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Une fois de plus, le courant progressiste met en œuvre une politique de la censure fondée sur une lecture moralisatrice, culpabilisatrice et de surcroît ici parfaitement biaisée. Cette critique puritaine qui veut expurger ce qui ne lui convient pas est désignée sous le nom américain de « cancel culture », une culture de l’annulation qui est surtout une annulation de la culture. Dans le mouvement créé par ce courant de la pureté, des films sont censurés, des livres sont condamnés, des dictionnaires sont modifiés, des personnes qualifiées perdent leur emploi. Les excès délirants de cette lame de fond ont conduit à la destruction de statues de grands hommes à travers le monde anglo-saxon. Quand elles ne sont pas détruites, ces œuvres sont dégradées. Les pouvoirs publics, pleutres et soumis, décrètent alors que ces sculptures sont « problématiques » et les retirent. En France, la statue du général Joseph Gallieni est vandalisée, celle du grand Colbert est également souillée. Cette pulsion nihiliste fait immanquablement songer à la révolution culturelle chinoise et à la lutte contre « les quatre vieilleries », entraînant la destruction des œuvres d’art et des témoignages du passé non conformes à l’idéologie autorisée.
Mais le plus frappant reste la soumission des institutions et des intellectuels aux caprices émotionnels d’une petite minorité d’individus endoctrinés travaillant avec acharnement à une grande épuration de l’Histoire sur l’autel de la probité morale. Guidés par une volonté d’interdire ce qui n’est pas conforme à l’idéologie politiquement correct, ces derniers veulent chasser de l’espace public tout ce qui peut « offenser ». Nous sommes tombés au niveau des talibans qui ne supportent pas ce qui est contraire à leur vision du monde.
Pierre Jourde, écrivain, professeur d’université et critique littéraire, publia en 2019 dans L’Obs une tribune éloquente à cet égard : « Notre époque a la passion de la censure, et désormais cette censure n’est plus la vieille censure réactionnaire de droite, elle est presque exclusivement pratiquée par des gens qui se réclament de la gauche et du progrès, et exercent un véritable terrorisme intellectuel. C’est un retournement historique, qu’on étudiera lorsqu’on fera l’histoire des mentalités et des idées au XXIe siècle. Au nom du progrès, de la gauche, du Bien, on persécute et on empêche de parler ou de travailler des écrivains, des artistes, des journalistes, des intellectuels. »
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D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680) Manufacture des Gobelins Le Chasseur indien, 1723-1726 Laine et soie - 400 x 285 cm Rome, Villa Médicis Photo : Académie de France à Rome

D’après Albert Eckhout (1610-1666) et d’après Frans Post (1612-1680)
Manufacture des Gobelins
Le Chasseur indien, 1723-1726
Laine et soie – 400 x 285 cm
Rome, Villa Médicis
Photo : Académie de France à Rome

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Charlie Hebdo a pris acte lui aussi aujourd’hui de ce grand retournement. Il concède désormais que la censure a changé de camp. Dans son éditorial du 7 janvier 2020, « Les nouveaux visages de la censure », le chef de la rédaction expliquait qu’il y a « trente ou quarante ans », le politiquement correct « consistait à combattre le racisme ». Mais tout a changé. « La gauche anglo-saxonne a inventé le politiquement correct pour faire oublier son renoncement à lutter contre les injustices sociales. La lutte des classes, trop marxiste à ses yeux, a été remplacée par la lutte des genres, des races, des minorités, des sous-minorités et des micro-minorités. »
La remise en cause aujourd’hui de la tenture des Indes conservée à la Villa Médicis est symptomatique d’un vaste mouvement. Les auteurs de l’attaque le disent d’ailleurs eux-mêmes. Cette affaire est révélatrice d’un bouleversement intellectuel majeur qui dépasse très largement la seule question patrimoniale. La critique décoloniale promeut une vision culpabilisatrice et mortifère de l’histoire européenne qui se nourrit d’une puissante haine de soi [5]. Et désormais, l’Occident se déteste tant lui-même qu’il cherche avec fureur son propre anéantissement. »
Jérôme Delaplanche
(ancien responsable de l’histoire de l’art à la Villa Médicis)

Halloween à la Voûte !

Halloween à la Voûte !

Vous pouvez trouver un espace d’exposition Holy Mane à la Voûte depuis le 1 octobre !

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La Voûte est une association d’artistes et artisans d’art, réunis autour d’un lieu qui fait office de boutique, galerie, ateliers d’artistes, espace de réception pour des stages artistiques et autres. Cet endroit, comme beaucoup d’autres (la gratuiterie, l’épicerie solidaire, etc…) dans ce village rural vosgien permet de faire vivre ce lieu magique et apaisant au milieu des forêts. J’apprécie de faire un peu partie de cette expérience de ruralité loin des clichés parisiens qui nous verraient comme des bouseux et d’approfondir des thèmes précieux comme la Nature, le soin, l’art et l’artisanat, qui me sont chers.
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L’année dernière nous avions déjà voulu organiser une soirée autour d’Halloween ou Samain ou la Toussaint, mais les obligations sanitaires nous avaient fait avorter ce projet. Cette année nous revenons avec plus de combativité pour montrer notre vitalisme à survivre aux contraintes.

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La Voûte organise une soirée le samedi 30 octobre 2021 de 16h à 22h. Je serai présente (costumée si possible) et vous pourrez profiter de ce moment pour participer à divers ateliers familiaux ou passer un moment convivial près de la buvette et des braseros de feu.

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Vous trouverez sur mon stand des impressions sur cartes, des cartes de voeux, des foulards en présentation (qu’on peut acheter sur ma boutique redbubble) et bien sûr des peintures originales.

 

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Ou ? :

La Voute, 36 Le Village, 88240 Les Voivres, France

Quand ? :

Du 1 octobre au 1 décembre :  Mercredi à Dimanche, de 13h30 à 18h30
(Je ne serai pas présente)

Samedi 30 octobre de 16h à 22h30

(présente)

Combien ? :

Entrée libre et entrez libres

 

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Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (3)

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (3)

Voici un mois que mon exposition à la Chapelle de la Suche est terminée. Ce fut jusqu’à ce jour, ma plus belle exposition, dans un écrin de choix.

Elle avait lieu du 6 août au 5 septembre 2021. J’ajoute quelques photos de ce mois incroyable pour mes peintures :

 

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Holy Mane à la Voûte – octobre et novembre 2021

Holy Mane à la Voûte – octobre et novembre 2021

Voilà déjà presqu’un an que j’ai exposé à la Voûte !

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C’était des conditions particulières, nous avions organisé une soirée pour Halloween et le gouvernement nous mettait en confinement et couvre feu ! Cette année je suis de nouveau invitée, avec le plaisir de montrer mes dernières peintures (qui étaient déjà présentes à la Chapelle de la Suche en août dernier).

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Vous pourrez également voir mes motifs répétés imprimés sur des foulards, disposés soit en tenture, soit sur une table. Ce sont des modèles d’exposition, on peut acheter ses propres foulards sur le site Redbubble ! (Je vous explique tout en video).
J’ai également deux tasses (mugs) que l’on peut se procurer sur Society6 . (je vous explique mes boutiques en ligne dans cet article).
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Vous pourrez également acheter des impressions au format poster A3, également disponibles sur le site dans la section boutique. Mais aussi les impressions au format cartes postales, des estampes, ou des cartes de voeux,…2109_Voute9072109_Voute871

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Holy Mane à la Voûte, rue principale de Les Voivres (Vosges).

octobre et novembre 2021

Du mercredi au dimanche, de 14h à 18h00 !
(Je serai présente le samedi 2 octobre et le dimanche 17 octobre.)

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N’hésitez pas à soutenir les artistes vivants, pour permettre à la vie d’être plus esthétique et intéressante. Vous pouvez aussi me commander des illustrations ou des services de graphisme, me permettre d’exposer dans des endroits sérieux et respectueux (qui ne prennent pas les artistes pour des enfants qui dessinent mais comprennent le travail artistique) ou encore recommander mon travail auprès de votre réseau !

Exposition Holy Mane au Bailli 2021

Exposition Holy Mane au Bailli 2021

Vous pouvez retrouver quatre de mes oeuvres à la galerie du Bailli d’Epinal du 27 août au 2 septembre 2021. J’expose avec mes camarades de Pigment’ T.

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Et j’expose toujours jusqu’au 5 septembre à la chapelle de la Suche.

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Ma prochaine exposition sera à la Voûte de Les Voivres au mois d’octobre 2021.

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Vous pouvez trouver deux de mes illustrations sous forme d’impression poster A3 à la vente dans ma boutique.

Renard et Oeuf :

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Orla :

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(Je porte des bouchons d’oreilles car je ne supporte pas le bruit, ni chez moi, ni dans la rue, les magasins, etc… Peut être que cela joue sur le fait que je me sente mieux en forêt, que je n’aime pas les villes -sauf celles avec une architecture ancienne- et que je devienne de plus en plus techno-critique).

 

Aquarelle :

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Aquarelle "Laou Haraou"

Aquarelle « Laou Haraou »

 

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J’avais utilisé cette illustration pour l’affiche de notre association Le Signe Jaune qui gère le pôle Jeu de Rôle aux Imaginales.

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (2)

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche (2)

Déjà trois week-ends depuis le début de mon exposition à la Chapelle de la Suche !
Quelques photos pour vous rappeler qu’elle ne reste présente que jusqu’au 5 septembre !
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Le vernissage :

 

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J’avais préparé une petite présentation de mon exposition.
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La Chapelle organise une tombola pour gagner ces deux fanions peints avec des yeux, rappelant mes récents travaux :

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Dépêchez-vous d’aller la voir, car je peux déjà dire que c’est l’une de mes plus belles expositions et que ce n’est pas toujours évident de trouver un cadre aussi beau dans de telles conditions estivales non confinées !

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Devant la Chapelle, j’ai installé une table, idéale pour recevoir des amis ou des visiteurs et profiter du soleil et de la forêt.

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Samedi 21, il y avait un concert de musique avec un répertoire de musique folklorique russe et des balkans, avec du violon, violoncelle, trombone, clavier et chant lyrique. J’étais très heureuse que mes peintures puissent apprécier ce concert dans ces conditions. Même certaines personnes m’ont dit « on dirait que les peintures regardent le concert ».

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Devant la chapelle, les sculptures sur pierre.

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Je suis très contente de pouvoir associer la peinture, avec la sculpture, l’architecture sacrée, les vitraux et la musique. Croiser des arts est un réel plaisir, rencontrer des artistes qui apprécient les émotions et la beauté me remonte le moral. J’aime énormément ce genre de projets et je reste ouverte pour toutes opportunités de ce style.

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La chanteuse nous a tellement émerveillé par son chant et son violon que je lui ai demandé une photo.

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C’est grâce à ce genre d’événements que je suis heureuse d’exposer mes peintures !

Prochain concert le samedi 4 septembre avec de la harpe !

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Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche

Holy Mane expose à la Chapelle de la Suche

Je l’ai annoncé depuis plusieurs mois et nous voilà arrivé à la dernière ligne droite :
Mon exposition à la Chapelle de la Suche commence ce vendredi !

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Vendredi soir, il y a un concert, et le vernissage est samedi matin à 11h !
J’expose du vendredi 6 août au 5 septembre. La Chapelle est ouverte les samedis et dimanches. Si vous passez, n’hésitez pas à m’envoyer un message pour savoir si je suis présente.

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L’exposition a été avancé depuis la première annonce !

J’ai hâte que tout soit installé pour lâcher la pression.

Je suis vraiment très heureuse de pouvoir exposer dans un si beau lieu construit dans les années 50, au milieu de la nature et près de rivières vosgiennes. La forêt est vraiment très belle et je sens toute une atmosphère qui se prête parfaitement bien au titre de cette exposition : « le murmure des Muses ».
En effet, ma démarche artistique est d’être inspirée et connectée à des muses et de transcrire dans la matière leurs enseignements et leurs grâce.

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J’exposerai deux peintures réalisées cette année plus quatre autres plus petites dans un format « fanion ». Vous pourrez en gagner deux lors d’une tombola organisé par l’association qui gère les animations de l’été (expositions et concerts).
Vous pourrez aussi voir des foulards imprimés avec mes motifs répétés disponibles que le site Redbubble.
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Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021 II

Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021 II

J’ai exposé mon stand samedi 10 juillet sur la place des Vosges d’Epinal. Je partage aujourd’hui quelques photos de ce stand.

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Cela faisait deux ans que je n’y étais pas, alors que c’est un rendez-vous que j’honore depuis 2016.

 

 

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Mon prochain marché aura lieu le samedi 31 juillet 2021, toujours sur la place des Vosges d’Epinal de 9h à 18h !
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En plus des habituels impressions au format poster, ou carte postale, que l’on peut retrouver dans ma boutique, mes bijoux d’art textile, mes estampes, cette année, je présente mes produits imprimés de mes illustrations et plus particulièrement les foulards. Je les adore d’autant plus qu’on peut à la fois les porter sur nous ou s’en servir pour habiller une table ou décorer un mur. J’aime le fait qu’on puisse voir tous les détails de mes dessins grâce à une largeur de 140 cm sur 140 cm.

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Je n’ai pas acheté de stocks que je revends, je propose juste ces foulards (et des mugs) comme foulards de démonstration, permettant à chacun de les voir puis de les acheter sur le site redbubble à partir d’un QR Code qui les envoie directement sur la page du foulard. Apparemment le QR Code est à la mode, alors j’utilise le langage à disposition.
Vous pouvez également découvrir d’autres articles sur mon site Redbubble ou même sur Society6. Je vous ai même fait une vidéo de présentation pour vous guider à naviguer sur le site.

 

 

 

 

 


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Mon prochain marché aura lieu le samedi 31 juillet 2021, toujours sur la place des Vosges d’Epinal de 9h à 18h !

Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021

Exposition place des Vosges – Ete des artistes 2021

Retrouvez mon stand les samedis 10 juillet et 31 juillet 2021 sur la place des Vosges d’Epinal.
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Depuis 2016, je participe à l’Eté des Artistes, événement organisé par Pigment’T, mais je n’avais pas participé à celui de l’année dernière.
Retrouvez mes participations de 2016 et 2018 ou les videos de 2016 , juillet 2018 et août 2018.
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Sur mon stand, vous trouverez mes peintures originales, mais aussi des impressions format poster (A3) et format cartes postales. Il y aura aussi mon livre de coloriage, des bijoux d’art textile et des estampes de gravures. Vous pouvez déjà retrouver toutes ces oeuvres dans la rubrique boutique.
Il y aura des peintures originales mais aussi des foulards en démonstration, c’est à dire que vous pourrez les voir, mais il faudra les acheter sur le site Redbubble. Je vous montre ces foulards ici et vous explique comment aller sur le site ici.
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Voici des photos de mon stand de l’été des artistes de 2019.
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J’aurai également un stand le lendemain, le dimanche 11 juillet aux Voivres !
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La solidarité travestie en concours de propagande idéologique.

La solidarité travestie en concours de propagande idéologique.

Coup de communication de l’État en faveur de la Culture, celui-ci annonce un « plan de relance » permettant aux artistes de ne pas trop la ramener concernant leur baisse de revenus pendant les mois d’interdiction de pouvoir travailler.

Ainsi l’annonce d’une commande de 30 millions d’euros aux jeunes artistes montre comment la France ne laisse pas tomber ses artistes.
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.Alfons Mucha peignant son épopée slave, juste pour mettre une belle image

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Artistes

Mais qu’est ce qu’un artiste ?

Concrètement (fiscalement dans le cas de la France), il s’agit de tous travailleurs qui vend (donc déclare) des œuvres ou des services artistiques, mais aussi toute la chaîne de travail permettant à ces artistes de proposer leur création. Dans le cas des comédiens et des musiciens, il faut donc compter les techniciens comme les ingénieurs du son, les régisseurs de salles de spectacles, les cameramen de plateaux télévision, etc. Cette catégorie vague peut donc concerner le clown qui propose des animations dans les hôpitaux, comme le présentateur télé, le graphiste qui met en page des menus de restaurant, le correcteur orthographique d’un article sur les verrues plantaires, le dessinateur de bande dessiné ou le peintre du dimanche qui expose à la foire à la saucisse (je parle de moi).
(edit : pendant les régionales, la gauche a présenté un tract journal prenant la défense de la culture en rappelant la nécessité de rouvrir les lieux de culture, notamment « les discothèques ». )

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La commande, intitulée « Mondes nouveaux » précise :

« Le présent appel se donne pour objectif de sélectionner des artistes ou collectifs d’artistes, français ou résidents en France, dans les disciplines suivantes : arts visuels, musique, spectacle vivant, écritures, design et arts appliqués. »

Revenus artistiques

Pour la plupart de ces artistes, pouvoir tirer un revenu régulier permettant de subvenir à leurs besoins matériels était déjà une énorme galère bien avant les confinements.

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Trouver des clients ou prestataires n’est pas toujours facile, certains artistes dépendent parfois d’un seul client, notamment le parc Disneyland Paris engageant sous des conditions abusives des décorateurs de spectacles et autres comédiens réduits à rembourser leurs cours de théâtre en portant des costumes Mickey Mouse lors des parades. Certains animateurs d’émissions de divertissement ou stars de télé-réalité gagnent très bien leurs vies, (pour relativiser son salaire rapporté par Stéphane Guillon (un contrat de 250 millions pour 5 ans, soit plus de 215 000 € par mois), Cyril Hanouna se défend en indiquant que Claire Chazal gagnait 120 000 € par mois) tandis que des sculpteurs sur pierre tentent de faire valoir leurs qualité face à la mode et l’économie des sculptures en impressions numériques. La précarité des artistes réside aussi dans la nécessité de faire comprendre que l’art est un vrai métier qui mérite une vraie rémunération (et non un affichage « ça te fera de la pub »).

Le cas des illustrateurs de bandes dessinées est assez symptomatique. Le secteur marche très bien, de nombreuses BD sortent chaque année avec des chiffres de vente en expansion, mais certains éditeurs font de moins en moins leur travail de promotion et payent de moins en moins les illustrateurs (environ 8% du prix d’une BD soit moins de 2€ pour un album vendu 20€, pour des mois de travail où il faut bien payer son loyer).

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Ce problème est souvent évoqué lors du festival de bande dessiné d’Angoulême sans que des mesures concrètes soient réellement appliquées. La presse aime aussi parler des revendications des « intermittents du spectacle ». Là aussi, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne et une représentation théâtrale ou musicale n’est souvent que la phase qui cache les heures et les heures de répétitions, souvent entendu comme du travail invisible mais pourtant réel. Ceux qui viennent de familles privilégiées en capital économique (les moyens) et social (les relations) auront plus facilement le loisir de travailler dans de bonnes conditions matérielles avec les contacts permettant la tenue d’un spectacle et la garantie d’un public, tandis que ceux qui doivent penser à économiser chaque centime pour continuer de payer leur loyer abandonneront peut être une carrière réservée finalement à un entre soi qui met rarement en avant les classes moins privilégiées.

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Compétition

Heureusement, l’État est là pour montrer son soutien « en même temps » qu’il brandit des barrières créatives, administratives et matérielles à la majorité des artistes.

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Le journal Le Monde diffuse cette publicité en présentant :

« Cette « grande commande artistique » avait été promise par le gouvernement lors de la présentation, le 3 septembre 2020, du plan de relance, doté de 100 milliards d’euros, dont 2 milliards pour la culture. »

On découvre ensuite qu’il s’agit d’un concours « les candidats doivent soumettre leur projet à un comité artistique ». Les concours sont une méthode bien appréciée des capitalistes. Appliquer la compétition tout en enrobant l’opération d’épithète « solidaire ». Alors que les institutions sont capables de réclamer à chaque artiste les taxes qu’ils doivent payer, celles-ci semblent moins capables de retrouver ces personnes pour vraiment les aider de façon plus équitables. Ainsi, alors que chaque « cotisant » pourrait se voir aidé, il n’y aura en réalité qu’une aide pour quelques personnes sélectionnées. Cela n’a rien d’un plan de relance, cela n’a rien à voir avec de la solidarité. Le capitalisme impose son paradigme du « que le meilleur gagne tout en fournissant les dés pipés », remplaçant les luttes sociales du « donner à ceux qui en ont besoin » sur l’exemple de la sécurité sociale.

Cette logique se retrouve dans les formes de « philanthrocapitalismes » de mentalité américaine qui déverse de l’argent pour contourner les structures démocratiques en place et imposer des contreparties, des idéologies et des idées dignes des pires régimes totalitaires, en ancrant leur puissance et leur monopole, comme l’explique Vandana Shiva à propos des industries agricoles (et le brevetage des semences) notamment. Je parle de l’influence des Etats Unis et des philanthropes comme les Rockefeller dans l’art moderne et contemporain dans mon article « Faut il aimer l’art contemporain », paru dans le numéro 90 de la revue Rébellion.

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Cette commande publique ressemble à la majorité des commandes publiques (1 %, etc.), ateliers ou résidences d’artistes. Ces initiatives devraient être ouvertes, transparentes et accessibles à tous les artistes mais sont en réalité bien souvent un système d’entre soi institutionnel déguisé permettant de distribuer de l’argent public à ses relations et amis qui répètent à loisir les slogans « démocratie » ou « solidarité » (et maintenant « inclusivité ») pour cacher leur clientélisme arriviste, discriminatoire et profondément bourgeois.

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Jeunes

L’article du Monde poursuit en signalant la favorisation des jeunes :

« Dans les faits, aucun critère d’âge n’a été fixé pour répondre à cet « appel à manifestation d’intérêt » du ministère de la culture, même si « une attention particulière » sera portée aux jeunes créateurs, promet-on Rue de Valois. »

En gros on a le droit de participer mais pas de gagner, un peu comme dans la société démocratique capitaliste « parle toujours » plutôt que « ferme ta gueule » en régime de dictature. L’adjectif « jeune » est assez particulier, surtout lorsqu’on sait qu’un artiste qui travaille depuis plus de 15 ans est souvent encore désigné comme un « jeune artiste » ou un « jeune créateur ». Mais il n’a pourtant plus le droit aux aides réservées aux jeunes, car tout d’un coup il n’est plus jeune. Toujours trop jeune pour recevoir une rémunération juste, mais plus assez jeune pour avoir les « aides pour les jeunes ». C’est magique, c’est un peu comme le « face je gagne, pile tu perds ».

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Mondes nouveaux

Le document PDF de présentation de la commande intitulée « Mondes Nouveaux » précise l’orientation artistique demandée.

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Sans surprise tout cela devra être progressiste et contre le passé. Cela peut sembler une évidence tant on est baigné dans cette idéologie imposant l’idée que le passé est forcément horrible et le futur forcément radieux, or l’histoire et le présent nous prouvent que les choix capitalistes amènent la planète et les êtres vivants vers la destruction, la dépression, l’accroissement des inégalités entre riches et pauvres, les extinctions de masse des espèces, les catastrophes climatiques, la plastification des océans, la violence, etc…

« Une évidence s’impose à celles et ceux qui s’efforcent d’en dégager la portée historique : tout est à refaire. »

«  pour tâcher de tirer un bilan du passé »

«  Des mondes nouveaux, riches de promesses. Car peut-être a-t-on oublié que les artistes, les créatrices et créateurs étaient les mieux à même de répondre à nos aspirations, les acteurs essentiels de nos transformations, les meilleurs interprètes, aussi, du tremblement du temps. »

« au cœur d’un monde qui a pour mission de se reconstruire. »

Pourtant pour reconstruire, il ne faut pas le faire avec les mêmes logiques capitalistes qui ont mené au chaos actuel.
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Désacraliser la Sainte Chapelle

Les artistes sont invités à proposer des projets « en résonance avec un ou des sites du patrimoine architectural, historique et naturel ».

« Afin que ces créations puissent dialoguer avec des espaces emblématiques, les créateurs qui le souhaiteront pourront proposer des projets en résonance avec un ou des sites du patrimoine architectural, historique et naturel relevant du Centre des monuments nationaux (CMN) ou du Conservatoire du Littoral (CdL). « 

La volonté de cette commande est de mettre les œuvres proposées en relation avec des endroits de nature ou des œuvres du passé (églises, châteaux, littoraux,…). On devine clairement la volonté d’insulter ces merveilles pour les réduire à la vision progressiste de l’idéologie souhaitant « déconstruire le passé » (et la nature).

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Jury

Pour être sélectionné, il faudra envoyer un dossier comprenant la formation et le parcours artistique. Comme la plupart des CV, cela permettra de voir par quels entre-sois institutionnels (écoles des Beaux Arts, Fondations privées, musées publiques,…) et idéologiques le candidat a été formaté. Il faudra aussi qu’il rédige une note d’intention de l’œuvre qu’il souhaite réaliser. Le dépôt des dossiers sera disponible le 28 juin (soit la semaine prochaine).

Les candidats sélectionnés pourront recevoir jusque 10 000 € pour créer leur œuvre.

La sélection sera décidé par un comité artistique qui pourra également proposer un accompagnement.

« Celui-ci est composé de neuf professionnels de l’art, parmi lesquels le chorégraphe Noé Soulier, le musicien Bruno Messina, le plasticien Julien Creuzet, le philosophe Ronan de Calan, la directrice de la Villa Gillet, Lucie Campos, la responsable de Lille Design, Caroline Naphegyi, Rebecca Lamarche-Vadel, la directrice de la Fondation d’entreprise Galeries Lafayette, ou encore Chloé Siganos, la directrice des spectacles vivants au Centre Pompidou.«

J’aurai aimé étudier en détail le profil de chaque personne de ce jury (et si vous voulez contribuer à cette analyse n’hésitez pas), mais je vais me pencher sur mon domaine « de compétence », celui des arts plastiques en regardant un peu le parcours de Julien Creuzet.

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Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet
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Un article de mixtemagazine titre :

« « Exposées à la FIAC et la Frieze de Londres, ses œuvres, chargées d’histoire coloniale, proposent une vision riche et composite du monde qui n’est pas sans confronter l’art et la pensée occidentale à leur ethnocentrisme. »«

On a donc affaire à des œuvres et des démarches dénonçant « l’ethnocentrisme de la pensée occidentale ». Cela ressemble à un dogme à répéter, que je retrouve souvent de la part des artistes, professeurs et intervenants des écoles des Beaux Arts et autre médias dominants.

« il pratique un art hétérogène et réflexif dont les pièces ne sont certes pas systématiquement grandes, mais presque toujours immersives (parfois littéralement : il pratique la VR) »

La technologie est bien évidemment valorisée, les casques de réalité virtuelles s’inscrivant parfaitement dans le monde-machine de smart-cities et économies virtuelles encouragées par le patron de DAVOS favorable au transhumaniste.

«  » Je pense que mon émotion est caribéenne. En même temps, elle est profondément urbaine, dans le sens où j’ai beaucoup d’affection pour le bouillonnement des grandes villes, l’agitation, la diversité, la poussière, les détritus. »

Encore une fois, il ne s’agit pas de promouvoir des cultures autochtones traditionnelles, mais de faire la promotion de l’urbanité, de la ville moderne.

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.Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet

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« M. Est-ce que la reconsidération des œuvres du passé fait partie des missions de la décolonisation de l’art et des esprits ? Que penses-tu, par exemple, des débats sur le corps indigène chez Gauguin ?

J. C. C’est un exemple intéressant. Aujourd’hui, les États-Uniens se posent la question : doit-on montrer les œuvres de Gauguin ? Est-ce que ce n’était pas un pédophile raciste, d’un white male ayant décidé d’abuser de jeunes filles et d’exotisme ? Dans les monuments parisiens, les choses à requestionner sont nombreuses également : la place de la Concorde, les lions comme symboles royaux, ou ne serait-ce que la place de l’or, qui est partout dans l’art hexagonal sans jamais avoir été produit dans des sols purement français. On ne manque pas de choses à requestionner – y compris la restitution des œuvres à l’Afrique. On nous dit qu’il faut des infrastructures, des musées. Mais ces œuvres n’étaient pas non plus faites pour être pérennisées : elles avaient des fonctions, des usages sociaux, que l’on ne pratique voire ne connaît plus. La pérennité des œuvres d’art est purement occidentale. »

On reconnaît ici encore les slogans idéologiques formatés des institutions artistiques qu’on retrouve chez l’intervenant aux Beaux Arts de Cergy, Geoffroy de Lagasnerie, que je critiquais déjà dans un article écrit l’an dernier, puis plus en détails dans l’article publié dans le numéro 90 de la revue Rébellion :

- vision occidentale (donc mauvaise) de la pérennité des œuvres (dogme idéologique que j’ai retrouvé dans le magazine Sciences & Vie consacré au patrimoine),

- diabolisation du passé, de l’histoire, du patrimoine,

- déconstruction des musées,

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.Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet

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« M. Ces questionnements multiples, leur trouves-tu des réponses ? Sur la restitution des œuvres, par exemple ?

J. C. Si on veut y répondre, je crois qu’il faut d’abord qu’on se demande ce qu’est une œuvre d’art aujourd’hui. Quand on considère l’état économique, climatique, humanitaire du monde, faut-il construire des musées qui coûtent de l’argent, prennent beaucoup de place en stockage, sans parler de la spéculation du marché de l’art ? Est-ce qu’il n’y a pas là une forme d’indécence ? Je crois qu’il y a un nouveau format muséal à inventer, que les collections d’art qui ont marqué l’Histoire et sont nourries du pillage, du vol ou de la duperie, doivent être remises en question. Il faudrait trouver de nouvelles modalités muséales. C’est peut-être une pensée utopique, mais un musée du monde, pourquoi pas itinérant, avec une collection à l’échelle internationale et qui voyagerait sans cesse, ce serait intéressant. »

Tout cela s’inscrit dans le projet déjà évoqué dans d’autres articles de la destruction des œuvres du passé, de l’histoire, de l’héritage, de toute chose permettant de comprendre l’humanité, sa filiation… Cette stratégie permet bien évidemment de rendre amnésique les peuples pour les soumettre aux nouvelles dictatures technologiques capitalistes que les entreprises, les banques, le marché spéculatif des crypto-monnaies et des NFT, les élites, « young leaders », chefs d’État et patrons de multinationales du forum économique mondial de Davos dirigé par Klaus Schwab, nous imposent.

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« La directrice du FMI s’est interrogée : qu’est-ce que « l’histoire retiendra de cette crise ? » Un grand retour en arrière ou cette « grande réinitialisation » ? »

Pour ces « élites » au pouvoir, il faut absolument rejeter son identité, son patrimoine culturel et génétique pour pouvoir mieux consommer les produits biotechnologiques qu’on nous proposera contre rémunération régulière.

Dans un article, Anselm Jappe écrit à propos des techniques de reproduction médicalement assistées :

 « Tout comme Monsanto avait fait sa fortune en stérilisant les semences pour pouvoir les revendre tous les ans, les tentatives de banaliser l’hétéronomie reproductive ressemblent bien à une tentative de nous forcer à devoir acheter nos propres enfants »  à commenté une personne bien avertie. »

C’est pourquoi parler d’art contemporain pourrait sembler un sujet qui n’intéresse que peu de gens, pourtant la propagande qu’il permet s’inscrit dans une logique globale de remplacement de tout ce qui permet aux humains de vivre dans leurs diversités, leurs identités, leurs autonomies et leurs dignités.

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Toutes ces choses me poussent à vouloir lutter pour la sauvegarde de notre héritage humain, de l’histoire des hommes et des femmes. Cela me force à vouloir protéger les œuvres d’art, les créations et les joyaux architecturaux, témoins d’un savoir faire aujourd’hui oublié, ringardisé, diabolisé. Le Beau n’est pas seulement interdit, il doit être effacé par cette idéologie du progrès, qui n’est que le progrès, à l’instar de la croissance, de la fortune des humains les plus psychopathes sans limite pour l’hubris, se cachant derrière un « philanthropisme » mesquin et destructeur. Aujourd’hui en France, la destruction de l’Histoire, passe notamment par l’égorgement de professeurs d’histoire, avec une soumission ou une complaisance des pouvoirs publiques pour la montée de ces menaces (alors que le pouvoir sait prendre des mesures fortes et inacceptables pour les gilets jaunes réclamant plus de justices sociales).

« . Es-tu satisfait des conditions dans lesquelles il t’est permis de travailler en tant qu’artiste en France aujourd’hui ?

J. C. De nos jours, en France, il est possible en venant de diverses classes sociales, d’économies différentes, d’intégrer une école des Beaux-Arts pour y recevoir un enseignement de niveau master 2, pour très peu d’argent me semble-t-il. »

L’artiste remercie le système qui l’a porté et ses institutions, sauf que ce qu’il avance n’est pas tout à fait vrai. Cette réponse est un peu dans le style du « tout le monde peut participer, mais on ne sélectionnera que les jeunes ». De nombreuses personnes issues des classes défavorisées ne savent pas qu’on peut intégrer les Beaux Arts et ce n’est pas sûr d’être pris sans avoir la culture bourgeoise nécessaire pour la sélection.

Même moi, qui ne me trouve pas totalement inculte et incapable de créer et formuler une pensée critique, je n’ai pas cette culture qui m’a permis d’intégrer ces écoles. L’art est inenvisageable pour les classes « populaires ». Et c’est d’ailleurs pourquoi ma famille m’a renié. Ce rejet du noyau familial est très contraignant et fait que peu de jeunes osent choisir cette voie artistique.

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Je tiens à préciser que je n’ai rien contre l’artiste, la personne ou ses œuvres. Chacun a le droit de créer ce qu’il veut mais je critique et dénonce l’idéologie qu’il porte (consciemment ou non). Lui même, dans une de ses réponses semble vouloir s’extraire des cases ou hashtags (« migration », « décoloniaux ») dans lesquelles les médias et les institutions veulent l’assigner.

« M. Ces questions d’histoire et de migrations, de personnes ou de matériaux, sont-elles au centre de ton œuvre ?

J. C. Précisément, le mot que je n’ai pas employé, c’est “migration”. C’est toi qui le dis et qui projettes une vision de ma pratique, ce qui me semble important à soulever. On a parlé d’une certaine idée de la culture, de géographies différentes, mais pas de la migration.

On peut bien sûr en débattre ! Je ne refuse pas le mot, loin de là, mais on m’en parle beaucoup, et je pense que c’est lié au fait que je suis racisé. C’est comme si je parlais de la migration malgré moi.

M. Un autre terme t’a été plusieurs fois associé, c’est “décolonial”. Peux-tu nous en dire plus ? Qu’est-ce que l’art décolonial ?

J. C. Encore une catégorie ! Cela vient des gens qui pensent par le prisme académique et qui créent une nouvelle case. On entend aussi souvent “post-colonial”, comme s’il y avait un après possible à l’histoire coloniale… Décoloniser, ça veut dire décharger, disséquer, décortiquer tout ce qui, dans notre culture, notre langage, a été colonisé. C’est comprendre ce qu’est un individu racisé, et que quelque chose a été transmis – par le sang, par la culture, par d’autres moyens encore. »

Ainsi, cet artiste est lui aussi d’une certaine façon victime de cette dictature idéologique, car on l’enferme dans le cliché tendance du moment (le « décolonialisme ») plutôt que de prendre en compte sa personnalité et sa singularité. Il est peut être conscient qu’il est un kleenex interchangeable par un même « racisé » au discours semblable sortant de l’usine idéologique des institutions artistiques. Pendant des années, j’ai moi même voulu m’exprimer sincèrement sur les combats qui m’animent.

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.Oeuvre de l’artiste plasticien Julien Creuzet

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J’ai toujours essayé de « bien faire », de « faire plaisir », de suivre ce qu’il fallait. J’ai essayé de dessiner des personnages comme il fallait, d’avoir un style plus « commercial », plus souriant, plus coloré, plus familial, plus bourgeois, mais finalement j’ai toujours été exclue de cette « culture », la seule légitime, la seule qui permette d’avoir des clients, d’exposer dans des lieux « prestigieux », qui permet d’avoir des contrats… Je ne suis pas la seule, et finalement nous sommes très nombreux à ne pas être conformes, qu’il s’agisse d’artistes graveurs comme Aude de Kerros, ou d’artistes à la rue, nous sommes la majorité à être exclus des opportunités.

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Il est alors urgent et nécessaire de construire des cultures alternatives, autonomes qui défendent des valeurs, questionnent le Beau sans le détruire, (contrairement à ceux qui dénoncent le Beau pour cacher leur manque de maîtrise et de goût), il est temps de reconstruire des cultures alternatives où toutes les classes, mêmes les plus populaires peuvent s’exprimer en dehors du rôle dans lesquels les élites financières veulent les réduire. Il est temps de retrouver de la sincérité, de la liberté d’expression, de la diversité d’opinion, de l’authenticité, de l’amour du Beau, de la technique apprise de l’histoire, de la vérité…

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